AUTRES CONSEILS, CONCERNANT LES FOINS ET PRAIRIES, ETC
1° Si vous adoptez, suivant les besoins et la nature de votre terre, l’une des rotations indiquées plus haut, vous verrez de suite qu’il n’est pas nécessaire d'ajouter grand chose à la manière de faire des prairies et des pacages. Je me permettrai seulement d'ajouter que tous vos efforts doivent tendre à la production des fourrages, des légumes et des plantes sarclées, afin de donner à vos animaux une nourriture plus abondante et plus substantielle, Quelques arpents seulement bien en ordre suffiront pour fournir le pain de blé à la famille,
De la paille pourra empêcher un animal de mourir, mais elle ne l’engraissera pas, et si vos vaches n’ont pas chaque jour, quand elles sont à l’étable, une ration ou deux de légumes, de fourrages ensilés, de bouette ou d’une soupe quelconque, elles ne garderont pas leur lait; c’est connu,
2° Ne mettez en hivernement que la moitié des vaches que vous avez, si vous ne pouvez pas les bien nourrir toutes.
3° Faites en sorte que vos animaux sortent de l’étable au printemps aussi gras, si non plus gras, qu'ils l’étaient à l’automne précédent ; mais soyez convaincus aussi que vous ne réussirez pas à les reudre ainsi seulement avec de la paille et des déchets du foin de vos chevaux. Si les vaches sortent maigres de l’étable, il leur faudra un mois au moins de bon pacage pour se refaire complètement et donner un lait crêmeux et abondant, Une vache maigre, de quelque bonne race qu’elle soit, et, quoiqu’en disent certains entêtés, ne donnera jamais un lait riche.
40 Pour que votre foin soit tendre, vert, nourrissant et appétissant, n’attendez pas qu’il égraine pour le couper. Dans certaines parties de notre province on attend trop tard pour commencer le coupage des foins; la maind'œuvre se fait de plus en plus rare pour les travaux de la campagne, la saison est courte et l’on se trouve bien souvent seulement à la moitié de ses foins que les grains sont en partie mûrs; il faut alors laisser là les foins et on ne peut y retourner le plus souvent que lorsqu’il ne vaut plus guère que de la paille. En prenant votre foin aussitôt que la fleur tombe et en agissant diligemment, vous aurez généralement la chance de vous tenir à flot et de faire chaque récolte en son temps. Les foins mûrissent avant les grains et les légumes ; ils doivent donc être coupés et rentrés avant eux.
5° On trouvera dans les Recettes et Extraits à la fin de ce livre, comment il faut récolter le trèfle. Quant aux autres foins tout cultivateur sait comment s’en fait la récolte, Tout
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NOTIONS D'AORICULTURE 89
ce que je crois devoir ajouter ici à cet égard, c’est qu’on devrait autant que possible ne pas faucher le foin quand il est bien mouillé, car il séchera alors plus difficilement,
6° Le foin debout souffre moins des grandes pluies que lorsqu'il est fauché ; en andains, bien moins que s'il est tout étendu : sa couleur et sa qualité en seront meilleurs. Si vous ne pouvez sauver votre foin parfaitement sec, saupoudrez-le dans la tasserie ou le fenil avec un peu de sel, — dans la proportion de 15 livres par cent bottes, — ce qui empêchera la moisissure et la fermentation et qui donnera même au foin plus de valeur ; car les animaux aiment le sel.
7° Ne laissez pas trop vieillir vos prairies ; détruisez en les mousses et les mauvaises herbes, surtout la marguerite et ces gros bouquets jaunes qui nous sont arrivés dans ces dernières années on ne sait d’où et dont les graines, quand elles sont mûres, ressemblent à oelles des pissenlits et des chardons et s’'envolent comme elles au moindre petit zéphir. Arrachez ceS mauvaises herbes autant que possible avant même qu’elle$ soient fleuries.
8. Egouttez soigneusement vos prairies ; n’y laissez pas séjourner l’eau qui détruirait les racines des herbes.
9. Les pacages doivent aussi attirer l'attention des cultivateurs. Il ne faut pas mettre en pacage une terre cultivée sans y avoir mis du mil, du trèfle ou d’autres graines, comme par exemple, du dactyle pelotonné (Orchard Grass), foin qui m'a l'air de pousser naturellement sur la côte Beaupré, depuis Beauport à St-Joachim, et qui est une excellente herbe à paturage, comme je lai déjà dit, —Si dans vos pacages, où la charrue n’a pas encore passé, vous abattez des broussailles, ramassez les, faites les bruler et jetez de la bonne graine sur les cendres ; ce sera là une amélioration. Vous avez plusieurs champs en pacage ; n’y lÂchez pas vos animaux sur tous à la fois; pendant qu’un champ sera pâturé, laissez pousser les autres ; l'herbe sera meilleure et plus abondante, les champs s’assècheront moins; cela
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