partie
autres bur les e l’en- | pATCEt et se ux tas
de fumier auraient plusieurs de nos pauvres cultivateurs si au lieu de faire coucher leurs animaux sur le pavé quelquefois nu ou sur quelques brins de paille maigrement disséminés, ils amassaient ces herbes qui poussent partout, des chargc* de fougères, de joncs, de plantes aquatiques, de feuilles, de terre sèche etc., qu’ils feraient saturer de l’urine de leurs animaux et pourrir avec leurs déjections ! Comme leurs fumiers seraient augmentés en quantité et en qualité ! Quelles belles récoltes en seraient le résultat! Soyez-en sûrs, chers compatriotes, les quelques heures que vous passerez à amasser en été ou à l'automne ces herbes qui se perdent, cette terre noire tourbeuse qui ne produit presque rien de bon, ne serc:it pas des heures que vous regretterez ; au contraire, vous en serez payés au centuple, Vos animaux seront mieux couchés, se crotteront moins, seront plus chandement et produiront un meilleur fumier, car ils se maintiendront en meilleur état que sans litière ; et veuillez bien retenir ceci: plus un animal est gras, plus généralement son fumier est riche et puissant.
C’est ici le lieu de dire qu’on devrait toujours avoir un abri pour le fumier fait à l’étable, et c’est facile à comprendre. D'abord y a-t-il rien de plus laid que de voir près du grand chemin, à la campagne, le tas de fumier de certains habitants tout plein de neige et de glace ou croupissant le printemps et même l'été dans des mares noires ? Ces mares ou ces tas s’étendent même quelquefois jusque sur les bords du chemin; les jus des fumiers s’en vont alors aux fossés ou au ruisseau. Quelquefois c’est un tas de paillis, ni plus ni moins, à qui les eaux de pluie enlèvent le peu d’engrais qu’ils peuvent contenir ; ou bien encore vous les voyez tout desséchés par le soleil et les vents; le feu s’y met quelquefois, le tas chauffe, se consume et il ne reste bientôt plus qu’une. petite quantité de matières pousi-reuses qui n’est bonne tout au plus qu’à répandre en couverture sur les orges au printemps. Puis, comme il faut quelquefois se boucher le nez quand on passe près de ces amas en
b4 NOTIONS D’AGRICULTURE
putréfaction ! Ne serait-ce que par respect pour le public, on ne devrait jamais bâtir ses étables tout près des grands chemins comme on en voit que trop souvent.
Comme c’est encore déplorable de voir dans nos campagnes, en plein cœur d'été, des tas de fumier se décomposant à l'arrière des écuries, perdant tout l’ammoniaque qu’ils contiennent et se consumant inutilement, en faisant pourrir les lambris ! n’auraiton pas eu au printemps un petit coin de terre qui eût bien profité de ce fumier ? oh ! chez ces gens, il ne faudrait faire que quelques pas pour se convaincre que telle pièce ensemencée, tel pâturage plus cu .vert d’oseille, de réveille-matin et même de sable que de bonne herbe, en aurait été bien amélioré ! Quelle négligence ! quelle insouciance de ses vrais intérêts ! Ne pourrait-on pas dire aussi : quelle paresse ! si on ne pouvait ajouter : quelle ignorance!
Jetez de temps en temps du plâtre sur votre tas de fumier et dans vos écuries, dont l'air est saturé de vapeurs ammoniacales. Ces vapeurs sans cela se dégagent et en font disparaître l'azote, le principal élément de fertilisation, Le fumier laissé à l'air libre perd une partie de son azote. On dit que cette perte pour une tête de bétail pendant une année vaut de $4 à $5. Le plâtre absorbe l’ammoniaque dégagé par 1: fumier ; cet ammoniaque ainsi retenu se transforme en acide nitrique, forme sous la-quelle ce sel est facilement absorbé par les plantes. C’est donc une excellente méthode de saupoudrer les fumiers avec du plâtre ou des phosphates fossiles bien pulvérisés, pour élever leur dose en azote assimilable, (Cultivateurs, servez vous de ce procédé et vous en retirerez des résultats bien avantageux.
On doit donc couvrir ses fumiers tant qu’on ne les a pas transportés aux champs. Un simple appentis ou bas-côté est suffisant pour cela. On brasse de temps à autre le tas, on l'égalise, et au printemps le fumier sera tout fait également, sera pesant, puissant et se défera bien. On pourra être sûr alors que ce fumier vaudra le double et même plus que le
bn , mn
ee rt
on ne hemins
Agnes, arrière it et se auraiten prore que cée, tel me de Quelle > pourjouter :
fumier moniaaraître aissé à e perte $5. Le ammoe sous
C’est s avec ur éle- Z vous ageux, s a pas Üté est as, On ement, e sûr jue le
double de celui qui aura ‘subi l’action des pluies, des neiges et du soleil. Que ceux qui n’ont pas pour habitude de tenir leurs fumiers couverts en fassent l’essai et ils verront sombien cette précaution, que je n’invente pas, leur sera utile et avantageuse et comme elle les paiera de leur peine.
Dans tous les cas, si votre tas de fumier n’est pas couvert, ne le brassez pas avant de le porter au champ ; vous en feriez trop diminuer les principes fertilisants ; contentez vous de le bien mêler dans le tombereau.
A part l'emploi des litières pour absorber les purins, on peut faire des fossés ou réservoirs en maçonnerie ou en glaise bleu bien battue et séchée, dans lesquelles s’écouleront, au moyen de dalles placées dans le pavé ou l'allée derrière les animaux, toutes leurs déjections liquides. On pourrait aussi se servir de tonneaux bien étanches, Au moyen de seaux ou de pompes on tire ces purins du réservoir ou de la tonne et on en arrose les tas de fumier, de terre, de curures de fossés, de tourbes et d’autres débris qu’on peut avoir mis à l'abri pour en faire du fumier ou compost ; tout cela augmentera la qualité et la quantité des engrais. Avec ce purin mélangé d’une assez grande quantité d’eau pour lui donner la couleur du thé, on fait d’excellents arrosages sur les terres ensemencées, les prés secs et maigres et sur les jardins.
Quelquefois, si votre étable est construite dans la pente d’un petit côteau, vous pourrez en hiver jeter le fumier sous une pa:tie de l’étable, au moyen de trappes pratiquées dans les allées. Dans ce cas il est facile d’y faire tomber les urines pardessus le fumier; mais si ces étables ont l'avantage de vous épargner de l'ouvrage eu hiver, elles auront l’inconvénient de sentir mauvais et de vous donner un peu plus de peine et de difficultés à charger vos tombereaux quand il faudra charroyer le fumier. On devra toujours avoir le soin de faire un fond à l’endroit où l’on met son fumier d’étable en gros tas, soit en battant la terre, si elle est d’argile, soit en apportant de la glaise
qu’on bat aussi. On devra aussi faire un remblai en terre semblable ou en maçonnerie afin d'empêcher les purins de s’échapper. Une excellente pratique encore, c’est de mettre sous le tas de fumier une bonne couche de terre noire, de cendres de charbon de terre, de bran de scie ou de gazons (couennes) et de levées de fossés ; ce qui obsorbera les parties liquides du fumier, surtout si ces différentes matières sont sèches.
Si vous ne répandez pas au printemps votre fumier de l'hiver sur vos champs, soit parce qu’il n’est pas propre à la terre ou aux plantes que vous semez, soit parceque vous voulez le garder pour vos prairies, vous pourrez le charroyer en tas d'environ quatre pieds de hauteur ; mais avant de le transporter ayez le soin de faire aux endroits où vous allez le mettre, c’està-dire aussi près que possible des pièces que vous voulez fumer, une espèce de plateforme de terre ordinaire ou de savane de plusieurs pouces d'épaisseur ; puis vous jetterez votre fumier sur cette plateforme et vous le recouvrirez avec une légère couche de pareille terre, de vase, de plâtre, dé pailles ou de feuilles, afin d’y garder les gaz fertilisants qui autrement s’en échapperaient, et vous augmenterez par là la valeur et la quantité de votre engrais. Faites plat et de même niveau le dessus des tas afin que les pluies d’été puissent les pénétrer également partout. Les côtés devront être aussi à pic que possible. Ne mettez pas ces tas de fumier sur un terrain en pente de peur que les pluies n'emportent les purins. Si vous prenez ces précautions, votre fumier se fera bien et deviendra riche et puissant. Il est recommendable aussi de fouler les tas afin d'empêcher l'air d’y pénétrer, car moins il y entre d'air moins le fumier chauffe et diminue. Tout le monde sait que du fumier qui s'échauffe trop devient blanc et perd énormément de sa valeur. Ne mettez jamais non plus votre tas de fumier près d’un fossé ou d’un ruisseau, et couvrez-le hiver et été soit avec des planches soit avec de la terre, comme on vient de le voir, On divise le fumier en plusieurs espèces principales ; les fumiers
co fur ou pot froi por
pou em]
nav de mei d'ar que n’es mais dans fossd
de ]:
neu:
prail sait tient tas ; a au légè!
nous tous
à lesf
terra pose
joue | évite
rre sems'échapas le tas de char- 8) et de fumier,
imier de pre à la g voulez en tas nsporter ‘e, c’estvoulez 1 de sarez votre vec une es ou de ent s’en a quane dessus alement le. Ne eur que précauxissant, npêcher fumier ier qui valeur.
in fossé
ec des r,. On
fumiers
courts, longs, verts, pailleux, ete, les fumiers consommés, les fumiers froids et les fumiers chauds. Les fumiers longs, verts ou pâilleux, sont ceux qui n’ont pas encore chauffé ; le fumier pourri ou consommé est celui qui a chauffé et vieilli. Le fumier froid est celui qui chauffe lentement, comme les déjections des porcs et des vaches ; le fumier chaud est celui qui chauffe et pourrit vite, comme celui des chevaux et des moutons. On emploie le fumier vert ou loug pour la culture des patates, des navets, des carottes, du blé ‘l’inde, des choux de Siam ou navets de Suède, etc. Dans les terres fortes ou argileuses, c’est le meilleur ; il ameublit la terre en l’engraissant. Dans un champ d'argile bien plan on peut le charroyer en hiver et l’étendre quelque temps avant de labourer au printemps. Cette terre n’est pas alors trop poreuse pour que le jus de fumier se perde ; mais s’il y avait danger que la fonte des neiges emportât ce jus dans les fossés, on ne devrait le mettre qu’en tas loin des fossés,
Le fuinier pourri s'emploie de préference pour la culture de la betterave, des choux, des carottes, dans un terrain sablonneux, pas trop brûlant et quand on veut couvrir d'engrais une prairie déjà faite depuis une couple d’années. Tout le monde sait que le fumier pourri est préférable à l’autre vu qu’il contient moins de mauvaises graines qui ont dû pourrir dans le tas ; la quantité de fumier a diminué, il est vrai, mais sa qualité a augmenté, Les fumiers froids conviennent mieux aux terres légères, et les fumiers chauds aux terres froides. Somme toute, nous croyons avec beaucoup d’autres, qu'il vaut mieux mélanger tous les fumiers ensemble, c’est-à-dire les fumiers chauds avec les fumiers froids ; ils se font mieux et conviennent à tous les terrains surtout s’ils ont eu le temps de pourrir et de se décomposer. Il va sans le dire aussi qu’en mélangeant vos fumiers ou en les mettant indistinctement dans le même tas, vous vous
| éviterez de l'ouvrage et des erreurs,
La nature des fumiers varie suivant les animaux qui les
58 NOTLONS D'AGRICOULTURE
ont produits et la nourriture de ces derniers. La nourriture animale donne un fumier plus riche; les grains viennent ensuite, puis le foin, et après, la paille ; le fumier d’un jeune animal, d'une vache à lait ou en gestation, est moins riche que celui d’un animal de travail, à nourriture égale. L'animal à l’engrais fournit un fumier d'autant meilleur qu’il approche le plus de la dernière période d’engraissement,
Autant que possible donc, rendez à la terre les éléments que vous lui avez enlevés. Cette pièce de terre vous a donné une récolte pour vos porcs ou pour vos chevaux, mettez-y le fumier de vos porcs et de vos chevaux ; rendez les pailles aux champs d'où elles sortent, les feuilles d’arbres aux arbres de votre jardin fruitier.