‹ Notices sur le Bas-CongoChapitre 54 sur 57 · II. - ftSPECT DU SOL · texte numérisé non relu

II. - ftSPECT DU SOL

1 . — Le littoral du Stanley-Pool et l'île de Bamu. — "A partir du village de Kintamo, sur la rive gauche, les collines s'écartent du Pool, en décrivant une grande courbe, qui va rejoindre le liane gauche de la vallée du Haut-Congo, au delà de Kimpoko. Entre les collines et la rive du Pool, s'étend une vaste plaine sableuse, d'une altitude peu supérieure à celle de la nappe d'eau, mais qui cependant, entre Kintamo et Kinshasa, se termine, à la rive, par des falaises peu élevées. «

« En amont de Brazzaville, les collines s'écartent aussi de la rive, mais moins que sur la rive gauche, et ne laissent entre elles et le Pool qu'une étroite plaine sableuse; bientôt, cependant, elles se rapprochent de nouveau et bordent directement la nappe d'eau par des escarpements raides et élevés, auxquels on a donné le nom de Dover Cliffs. « (/. Cornet, Bull, de la Société de Géologie, Paléontologie, etc., t. XI.)

Les Dover Cliffs. — « Les Dover Cliffs sont de véritables falaises et leur nom leuraétébien donné, car elles rappellent, à tous égards, les falaises de la Manche. Comme elles, elles sont à pic, à arêtes découpées par des ravins, et d'une blancheur éclatante. Mais à part ces similitudes d'aspect, leur difTérence est fondamentale et rend ces similitudes mêmes particulièrement étranges. Les falaises des côtes anglaise et française sont de la craie ; ici, c'est du sable agglutiné. D'un côté du carbonate de chaux, de l'autre de la silice. "

« Les couches des Dover Cliffs du Stanley-Pool sont donc d'un grès blanc, très tendre, en couches horizontales. Le dépôt doit avoir une épaisseur d'au moins 100 mètres et môme de 150 à 200 mètres, à en juger par mes observations des autres jours ; il reposer sur du quartzite brun et sur des grès jaunes bréchiformes, qui forment le lit du

Congo du Stanley-Pool jusqu'au Kasaï et plus haut. J'y cherchai en vain des fossiles, je n'en vis pas de traces. » {Ed. Dupont.) (Voir pp. 258 et 275.)

Les Monts Stanley. — Les collines de la rive méridionale, qui portent le nom de Stanley, forment une courbe de hauteurs boisées ou nues, laissant apercevoir de loin une frondaison foncée et, par ci, par là, des roches blanches. Cette courbe s'écarte progressivement du fleuve jusqu'à en être éloignée de plus de dix kilomètres, au point où s'élève le Pic Mense. Puis, elle se rapproche de nouveau du fleuve, qu'elle domine au mont Léopold.

C'est sur une terrasse du Mont Léopold qu'a été bâtie Léopoldville. (Voirp. 281.)

De Léopoldville à Dolo. — «< L'aspect général du pays, aux environs de Kinshasa et Dolo, est celui d'une plaine herbeuse coupée de-ci, de-là, par quelques taillis, trahissant des dépressions dans lesquelles s'écoulent lentement des filets d'eau. Le sol est constitué par une couche d'argile mêlée d'un peu de sable de coloration grisâtre. Cette couche est recouverte d'une terre végétale légère, sur une épaisseur de 40 à 60 centimètres. Des affleurements de pierres apparaissent dans le lit d'un ruisseau, qui se jette dans le Pool, ainsi qu'en de nombreux endroits de la rive, et font supposer que la couche d'argile n'excède pas 4 mètres en épaisseur. »

" Les eaux des deux ruisseaux qui se jettent dans le Pool, entre Dolo et Kinshasa, sont limpides. Il faut, toutefois, s' en défier, car elles traversent des terrains bas et humides. »

« Dans la direction de Lemba, le pays est boisé. »»

« Aux eaux hautes, les rochers de Dolo sont en partie submergés. Les embouchures des ruisseaux, dont il vient d'étie parlé, sont envahies par les eaux du Pool et forment marais, sur une largeur de 10 à 20 mètres. Il n'y a pas d'autre marais entre Kinshasa et Dolo. Comme l'écoulement des ruisseaux est très lent, il se forme des bourbiers et, à certains points, le sol s'imprègne profondément et se défonce en maints endroits. y> {Vanden Bogaerde.) ..

M. l'ingénieur Rolin décrit comme suit l'aspect de cette même région :

" Je viens de parcourir la plaine aux plus hautes eaux que l'on ait constatées depuis longtemps dans le pays ; elle s'étend sans obstacle, sur une profondeui' de plus d'un kilomètre de la rive ; elle

est très riche et recouverte de belles herbes, qui doivent être d'excellents pâturages. Dans le fond de cette plaine, on rencontre un ruisseau un peu marécageux, mais dont les eaux, qui sont agréables au goût, ne doivent pas être malsaines, car les habitants de Dolo vont y puiser l'eau dont ils se servent pour leurs usages domestiques. Deux autres ruisseaux se déversent dans le premier, ils sont également marécageux et sont entourés d'arbres. "

« Cette partie pourrait être assainie, en facilitant l'écoulement des eaux, qui ne peut se faire, le fond étant rempli de broussailles. La différence de niveau entre le fond du ruisseau et le niveau du tleuve est suffisante, pour permettre un écoulement rapide. «

« Entre ces ruisseaux, la plaine s'étend de nouveau, très sèche, parsemée de quelques arbres rabougris, jusqu'aux montagnes qui forment le bassin du Congo. Le village de Dolo est entouré de baobabs, de palmiers et de bananiers. Ce point est un des plus élevés de la plaine. « Œolin, 1891.) ,

« De Léopold ville à Dolo, la côte est diverse, mais complètement inliospitalière (s'entendant sur une longueur suffisante) pour les vapeurs. r>

« Aux pointes, rochers élevés de grès, des courants violents rendent les passes dangereuses en pirogue. Des bancs de sable mobiles, des remous également mobiles. La présence de pointes rocheuses au large fait que les vapeurs courraient un grand danger à naviguer près de la côte. Deux points pourraient faire exception, celui du camp de Kinshasa et la côte occupée par la factorerie de la Société an. Belge pour le commerce du Haut-Congo. A Kimpoko, point situé à environ 40 kilomètres de Kinshasa, le ffeuve )nange la rive. « {Eymar, 1892.)

De Dolo à Kimpoko et en amont de ce point. — « De Dolo à Kimpoko s'étend une plaine sablonneuse à herbe courte, parsemée de bouquets d'arbres, au voisinage des rivières. Le sentier indigène la traverse, à une distance de la rive qui varie de .'3,000 à 5,000 mètres, suivant l'état et la configuration du sol. Toute cette rive du Pool est basse, marécageuse, souvent inondée et traversée par des chenaux accessibles aux petites pirogues. Ils forment de nombreux méandres, dans une épaisse végétation de papyrus, nénuphars, fougères et hautes herbes, où l'on navigue plus de deux lieures avant d'atteindre la terre ferme. «

De Kimpoko à la rivière Koio, « la plaine est couverte de hautes herbes, avec bosquets de bambous et de rotins, aux abords de la rivière. »

Au-delà de la Kolo « commence une montagne boisée d'une vinglaine de kilomètres de longueur. Les bois renferment du bambou de Chine, du rotin, quelques beaux arbres de bois tendre, et beaucoup de couleur rouge. ^ {MahieK.)

Le massif de Mangele et le pic Mense. — "La rive méridionale du Stanley-Pool est constituée par de vastes plaines, entourées d'un hémicycle de montagnes d'une élévation .moyenne, venant aboutir au Pool, seulement aux deux extrémités de celui-ci, à Léopoldville et à Kimpoko. «

« Le point culminant de cet hémicycle de montagnes est distant de la rive du Pool d'environ ."JO à 40 kilomètres (1). Il est appelé par les indigènes « Mangele ?'. C'est un massif d'une forme très particulière, qui attire les regards et qui borne, vers l'Est-Sud-Est, l'horizon de Léopoldville.»

« Le pays, qui s'étend jusqu'au Sud des montagnes, est fort beau et abondamment arrosé par de nombreux ruisseaux; quelques rivières sont assez importantes; telles sont la Djili et la Sele. C'est un pays de savanes, légèrement ondulé, montant en pente douce et divisé par de larges bandes de forêts ou parsemé de grands bouquets d'arbres. »

« Il est fort peuplé. M.vonSchwerin a visité plusieurs villages très étendus et très populeux, situés dans des sites pittoresques et entourés de baobabs et de palmiers, notamment Lemba, Kimbango, Mikongo. »

« La partie intéressante et inattendue du voyage a été l'exploration de la région montagneuse. En effet, les voyageurs y ont découvert un pays du plus haut intérêt au point de vue de la constitution géologique et présentant une succession de sites tellement fantastiques et sauvages que le baron von Schwerin n'hésite pas à dire que cette région sera sans doute, en petit, pour le Congo, ce que le Yellowstone Park est, en grand, pour les Montagnes Rocheuses : un but d'excursion pour les touristes en quête de pittoresque. »»

« Le massif montagneux central présente la forme d'un fer à cheval, sorte de cirque pyrénéen, sans rivière et très humide. «

(1) Ces chitVres sont exagérés. Cette distance n'est que d'environ 13 kilomètre».

«Il est richement boisé à sa base et à son sommet. Quant à ses flancs, ils sont formés de falaises, absolument perpendiculaires, de sable durci, d'une blancheur éclatante, identique aux « Dover Cliflfs » de la rive française du Pool. »»

" La formation de la partie tournée vers la plaine est tellement bizarre, qu'elle inspire une crainte respectueuse aux natifs, qui considèrent cette région comme le séjour des esprits et n'osent s'en approcher. Tout y est fétiche pour eux. Aucun sentier n'jconduit; aucun indigène n'a consenti à servir de guide aux explorateurs. «

« A différentes places, ceux-ci ont vu se dresser au-dessus de la magnificence de la forêt vierge, des aiguilles acérées, comme taillées par la main des hommes et dont la blancheur tranchait vivement sur la verdure sombre des arbres. »»

^ Ils ont surtout remarqué un monolithe trapu, parfaitement cylindrique, haut d'environ 12 mètres, qui joue dans la superstition indigène un rôle important. On dirait le tronçon d'une gigantesque color>ne cannelée ou une ancienne pierre druidique, telles qu'on en rencontre en Europe. »

« MM. von Schwerin et Mense ont ensuite entrepris l'ascension du pic de Mangele {Pic Mense), le point culminant du massif. C'est une montagne conique, richement boisée, montrant également une succession de falaises blanches, hautes de 30 à 40 mètres, entourées de gouff"res, et accessible seulement du côté du Sud, le long d'une crête étroite. L'ascension a été très difficile, les voyageurs ayant, dii se frayer, à coups de hache, un chemin à travers le fourré extrêmement serré. »

t Arrivés au sommet, ils ont constaté à l'anéroïde une hauteur d'environ 300 mètres au-dessus de la plaine environnante, soit près de 600 mètres au-dessus du niveau de la mer. La vue dont on y jouit sur le Pool et sur la ligne de faîte, vers le Kwango, est splendide. » {Mouvement géographique, 1887.)

Vîle de Bamu. — « L'île de Bamu, longue d'environ 22 kilomètres, occupe le milieu du Stanley-Pool. La majeure partie du terrain est basse, c'est-à-dire qu'aux crues, l'eau la submerge aux trois quarts. Sur la rive méridionale, elle offre à la vue plusieurs kilomètres de terrain argileux, dépassant d'environ un mètre le niveau des eaux les plus hautes. Le sol de la rive septentrionale

est, toutefois, beaucoup plus déprimé. On trouve dans l'île quantité de bois propres aux constructions et à la fabrication d'articles indigènes. Des buffles, des éléphants, des hippopotames peuplent l'intérieur. »

«L'extrémité S.-E. de l'île est plus verdoyante et plus plate, et les environs en sont parsemés de larges bancs de sable. Aux eaux basses, ce côté de l'île ressemble à une plaine sablonneuse; les pêcheurs y construisent de petites huttes pour y sécher leurs poissons. Aux hautes eaux, les steamers peuvent aisément côtoyer Bamu jusqu'à l'entrée du Pool. La partie S.-E. mérite le nom de - Parc des Hippopotames ", car ces pachydermes y sont toujours nombreux ; 200 au moins tirent leur subsistance de ce terrain plat hérissé d'herbes et de roseaux. » {Stanley.)

L'île de Bamu est généralement couverte d'herbes hautes. Elle est traversée, en son milieu, par une forêt, où vivent en paix les éléphants et les buffles. {Ed. Dupont.) (Voir pp. 257,1258, 259 et 268.)

Géologie des rives du Stanley -Pool. — ^ k Kinshasa, à la pointe que forme la rive, près du cimetière de la factorerie, on a creusé quelques excavations pour extraire des moellons. On y voit, à partir du niveau de l'eau jusqu'à 2^50 au-dessus, des couches épaisses, ou plutôt un banc unique, paraissant horizontal, de roches siliceuses dures, bien en place. A l'état tout à fait intact, la roche a l'aspect d'un grès extrêmement fin, très tenace, très dur et très compact, mais néanmoins poreux (absorbant rapidement une goutte d'eau), de teinte rouge-brique foncé. Par altération, les blocs se décolorent, à partir de la surface, en jaune, puis en blanc, et deviennent moins durs. La roche est, en certains endroits, parcourue de fissures ressoudées, et approche souvent de l'aspect bréchoïde. »

t Un peu en aval, entre la pointe voisine du cimetière et l'atelier des steamers, les bancs sont en place jusqu'à 6 mètres au-dessus de l'eau ; la partie supérieure est altérée, teintée de blanc bigarré de jaunâtre, etc. v>

« Sur la rive et dans l'eau aux environs de la pointe, en amont, vers Dolo, les blocs de cette roche sont accumulés en grand nombre ; ils constituent aussi, en grande partie, les îlots rocheux qui sont en face de Kinshasa. «

« Dans la plaine qui borde le Pool, sur notre itinéraire de Kimuenza à Kinshasa, j'ai rencontré en plusieurs points, dans le lit

des ruisseaux et dans la plaine, à un niveau peu supérieur, des blocs de grès jaune analogue aux parties altérées des bancs de Kinshasa. En un point, la roclie m'a paru bien en place. »

« Si, de la pointe de Kinshasa, on se dirige vers Léopoldville en suivant la rive, on voit les bancs de grès dur disparaître, probablement par suite d'une légère inclinaison vers l'Ouest. Au bord de la factorerie et vers le camp de Kinshasa, on ne voit plus de roches dures. En aval du camp, on observe une petite falaise, à stratification ondulée, reposant sur un grès analogue, à stratification homogène. Puis vient une pointe saillante de la rive, présentant des accumulations de blocs de roches dures. «

« Au delà, s'avance un promontoire terminé par une falaise d'environ (S mètres de hauteur. C'est la pointe Kallina, visitée et décrite par Oscar Baumann et M. Dupont. J'y ai relevé, de bas en haur, la coupe suivante :

«a) Grès tendre, friable, blanc grisâtre, criblé à la surface de petites cavités semblables à l'empreinte du l)out du doigt, ce qui lui donne un aspect celluleux.

« b) Grès très tendre, jaunâtre, à stratification ondulée. Ce grès, à l'état humide, s'effrite facilement sous les doigts; à l'état sec, il est un peu plus cohérent.

« c) Banc de grès dur, brunâtre, jaunâtre ou gris, différent de la roche de la pointe de Kinshasa. 11 prend, par places, des aspects de silex, de jaspe, etc. »

« Des blocs de ce grès dur sont éboulés sur l'étroite corniche qui longe la base de la falaise; mais, aussi bas que j'ai pu voir la partie inférieure de l'escarpement, elle est constituée par les grès tendres a. Même aux basses eaux, je n'ai pas réussi à voir des grès durs, en place, au pied de la falaise de la pointe Kallina. C'est donc par erreur que, dans un travail précédent, j'ai considéré les grès tendres a comme reposant sur un banc de grès dur ; d'après une observation faite aux hautes eaux, j'avais pris les blocs éboulés du sommet, et se montrant au dessus du niveau de l'eau, pour des roches en place. r>

«« Un îlot rocheux, situé en face de la pointe Kallina, est constitué par une accumulation de gros blocs de grès durs. »»

« Au delà du promontoire, une autre pointe présente des blocs de grès durs accumulés, puis un escarpement peu élevé montre de nouveau des grès tendres à stratification oblique, recouverts de blocs

ébcmlés de grès durs. Ces mêmes blocs se rencontrent encore en plusieurs points, le long de la rive et jusqu'à une certaine distance dans l'eau, jusqu'au port de Léopoldville et au-delà. «

« Au point où le Congo sort du Pool, aux premières cataractes, M. Dupont a observé des bancs horizontaux, constitués par les roches dures du Pool (quartzite brun), reposant sur le grès rouge feldspatliique, également horizontal. « (Voir p. 2G0.)

" A l'extrémité opposée du Pool, à droite de l'entrée du Congo, se dressent les Dover Cliffs de Stanley, escarpements élevés, presque à pic, montrant de larges surfaces blanches, visibles de loin, parcourues de ravinements verticaux. La roche est un grès blanc grisâtre, très friable, stratifié horizontalement; il repose, d'après M. Dupont, sur des « quartzites bruns et sur des grès jaunes bréchiformes w. Je n'ai pas eu l'occasion d'observer cette superposition ; les blocs de roches dures, que l'on observe au pied des Dover-Cliffs, m'ont paru éboulés du haut. >» {J Cornet ^ ouv. cit.) (Voir p. 268.)

2. — Région de la rive méridionale du Congo, en aval de Léopoldville, jusqu'aux rapides du Lady-Alice. — Cette région qui s'étend sur la rive gauche du fleuve en aval de Léopoldville, est constituée par un vaste plateau entrecoupé, le long du fleuve, de vallons et de ravins. Des hauteurs de ce plateau, on découvre « tout un monde de petits dômes, c'est-à-dire, de petites collines séparées les unes des autres par des lignes capricieuses de feuillage sombre. Fumu-Be est situé dans le creux boisé d'une rivière. Plus loin s'étend un plateau élevé et verdoyant. « {Stanley.) (Voir p. 2G0 et suivantes.)

" Le terrain superficiel des plateaux, dit M. Dupont est un dépôt jaune sablonneux, avec lits d'argile, comme au sommet de l'escarpement de Kwamouth, à Kimpoko et à Léopoldville. Il atteint ici une altitude de 400 mètres et paraît d'une grande fertilité, d'après la hauteur et la densité des herbes. «

Du haut de l'escarpement qui domine les rapides du Lady-Alice, on peut « se rendre compte de la topographie de la région sur la rive Sud. Le Congo coule à travers des rocs surmontés de cailloux et de sable argileux dans une gorge profonde de 125 mètres. M;iis le sommet de la gorge s'abaisse rapidement, et une dépression, large d'au moins dix kilomètres, se développe sur le plateau; limitée au Sud par une rangée continue de hauteurs élevées, elle se prolonge, d'un côté, vers le Pool, où elle est séparée de la gorge du Congo par

le mont Léopold, et, d'un autre côté, s'étend entre Lukungu et Manyanga, où elle rejoint le Congo. « {Ed. Dupont.)

3. — Région traversée par le chemin de fer du Congo. Kimuenza- Dolo). — « Le village de Kimuenza offre à l'œil du voyageur un vaste plateau sablonneux, entrecoupé de fertiles et riantes vallées, arrosé pardes ruisseaux aux eaux pures et limpides, qui vont se jeter, après de nombreux détours, dans la Lukaya ou plutôt Kaya, car «Lu» fait ici fonction de l'article. Cette rivière, qui prend sa source près de Tampa (voir notice de la feuille 14), à deux journées de marche de Kimuenza, longe ce dernier village sur 4 à 5 kilomètres. Au dire des noirs, elle se jette à huit lieues à l'Est, près de Kingada, dans la Djili, qui prend sa source à Binja, à 18 lieues environ à l'Est de Kimuenza, et va rejoindre, après avoir reçu plusieurs autres cours d'eau, le grand fleuve Congo au Stanley- Pool. »

« Le village de Kimuenza compte 7 hameaux, dont l'un est très petit. Ils sont échelonnés, à «h'oite et à gauche, à quelque distance du sentier, qui monte de la rive gauche de la Lukaya, jusqu'au sommet du plateau sur lequel est situé la colonie scolaire de Ste-Marie. » (Voir p. 280.)

« Tout près de la colonie, se trouve une vaste forêt de plusieurs centaines d'hectares. Il y a là, outre des bois taillis, quantité d'arbres de haute futaie, qui font ressembler le bois de Kimuenza à la forêt de Groenendael-lez-Bruxelles. Cette forêt préserve le plateau des vents vSud-Ouest,très pernicieux. Le plateau sablonneux est peu fertile, d'autant plus que les indigènes y ont multiplié, pendant longtemps, des champs de manioc, plante qui épuise le sol...«

« La colonie de Ste-Marie est installée à l'extrémité d'un vaste plateau, d'une altitude moyenne de 400 mètres environ au-dessus du niveau de la mer. Elle est protégée, au Sud, par une épaisse forêt."

« De la mission, on jouit d'un superbe paysage : à 200 mètres, le plateau s'incline brusquement et se creuse en une vallée profonde et étroite; un fouillis d'arbres, une végétation luxuriante emplissent cette gorge, où le regard a peine à plonger. Au delà, à perte de vue, ondulent les monts et les collines que couvrent de hautes herbes ; d'innombrables bosquets émergent de la brousse, comme des îlots verdoyants du sein d'une mer paisible. Au fond, à huit heures de distance, on aperçoit le pic Mense qui dresse à 500 mètres son dôme étincelant. » {U. P. Van Hencxthoven , Pj^êcis historiques, 1894.)

Le chemin de fer {kilomètre 320 à Dold). — « La voie, après avoir suivi pendant 11 kilomètres la rive droite de la Luliaya, passe sur la rive gauche qu'elle serre de près, sans la quitter; la vallée est étroite, sinueuse et toujours fortement boisée. y>

« Elle la quitte avant d'arriver à Kimuenza, après y avoir parcouru 40 kilomètres, présentant une dénivellation de 285 mètres entre Tampa, qui est à 645 mètres d'altitude, et Kimuenza, qui est à 3()0. ^

" Kimuenza est un village ayant une population de 600 à 700 âmes. (Mission des pères Jésuites.) Elle se trouve à 20 kilomètres, au Sud de Léopoldville. « (1)

« Au delà de Kimuenza, la ligne, après avoir franchi un col élevé, s'engnge dans la vallée à pente facile de la petite rivière Funa, affluent direct du Stanley-Pool, sort de la région montagneuse qui borde celui-ci vers le Sud, au kil. 375, et se dirige, en droite ligne, vers Dolo, qu'elle atteint, après un nouveau parcours de 10 kilomètres, tout en plaine. »

« Dolo est à l'altitude de 315 mètres, 6 mètres au-dessus des eaux du Pool, dont la nappe s'étend, par conséquent, à 309 mètres au-dessus du niveau de la mer. y> (A.-J. Wauters, Mouvement^ géographique, 1897, voir notice de la feuille 14.)

Géologie de Kimuenza. — « Le plateau de Kimuenza, comme tous ceux des environs, est composé d'un sable gris brunâtre qui descend à une grande profondeur. Il est de médiocre valeur pour les cultures. »

« Sur les rives de la Lukaya, petite rivière qui se jette dans le Djeri (Djili), on a trouvé une colline composée de sable argileux, dont la teneur en argile est suffisante pour qu'on puisse l'employer à faire des briques. La couleur de ce sable est violet pâle; ce doit être le même que celui que j'ai rencontré souvent, dit le H. P. De Hei't, sur la route des caravanes. J'ai trouvé ce même sable sur le chemin qui conduit au village de Pala, distant de Kimuenza de 35 minutes, r

« Dans la vallée qui borde le plateau à l'Ouest, j'ai trouvé, à l'altitude d'environ 365 mètres, un sable légèrement argileux, de couleur rougc-briquo bien caractérisée. A quelques centaines de mètres au Sud de cet endroit, derrière un monticule et au bas d'une

(1) La distance entre Léopoldville et Kimuenza ne dépasse pas 16 kilomètres.

double chute d'eau, on rencontre un grùs blanc, dur, à gros grains, ce même grès que j'ai rencontré, en assises horizontales, sur le bord d'un ruisseau, à mi-chemin entre Léopoldville et Kimuenza, Je crois que c'est le grès de Léopoldville, dont parle M. Dupont dans ses Lettres sur le Congo. »»

« Toute la contrée est accidentée. L'horizon qui borne la vue depuis le Sud-Sud-Est jusqu'au Nord, par l'Ouest, renferme bon nombre de collines plus élevées que le plateau de Kimuenza. Il en est de même derrière le bois, dans la direction du Nord-Ouest. Là, cependant, ily aune succession devallées qui permettent d'apercevoir, à l'œil nu, les eaux du Stanley-Pool à 4 1/2 lieues de distance. Les collines s'abaissent vers le Sud-Est et dans la vallée de la Djeri (Djili), dont la direction semble être Sud-Sud-Est à Nord-Nord- Oiicst. A l'Est, lorsqu'il fait clair, on aperçoit parfaitement, au delà de la Djeri, d'immenses taches blanches sur le flanc d'une série de collines fort élevées. Ce sont les carrières de «pembe«, sable blanc assez fin, que les indigènes travaillent, façonnent en boules et viennent vendre; on s'en sert pour blanchir les habitations. " (R. P. De Ilert.)

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