II. - ASPECT DU SOL
1. — Région à l'Ouest et au Nord-Ouest de Borna. — Une chaîne do montagnes peu élevées et herbeuses s'étend le long de la rive droite du Congo, en aval de Homa, et envoie des rameaux de collines vers le Nord. Le terrain se compose do gneiss, de granit et de quartzite. Les chemins sont couverts de cailloux quartzeux. {Schaefe)'.)
« Des roches et des roclies, dit M. Ed. Dupont, sur une suite de monts découpés, jaunis par leurs herbes sèches, des arbres, les uns en partie verts, les palmiers, laissant, par cette saison sans pluie, se dessécher leurs frondes inférieures; les autres, à port de chêne, semblent morts et montrent, dénudés, leurs énormes troncs et leurs branches : ce sont les baobabs. . . «
M. Dupont estime le trajet de Boma au Monolithe à 15 ou 18 kilo mètres, en tenant compte des détours que fait le sentier indigène. L'escalade de la montagne prend moins d'une heure. " Le Monolillie est une magnifique aiguille quadrangulaire de dix mètres de hauteur, sur le sommet d'une montagne de deux cents mètres, dominant le Congo. Elle est d'un granit rouge à innombrables paillettes de mica noir mordoré. ^
M. Scliaefer évalue la hauteur du Monolithe à environ 15 mètres et il explique comme suit la présence de ce bloc de granit au sommet du mont Bembandek :
« La formation des montagnes que nous traversâmes (celles dont il est parlé ci-dessus), dit Schaefer, est primitive et se compose de gneiss, de granit et de quartzite. Grâce à la désagrégation favorisée par les crevasses et les fissures dans le granit et le gneiss, la rocho primitive se recouvre d'herbes. Les noyaux de ce long travail de désagrégation apparaissent sous la forme de blocs dénudés. Que les phénomènes atmosphériques viennent laver et entraîner les produits
— sodé la décomposition, et l'on voit alors ces noyaux s'assembler et former une mer de rochers. Ainsi s'explique la présence des blocs de granit et de gneiss dans la région du Congo inférieur. Le Monolithe est un de ces noyaux qui ont résisté aux morsures du temps, n
Vers le Nord-Ouest de Boma, le sol est accidenté et couvert de hautes herbes à la saison des pluies.
Le profil du sentier des caravanes de Boma à Homa-Sundi est des plus tourmenté; les abords en sont stériles, rocailleux. La direction capricieuse des sentiers indigènes résulte de ce que les villages sont toujours établis sur de petits plateaux assez élevés ; de là des détours, des montées et des descentes souvent difficiles. Vers l'Est, on aperçoit les forêts. (Lejeune.)
2. - Région au Nord de Boma. — La région qui s'étend au Nord de Boma est traversée par le chemin de fer vicinal du Mayumbe. Le terrain est assez accidenté, mais présente de nombreuses vallées fertiles, arrosées par des ruisseaux assurant un débit notable, même pendant la saison sèche.
Entre les rivières Lovo et Bangu, le terrain est accidenté; plus au Nord apparaissent, dans la brousse, des bouquets d'arbres. De la petite Lovo à la Luki, le sol est fortement découpé et très pierreux Il se couvre de forêts aux approches de la Luki, dont le cours est presque toujours sous bois. C'est le commencement de la grande région forestière du Bas-Congo, le Mayumbe. (Voir notice des feuilles 2. 3, 5 et 6.)
Le chemin de fer vicinal du Mayumbe. — « Le chemin de fer vicinal longe les jardins de la colonie scolaire de Boma, puis, suivant les méandres de la rivière des Crocodiles, s'engage en pleine brousse, traverse un pays dénudé, où l'œil ne découvre que la brousse, l'interminable brousse. A partir du kil. 15, le pays se modifie légèrement, certaines parties deviennent plus accidentées ; l'aspect se modifie de plus en plus vers le kil. 21; des bouquets de bois se montrent de ci, de là; au kil. 30, la voie décrit un vaste S qui permet de dominer la rivière Luki et la station du môme nom. Bien que toutes ses habitations ne soient que provisoires, Luki a un cachet spécial : entouré de toutes parts de forêts, cet endroit est destiné à devenir un lieu de villégiature pour les habitants de Boma. >» {Mouvement géographique^ 1900.)
De Borna vers Tshimbemba, le terrain est d'abord plat, puis devient fortement ondulé, à environ une journée de marche de Boma. Le chemin court dans la vallée du Kalamu ou rivière des Crocodiles.
Les ondulations du sol, quoique fortes, sont cependant contournables ; les chaînes de collines délimitant la vallée n'ont pas plus de 60 mètres de hauteur.
La rivière Kalamu, assez profonde à Boma, se rétrécit en certains endroits au point de n'être plus qu'un ruisseau de 4 à 5 mètres de largeur et presque à sec.
Jusqu'au Nord de Tshimbemba, le terrain est favorable à la construction d'une route. On peut facilement passer de la vallée du Kalamu à celle de la Lovo, soit en contournant les collines, soit en les gravissant par des pentes légères ou en améliorant le chemin par des terrassements peu considérables.
Au Nord de Tshimbemba, la vallée de la Lovo, que la route parcourt, est fortement ondulée. Les pentes sont rapides, mais conlournables et sujettes à améliorations en plusieurs endroits.
La Lovo a 3 à 4 mètres de largeur sur 0'"30 de profondeur (novembre).
Pour passer de la vallée de la Lovo à celle de la Luki, il y a quelques difTicultés, mais elles sont peu sérieuses.
La largeur de la Luki est de 10 mètres; sa profondeur de 40 à 50 centimètres (novembre).
Dans cette région, les terres sont magnifiques par leur végétation. Ily ades forêts, et des marais en quelques endroits.
Au-delà de la Luki, vers le N.-N.-O., le pays est plus fortement ondulé, et les difficultés, pour la construction d'une route, sont plus grandes ; toutefois, les collines sont toujours contournables et le chemin peut être amélioré par des terrassements. {Destrain.)
3. — Région au Nord-Est de Boma. — A partir de Kimpozo, la route de Vungu à Boma descend fortement sous bois et remonte, à la sortie, sur une montngno dont le faîte est boisé. Elle continue ainsi par des montées et des descentes peu accentuées, tantôt sous bois, tantôt dans les herbes, jusqu'au bord de la rivière Singa-Gudi. Les rivières sont toujours sans eauàla saison sèche, sont peu profondes, et ont les rives boisées, que les eaux inondent lors de la saison des pluies. La terre est fertile et argileuse. Elle change quelque peu
d'aspect, vers l'approcne de la rivière Singa-Gudi : les roches apparaissent.
De la Singa-Gudi à la Disongua, le sentier court à travers des gorges pierreuses et se développe en serpentant. L'horizon, adroite et à gauche, s'étend au loin, tandis que dans la direction de la marche (au Sud-Ouest), il est fermé par des montagnes, à travers lesquelles la route semble chercher un passage.
De la rivière Disongua à Borna, le pays est accidenté. La route traverse les rivières Muaba, Singa, Dimba-Sumbu, Buba, Bukia- Kikumbi, Safu, Sanka-Sanka (cette dernière, 6 fois), qui sont toutes des affluents du Kalamu ou rivière des Crocodiles.
La contrée, à mesure qu'on approche du Congo, devient de plus en plus aride. Les ronces, le long du chemin pierreux, deviennent plus fréquentes; les parties argileuses et boisées, plus rares. Il n'y a plus de villages au bord de la route. Des hauteurs de la Bukia- Kikumbi, on découvre Boma.
Les rivières sont sans eau et si leurs rives sont encore boisées, leur lit est formé de rocs ; elles présentent un tout autre caractère que celles rencontrées auparavant. {Van Dorpe.) (Voir notice de la feuille 5.)
4. — Région à l'Est de Boma. — «< La région comprise entre Boma, Shonzo, à l'Est, et le Congo, au Sud, est généralement accidentée. Les montagnes atteignent une altitude de 250 m. et sont très escarpées. Les plateaux de quelque étendue sont arides, à part quelques-uns que couronnent des groupes de palmiers, j»
u On ne rencontre de bois proprement dits qu'à une journée de Shonzo et au Nord-Ouest de cette localité. «
« Les bas-fonds seuls sont fertiles, et abritent la plupart des villages. C'est là que sont recueillies les eaux tombées pendant la saison des pluies. Aucun cours d'eau ne se rencontre pendant la saison sèche. Le sol sablonneux et rocailleux domine, ce qui explique le peu de cultures de la contrée. r>
« Le quartz se rencontre à chaque pas, tantôt à l'état pur, tantôt mélangé de mica. Il fait aussi partie intégrale des roches granitiques qui se voient sur les flancs des montagnes, et s'y trouve réuni, non seulement au mica, mais encore au feldspath, le tout mélangé plus ou moins uniformément par petites parties. »» « On y rencontre aussi l'argile en quantité considérable ; la terre
arable ne se trouve que dans les bas-fonds, dans les parties boisées, ainsi que dans certaines plaines marécageuses, qu'un drainage coûteux pourrait seul rendre fertiles. Celles qui avoisinent le fleuve sont inondées pendant la saison des pluies. » {Prince de Croy.)
5. — Région au Nord de Vivi. — La région qui s'étend au Nord de Vivi se compose de grands plateaux coupés par de nombreux ravins, dans lesquels coulent, à la saison des pluies, des rivières en général torrentueuses.
Stanley donne la description suivante du pays traversé par la route des caravanes de Vivi à Isangila (section Vivi — Sadika-Banzi): « Après une marche, ou plutôt une ascension presque continuelle, de 4 kilomètres (de la station de Vivi), nous nous trouvons dans les jardins de Banza-Sombo, sur le faîte du mont Vivi, à une altitude de 300 mètres au-dessus de la station de Vivi, soit plus de 400 mètres au-dessus du Congo. A peine avons-nous jeté un coup d'œil sur les plants de haricots et d'arachides de Banza-Sombo, que déjà le sentier, à peine large de trente centimètres, disparaît sous les herbes touffues., , »
« Quand on le suit dans sa course erratique, en travers de l'échiné de la montagne, ce sentier se sépare, vers le Nord, de celui qui aboutit au village du principal chef de Vivi et descend à pic, sur une distance de 300 mètres, le versant septentrional du mont Vivi. Pendant cette descente, l'œil jouit constamment d'une vaste perspective de bosquets appartenant à des « banzas » ou villages indigènes, tels que Banza-Uvana et Banza-Kulu, à l'avant plan et à notre droite, et Tshimpi et Shonzo, à gauche, tandis qu'au Nord-Ouest, on aperçoit les hauts et sombres bocages des villages de Sanda. »
« Au pied du mont Vivi, on se trouve dans la vallée de la Loa, cours d'eau qui coule limpide et frais entre les plateaux de Banza-Lunga et Banza-Kulu, à la même altitude environ que le plateau de la station de Vivi.... » (Voir p. 73.)
« Au delà de la Loa, nous ne tardons pas à voir le terrain s'élever dereclief, en pente douce, jusqu'au village de Banza-Uvana, situé à une altitude de 150 mètres au-dessus de la vallée de la Loa. De Banza-Uvana, on domine le beau panorama des montagnes de Noki, Palabala et Kongo da Lemba, qui se déploient toutes sur la rive méridionale du Congo, et l'on embrasse, d'un bout à l'autre, le tlanc septentrional de la montagne de Vivi, dont le flanc occidental
incline doucement jusqu'à la rivière Lufu, tandis que son flanc oriental dévale, par une pente droite et coupée de précipices, vers le Congo. »
« De Banza-Uvana, le sentier mène, dans la direction du Nord, à Banza-Lunga, sur le rebord d'un beau plateau, dont le sol gras et épais ne nourrit actuellement qu'une herbe haute et drue, la fraction cultivée représentant, tout au plus, la quatre-vingtième partie de cette terre riche et productive, où croissent les palmiers à huile et à vin, les arachides, le tabac et les légumes tels que le chou, le haricot, la tomate et la patate. «
« Du plateau élevé situé entre Banza-Lunga et la gorge de la Pakasa, on embrasse un panorama très vaste. Du Sud à l'Ouest, s'échelonnent les bosquets -de Vivi, Hanza-Sombo, Shonzo et Tshimpi, et du Sud à l'Est, s'étendent des bosquets indiquant l'emplacement des villages de Banza-Uvana, Banza-Lunga et Banza- Kulu. Entre la Pakasa et la Bundi s'étend un vaste désert inhabité, r, {Stanley, 1879.)
Au sujet du même itinéraire, M. Van Dorpe écrit :
« A Banza-Sombo, on atteint le plateau des hauteurs de Vivi, qui limite, à l'Est, le bassin de la Lufu, et sur lequel s'étendent les villages de Vivi. Ces hauteurs, qui courent du Sud au Nord, s'abaissent brusquement pour laisser passage à la Loa, et ne se relèvent que peu, sur la rive droite de celle-ci. La route des caravanes descend du plateau de Vivi, suivant une pente plus douce, et l'on atteint la Loa, à une heure environ de sa source, sans montées ni descentes sensibles. »
« De l'autre côté de la Loa, après avoir traversé un dos de terrain, ramification des hauteurs abaissées de Vivi, l'on descend jusqu'au pied du plateau de Lusala-Kindongo, que l'on atteint après une montée ordinaire. »
« De ce plateau, l'on voit, au delà des hauteurs de Vivi, vers l'Ouest, courir une chaîne de montagnes limitant, à l'Ouest, le bassin de la Lufu. Cette chaîne, couverte de nombreux villages, dont on distingue parfaitement remplacement, se fond, d'un côté, au Congo à Shonzo, décrit une courbe en se dirigeant vers le Nord-Ouest, le Nord et le Nord-Est, pour aboutir à la Vunzi. »
« L'on peut suivre le développement de cette chaîne successivement sur les trois plateaux de Lusala-Kindongo, Gangilaet Sadika- Banzi. Ces trois plateaux, très fertiles, couverts de hautes herbes, ont des accès pas trop dilliciles. »
« La distance parcourue est de 7 h. 35, jusqu'à la Vunzi. En partant le matin de Vivi, on peut faire la route en deux jours, en campant à Lusala-Kindongo (3 h. 45) et à la Vunzi (3 h. 50). »
6. — La rive droite du Congo, entre Vivi et rembouchure de la Vunzi. — La région qui s'étend sur la rive droite du Congo est, d'une manière générale, extrêmement accidentée.
A hauteur des rapides de Yelala, la rive forme un plateau de terre rouge, sablonneuse, surmontant des cailloux roulés. Cette terre ne se continue pas sur le flanc de la vallée, où on ne voit que des détritus l)locailleux de roches vertes et de quartz blanc. {Ed. Dupont.)
La région qui s'étend au Sud-Est de Sadika-Banzi, sur la rive du Congo, est très tourmentée. « Le sentier, écrit M. Dupont, nous mène dans un casse-cou boisé et à cascade... Le fleuve esta ses eaux basses, il a plus d'un kilomètre de large... Il laisse sur ses rives les bancs de rochers à découvert, d'une manière à peu près continue. Ce serait très commode pour faire de la géologie de détail, mais c'est un terrible chemin où l'on risque des chutes et des fractures de membres, et cependant vous avez à choisir entre cette bande rocheuse, ou une bande de sable jaune mouvant, qui la longe, et sur laquelle la marche est harassante, ou encore une bande de forêt vierge, avec ses lianes inextricables. Si vous sortez de celle-ci, c'est pour tomber dans les herbes qui garnissent l'escarpement. Nous avons ainsi marché jusqu'au soir. »
« Le Congo a grand aspect dans ces parages. « (Voir p. 73.)
Le plateau qui s'étend au Nord et au Sud de la Pakasa, torrent profond, est couvert de terre rouge.
« Au Nord, vers Sadika-Banzi, le sol est recouvert de hautes herbes et le pays est étonnamment déboisé, sauf autour des villages et dans le fond des ravins, où les arbres sont grands et touffus. Dans les herbes, il y a seulement des arbustes rabougris. » {Ed. Dupont.)
7. — Région Matadi- Kongo da Lemba-Masamba- — « Devant Matadi, le fleuve forme une anse peu profonde, limitée, à l'amont, par la pointe du ravin Léopold, à l'aval, par le promontoire de Kala-Kala.« (Voir pp. S8,89 et 93.)
« Le terrain profondément déchiré, en tous sens, par de nombreux ravins qui descendent vers le fleuve, en cascades successives,
s'élève rapidement jusqu'aux monts de Noki, qui ferment l'horizon du côté Sud; à l'Est de la station, se dresse une crête élevée qui se détache aussi des monts Noki et se prolonge jusqu'au Congo, où elle se termine brusquement par une falaise à pic. Cette crête et le massif de Palabala, qui lui fait face, forment une vallée profonde, étroite, sinueuse, au fond de laquelle coule la Pozo. •> (Voir p. 74.)
« Le problème à résoudre (pour construire le chemin de fer de Matadi au Stanley-Pool) était donc le suivant : franchir la crête de partage de la Pozo, descendre dans la vallée pour passer la rivière, puis s'élever dans le massif du Palabala, pour descendre enfin dans la plaine de Kenge, et cela, sans dépasser la frontière portugaise, distante d'une lieue seulement du débarcadère de Matadi. Limités ainsi par cette frontière et par le Congo, nous devions attaquer le taureau par les cornes, rechercher par tous les moyens possibles le plus grand développement de tracé, et nous élever deux fois à plus de 250 mètres de hauteur, pour en redescendre immédiatement après. »
« La solution a été trouvée, elle a coûté quelque peine, elle exigera certains travaux, moins cependant qu'on aurait pu le croire à première vue, en parcourant ce pays aride et désolé, où les montagnes sont comme jetées au hasard les unes sur les autres. «
i* Jusqu'au marché de Kenge, sur une trentaine de kilomètres environ, le pays conserve le même aspect ; à partir de là, l'allure, et aussi la nature du sol, se modifient; les vallées s'élargissent, une couche de terre recouvro la roche et la végétation apparaît... «
** Les villages sont peu nombreux, peu peuplés, d'aspect assez misérable; un seul fait exception, c'est le village de Palabala, qui est perché au sommet de la montagne, à 550 mètres au dessus du fleuve... y» {G. Vauthier, 1887.) (Voir p. 88 et suiv.)
« Palabala, écrit M. Ed. Dupont, est un des points les plus élevés de la région des chutes. Les quartzites s'y montrent avec les roches amphiboliques et les micaschistes des environs de Vivi. Ayant dépassé le village et traversé un profond ravin, nous rencontrâmes d'autres villages, et le pays commença à se boiser, surtout à partir du point où le sentier se bifurque dans la direction de Matadi et dans celle de Vivi. Ce sont généralement de petits arbres, entre lesquels l'herbe pousse. Elle fut encore manifestement brûlée à la dernière saison sèche, et l'incendie a nui à cette sorte de futaie. Le sol n'y est ni plus humide ni d'autre nature que sur les autres plateaux; on doit
y voir, à mon avis, la forêt primitive en voie de reconstitution, parle simple développement des broussailles, qui ont pu croître plus librement, et il a sufR pour cela que le feu ne fût pas mis aux herbes, pendant quelques saisons. «
« Nous arrivions enfin sur les crêtes qui dominent le Congo. Les mugissements de la cataracte de Yelala se faisaient entendre au loin, sur notre droite. Nous l'avions déjà dépassée. Devant nous se développait, dans une échappée, en sombre ruban, la grande vallée où la verdure des herbes en croissance remplaçait la couleur chaume des pailles de la saison sèche; je reconnus les sites, la montagne de Shonzo devant Matadi, le promontoire où se trouve la mission d'Underhill, ainsi que la grande échancrure aux parois en falaises, le Chaudron du Diable. « (Voir p. 71.)
« Nous dûmes monter un escarpement, et toute la vallée se déroula, en un immense panorama, devant et derrière nous. La station de Vivi apparaissait comme un petit point blanc, du haut des hauteurs de 300 mètres et plus. Nous descendîmes une suite de terrasses, par des cols étroits, vers l'extrémité du promontoire formé par le confluent de la Pozo. » {Ed. Dupont.)
Entre les rivières Lufu et Bembizi, le pays est assez accidenté. Au sortir de la vallée de la Lufu, la route de Kongo da Lemba gravit un escarpement de 200 mètres, tourné vers l'Est. Le gneiss amphibolique,avec micaschiste, affleure le long du sentier. La crête de l'escarpement est couronnée par la grande et belle forêt de Masamba. « Je ne puis encore comprendre, dit M. Dupont, ce grand amas d'arbres, si je n'admets que toute cette région a été boisée à son tour. Nul ne pourra prétendre ici que la forêt est due à la présence d'un sol plus humide. Elle n'est plus aux abords d'une vallée, mais sur les flancs les plus élevés d'un plateau, et les terrains sont les mêmes que d'habitude. »
« Au Sud de la Bembizi, on gravit le flanc, en partie boisé, de sa vallée, tout en rencontrant des aftleurements de même roche que précédemment. Les abords du plateau que nous suivions près de son sommet, présentent de nombreux et grands blocs de fer scoriacé, et le sentier nous mena à la haute plaine de Kongo da Lemba, de la plus grande fertilité. Les herbes serrées y sont gênantes, tant elles sont déjà hautes pour la saison (13 décembre). Les baobabs et les palmiers élaïs abondent. « {Ed. Dupont.)
« La route des caravanes franchit la vallée étroite de la Bembizi, dit
de son côté M. G. Vauthier, et gravit immédiatement le faîte élevé de Masamba. » (Voir notice de la feuille 5.)
Le chemin de fer du Congo : kilomètres 1 à 60. — « De Matadi, son point d'origine, jusqu'au quatrième kilomètre de son parcours, le chemin de fer suit d'abord la rive même du Congo, qu'il abandonne ensuite au conlluent de la Pozo, pour remonter cet affluent le long de sa rive gauche. »
« En quittant la gare de Matadi, on rencontre d'abord, se détachant du massif de la rive, un éperon qui s'avance en promontoire dans le fleuve et que le chemin de fer gravit pour atteindre le Col dos Plantations, point le moins élevé du contrefort. r>
La voie ferrée passe le col en tranchée. « Par cette ou-serture du terrain, de direction oblique par rapport au fleuve, se découvrent la nappe d'eau du Congo et sa rive droite, sous Vivi. >»
" Ayant atteint le Col des Plantations, le chemin de fer descend le revers du contrefort et se trouve dans la vallée du ravin Léopold. » (Voir p. 74.)
« Après avoir remonté la rive gauche du ravin, la voie le franchit sur un pont de 20 mètres de longueur, et passe sur la rive droite, qu'elle redescend jusqu'au Congo, formant ainsi une boucle d'une longueur d'environ un kilomètre. »
« Au-delà, la ligne reprend et suit sans interruption, jusqu'au conlluent de la Pozo, le flanc raide de la rive du Congo. Dans cette partie, le raihvay est établi à mi-côle, sur une corniche taillée dans le rocher, que coupent par intervalles les étroites fissures de la rive, sur lesquelles de petits ponts de 10 mètres et moins ont été jetés. »
« Surtout ce parcours, la ligne présente, en dehors de quelques rampes peu prononcées, n^cxistant d'ailleurs que sur de petites étendues, une allure faiblement accidentée. Le terrain rencontré dans l'exécution de la plate forme de la voie se compose d'un roc dur et compact, ayant nécessité, pour le creusement de toutes les tranchées, l'emploi de la dynamite. »
La voie qui commence à Matadi, à la cote 26 au dessus du niveau de la mer, atteint le confluent de la Pozo (kil. 4) à la côte 62.
La rive du fleuve et le versant de la vallée de la Pozo que longe la Toic ferrée, avant de traverser cette rivière, '^offrent, d'une façon générale, un aspect sauvage et bouleversé.... »
« Ce sont des masses rocheuses enchevêtrées, émergeant des rives qui descendent presque à pic dans les eaux du fleuve et de son tributaire. En certains endroits, des roches saillantes, en surplomb sur la masse, forment au-dessus du chemin du railway de véritables encorbellements. «
« De distance en distance, de grandes failles coupent normalement la rive dénudée, ne présentant qu'en quelques rares places une végétation maigre et rabougrie, qui complète l'aspect sauvage de cette région. »
« Les travaux préliminaires pour les études de l'implantation de la voie, ceux de la construction de la plate-forme ont été, dans la vallée de la Pozo, d'une difficulté sans égale. A maintes reprises, on a dû descendre les mineurs à l'aide de câbles pour leur permettre d'atteindre la cote de la plate- forme.... »
« La voie franchit dans cette section, entre les kilomètres 5 1/2 et 7 1/2, trois ponts : un de 20 mètres, au-dessus du ravin des Eaux- Bonnes; un de 15 mètres, au-dessus du ravin de la Fièvre; un de 10 mètres, au-dessus du ravin de la Désespérance.... »
Au kilomètre 8 (cote 61), la voie ferrée « franchit la rivière Pozo. Elle longe ensuite, pendant un peu plus d'un kilomètre, la rive droite de ce cours d'eau; puis, après avoir passé le ravin de la Mission, sur un pont de fer de 25 mètres, elle s'engage dans le col des Pintades, et, tournant assez brusquement vers l'Est, commence, à la cote 63, l'ascension dos pontes du massif de Palabala. »»
«Ainsi que nous l'avons exposé, la Pozo est une rivière torrentueuse, impraticable aux embarcations dans la plus grande partie de son cours inférieur, roulant ses eaux rapides entre deux massifs : à gauche celui de Matadi, à droite celui du Palabala, beaucoup plus puissant que le premier, et qui constitue l'obstacle le plus sérieux que le chemin de fer du Congo trouve sur sa route. « (Voir p. 74.)
« Son point culminant est le plateau dit de Palabala, au centre d'une petite agglomération de villages, où les missions anglaises baptistes ont un établissement; le plateau est à 525 mètres d'altitude. ()n y jouit d'une admirable vue sur tout le pays d'alentour.. . • « ...La voie ferrée monte en faisant d'incessantes boucles sur une distance de 7 kilomètres. A partir du kilomètre 9 1/2, à la cote 95, la voie monte, sans palier, jusqu'au kilomètre 16, à la cote 278. Là, par une tranchée de 1) mètres de profondeur, elle franchit le col de Palabala, le point le plus élevé de la ligne dans celte section. «
« Ces 7 kilomètres sont extrêmement mouvementés. Ce ne sont que lacets, tranchées, remblais, ponts et ponceaux. Autour du kilomètre 14, toutes les difficultés sont accumulées. Le ravin du Sommeil est franchi sur un pont de 25 mètres; celui de la Chute sur un pont ift 40 mètres; la Pondene sur un pont de 20 mètres. »
« Au delà du kilomètre 16, au pied du massif même, le pays s'améjiore un peu, tout en restant difficile jusque vers le kilomètre 26, puis on arrive dans un pays de plaines. »
La Mia est traversée sur un pont de 30 mètres, la Kibueza, sur un pont de 70 mètres, et la Duizi, sur un pont de 20 mètres.(Voir p. 75.) {Le Congo illustré, 1892, 1893 et 1894.)
8. — Les îles du Congo. — Les îles de Selongo, Limonda-Kete ou Saam-Amhaka et Buka ou Rocca, qui partagent le fleuve eu deux bras, en face de Boma, appartiennent au Portugal. (Voir p. 68.)
Vile des Princes, située plus en amont, appartient à l'État Indépendant. Elle n'est séparée de la rive Nord du Congo que par une crique étroite. L'île des Princes est couverte d'une végétation luxuriante. (Voir p. 68.)
Les îles Enchantées des Sœurs, rochers échelonnés le long de la rive droite du fleuve, en aval de Sonda- Kongo, appartiennent à l'État Indépendant.
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Additions
3. Région au Nord-Est de Borna. — De Borna à, Mumba.(l) — Il y a
une distance de 72 kilomètres environ entre Borna et le poste de Mumba.
La partie de la route entre Borna et Sumba présente le caractère général de la région située près du Congo. Un pays mamelonné, raviné et semé de cailloux quartzeux ou de minerai de fer. Le sol est composé, en grande partie, de limon rouge.
p]ntre Boma et Sumba, il existe six cours d eau: les rivières Bukia- Bule, Sanka-SankH, Dimba-Niengi, Safu, Bukia-Kikumbi et Buba.
La rivière Safu seule est assez importante pour pouvoir, pendant les grandes pluies, arrêter une caravane de noirs.
A partir de Sumba-Pulele, le caractère du paj^s change entièrement. Les pierres font absolument défaut. Le pays, jusqu'ici nu, se couvre d'épaisses forêts qui envahissent même le sommet des mamelons. Les arbres sont de haute futaie. Le sol est composé d'humus ou d'une terre légèrement sablonneuse, d'une extrême richesse.
La route est assez bonne. Il y a quelques pentes assez fortes, mais elles sont presque toutes situées dans la forêt et on les monte à l'abri du soleil, sous un épais feuillage, ce qui diminue beaucoup la fatigue.
Les cours d'eau traversant la route sont nombreux, mais ce ne sont que des ruisseaux, à l'exception de la rivière Monzo.
La vallée de la Mangola et de son affluent leZuazuzu, forme, après une forte pluie, un marais de près de 500 mètres de longueur qui, à certaines places, a près de r"50 de profondeur.
Dans la légion de Mumba, le sol est excessivement riche. Le pays est bien arrosé. La forêt retient l'humidité, pendant la saison sèche aussi bien que pendant la saison des pluies. Il doit exister d'excellents pâturages dans les nombreuses clairières qui parsèment la forêt. Les bois de construction abondent, ainsi que l'eau.
Pai-mi les essences que j'ai rencontréesil y a quelques rares arbres, kula (tasenla?) (camwood). Le kazu (kola, sterculia) est très abondant dans la région de Panana-Mumba et il me semble avoir été planté. Le mangenia, bois dur, qui, après l'abatage, devient violet,
(1) Complément au paragraphe 3, p. 8L
est aussi assez abondant, l.es safu sont assez nombreux et, dans la plupart des villagos, on remarque quelques manguiers.
Le palmier élaïs se rencontre en très grande abondance.
Le palmier raphia existe, mais en petite quantité. Je n'ai pas observé le borassusou hyphène. Les baobabs sont nombreux, ainsi que les bombax (faux cotonniers).
Parmi les plantes existantes, j'ai remarqué l'ananas qui couvre de grandes étendues. Dans les villages poussent une espèce de pourpier (segele), la moutarde (salata), de l'oseille indigène, des choux, de très rares oignons, des bananiers, des ignames, des patates douces, du maïs, des aubergines, des courges, une espèce d'asperge amère, des voandus, des madezas (fèves).
J'ai vu, à la rivièie Monzo, beaucoup de lianes lombo (landolphia), de laquelle les natifs tirent du caoutchouc et, au village de Singelt'le, on l'exploite pendant la saison sèche.
Dans les villages hors de la route, le bétail : moutons, chèvres et cochons, est très aboudant. Bon nombre de poules et de canards existent aussi.
Le poste de Mumba est situé en pleine forêt. {Dannfekl, décembre 1894.)
4biB De Binda sur le Congo à la Vunzi, par la vallée de la Bidizi et le plateau de Sanda(l). — En amont de Binda, point où elle se jette dans le Congo, la Bidizi coule, sur une distance de un à deux kilomètres, dans une plaine. Plus au Nord, le pays se rouvre de collines peu élevées, mais dont l'altitude augmente, au fur et à mesure qu'on avance vers les sources de la Bidizi, dans une direction N.-N.-E.
A environ cinq kilomètres en amont de Binda, entre la rivière et un petit affluent de droite (au S.-O. du village Kidiaki), s'élève le mont Kangululu, dont la pente, vers la Bidizi, atteint llb à 40 grades. Sur la rive gauche, l'inclinaison est moindre, et permettrait la construction d'une voie ferrée, à flanc de coteau. Il faudrait, toutefois, jeter un pont sur un ravin qui coupe la colline. Il n'y a pas de roches, sauf au fond de la Bidizi, dont le lit est pierreux. La largeur de cette rivière est de 20 mètres ; elle a peu d'eau par place.
A trois quarts d'heure de marche du mont Kangululu, la Bidizi
(l) Paragraphe s'intercalant entre 4 et 5, p. 83.
reçoit les eaux d'un ruisseau, le Mazonzo, qui vient droit du Nord ; elle fait une courbe brusque vers l'Est, et coule ensuite dans une plaine fertile, non marécageuse à la saison des pluies. La plaine a une altitude de 67 m. au-dessus du Congo à Binda, soit donc, depuis ce dernier point, une inclinaison générale de 15 millimètres par mètre. Sur la rive droite de la Bidizi, entre celle-ci et son affluent, le Mazonzo, s "élève le mont Mongo (au Sud-Ouest du village Sumbaka). Tous les ravins de cette région sont boisés.
Dans la susdite plaine, la Bidizi s'infléchit vers le N.-N.-E., et reprend peu à peu sa direction Est. Le pays devient ensuite difficile, la rivière s'encaisse fortement et remonte vers le Nord, en formant un coude très prononcé. Le sol est formé d'argile quartzeuse.
On se trouve ainsi, tout de suite, sur des rampes assez sérieuses et à flanc de coteau. Los pentes vers la rivière sont, à gauche, de 31 grades, à droite, de 42. Au fond de la gorge, deux rocs se font vis-à-vis de chaque côté. Pour éviter ce passage étroit, on pourrait creuser un tunnel dans la rive gauche, pour arriver rapidement à un terrain plus ouvert, près du village de Kinkalo, situé sur la rive droite de la rivière, daus une boucle que forme celle-ci, imméd'atement au Sud de Sumbaka, à l'ultitude de 90 mètres au dessus du Congo à Binda. De ce point, on monte facilement sur un petit plateau, et, une fois là, on marche pendant deux kilomètres environ sur la crête, assez plate, d'une chaîne de collines, en allant franchement vers le Nord, parallèlement à la Bidizi, qui, comme il a été dit, a repris cette direclion. Pour construire une voie de communication sur ce terrain, il faudrait établir île nombreux aqueducs.
A environ deux kilomètres au Nord de Sumbaka, la rivière forme une courbe vers l'Est, et reçoit le ruisseau Kombambi, venant du Nord ; elle coule entre deux crêtes. Le sentier quitte la vallée de la Bidizi avant d'arriver à ce coude, et franchit la crête de la rive gauche, qui atteint, au village de Sundi, 140 m. de hauteur, au dessus du fleuve à Binda. Avant d'atteindre Kisinza, on traverse la vallée de la petite rivière Kota, affluent de gauche de la Hidizi. Cette petite vallée a 100 mètres do largeur et est très fertile.
Vers cet endioit, la Bidizi forme plusieurs chutes, et, sur sa rive droite, le sol s'élève sensiblement. En amont de Kisinza, elle serpente dans une grande vallée ouverte, et y reçoit des affluents de rOueit et de l'Est. La vallée, nui est très fertile, a environ un kilo-
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mètre de Inrgeur et est remplie ùe petites collines de même hauteur, et d'un niveau de 230 à 250 mètres au- lessus du Congo à Binda. Ces collines, par leur disposition, peuvent êlre considérées comme formant un plateau de 1 à 2 kilomètres de longueur. Pour établir une voie de communication, il sufiîrait de trancher les sommets pour remblayer les ravins. L'i vallée s'étend sur une distance de cinq à six kilomètres. liC village de Kintango en marque la fin. Sur la rive droite s'élève une colline rouge; à gauche, une haute montagne boisée. Dans les environs, il y a de nombreux bois vers l'Est s'étendent d'épaisses forêts. Entre les collines de le rive gauche existent plusieurs belles vallées, dont la végétaiionest splendide.
Près de Kintango, le sentier, toujours parallèle à la Bidizi, s'infléchit vers l'E.-N.-E., direction générale qu'il garde jusqu'à la Vunzi. Le terrain est maintenant très coupé, jusqu'au marché de Pangi, au Nord de la rivière Mami, afliuent de la Lufu (kil. 737 de longitude).
A l'Est (le Luanda, s'élève une montagne de .380 à 400 mètres d'altitude au dessus du Congo à Binda, mais au Nord, une dépression générale permet le passage.
Hakansson donne le nom de Mont Stanley à cette montagne, en souvenir du camp qu'y établit, le 5 août 1877, l'illustre ex|»lorateur, lorsque, venant d'Isangila, il gagnait Boma, après la traversée du continent mystérieux. (Cette montagne fait partie d'une chaîne que Stanley appelle lui-même « la haute chaîne boisée iVTnkungu y» et qui est renseignée sur la carte entre la Bidizi et la Lufu.)
Une fois cette montagne dépa.ssée, on pénètre dans un pays ouvert et presque plat. Le sentier y est à l'altitude de 334 mètres au dessus du Congo à Binda.
Après quelques kilomètres de marche, on arrive à une rivière — la Kama-Mianzi — qu'il faut traverser. Sa vallée n'est pas très profonde et est remplie de grands arbres. A l'endroit où le sentier la franchit, elle a une largeur de 12 mètres et son fond est de roc. La rive gauche a une hauteur de 300 mètres. La rivière coule vers le S.-E. Elle doit se rendre à la Lufu. A l'horizon Nord-Ouest s'élèvent do grandes montagnes boisées.
Le sentier passe à Suki, puis,Nse dirigeant vers la Lufu. monte une colline sur laquelle est situé le marché de Pangi (vers le kil. 737 de longitude de la carte). On peut atteindre la Lufu soit par le
Nord du plateau de Pangi, qui se trouve sur la rive gauche de la Mami, soit en passant au Sud, par la vallée de cette rivière.
Par la première de ces deux voies, on arrive plus rapidement à un petit affluent de la Lufu, qu'il faut traverser.
La Mami est une jolie rivière qui coule dans une vallée assez large, à pentes généralement douces. La rive Nord est boisée, ainsi que tous les ravins qui aboutissent à la rivière, soit à gauche, soit à droite. Il en est de même des ravins qui descendent vers la Lukimba, autre affluent de la Lufu.
Le pays change d'aspect; il y a maintenant de grands espaces et de hauts plateaux.
Arrivé à la Lufu, soit par le Nord, soit par le Sud du plateau de Pangi, la route doit remonter cette rivière pour atteindre le ravin Odikako. Ce grand détour vers le Nord permet de gagner le plateau de Sanda, qui s'étend à l'Est et à l'Ouest. Ce plateau a une longueur de 12 kilomètres, en comptant quatre kilomètres pour la montée et la descente, soit huit kilomètres de terrain plat et facile.
Au fond de la vallée du petit affluent de la Lufu, qui coule au Nord du platenu de Pangi et du village iMakanga, l'altitude est de 210 mètres au-dessus du Congo à Binda; de très grands remblais seraient nécessaires pour établir un passage. Cependant, deux éperons, s'avançant de chaque côté de la rivière, faciliteraient ce travail.
Le passage de la Lufu est plus facile; puis on marche en rampe et à flanc de coteau. Le sommet du plateau est à la cote 330, soit, sur une distance de deux kilomètres, une montée de 0.025 par mètre. Une fois sur le plateau, le terrain est plat jusqu'à la Vunzi, dont le niveau n'est qu'à la cote 200. C'est un passage difficile, d'autant plus que le terrain de la rive gauche de la Vunzi est mauvais. Il est composé de cailloux.
On peut éviter ce point, en franchissant la ligne de faîte entre le ravin Odikako et le cours supérieur de la Vunzi, et redescendre la vallée de cette dernière qui n'est pas mauvaise. En général, le sol y est argileux.
A partir de la Vunzi, le sentier court droit vers le Nord, traverse la Bundi, et va jusqu'à Isangila, en passant par Lusala-Gembe, Kalonga et Banza-Balo. (Hakanssoti, août 1885.) (Voir pp.l35et 136.)