DES ANIMAUX DE LA FERME
Les chevaux. Les principales races de chevaux connus au Canada sont le plein sang ou pur sang anglais, (thorough bred), le cleveland bay, le hackney, le clyde, le shire, le percheron, l'anglo-normand, le suffolk punch et le canadien.
Les plein sang, les clevelands, les hackneys, les normands et les canadiens, sont des chevaux rapides. Les clydes, les percherons, les punchs et les shires sont des chevaux de trait,
Il y a encore le standard bred qui est spécialement un cheval trotteur.
Le plein sang est plus gros que le standardbred ; il est excellent pour améliorer d’autres races,
Le coleveland est un fort joli cheval, et suivant moi, c’est le plus beau cheval de carosse, et si on lui ajoutait du plein ang on le rendrait plus élégant et plus vif,
Le hackney fait aussi un excellent cheval de carosse, très élégant et emportant vite une voiture. Sa robe est généralement noire ou grise ; mais les bruns noirs et les bais sont les plus recherchés par les amateurs,
Les clydes, les shires, les punchs et les percherons sont de gros chevaux de trait pesants, trop pesants pour nos campagnes couvertes de neige en hiver, du moins depuis Trois-Rivières en descendant ; on ne devrait, dans cette partie du pays, les faire servir que pour grossir la race de nos chevaux actuels, qui vraiment sont généralement trop petits. Les percherons sont très doux et très actifs au pas et au trot ; en France, c’est le cheval agricole par excellence, Les chevaux élevés en Normandie, appelés demi-sang, et ici normands, sont des chevaux propres à toutes les besognes, à la charge comme à la voiture légère. Le
cheval normand ou le percheron normand, quoique plus gros que le canadien, lui ressemble tellement par sa forme, ses qualités et son allure, qu’il y a lieu de supposer que le canadien descend d’une de ces races ou des deux ; l’un ou l’autre a servi de père à la race canadienne, à l’époque de la dumination française, Ceux qu’ou appelle normands ou anglo-normands, car ils descendent de percherons croisés depuis longtemps"avec les étalons arabes ou anglais, ont généralement du blanc aux pattes et une lune ou un trait blanc dans le front.
Pour la force, la fermeté, la sagacité et l’activité en rapport avec sa petite taille et sa facilité à tenir en bon état, il n’y a peut être pas au monde une race de chevaux pareille à la vraie race canadienne. Malheureusement les types purs en sont rares, |
Le suffolk punch a une constitution très vigoureuse ; ses jambes sont courtes et sa couleur est uniformément d’un brun marron ; son pas est rapide et il est fort et docile, beau et d’un facile entretien quoique pesant ; ce cheval fait un excellent cheval de ferme.
Les clydes et les shires sont surtout employés pour les grosses charges — le camionnage ; nous ne les recommandons pas pour les fermes de la partie est de la province; ils sont trop pesants et trop lourds pour servir de chevaux à tout faire.
Du choix d'un étalon.—-Dans le choix qu’on fait d’un étalon pour la reproduction, on doit autant qu'on le peut, rechercher un mâle dont la taille excède quelque peu celle de la jument qu’on veut faire saillir; sa taille ne devrait pas être cependant de plus de trois à quatre pouces au dessus de celle de la jument, autrement les productions en souffriraient. On devra choisir dans l’étalon des beautés propres à corriger les qualités de la jument ; opposer des membres forts à des membres grêles, des épaules libres à des épaules plaquées, une poitrine ouverte à une poitrine serrée, en un mot mettreÿbeautés contre difformités, qualités contre défauts, vertus contrevices. ‘En France, depuis
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l'établissement des haras, peu de propriétaires entretiennent des étalons chez eux ; ce quiest un embarras. Les haras en contiennent plus de quinze eents de différentes races qui chaque année sont répandus dans les campagnes à l’époque de la monte; les propriétaires de juments peuvent avoir le service de ces étalons à très bon marché ; les gardiens de ces étalons sont généralement des guides sûrs pour le choix de la race et des qualités de l'étalon qu’il faut pour les juments et les besoins de la contrée. On ne saurait trop aujourd’hui insister sur la pureté de la race, soit du cheval, du bœuf ou du bélier reproducteur ; il y a des livres de généalogie (herdbooks) pour ces différentes espèces d’animaux, et le mâle de race-pure reproduit 90 fois au moins sur 100 les qualités qui le distinguent. Chez les chevaux il n’y a que les formes qui soient assez souvent celles de la mère.
On ne devrait pas faire reproduire les juments petites, cha-
: touilleuses, au ventre petit, au flanc mince, à la poitrine serrée,
au garot bas et aux côtes plates. Comme la taille des chevaux tend sans cesser à diminuer, il faut tâcher de la relever, et si la jument a les défauts que nous signalons, on doit les éviter. Quelque supérieur que soit l’étalon, si la jument est défectueuse» il y a toujours de grands risques à courir, et on ne doit pas s'exposer. Certaines saisons sont courtes au Canada, et pour faire toutes les opérations de notre culture il nous faut aller vite et nous hâter, Nous avons par conséquent besoin d’une race de chevaux capables de mener la faucheuse et la moisonneuse, de transporter les foins, les grains et les fumiers à pas accélérés, d’un cheval enfin qui soit non seulement assez fort pour faire toutes ces opérations sans faiblir, mais encore promptement, Il est donc d'une extrême importance pour nous de choisir des étalons de races qui puissent donner ces qualités à nos chevaux.
Une vielle jument saine peut élever d'excellents poulains ; mais si elle a quelque défaut dans les jambes, si elle a eu le cordonouattrapé quelque effort, si elle a une mauvaise couleur, ne la faites pas élever, sous le prétexte qu’elle a été excellent autre-
{is ; son poulain aura toujours quelque défaut, même s’il nait sans en avoir d’apparent. Il y a des preuves nombreuses que le souffle, l’asthme, le cordon, les courbes, la boiterie ou autres vices, ont été tranmis par la mère aux poulains, quelquefois en passant pardessus une génération, mais qui se sont développés dans la seconde génération. Il est donc nécessaire d’avoir quelque connaissance des ancêtres des chevaux qu’on veut faire reproduire. Lors de la monte le mâle et la femelle doivent toujours être en possession complète de leurs forces naturelles et en bon ordre ; nitrop gras, ni trop maigres. On devra toujours faire travailler modérément la jument dans le cours de la gestation: même jusqu’à la fin; elle poulinera alors plus facilement et plus sûrement,
Il est d'usage en France de faire saillir la jument trois fois dans l’espace de neuf jours, pour qu’elle soit réputée fécondée ; mais si elle a retenu au premier ou au second saut, elle se refusera au deuxième ou an troisième ; dans ce cas il importe de ne pas la violenter afin d'éviter des accidents.
La duiée ordinaire de la gestation des juments est de onze mois et tiers ou 340 jours. Elle peut aller quelquefois jusqu’au delà de treize mois,
Des poulains.— Prenez soin du poulain aussitôt qu'il est né; ne l’exposez pas au soleil avant quelques jours ; flattez-le, caressez-le, allez souvent le voir aux champs; soignez-le de manière à ce qu'il vous aime et ne cesse de profiter; donnezlui du fourrage vert, du grain concassé, de l’eau blanche, Si vous avez besoin d’aller avec la mère à plusieurs milles, à la ville, à l’église, il vaut mieux laisser le poulain à la maison pour qu’il ne s’échauffe pas et qu'il ne lui arrive pas d'accident. Ayez soin que la mère ait beaucoup de lait, car les deux premiers mois le poulain ne vit que de cela Quand vous le mettrez à l’étable, accoutumez-le au licou, et le second hiver à la bride. Vous pourrez commencer à l’atteler à deux ans pour l’accoutumer à la voiture et au harnais, Du moment que les
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poulains auront de 12 à 15 mois ne laiss@z pas les mâles et les femelles ensemble afin d'éviter le désordre des accouplements fortuits. Donuez continuellement à vos poulains une nourriture abondante, choisie, substancielle et régulière, qu’ils travaillent au non. L’étable, nous l’avons déjà vu, doit être propre, chaude, claire et bien ventilée. Ne dépassez jamais de cinq minutes l’heure de leurs repas. Ne les chargez jamais autant que vous croyez qu’ils sont capables de porter afin de ne pas les décourager. Traitez-les toujours avec douceur. A deux ou trois ans préparez-les à souffrir la ferrure en leur soulevant les pieds, en frappant sur la corne d’abord légèrement, puis ensuite plus fort, comme le ferait un maréchal-ferrant. Aux champs ayez de bonnes clôtures si vous voulez que vos poulains n’anprennent pas à sauter. Ne tenez pas ferrés jusqu’à ce que tombent d'eux-mêmes leurs fers, et allez plutôt à dix milles les faire ferrer par un bon forgeron qu’à un mille chez un simple raccommodeur, Accoutumez vos chevaux à manger un peu de foin et à boire avant de leur donner leur avoine ou autres
grains ; ces grains seront mieux digérés et profiteront plus à vos chevaux qu’autrement.
Maintenant qu’il y a un haras subventionné par létat à Outrement, les sociétés d'agriculture ne devront pas manquer d'acheter ou de s'assurer les services d’un ou de deux bons étalons de race pure pour l'amélioration des chevaux dans cette province. C’est là une œuvre qui mérite d’être encouragée. Espérons qu'on ne verra plus certains cultivateurs préférer mener leurs juments à un petit avorton d’étalon sous prétexte que c’est un bon cheval et que la saillie par un étalon de race pure coûte trop chère — urie piastre ou deux de plus! Si ces gens-là voulaient regarder par les fenêtres ils verraient de suite comme ils ont la vue courte,
Les vaches. —On élève et on garde des vaches pour le lait ou pour la viande, Il est donc important qu’elles soient de bonnes races, qu’elles donnent beaucoup de lait ou beaucoup de viande.
Le lait doit être non seylement riche et crémeux, mais il doit encore être atondant. On ne devra donc jamais garder comme vache à lait une vache qui dans le temps des herbes ne donnera pas de sept à neuf pots de lait et cinq à six pots dans les autres temps, et cela pendant dix à onze mois. Celles qui donneront moins que cela quand elles seront bien nourries, devront être vendues ou servir à la boucherie. Ayez le soin de voir souvent quelle quantité de lait vous donne chacune de vos vaches afin de vous assurer de sa valeur comme laitière. Peut-être vous dunneront elles beaucoup de lait, mais ce lait pourra aussi ne pas être riche en crême, Faites en l'épreuve afin de vous assurer si elles méritent d’être conservées. Donnent-elles un lait pauvre, spécialement quand elles sont en bon ordre? ne les gardez pas, surtout si vous êtes loin d’un marché où vous pourriez vendre le lait, ou’si voulez faire beaucoup de beurre.
Les meilleures vaches à lait ici, au Canada, sont : (tout le monde le reconnait) les ayrshires, qui viennent d’Ecosse, les flamandes ou flandrines qui viennent du nord de la Frauce etc., des Pays Bas ; les jerseys qui viennent de l’île Jersey, les guerneseys et les aldermeys, qui viennent des îles de ce nom, les red polls et les vaches dites canadiennes, qui sont évidemment originaires de l’ouest de la France on des îles adjacentes et qui ont été emmenées par les colons français. 4
Les ayrshires donnent un lait riche et abondant qui fait beaucoup de fromage; elles ne sont pas généralement très grosses et ont la coulenr brune ou rouge parsemée de taches ou plaques blanches. Leurs cornes poussent en remontant. Elles engraissent facilement. Les flumandes ou flandrines sont noires avec de grandes taches blanches. Elles deviennent quelquefois très grosses et leur lait est abondant et riche; i est plus propre, dit-on, au fromage qu’au beurre, (Ces vaches demandent des paturages abondants qui leur font produire alors une énorme quantité de lait, Pauline Paul, vache Holstein (Holstein friesan) appartenant à J. B. Dutcher & fils, de Paw-
doit ling, N. Y., dit le journal d'agriculture “ Mirror & Farmer ” de éitio Manchester, New Hampshire, du 5 mars 1891, vient de comtiré pléter ses 1,153 livres et 15# onces de beurre dans les derniers ütros | douze mois! N'est-ce pas phénoménal? près de 100 livres vont par mois !
être La vache jersey est petite ; elle a la tête fine et sa couleur est vent généralement fauve ; on doit rechercher celles qui ont un cercle in de | rouge ou jaune autour du nezet des yeux. Leur lait est très riche vous en crême. Les produits d’un bœuf jersey et d’une bonne vache si ne canadienne sont d’une ‘grande valeur pour les cultivateurs de 5 AS- cette province qui tiennent à faire du beurre; il en est aussi de n lait même du produit d’un bon ayrshire et d’une bonne vache canae les dienne. La vache jersey Eurotissima a donné l’année dernière vous 945 livres et 9 onces de beurre ; il y en une autre appelée rre. | Bisson Belle qui promet de dépasser même l’Eurotisima, dit la ut le : Breeders Gazette. On peut voir par là que nos vaches donnent e, les pas tout ce qu’elles pourraient donner et qu’elles sont bien ‘rauce loin d’être traitées comme elles le devraient. y, les La vache canadienne est connue comme la plus rustique HO; de toutes ; quand elle n’a pas de sang étrauger sa forme residem- semble beaucoup à celle de la jersey ou de la guernesey et ses rentes qualités sont à peu près les mêmes. On peut l'appeler à bon droit la vache du pauvre, comme la jersey est appelée la favoi fait rite des dames. On n’a, dit-on, qu’à se luuer de l'épreuve qu’on très | fait actuellement des vaches canadiennes à la ferme expérimenaches È taie du Dominion à Ottawa, tant pour le lait que pour le beurre, kan, | Les alderneys et les querneseys sont d'excellentes vaches, RIRE un peu plus grosses que les jerseys, maïs pas aussi délicatement puens dessinées ; elles lui ressemblent aussi par la couleur; ilyena eee beaucoup de la nuance qu’on appelle barrée, Lau | La red poll ou vache rouge sans corne est de race an- Latein | glaise ; elle n’est pas bien grosse, mais elle fournit un bon lait et
Paw- | le garde longtemps. Cette vache prend facilement l’engraisse-