C. — Liquide céphalo-rachidien. Méninges
1. Hyperalbuminose considérable du liquide céphalo-rachidien dans un cas de compression médullaire (2). — Voici un chiffre record d’albuminose rachidienne : 74 grs d’albumine par litre de L. G. R. (chiffre vérifié et contrôlé plusieurs fois). Par ailleurs le L G. R. était xantochromique et se coagulait très rapidement. Il s’agissait d’une compression médullaire dont le radiolipiodol fixait le siège à la hauteur de la XII® dorsale. Le contraste entre l’intensité du syndrome humoral et la bénignité relative des signes cliniques était frappant dans ce cas, au cours duquel la malade, du reste perdue de vue au bout de peu de temps, ne présentait qu’une parésie assez discrète des membres inférieurs. •
2. Crises convulsives et chlorures rachidiens (3). — Ghez les malades atteints de crises convulsives de diverses origines : urémie, éclampsie, méningite, états de mal épileptiques, on rencontre assez fréquemment une augmentation des chlorures du L.G. R. On l’explique par une imperméabilité rénale aux chlorures sanguins. Elle exagère l’hyperexcitabilité de l’organisme. On sait par ailleurs combien ont été discutés les rapports qui unissent les chlorures rachidiens d’une part, les chlorémies globulaire, plasmatique et tissulaire d’autre part.
3. Méningite tuberculeuse guérie (’t). — Les méningites tuberculeuses peuvent exceptionnellement guérir. Nous avons vu évoluer et céder en cinq jours une réaction méningée aiguë, au cours de laquelle la présence de nombreux bacilles de Koch,
(1) Index n- lli. Avec MM. Vio.m et Anselme-Martin.
(2) Index n" 153, Avec MM. Vidal et Chaptal.
(3) Index n» 110.
(4) Index n- 73. Avec MM. Vedel et Giraud.
tuberculisant rapidement Je cobaye, a été constatée dans le L. G. R. Ce dernier, très légèrement albumineux, (0,45 p. 1000) contenait 170 lymphocytes par mm^
L affection avait été précédée, pendant un mois, de vagues malaises. Le début de l’épisode aigu a été brusque, la résolution des accidents cliniques très brusque aussi. Perdue de vue depuis avril 1923, date de l’accident méningitique observé, la malade a été revue en bonne santé en novembre 1925, soit après 32 mois. Elle avait, entre temps, contracté la syphilis, et subi un traitement arsénobenzolique important On peut se demander si l’épisode clinique très franc et très aigu auquel on a assisté n a pas traduit la réaction très anormalement heureuse de la méninge à un envahissement par des bacilles de Koch venus d’un foyer latent.
Cramer et Bickel ont rassemblé, en 1922, 46 observations de méningites tuberculeuses guéries. Pettenati en a publié un nouveau cas en 1923, et K. Koch, dans un mémoire de 1925, en même temps qu il ajoutait une nouvelle observation aux précédentes évaluait à 60 le nombre des observations publiées.