DES AMENDEMENTS
Qu'est-ce qu'amender une terre ? Nous en avons déjà une idée parce qui a été dit précédemment, à propos des mélanges de terres ; mais pour être plus explicite, plus pratiqué, s’il le faut, disons que c’est mêler à une espèce particulière de terre une autre espèce qui a des qualités différentes ; ou encore : d’y ajouter certaines substances qui ont l'effet d’en changer et augmenter la valeur et les propriétés. Si vous charroyez de la terre légère, du sable, du tuf, des graviers, de la chaux, de la terre noire, des cendres, etc., sur une terre trop forte, vous l'amendez ; si vous transportez de l’argile, de la terre forte ou de la terre noire, sur une terre trop légère, vous faites encore ‘un amendement.
Engraisser, amender, améliorer ou enrichir une terre, c’est y apporter de nouveaux éléments de fertilité, lui fournir les matériaux qui servent à la composition des plantes. Comme on le voit, les amendements et les engrais sont presque identiques.
Les curures des fossés sont de matières bien propres à faire de bons amendements dans presque toutes les espèces de terrains. Généralement bien des cultivateurs déposent sur les bords ce qu'ils retirent des fossés ; c:s dépots deviennent bientôt nuisibles en ce qu’il s'opposent à l'écoulement des eaux qu’il y a sur les pièces et à leur égouttement ; ces curures sont ordinairement très fertiles à cause de la grande quantité de matières animales, de détritus végétaux et d’humus qu’elles contiennent : mêlées à la terre elles l’amenderont considérablement. Si, par exemples, ces curures sont de terre forte ou d'argile, on devra les transporter sur des terres légères ; si elles consistent en terre sablonneuse, il y aura grand profit à les étendre sur les terres
trop compactes. Faites ensuite un léger labour avec la charrue ou le cultivateur pour mélanger les deux espèces de terre ensemble. Cependant si vous charroyez de la terre forte on argileuse sur un terrain léger, laissez reposer quelques mois afin de donner aux mottes le temps de se défaire. Le meilleur vé: hicule pour ces charrois est une pelle à cheval.
Des labours et des hersages fréquents, des engrais verts, des cultures sarclées comme celles des navets, des carottes, des betteraves, du blé d’inde, des patates ou pommes de terre, etc, amendent considérablement les terres fortes en les pulvérisant et en en diminuant la force et la consistance.
Certains sols sont défectueux, soit par leur composition, soit par leur maigreur, par exemple, ceux qui sont presque entièrement composés de sable ; ces terrains ne retiennent généralement pas assez d'humidité. On peut les améliorer beaucoup en y appliquant des fumiers d’étable et en y enfouissant avec la charrue des engrais verts, c'est-à-dire des plantes ou des grains feuillus enterrés avant qu'ils soient mûrs, comme du sarrasin, du buckwheat, des trèfles, du seigle et même dn blé d'inde. Ces terrains peuvent aussi être amendés avec du pldtre ou avec des vases de mer ou de rivières. L’'argile trop forte peut aussi être amendée an moyen d'engrais verts, d'engrais d’étable pailleux ou non pailleux, de copeaux pourris, d’une couche de chaux appliquée de temps en temps. Des cendres font très bien sur tous les terrains.
Les terres noires, fourbeuses ou savaneuses sont quelquefois trop acides, ou trop sures, ou bien manquent des éléments de fertilité propres à nourrir les plantes qu’on y sème ; il faut alors leur appliquer de la chaux afin de corriger cette trop grande acidité et faire décomposer plus parfaitement les matières qui constituent cette espèce de terre. Dans tous les cas elle doit être bien cultivée, remuée et bien exposée à l’air si l’on veut que ses éléments se décomposent en bonne terre. Le feu y fait quelquefois beaucoup de bien. On peut encore l’amender par
pro] duc
la charrue
États dti l'écobuage qui se pratique comme suit: on enlève une certaine forte on. épaisseur de la tourbe, six à sept pouces,avec une bêche, un broc
noté ot ou une grippe à la main ou mue par un cheval; on retourne
illeut vé alors ces morceaux de tourbe et d'herbe et on les laisse sécher
pendant quelque temps ; on les amasse ensuite en tas dans la forme de fourneaux et on y met le feu après avoir bouché les ouvertures, afin que la tourbe soit brulée plus lentement et ne reste que charbonnée ; quand la tourbe est dans cet état on éteint le
rais verts, rottes, des
terre, etc, feu avec le dos d’une pelle, mais non pas avec de l’eau. En ulvérisant étendant ces cendres sur toute la surface du champ, on aura amendé et assaini la terre et par là corrigé son acidité. Ces mposition, terrains sont dans ce cas très propres à faire des prairies sur 1t presque semence d'orge.
nent géné- On pourrait aussi pratiquer cette opération sur certaines : beaucoup vieilles prairies en faisant brûler les couennes ramassées ssant avec en tas et en dispersant les cendres. J’ai fait et vufaire ces es ou des expériences et je puis les recommander comme bien satisfaicomme du « santes sur des terres noires, des terres garnies de framme dn blé boisiers et d’autres plantes grossières, et encore sur des, terres du plätre tout à fait argileuses, QE forte Si on peut augmenter l’humus dans les terrains par l’en- D Su fouissement des engrais verts et des fumiers d’étable, on peut rris,
aussi le diminuer par des labours et des applications de chaux qu'on fait fleurir sur le terrain ; c’est là quelque chose qu'il ne faut jamais oublier ou perdre de vue.
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mender par [M propres à nourrir les plantes et qui cependant sont improductifs ; il leur manque quelque chose. On ne pourra ramenèr ces