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DES GANGLIONS ET DE LA RATE

A. — Hématologie.

1. Les variations de la formule sanguine au cours du traitement par le Thorium A(l). — Los résultats obtenus au sujet du nombre de globules rouges et des leucocytes, et de la formule leucocytaire pendant toute la durée (4 à 8 semaines) de traitements par injections hebdomadaires de 300 microgrammes de Thorium X, peuvent se résumer ainsi ;

a) le nombre des G. R. augmente légèrement pendant toute . la durée du traitement ;

b) le nombre des leucocytes, au contraire, baisse pendant le traitement et reste, à la fin, à un chiffre très inférieur à celui du début. Cette baisse ne se fait pas d’une façon continue, mais présente des oscillations d’amplitude variable, le nombre des leucocytes remonte après l’interruption du traitement ;

c) cette leucopénie s’accompagne de polynucléose et de diminution des mononucléaires. Pas de modification des éosinophiles, sauf une diminution extrêmement marquée de ceux-ci (de 8 à lOo/o) chez un malade qui avait de l’éosinophilie sans cause connue avant le traitement.

2. Réaction myéloblastique intense et passagère post-hémorragique (2). — La clinique et l’expérimentatiou ont depuis longtemps montré qu’une réaction hématopoïétique orthoplastique

(1) lude.x n» 30. Avec ILVI. Vedel, Giraüd et M““ Giraud.

(2) Index n° 76. Avec MM. Vedel, Giraud et M"’ Giraud,

peut succéder à des hémorragies importantes : on peut voir apparaître dans le sang circulant, à côté d’un excès de polynucléaires, quelques myélocytes neutrophiles ou éosinophiles, voire quelques grands leucocytes de l’ordre du «lymphocyte primordial » que dénoncent la basophilie de leur protoplasma et la structure de leur noyau. Lorsqu’ils existent, ces derniers sont en général très peu nombreux (1 à 2 p. 100).

A la suite d’une hématémèse extrêmement abondante, chez un sujet de 27 ans, nous avons assisté à une réaction leucocytaire posthémorragique temporaire, d’un caractère tout à fait exceptionnel par son intensité (76.000 globules blancs par mm= de sang) et surtout par l’abondance des éléments leucocytaires à l’état d’immaturité.

Les chiffres ci-après mettront en évidence l’importance de cette réaction et sa fugacité.

6“ jour

Globules rouges .... 2.200.000

Globules blancs. 76.000

Hémoglobine. 0 55

Valeur globulaire... 1 25

Polynucléaires neutrophiles et basophiles. 30 5 ,

Polynucléaires éosinophiles. 4 8

Mononucléaires. 8 9

Lymphocytes nor““"* 4 8

Myéloblastes. 49 3

Myélocytes.

Formes de transition Hématies nucléées . 1 7

9“ jour 18“ jour 30“ jour

Les éléments leucocytaires anormaux sont des myéloblastes àproloplasmanon granuleux. Toutefois leur nucléole est souvent très peu visible ; il apparaît mieux en tache claire, dans certaines parties moins rétractées des préparations.

Le réseau chromatique est apparent dans beaucoup de noyaux. Pour ces deux raisons, ces formes leucocytaires se rapprochent des mégaloblastes à protoplasma polychromatophile (il en existe

dans les préparations). Est-ce là une simple coïncidence ou ces formes constituent-elles un stade de transition entre le myéloblaste et le mégaloblaste ?

Le problène doctrinal qui est ainsi soulevé augmente l’intérêt de cette observation dont la rareté est tout à fait exceptionnelle.

B. — Maladies des ganglions, leucémies

1. Syndrome infectieux mortel avec adénopathie généralisée, splénomégalie, anémie et mononucléose, présence dans le sang de streptocoque non hémolytique, de bacille de Friedlander et de perfringens (1). — Le titre même de cette observation indique son intérêt et résume ses particularités.

Elle concerne un homme de 27 ans, et elle a évolué en quatre mois (l" novembre 1930-1" février 1931). Le début a été marqué par une angine d’apparence banale.

Les adénopathies ont débuté, très précocement, au groupe ganglionnaire inguinal gauche, où elles ont revêtu un caractère inflammatoire marqué, et où elles sont toujours restées prédominantes Elles se sont rapidement généralisées, atteignant les ganglions superficiels et profonds (médiastinaux et abdominaux). Le foie était gros, la rate pesait 1500 grs. à l’autopsie.

Le syndrome hématologique se caractérisait par une anémie grave, de la leucocytose, puis de la leucopénie terminale, de la mononucléose, allant, passagèrement, jusqu’à l’agranulocytose.

Le syndrome septicémique se marquait pas ta fièvre, fièvre à grandes oscillations les deux derniers mois.

L’examen microscopique des ganglions montrait l’existence d’une hyperplasie lymphocytaire et d’un processus inflammatoire aigu. La rate était également atteinte d’un processus inflammatoire aigu.

L’hémoculture a décélé l’existence, dans le sang, de streptocoque non hémolytique, de bacille de Friedlander et de perfringens. Peu de temps avant la mort, on n’y trouvait plus que du perfringens. Le cadre nosologique de la maladie est difficile

(1) Index n° 186. Avec M. Cadéhas et M" Lonjon-Turot.

à fixer. On peut discuter l’hypothèse d’une septicémie à perfi'ingens d’origine bucco-pharyngée, avec association passagère de streptocoque et de pneumobacille, et à symptomatologie atypique. Il semblerait plutôt qu’il s’agisse d’une de ces affections du type de la septicémie primitive avec mononucléose de Türck, de l’angine avec mononucléose, de l’adénolymphoïdite aiguë (P. Chevallier), compliquée d’infection polymicrobienne, et, en particulier, d’infection par le perfringens.-

2. Thrombose cardiaque totale au cours d’une leucémie aiguë (1). — L’évolution de la maladie s’est effectuée en trois semaines. Le thrombus, trouvé à l’autopsie, occupait les quatre cavités cardiaques, ainsi que les principaux troncs artériels (brachio-céphalique, carotide gauche, sous-clavières). L’examen histologique a montré qu’il était essentiellement formé de lymphoblastes.

3. Adénie éosinophilique prurigéne et fébrile symptomatique d'une tuberculose ganglionnaire (2). — L’adénie, l’éosinophilie, le prurit et la fièvre doivent faire porter le diagnostic de lymphogranulomatose. Cependant, dans ce cas, la nature tuberculeuse des adénopathies était anatomiquement évidente (follicules de Kôster typiques dans les ganglions), et la malade a présenté, quelques mois plus tard, une localisation bacillaire pulmonaire.

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