DES ENGRAIS ET FUMIERS
Il ne suffit pas de labourer, de herser, d’amender et d’égoutter la terre, il faut encore entretenir sa fécondité par des engrais, des soins culturaux et protéger son produit du ravage des animaux et des insectes,
On doit entendre par engrais toutes les substances qui,
mises en terre ou à la suface, sont de nature à l’engraisser ou à fournir aux plantes une nourriture plus abondante et par là
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augmenter la produetion: c’est encore rendre à la terre les substances qu’on lui a enlevées par des récoltes successives et lui payer ce qu’elle nous a prêté. Si on veut qu’elle nous prête de nouveau, payons-lui notre dette,
Il y une grande variété d’engrais ; les principaux sont : le furnier d'étable, les engrais verts, les terreaux, les composts, les cendres, la chaux, le plâtre, les os moulus ou pourris, les phosphates ou engrais chimiques ou artificiels, les eaux sales, les ordures de toute espèce, les excréments de l’homme, les purins, la fiente de volailles, le poisson, les débris d'animaux, les sangs, des plantes aquatiques, etc., eb dans le bas fleuve, les varechs, différentes herbes marines et vases salées.
Pourqu'ils puissent arriver à la portée des racines des planies afin de favoriser la pousse, les engrais doivent être mis à temps pour satisfaire leur faim. Si on fume trop tôt, les sels des engrais descendent trop bas pour les végétaux à racines traçantes, Si vous fumez trop tard, les sels de l’engrais n’arriveront pas assez tôt aux végétaux à racines longues ou pivotantes ; il se formera de nouvelles feuilles ou de nouvelles fleurs tardives lorsque vous n’en aurez plus besoin. Dans les terres sablonneuses l’engrais descend vite ; il n’est donc pas nécessaire d’y mettre l’engruis en terre aussi longtemps d'avance que dans les terrains serrés.
Les mêmes engrais ne conviennent pas à toutes les plantes ; les hommes peuvent vivre des mêmes aliments, mais le même régime ne convient pas aux différentes espèces d'animaux ; il en est de même des diverses espèces de plantes et de végétaux. La nourriture fait la qualité d'une plante, d’un fruit, d’une graine, d'une fleur, Le blé nourri avec des cendres et du fumier de vaches est préférable à celui qui a été nourri avec du fumier de moutons ; une pomme ou une poire venue naturellement d'un arbre non engraissé a meilleur goût que celle qui a été produite par un arbre qui aurait, par exemple, été fumé cette année-là même avec des purins ou des excréments humains,
Telle pièce de terre a besoin de tel engrais ; telle autre en requiert une espèce différente ; les céréales, le blé, l'orge, l’avoine, etc. veulent tel fumier, les prairies tel autre ; cc champ-ci peut avoir besoin d'engrais plus souvent que celui-là, pour donner tout le rendement qu’on pourrait en attendre. Il y a donc un choix à faire dans bien des cas, bien des expériences à tenter; ce que chacun devra faire par lui-même suivant la culture qu’il entreprend et la terre qu’il a à exploiter.
Tout le monde sait ce que c’est que le fumier d’étable et que c'est le premier des engrais. Il faut donc par tous les moyens possibles en augmenter la quantité et, si on le pe. 1a qualité. On en augmente la quantité en mettant beaucoup de litières aux animaux ; la litière courte est meilleure à ce point de vue et à celui de la qualité de l’engrais, quoique comme litière propremcnt dite, dans les villes, ou préfère la litière longue. Cette litière peut être de paille, de vieux foins, de mauvaises herbes, de feuilles, de tan, de fougère, de sciure debois, de mousses et de terre de savane desséchées, même de terre forte, de sable, de poussière de chemins, enfin de tout ce qui peut servir de lit à vos animaux ou d’absorbants des urines. (Ces matières, en se mêlant aux excréments et aux urines, augmentent considérablement le tas de fumier, car plus le tas est gros plus le fermier doit être content. On ne met pas toutes ces matières sous les animaux, mais la plus grande partie pent y aller ; les autres doivent être étendues dans les allées qui se trouvent en arrière du bétail pour en recueillir les urines ou purins ; ce qui est d’un grand avantage, car les urines et la partie liquide des fumiers ont, suivant les meilleures autorités, beaucoup plus de valeur que la partie solide, en ce que l’engrais liquide arrive plus vite que les autres aux plantes (tout fumier devant devenir liquide pour les nourtir,) et parce qu’il contient plus d’ammoniaque que l’engrais solide. La litière courte est meilleure que la longue parce. qu’elle absorbe mieux les urines et que le fumier se fait et se manie mieux que s’il était de paille longue. Quels beaux tas
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