DE L'UTILITE GÉNÉRALE DES ENGRAIS
terrains à la fertilité que par une culture appropriée à leur état et en y apportant les engrais contenant les substances qui leur font défaut, Il s’en suit qu’un cultivateur doit faire d’abord des expériences sur une petite échelle, quand il rencontre chez lui un semblable terrain et qu’il a des doutes ; il ne doit essayer les différents espèces d'engrais que sur de simples planches afin de connaitre quelle espèce d'engrais chaque champ requiejt et ne pas faire de dépenses inutiles ; car il ne faut pas se tromper au point de croire que toutes les pièces d’une terre demandent le même traitement ; mais toutefois l’engrais est nécessaire sur presque tous les terrains; car retirer continuellement des récoltes du sol sans rien lui rapporter ; vendre ses produits au lieu da les dépenser sur la ferme, voilà un système qui finit par appauvrir les meilleures terres et les rendre impropres à maintenir la famille dans l’aisance,
Il y à des récoltes plus épuisantes les unes que les autres, La betterave, par exemple, demande une grande quantité de potasse et seulement une petite quantité d'acide phosporique (1) ; d’autres plantes, comme le blé, requièrent bien moins de potasse mais plus de nitrogène (2). Les unes, comme les pois et les orges, ne demandent pas une terre profonde ; les autres,
(1) L’acide phosphorique se tronve dans tous les bons terrains, mais en petite quantité; il est uni au fer, à la chaux, etc., et se montre surtout dans laphatite ou le phosphate de chaux. Il est formé par la combustion rapide et complète du phosphore. Les terrains en culture en ont ordi. nairement besoin plus que de tout autre élément pour la nourriture des plantes ; c'est ce qui forme les os des animaux.
(2) Le nitrogène est l'élément qui produit le nitre. C’est la partie de l'air qu'on appelle azote. On ap, elle vulgairement le nitre salpêtre. Le nitrogène du sol se trouve «#8 l’humus qui s’est formé depuis longtemps de racines, de feuilles, d'herbes pourries ensemble, dans les furmiers appiiqués à la terre. La pluie, la rosée, la neige produisent aussi du uitrogèue dans la terre sous forine d’amimoniaque et d’acide nitrique. Le nitro:ene sert à former la chair des animaux; c’est aussi un des éléments les plus essentiels aux planies. I] faut le garder et le produire daus le terrain autant que possib'e, par exemple par les trèfles.
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comme le blé et l’avoine, poussent leurs racines à une profondeur assez considérable, suivant l’espèce de terre où elles sont semées ; chacune a ses habitudes et son mode de croissance, Certaine espèce de graine ne donnera pas une bonne seconde récolte sur le même terrain, et, cependant, ce terrain pourra en donner une bonne d’une autre espèce ; c’est que la première requiert certains éléments et que la seconde en requiert d’autres en proportions différentes. De là vient qu'il faut adopigr une rotation judicieuse si l’on veut conserver la fertilité aux champs. Il ne faut pas perdre de vue néanmoins que sans engrais il est extrêmement difficile, sinon impossible, de ne pas appauvrir sa terre de manière à en rendre la culture impayante ; alors le seul remède, si le fumier d’étable ne suffit pas, c’est d'avoir recours aux engrais artificiels ou commerciaux, ou de garder sur sa ferme des animaux en quantité suffisante pour consommer à la ferme toutes les récoltes et les retourner à la terre en fumier d’étable, excepté le beurre, le fromage, les œufs et les animaux dont on n’a pas besoin pour la nourriture de la famille, C’est à peine encore si, par le dernier moyen, on peut conserver à sa terre une fertilité constante ou l'empêcher de se stériliser tout à fait : — beaucoup de gens même en doutent.
Pour nourrir la paille, le grain ou les légumes, le sol aura fourni certaines parties des éléments qu’il contient; ses richesses auront diminué. Le cultivateur, en emportant les gerbes ou les bottes de foin, a nécessairement emporté une partie des vivres que contenait le sol ; si vous ne lui rendez pas ce que vous lui avez enlevé, la terre ne donnera plus et vous vous ruinerez avec elle, Regardez faire la nature! Voici des terrains qui n’ont jamais été ensemencés (les prairies du Nord Ouest et du Manitoba, certains vieux étangs, par exemple) ; les herbes y poussent en été; à l’automne, la neige, la pluie, la gelée les abattent, les font pourrir et les convertissent en un fumier qui enrichit la terre chaque année. De petits arbres poussent sur un terrain; ils se couvrent de feuilles ; l'automne arrive, les feuilles tombent, y pourrissent et retournent à la
terre en qualité d'engrais. La terre a prêté au printemps ; on lui rend les intérêts et plus à l'automne. Est-ce que les herbes des plaines de l’ouest et les arbres des forêts pousseraient comme ils le font s’ils empruntaient tonjoura et ne rendaient jamais ? Rendez donc au sol autant, simon plus, que vous lui avez enlevé ; autrement, vous et votre terre, vous en souffrirez amèrement tôt ou tard.
î 2. Comment ramener la fertilité ete.
Un sol pauvre s’épuise plus vite qu’un sol riche ; un sol peu profond plus tôt qu’une terre forte et pesante. Il est donc essentiellement important pour ramener à une vieille terre épuisée la fertilité ou pour enrichir une pauvre terre, 1° de la fossoyer ou drainer parfaitement, 2° de la labourer et de la travailler souvent à fond, 3° de lui appliquer de temps en temps des engrais d'étable, 4° d’y semer du trèfle, ou du trèfle et du mil, pour ia nettoyer et y ramener le nitrogène, 5° d'y enfouir une fumure verte pour lui donner de l’humus, 6° de garder autant que possible durant la saison d’été le terrain couvert d’une récolte afin d'empêcher certains sels de s’en aller dans le sol et la nourriture des plantes de s’y perdre, (Nous traiterons plus loin de certains engrais et fumiers d’une manière plus complète.)