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UNIVERSITÉS ET SOCIÉTÉS SAVANTES

Université.

Le centre de la vie scientifi(iiie et d'une façon iiénérale des efforts intellectuels en Finlande a toujours été l'Université du pays. A mesure que le pays se développait, que la culture se répandait et que la civilisation revêtait des formes diverses, ces efforts se sont répandus hors des murs de l'Université, qui pourtant n'a jamais cessé d'être le lien central et le point de départ de ces efforts. C'est dans les bâtiments de l'Université (]u'ont grandi les différentes institutions et sociétés savantes qui ensuite, dans leur développement continu, ont pris la charge de répandre les résultats acquis par la science et de susciter l'initiative scientifique. Mais de même que ces sociétés ont été fondées et continuent d'être entretenues surtout par les professeurs de l'Université, elles sont également rattachées par des liens très noml)reux à l'Université du pays, qui leur a si souvent donné son appui moral et matériel.

L'Université ou, comme on l'appelait ordinairement à l'époque antérieure, r Académie cVAbo, fut fondée en 1640 par la reine Christine sur Fini-

tiative du gouverneur général de cette époque, le comte Pehr Brahe, qui a tant fait pour le pays. Après Fincendie qui en 1827 détruisit la plus grande partie de la ville d'Âbo, elle fut transférée à Hel~ singfors, la nouvelle capitale du pays, et reçut, en souvenir du bienfaiteur de la Finlande et de l'Université, l'empereur Alexandre I"', mort deux ans auparavant, le nom tV Université Impériale Alexandre de Finlande.

L'Université jouit d'une grande autonomie dans son administration intérieure, autonomie garantie par les privilèges du clergé de 1723, dont le maintien est assuré par les lois fondamentales. A la tête de l'Université est son cJiancelier. L'Université a eu le grand avantage de voir depuis 1816 ces fonctions exercées d'abord par le grand-duc, depuis empereur Nicolas F''', et ensuite par les héritiers au trône jusqu'à l'avènement de l'empereur Nicolas II en 1894; depuis cette époque la charge de chancelier est vacante, et remplie jusqu'à nouvel ordre par le ministre secrétaire d'État de Finlande.

L'administration de l'Université est représentée sur place par le vice-chancelier qui a le droit de trancher un certain nombre de questions et par le recteur de l'Université, nommé parmi les professeurs pour une période de trois ans, et le consistoire composé de 12 professeurs; à la discussion d'un certain nombre de questions, surtout celles qui concernent les sciences et l'enseignement, les nominations aux postes et le choix du recteur, prennent part tous les professeurs extraordinaires. Une commission spéciale, la section économique (ekonomie-

division) est chargée du soin direct des affaires financières de l'Université.

Au point de vue de l'enseignement, celle-ci se compose de 4 facultés: celles de théologie, de droit y de médecine et de philosophie^ cette dernière divisée en deux sections: la section historieo-philologique et la section physico-mathématique; en outre une section d' économie agricole est en voie de formation pour donner le haut enseignement agricole. A la tête de chaque faculté ou section est placé un des professeurs, avec le titre de doyen.

Le nombre des professeurs ordinaires est de 40, celui des professeurs extraordinaires de 19: il y a pour le moment 60 adjoints et maîtres de conférences (docenter). L'enseignement des langues emploie 11 lecteurs, celui du dessin, de la musique et de la gymnastique 6 maîtres. En outre TUniversité compte divers autres fonctionnaires, soit pour la chancellerie et l'administration économique, soit pour le soin de la bibliothèque et des autres collections scientifiques.

Le nombre des étudiants inscrits à l'Université était au début de 1900 de 2,318, dont 170 appartenant à la faculté de théologie, 537 à celle de droit, 199 à celle de médecine, 707 à la section lîistorico-philologique et 705 à la section physicomathématique. Diverses raisons, entre autres le besoin de s'exercer à la pratique de la profession ultérieure, amènent une grande partie des étudiants (parfois la moitié), à rester momentanément absents de l'Université. Le nombre des étudiantes est présentement de 290.

L'année scolaire à l'Université va du V septembre au 31 mai; des vacances d'un mois à Noël la divisent en deux semestres.

A côté des cours, les exercices scientifiques et la direction plus personnelle qui en résulte jouent un rôle sans cesse croissant dans l'enseignement de l'Université. Pour ces exercices et pour les travaux scientifiques des élèves plus avancés, l'Université possède diverses institutions telles que les laboratoires chimi([ue, physique et ph^^siologique, les instituts pharmaceutique, pathologique et anatomique, l'observatoire astronomique, et un grand nombre de musées d'histoire naturelle et autres. On a pourvu aux besoins de l'enseignement médical pratique en instituant les professeurs de l'Université dans les différentes branches comme directeurs d'office des hôpitaux généraux de Helsingfors. La bibliothèque générale de l'Université comprend un total de 200,000 volumes et une importante collection de manuscrits.

Les cours de l'Université sont gratuits, et ouverts au public. Pour la participation aux cours pratiques et aux exercices de laboratoire, on verse au contraire des taxes dont l'objet est de couvrir les frais de matériel nécessaires et de contribuer à l'entretien des collections d'instruments. Pour l'entrée de ces laboratoires, on exige d'ordinaire des étudiants un examen spécial d'entrée; les autres personnes n'ont accès dans les laboratoires qu'avec l'autorisation du directeur et autant que les places ne sont pas occupées par les étudiants. En outre les maîtres de l'Université ont à certaines

époques organisé pour le grand publie «des cours pendant les vacances d'été; ces cours, très suivis, avaient pour objet de i3résenter sous une forme populaire les résultats acquis par les sciences.

Les exigences des recherches scientifiques poursuivies par les professeurs de T Université de concert avec leurs cours scientifiques ou à côté de ceux-ci ont conduit peu à peu à la fondation d'associations scientifiques, dont le but est de réunir les forces isolées en vue d'un travail commun pour développer la science. Ces associations ont en fait exercé une grande influence sur la vie scientifique dans le pays, en tant (pie les sociétés cherchent à rassembler les meilleures forces dont on peut disposer, ({u'elles offrent l'occasion d'échanger des idées et des expériences acquises, et qu'elles publient dans leurs écrits les résultats des travaux scientifiques. Dans beaucoup de cas importants, elles ont aussi pris l'initiative de recherches scientifiques de toute espèce, et se sont chargées de publier des collections ou entreprises importantes au point de vue scientifique, et que seule une réunion de forces personnelles pouvait venir à bout de dresser. Dans ce qui suit on donnera un bref aperçu des principales de ces sociétés savantes, de leur but et de leur organisation.

Société finlandaise des sciences.

C'est de toutes celle dont le programme est le plus vaste; la plupart des sciences y sont représentées; c'est aussi de toutes les sociétés finlandaises celle dont l'organisation se rapproche le plus de celle d'une académie. L'étendue de son domaine ressort déjà de sa composition en trois sections: section 2)hysiG0-viathéinatique, section des sciences naturelles, section histoTico-phÀlologique, chacune comprenant 15 places auxquelles il est pourvu en cas de vacance par proposition et élection.

Outre ces 45 membres ordinaires, la Société a encore des membres d'honneur, et peut en outre inviter les personnes »qui se sont distinguées comme savants ou protecteurs des sciences» ; par contre elle n'a pas de membres correspondants.

Le vice-président est élu par et parmi les membres. Le président n'est pas élu; c'est le vice-président de l'année précédente qui à la fête annuelle, célébrée à l'anniversoire de la naissance de l'Empereur Alexandre II le 29 Avril, devient président sans autre formalité. Pour rédiger les procès-verbaux, le compte rendu annuel, la correspondance et surveiller la publication des écrits de la société, il y a un secrétaire perpétuel. La société se réunit une fois par mois, sauf en juin, juillet et août.

La société fut fondée en 1888 par un certain nombre de saA^ants, dont la plupart étaient professeurs à l'Université. Ay^nt reçu peu après sa fondation, pour subvenir à des impressions, des crédits dont le montant fut augmenté plusieurs fois par la

suite, elle put bientôt commencer des publications. 11 y en a plusieurs séries.

La plus importante est la collection des Acta Soeietatis Scientiaritin Fennicae, publiés en volumes grand in 4:o, et dont les articles, étant destinés aussi à un cercle de lecteurs étrangers, sont souvent écrits dans une des langues européennes les plus répandues. Le premier tome, dont la publication avait commencé en 1840, fut terminé en 1842. Jusqu'ici il y en a 24 de parus.

Pour faire progresser l'étude du pays lui-même, la Société commença en 1857 à éditer une série de publications en format in 8:o sous le titre de: Bidrag till Finlands Naturkànnedom, Etnografi och Statistik (Contributions à l'histoire naturelle, à l'ethnographie et à la statistique de la Finlande), dont il parut 10 vol. jusqu'en 1864. Le titre, un peu trop restreint, fut changé à cette date en un autre plus général: Bidrag till kcmnedoni af Finlands Natur och Folk (Contributions à l'étude de la nature et du peuple finlandais); de cette nouvelle série 58 volumes ont paru jusqu'ici.

En outre il a été publié 41 volumes de la série: Ôfversigt af Finska Vetenskaps-Societetens Fôrhandlingar (Aperçu des séances de la société finlandaise des sciences), contenant des communications de moindre étendue, et, surtout dans les premiers volumes, des comptes rendus de découvertes scientifiques faites à l'étranger, enfin les comptes rendus annuels et extraits des procès verbaux de la Société. De cette série on publie, depuis longtemps

déjà, un volume tous les ans, au lieu que la publication des autres séries est irrégulière.

Sous la surveillance et en partie aux frais de la société ont paru en outre diverses publications, telles que celles qui contiennent les résultats de » l'expédition polaire» dans la Laponie finlandaise en 1882 — 1883, placée sous l'égide de la société, et surtout les séries d'observations publiées par r Institut central météorologique de P'inlande, placé depuis 1880 sous le contrôle de la Société des sciences, mais datant des années 1840. Ce contrôle constituait pour la Société un mandat officiel dans un domaine de recherches qui depuis sa fondation avait été un objet spécial pour ses travaux: la détermination des conditions climatologiques du pays. A côté de l'Institut central, les membres de la Société ont pris une part active à l'organisation et à la mise en œuvre de diverses espèces d'observations, tant pendant les débuts de la société (pie pendant les dernières périodes. Le programme, comprenant aussi des observations phénologiques et d'autres sur le niveau de Teau, a été toujours étendu, entre autres dernièrement par des observations d'orages et par les recherches hydrologiques et les études de l'état de la glace entreprises dans les eaux qui entourent la Finlande.

L'institut météorologique, présidé par un directeur nommé sur la proposition de la société, est placé sous le contrôle d'une commission météorologique, composée de membres choisis annuellement par la société.

Societas pro Fauna et Flora Fennica.

(Jomme son nom l'indi(iue, elle se propose pour tâche de rassembler les spécimens de la faune et de la flore finlandaise ainsi que des renseignements à leur sujet. La collection proprement dite ne demande pas de connaissances préalables importantes, mais surtout un vif intérêt et un dévouement enthousiaste, ainsi qu'une direction expérimentée, si Ton veut que le travail soit pleinement utile. C'est seulement avec la mise en oeuvre scientifique des matériaux rassemblés que l'on commence à avoir besoin de connaissances plus mûries.

C'est cette pensée qui s'est fait jour dès la fondation de la société, et qui est restée le principe directeur de son organisation. C'est à raison de son programme populaire, qui ne pouvait être réahsé que par une réunion des forces, (|ue cette société a été la première oii se soit en Finlande réalisée l'idée de l'union en vue d'un but scientifique. C'est en effet en 1821 que se réunirent chez le professeur C. R. Sahlberg un certain nombre de personnes aimant les sciences naturelles, surtout de jeunes étudiants avec leurs maîtres; ils résolurent de fonder une société qui aurait le programme ci-dessus indiqué. On avait déjà réuni une collection importante d'échantillons, quand l'incendie d'Âbo en 1827 détruisit tout. Une fois l'Université transportée à Helsingfors, la société reprit cependant ses travaux. L'Université prépara un local pour la collection ; de la société le soin de cette collection devenant une charge de plu&

en plus pénible pour la société, celle-ci décida en 1858 de céder les collections d'alors et toutes celles à venir à la section finlandaise du musée d'histoire naturelle de l'Université. Par cette mesure, la Société a contribué puissamment à faire de cette institution le musée national finlandais d'histoire naturelle qui avait été projeté par les fondateurs de la société.

La société contribue aussi à la collection d'objets se rapportant à l'histoire naturelle en envoyant tous les ans des excursionnistes auxquels elle donne des bourses; toutefois les collections faites par ces personnes sont réunies à celles ci-dessus.

A la fois par ses bourses et par ses réunions, la Société cherche à exciter l'intérêt pour les études d'histoire naturelle; elle adopte comme membres des étudiants et des personnes qui montrent du goût pour les sciences naturelles. Elle ne travaille pas cependant à son but uniquement en rassemblant des collections, mais aussi en publiant des écrits. Les articles furent réunis d'abord en une série, Notiser om Sàllskapets pro Fauna et Flora Fenniea fôrJiandlingar (Notes sur les actes de la société pro fauna et flora fenniea), dont il parut 14 fascicules jusqu'en 1876. A cette date, ils furent rél^artis en 2 séries: Acta Societatis pro Fauna et Flora Fenniea, qui comprend les travaux d'une certaine étendue, et dont il a déjà paru 14 tomes, et Mecldelanden frân Soeietas pro Fauna et Flora Fenniea (Communications de la S. p. F. et F. F.), comprenant les articles de moindre étendue et les

<îomptes rendus des séances; il en a paru 23 fascicules.

Le contenu de ces publications est surtout composé d'articles sur la flore et la faune indigènes; mais il y a figuré aussi des travaux sur des sujets généraux.

Société des Médecins Finlandais et autres Sociétés pour

la médecine ^).

La Société des Médecins Finlandais date du 11 octobre 1835. Son premier but était d'associer les médecins du pays pour leur permettre de se tenir au courant de la littérature médicale et de fonder une bibliothèque comprenant les ouvrages et les journaux les plus remarquables de l'étranger. Mais la Société ne tarda pas à devenir une corporation scientifique d'une très grande importance, tant pour la science médicale que pour le développement intellectuel du pays.

La Société comprend tous les médecins de Finlande. Dès qu'il a reçu son diplôme de légitimation, tout médecin est nommé membre de la Société.

Le président est élu pour un an parmi les membres et par eux. La Société a le droit de nommer des membres étrangers et des membres honoraires.

^) Cotte partie de l'article a été composéf^ [)ar M. le professeur ^1. Pabnberg.

La Société se réunit en séances ordinaires à Helsingfors tous les 15 jours. Outre ces réunions, elle tient, depuis 1866, des Congrès généraux tous les deux ans. On y traite surtout des questions pratiques concernant le corps médical ou les intérêts médicaux et hygiéniques du pays tout entier.

Depuis l'année 1841 la Société publie un journal scientifique médical, les Finska Ldkaresàllskapets Handlingar {KqXq^ de la Société des médecins Finlandais), paraissant à présent une fois par mois; les douze livraisons forment un volume de 1,250 liages environ. Le journal n'imprime que des articles originaux. La langue est le suédois; mais depuis 1878 on y trouve des résumés français.

De 1849 à 1869 la Société a publié comme supplément aux Actes un journal Notisblad for Làkare och Farniaceuter (Notes pour les médecins et les pharmaciens) contenant surtout des comptes rendus des progrès de la science médicale et des résumés des publications étrangères. Mais depuis que les plus remarquables de ces publications sont entrées dans la bibliothèque de la Société, ce journal a cessé de paraître.

Parmi les publications périodiques de la Société, il faut encore citer les Actes et Procès-verbaux des Congrès généraux.

La Société des Médecins a pris en 1888 l'initiative de la fondation d'une Société d'Hygiène de Finlande, dont le but est la vulgarisation de l'hygiène et des améliorations sanitaires. Depuis 1894, cette Société possède un musée d'Hygiène qui a déjà une certaine importance. La Société fait im-

primer un bulletin: Hygieniska Sporsmàl (Questions d'hygiène), des publications populaires et contribue à la publication de deux journaux d'hygiène populaire, l'un en suédois et l'autre en finnois.

Quehpies-uns des membres de la Société des Médecins Finlandais fondèrent en 1882 la nou- A^elle Société médicale Duodecim^ i{\\i a pour objet spécial de favoriser l'emploi en médecine de la langue finnoise. Cette Société publie un journal médical scientifi(pie: Duodcclm, paraissant tous les mois.

La bibliothèque de la Société des Médecins Finlandais comprend maintenant plus de 15,000 volumes. Elle augmente aussi bien par souscriptions et échanges des journaux scientifiques que par des donations. Dans la Salle de lecture de la Société on trouve à présent 111 journaux scientifiques, dont 72 sont envoyés par échange et 89 pris à l'abonnement.

Société de littérature finnoise.

Cette société a pour objet de travailler au développement de la littérature et de la langue finnoises, et de rassembler, pour les sauver de l'oubli, les trésors de la poésie poj)ulaire finnoise. Créée en 1881 par un petit cercle d'érudits, la Société a vil' des adhérents venir à elle en tel nombre que le chiffre de ses membres peut être évalué à plusieurs milliers, et (pi' elle compte des membres actifs dans toutes les classes de la société.

C'est surtout en conservant les créations du peuple finnois: runes, chants populaires, énigmes, proverbes, légendes, chants magiques et mélodies, que la société a suscité cette foule de collaborateurs enthousiastes. Le premier qui reçut une bourse de la société fut Elias Lômirot, qui rassembla les chants réunis par lui sous le nom de Kalevala, et dont l'ensemble constitue une épopée populaire presque unique dans son genre. Cet ouvrage, les Kanteletar ou anciens chants et poèmes populaires réunis par Lônnrot, les Proverbes populaires finnois et les Énigmes populaires finnoises furent tous publiés entre 1830 et 1850 aux frais de la Société. La riche moisson de poésie populaire recueillie par Lônnrot excita d'autres travailleurs à suivre ses traces; l'on est arrivé à y faire des additions et compléments nombreux, dont l'accroissement continue d'être un des objets les plus importants du travail de la société. Pour donner une idée de l'étendue des matériaux recueillis, on peut noter que la société possédait déjà en 1889 22,000 chants épiques, lyriques et magiques, 13,000 légendes, 40,000 proverbes, 10,000 énigmes, 2,000 mélodies populaires et 20,000 formules d'incantation et de jeux, formant ainsi un matériel de folklore comme aucun autre peuple n'en peut sans doute montrer.

Par la revue Suomi, qui contient des descriptions de paroisses et des articles sur des sujets d'histoire et de linguistique, la société a cherché à susciter une littérature scientifique finnoise; elle a cherché aussi à favoriser l'enseignement en finnois par la publication de manuels dans cette langue,

et l'étude de la langue finnoise par des grammaires et des livres de lecture. Une partie importante du travail de la société a été constituée aussi par la publication d'ouvrages lexicographiques sur la langue finnoise. Enfin des efforts ont été faits pour favoriser la littérature populaire finnoise, et pour traduire en finnois les principales productions des littératures étrangères.

Les fonctions de la société de littérature finnoise ont été dans le cours de son existence en partie reprises par des sociétés plus jeunes, dont certaines sont nées sous le patronage de la société. La plus ancienne est la Société de littérature finnoise de Viborg; puis se sont formées la Fourmi (Muurahaiset) qui collectionne surtout les descriptions de paroisses, la Société pour la langue du pays (Kotikielen seura), la Société d'éducation dit peuple, qui travaille surtout pour la littérature populaire.

Société finlandaise de littérature suédoise.

La Finlande possède une population de langue finnoise, et une de langue suédoise. C'est de Suède que le christianisme fut introduit dans le pays; et depuis ce temps le suédois fut la langue de la culture et de la civilisation, jusqu'à ce que pendant la dernière moitié de ce siècle la langue de la majorité de la population, le finnois, devînt graduellement son égale.

La grande importance qu'a eue et que possède toujours le suédois pour la culture en Finlande

amena en 1885 un certain nombre d'érudits, d'écrivains et de membres de la diète à publier une invitation à former en Finlande une société de littérature suédoise. L'idée fut si bien accueillie que lors de sa constitution cette même année, la société comptait déjà plus de mille membres.

D'après ses statuts, la société a pour but de rassembler les documents témoignant de la naissance et du développement de la civilisation suédoise en Finlande: (euvres littéraires inédites ou devenues rares, chants et légendes j^opulaires en langue suédoise, renseignements sur les anciennes sociétés et entreprises littéraires, documents historiques, surtout sur l'enseignement, renseignements biographiques, lettres intéressantes pour la littérature ou l'histoire de la civilisation: de publier les matériaux ainsi rassemblés; de favoriser la connaissance du suédois par l'étude des dialectes populaires et la publication de livres de lecture et d'enseignement convenables, et de contribuer au progrès de la littérature en langue suédoise par des fondations de prix et des secours.

La société a montré une grande activité dans ses travaux, et de ses publications, éditées sous la rubrique générale: Skrifter utgifna af Svenska litteratursàllskajjet i Finland (Publications de la société finlandaise de littérature suédoise), il a déjà paru 42 volumes. Cette grande série se divise en sections, telles que: Actes et articles» oii il est rendu compte de la vie intérieure de la société, » Histoire de l'enseignement à l'Académie d'Àbo», » Registres d'étudiants de l'Académie d'Âl)o> etc., et en tra- A^aux isolés: » Histoire des couvents finlandais), die-

tionnaires dialectaux, correspondances etc. C'est ainsi qiw la Société a dans une large mesure cherché'à remplir le programme ci-dessus indiqué.

En envoyant des boursiers chargés de faire des collections de documents, et aussi grâce à des concours volontaires, la société a rassemblé une collection très importante de chants et légendes i^opulaires, notés dans la population suédoise du pays.

Société Finno-Ougrienne.

La plupart des peuplades appartenant au groupe finno-ougrien sont dispersées sur le trcrritoire colossal de la Russie, et par suite exposées à perdre par suite d'une assimilation progressive leur langue et leurs particularités, (''est pour sauver ces matériaux pendant qu'il est temps encore que se fonda en 1883 la Société finno-oiigrienne, dans le dessein »de faire avancer la connaissance des peuples finnoougriens par une étude scientifique de leur langue, de leur archéologie, de leur histoire primitive et de leur ethnographie». La société se forma sur l'initiative du professeur Otto Donner; elle comprend à la fois des membres ^fondateurs» qui ont payé une fois pour toutes une somme déterminée, et des membres annuels; le chiffre total des membres est d'environ 500. La société travaille à son but soit par l'envoi d'expéditions et de boursiers de voyage vers les régions habitées par des peuplades finnoougriennes, soit par ses publications : le Journal de la Société Finno-Ougrienne, dont il a paru

jusqu'ici 17 volumes, et les Mémoires de la Société Fin7îo-Ougrie?ine, douze volumes parus. Le premier contient des articles et des spécimens linguistiques, les seconds des collections de matériaux plus étendues et de longues enquêtes. En outre a paru à part un ouvrage, » Inscriptions de l'Orkhon», contenant les résultats du voyage du D:r A. O. Heikel dans l'Asie centrale.

Société historique finlandaise et Société pour l'édition de

l'histoire d'Âbo.

La Société historique finlandaise est une partie séparée de la société de littérature finnoise, dont la section d'histoire fut en 1875 transformée en une société indépendante. Les membres de cette société doivent, aux termes des statuts, être des personnes »qui ont donné, en publiant des travaux, une preuve de leurs capacités à faire des recherches scientifiques dans le domaine de l'histoire finlandaise». Elle se compose donc d'une réunion d'érudits dont le nombre, fixé auparavant à 15, a été ensuite porté à 24.

La Société a entrepris la publication de Historiallinen Arkisto (Archives historiques) dont il a paru jusqu'ici 15 volumes et qui contiennent non seulement des documents, mais aussi des articles et travaux. La collection Urkunder till upplysande af Finlands historia, (Documents pour servir à l'histoire de Finlande) est uniquement consacrée à la collection de documents. En outre la société a tra-

A^aillo à compléter les collections des archives publiques de Finlande en cherchant à acquérir pour celles-ci des documents concernant l'histoire de Finlande.

Dans l'ancienne capitale, Âbo, fut fondé en 1881 un musée historique. La direction, dont le président était et est encore le conseiller de commerce Fi\ von Rettig, qui s'intéresse beaucoup à l'histoire de la ville, a réussi à rassembler une collection historique importante, placée dans un étage du château d'Âbo riche en souvenirs historiques; elle fonda en 1885 la Société pour V édition de r histoire d^Âbo, qui a édité 2 séries de publications, l'une contenant des collections de documents, l'autre des articles originaux et des mises en œuvre des sources, entre autres une grande histoire de la Aille au XVIF siècle par C. von Bonsdorff.

Société archéologique de Finlande.

Elle fut fondée en 1870 par plusieurs jeunes gens sur l'initiative de J. R. Aspelin, maintenant archéologue de l'État; ce devait être une société destinée à travailler à la découverte, à la conservation et à la description des trouvailles finlandaises concernant l'archéologie, l'histoire de l'art ou celle de la civilisation. La société trouva bien vite dans le grand public à la fois des adhésions nombreuses et un concours actif, si bien qu'on peut compter par dizaines de mille le nombre des objets rassemblés par la société. Celle-ci travaille à son objet

par l'envoi d'expéditions, de préférence dans le pays même ; elle a aussi organisé deux expéditions en Asie centrale pour rechercher les trouvailles archéologiques finno-ougriennes. Cette dernière entreprise a eu un résultat important, ce sont les » Inscriptions de rJenisseï» publiées par la société. La Société publie à la fois une revue savante Suornen Muinaismuistoyhdistyksen Aikakanskirja (Revue de la société archéologique de Finlande), dont il a paru 18 volumes, plus 22 fascicules séparés sous le titre de Fôrteckningar ofver Finlands Fornlàninin- (jar (Liste des trouvailles archéologiques de Finlande), et deux revues populaires, une en suédois Finskt Miiseuni (le Musée finlandais) et une en finnois Suomen Museo, dont il existe déjà 6 années. Depuis que les trouvailles archéologiques du pays ont été, par une loi spéciale de 1883, placées sous la protection de la loi, on a institué une Commission archéologique, composée d'un archéologue de l'État, membre permanent, et de 6 représentants choisis pour 3 ans par diverses sociétés savantes. L'archéologue de l'État est chargé aussi de surveiller le musée historique de l'État, pour lequel sont en outre nommés deux intendants, un conservateur et le nombre d'adjoints nécessaire.

Société de Géographie de Finlande et Société Finlandaise

de Géographie.

Fondée en 1888 sur l'initiative du professeur J. A. Palfnén, la Société de Géographie de Fin-

lande est une réunion de personnes que leurs travaux scientifi(iues ou leur carrière de fonctionnaires amène à s'occuper de ([uestions ([ui touchent à la géographie de la P'inlande, et dont ils peuvent faciliter la solution en rassemblant les matériaux et en les mettant en œuvre. Le résultat des travaux de la société a montré la justesse de l'idée que des résultats géographiques importants seraient à attendre d'un pareil concours, par lequel d'une part des matériaux des services publics seraient mis à profit dans de larges proportions, tandis que d'autre part les idées scientifiques pourraient exercer une certaine influence sur les travaux des services publics. Un beau spécimen de ces résultats est constitué par le grand Atlas géographico-statistique récemment pul)lié par la société, et qui a été honoré, entre autres distinctions, d'une médaille de la Société de (îéographie Commerciale de Paris. La Société publie en outre le Fennia^ Bulletiv de la Société de Géographie de Finlande, dont le 17^ volume a récemment paru.

Les travaux de la société embrassent pour ainsi dire à peu près en entier la détermination de la géographie du paj^s hii-méme. Ce n'est que par exception qu'on y traite de ([uestions de géographie générale ou concernant d'autres domaines.

La Société finlandaise de Géographie, fondée à la même date par le fondateur et directeur de l'institut géographi(|ue de l'Université, E. Huit (mort en 1899), a un objet plus général, et par suite plus populaire et pédagogique. Elle s'adresse au grand public, cherchant à éveiller son intérêt pour la géo-

graphie. Cependant elle s'est occupée aussi de questions de géographie scientifique et leur a réservé une publication spéciale Vetenskapliga meddelandeii (Publications scientifiques) à côté de sa Tidskrift (Revue), née en même temps que la société elle-même.

Société juridique de Finlande.

Précédée de groupes ayant un caractère plus privé, la Société juridique fut fondée en 1862; son objet était »de fournir aux personnes étudiant la législation et aux autres citoyens s'intéressant à la science juridique l'occasion d'échanger publiquement leurs vues et leur expérience dans ces matières». En même temps qu'une » section centrale» à Helsingfors, on créa aussi des succursales à Àbo, Vasa et Viborg, sièges de cours d'appel.

Pour permettre cet échange de vues qui est son objet propre, la société publie les discussions survenues pendant ses séances, pour lesquelles la direction centrale dresse tous les ans d'avance un programme de discussion ; elle publie en outre une Tidskrift utgifven af Juridiska Foreningen i Finland (Revue de la société juridique de Finlande), qui a paru régulièrement tous les ans depuis 1865.

La société a exercé une grande influence sur la fixation des idées juridiques dans le pays et sur le développement de la législation et de l'interprétation de la loi.

L'éniimération des sociétés fondées en Finlande pour l'avancement des sciences n'est pas terminée avec celles déjà exposées. Ajoutons qu'il y a parmi les sociétés de date plus récente deux sociétés dCéconomie politique, dont l'une se sert pour ses discussions et publications de la langue finnoise et l'autre de la langue suédoise, — une société d'histoire ecclésastique, — une société néophilologique — une société de pédagogie etc.

Toutes ces sociétés ont été créées par l'initiative privée. La plupart reçoivent des subventions de l'État pour frais de publication. Mais le travail de leurs membres n'est pas rémunéré. Et une grosse part des dépenses est couverte soit par des cotisations soit par des legs.

On peut donc dire, sans exagération, qu'il y a en Finlande beaucoup de zèle pour le dévelo^jpement des sciences et que le travail des savants est apprécié et appuyé du public.

Anders Donner.

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