LES DEGRÉS INFIMES DU PÉCHÉ VÉNIEL
Il y a donc parmi les
péchés véniels ‘des désordres tout à fait légers : telles les faute
8, Presque totalement inconscientes, occasionnées en matière minime, par l’entratnement, l’inadver-
tance, l'oubli, la négligence, la faiblesse. Ces fautes sont presque sans gravité, sans conséquence redoutable, très faciles à effacer, aux antipodes du péché mortel.
Précisons davantage, le plus faible, est le péché d (1a, 2ae, q. 94, a. 3). Voici
Un péché véniel très faible, peut € sensualité dont parle saint Th en quoi il consiste.
-être omas
extérieurs, empêche, Où qui consent, constitue un péck# véniel, dit de sensualité, I] s’agit bien ici de mouvements tout mouvement ou à tout
qui
revêtent le ca
Ceci se prouve par le fait que la raison a une part de responsabilité générale, pour autant que tout mouvement de l’appétit sensible doit lui être soumis. Si l’acte de celu
sans qu'elle intervienne et se porte sur une chose non conforme à l’ordre de la raison ou au bien pur e
un acte positif Peccamineux. Le péché n’est Pas ici proprement dit dans la volonté. La :
nt
elle. La volonté ayant pu prévenir cet acte et ne l’ayant pas fait, il en résulte que cet acte quiest dans l’homme, bien qu'il ne soit pas dans la volonté, devient un acte mauvais.
Il est vrai qu’étant donné notre faiblesse, il est moralement impossible que le sujet empêche toujours le mouvement de l’appétit sensible, à prendre l'universalité des Cas. Mais il le peut toujours dans chaque cas particulier pris à part et en lui-même. Et cela suffit pour qu'il se trouve dans l'appétit sensible le péché dont nous parlons. Ce sont ces péchés de fragilité que l’homme seul ne peut éviter totalement, au témoignage de l'Écriture (Pègues, VIII, p. 500).
Puis vient le péché véniel dans la raison supérieure. «)
Saint Thomas (la, 2æ, q. 74, a. 10) se demande si le péché véniel peut être dans la raison supérieure quand on la considre en elle-même, et il répond affirmativement. Lorsque quelqu'un, Par exemple, d’une façon subite, par mode de subreption, perçoit Dieu comme n'étant Pas trine et un ; et c’est un péché véniel ; Car dans l’homme où est la foi, ce mouvement de la raison humaine ne devrait pas se produire, absolument de la même manière que dans l’être humain où se trouve la raison, un mouvement de la sensualité qui ne convient pas ne devrait pas se produire, d’où il suit, comme nous l'avons dit, que ce mouvement de la sensualité est en elle un péché véniel «» (Pègues, VIII, p. 539).
La doctrine de saint Thomas nous conduit à un autre degré du péché véniel, bien faible lui aussi, mais qui n’est Pas exempt de toute culpabilité. Voici en quoi il consiste.
© L'amour de la fin dernière est le principe de toute vie surnaturelle dans l’homme, et l'acte de cet amour implique qu’on ordonne à Dieu, d’une façon actuelle, ce que l’on accomplit ou tout ce qu’il y a actuellement d'amour dans l'âme. Or cette ordination peut se faire de deux manières.
exemple, qu’une chose est en accord ou non avec un précepte divin, on l’appelle
raison supérieure. Si au contraire la délibération s appuie sur des raisons t .
gersbes, Par exemple, sur ce qu’une chose convient ou non l'estime 37).
(2) Il est bien dificile, d’après ces principes de saint Thomas, de ne pas admettre un péché véniel faible, au degré infime, dans ce que l’on nomme ordi-
EXPLICITEMENT, quand, d’une façon actuelle, est commandé par un acte de charité.
IMPLICITEMENT, quand cet acte se trouve dans une série d'actes dont le premier a été Commandé par un acte de charité ;
et, dans ce cas, il se trouve virtuellement ordonné à l’amour de la fin dernière.
l’acte humain
Si l’acte n’est ordonné que par le sim sujet qui le produit, il ne semble p surnaturellement bon et méritoire, chrétien qui possède habituellement la grâce et la chari en tel cas particulier, que sous l’influx d’u ou naturelle, ou acquise.
rapport à la fin surnaturelle n du manque
d'ordre au moins virtuel à cette fin, cet acte, quoique bon dans l’ordre purement naturel ou humain, ne revêt pas, dans l’ordre surnaturel, un certain caractère de désordre, au sens privatif et Peccamineux, qui en fera, dans cet ordre-là, une sorte de péché véniel,
Le moins que l’on puisse admettre, titre très spécial, la raison d'imperfection,
tion possible, et, en un sens, requise, dans tout acte moral humain de l’homme surnaturalisé. Aussi,
dira quelqu'un, cet acte désordonné par rapport à la fin dernièr
<; est une imperfection et non point un péché véniel, parce que l’homme, sur cette terre, ne Peut pas être continuellement sous l'influx actuel de la charité, et à l'impossible nul n’est tenu.
Nous pourrions répéter ici le raisonnement de saint Thomas à propos du péché de sensualité
On peut alors se demander si,
c'est qu’il aura, à un Car il n’a pas la perfec-
rieure, et conclure qu'il y a péché véni ce à quoi il est ordonné, car dans l’é doit être sous le :vmaine de l’amour de la fi de désc-dre qui constitue faute vénielle, «
8 qu’il puisse y avoir une œuvre bonne dans l'homme, qui ne se refère pas : l'amour d i
charité elle-même, chaque fois qu'il devrait ainsi renouveler son