‹ Notions d'anatomie et de physiologie généralesChapitre 6 sur 10 · DÉVELOPPÉS · texte numérisé non relu

DÉVELOPPÉS

IDliE GÉNÉRALE DU RÔLE DES ÉPITHÉLIUMS.

Il il'est pas d’éléments anatomiques pins universellement répandus dans l’économie que l’élément épithélial, rares sont les tissus qui normalement n’en possèdent pas. — Partout où se trouve une surface libre ou une cavité se rencontrent aussi des épithéliums, que cette surface libre soit extérieure ou profondément enfouie dans les tissus, depuis la peau jusqu’à la face interne des tubes séminifères, la cavité buccale aussi bien que la cavité des follicules clos de l’intestin. Mais partout les épithéliums ne se présentent pas avec le même aspect ; leur manière d’être changée et aussi leurs propriétés. En eflét, tandis que les uns revêtent purement etsimplement des surfaces séreuses ou muqueuses, remplissant dans ce cas un rôle que j’indiquerai plus loin, les autres, au contraire, g*ràce à certaines propriétés, donnent naissance à des produits déterminés à l’aide et aux dépens des matériaux qu’ils juiiseront dans ce que M. Claude Bernard a si justement appelé le milieu intérieur. Ainsi, en résumé, deux choses ; d’une part des surfaces tapissées de cellules épithéliales, qui, dans ce cas, jouent un rôle la plupart du temps secondaire; flans d’autres cas, des tubes, des culs-de-sac,

remplis d’un épithélium spécial et jouant là un rôle capital, car c’est <à eux qu’est dévolue la fonction de sécréter. Cela est si vrai que somment, dans un même org-ane, se trouvent à la fois des épithéliums remplissant ces deux rôles ; prenons par exemple un cul-de-sacg'landulaire; le fond sera non-seulement tapissé, mais encore rempli d’épithélium nucléaire, et dans ce point s’elfectuera la sécrétion, puis le nouveau produit sera porté loin de l’endroit où il a pris naissance par un tube, continuation directe du cul-de-sac, et ce canal vecteur se montre alors tapissé d’épithélium prismatique ou pavimenteux, jamais d’un épithélium analognie à celui qui occupe les profondeurs de l’élément qu’il prolong-e en quelque sorte.

Ainsi donc, au point de vue de la physiologie proprement dite, il faut bien se g'arder de considérer les épithéliums comme je l’ai fait plus haut, me basant sur leurs caractères anatomiques et surtout sur les phases de leur développement. Classés en effet au point de vue de leur fonctionnement, ceux dont les conditions de structure el de développement sont les plus simples, les épithéliums nucléaires doivent être placés en première ligaie, car le g'rand phénomène des sécrétions leur est dévolu, tandis qu’au contraire, à ceux qui se sont constitués et développés de la manière la plus complexe appartient le rôle le plus infime.

On peut donc, en se basant sur le fait que je viens de sig-naler, diviser en deux g’randes classes les épithéliums, suivant qu’ils se bornent à tapisser cei'taines surfaces, ou qu’ils fournissent de nouveaux principes à réconomie. Aussi, établirai-je ces deux g’randes classes, sans attacher d’importance aux vocables qui me servent aies désigmcr: 1* Épithéliums tapis.sanls;

2“ Épilliéliums fouriiissanls.

Je consacrerai un parag-raphe à chacune de ces deux divisions.

Je ne veux cependant pas terminer ce parag‘i*a})he sans m’élever hautement contre ces étrangles abus de lang'ag’e dont plusieurs livres, je dis des plus récents, nous offrent encore l’exemple. On dit, on écrit même des phrases où il est fpiestion de la sécrétion épithéliale^ sécrétion des poils et des ong’les, ce qui veut dire que ces diverses parties sont sécrétées. Cette manière de s’exprimer est non-seulement inexacte, mais elle est, en ce qui touche l’épithélium, en diamétrale opposition avec ce qui se passe en réalité. En elfet, non-seulement l’épithélium n’est pas sécrété, mais c’est lui qui sécrète. Que deviendrait le lang’ag’e scientilique si on l’encombrait d’expressions aussi inexactes, pour ne pas dire davantag’e?

DES ÉPITHÉLIUMS TAPISSANTS.

Cette classe comprend les trois variétés dernières du tableau, tous les épithéliums en forme de cellules, quel ([ue soit leur aspect. L’élément pavimenteux, de beaucoup lej)his répandu, jouit de propriétés spéciales suivant les j)laces où on l’observe, ou plus exactement, suivant la manière dont il est étendu et placé sur la surface qu’il tapisse. L’épiderme qui recouvre le tégaiment externe joue un rôle de pi'otection que ne remplit pas répitliélium de la cavité buccale, et il n’exerce d’une manière efficace cette protection (pie ga-àce à la façon dont il est stratilié. Cràcc à cette disposition, il oppose une liai'rière efficace à la pénétration des divers liipiides ([ui peuvent se ti*ou-

ver en conlacL avec noire corps, sans empêcher cependant ce phénomène qui s’accomplit de dedans en deliors, et (jui est connu sous le nom de perspiration cutanée insensible; c’est bien cette couche épithéliale qui mérite le nom de vernis protecteur (-[ue les auteurs anciens donnaient à tous les épithéliums. Mais l’épithélium pavimenteux n’est pas, de sa nature, doué d’imperméabilité, à la peau , il présente, comme je l’ai dit, ce pouvoir par suite de sa seule disposition ; aussi trouvons-nous bien des endroits ég’aleraent tapissés de cellules pavi menteuses permettant une pénétration rapide des liquides et des g’az et s’imbibant des Iluides avec une incroyable rapidité. La muqueuse de la bouche, la conjonctive , les séreuses et les -bronches sont dans ce cas. Aux bronches ultimes où l’épithélium est pavimenteux, le passage des gaz au travers de l’épithélium s’effectue avec la plus grande facilité; en effet, chaque mouvement d’inspiration est accompagaié, dans la profondeur du poumon, d’un double courant endosmo-éxosmotique s’effectuant au travers des cellules pavimenteuses.

Tout le monde sait aussi avec quelle rapidité les liquides déposés à la surface de la conjonctive ou d une séreuse sont transportés dans la circulation. Quant à l’épithélium pavimenteux qui tapisse les conduits sécréteurs ou la surface interne des vaisseaux, son rôle-

est encore très-pen connu.

L’épithélium prismatique jouit encore à un plus haut degré de cette mollesse et de cette perméabilité, à l’intesdin, où il se trouve répandu sur une surface si considérable, il est doué d’une si faible résistance f|ue le>< granulations très-peu solides elles-mêmes le pénètrent

facilement. Les gTaïuilalions g’raisseuses ne sont en effet absorbées fjii’en faisant poin* ainsi dire effraction, et en pénétrant au travers de l’épithélium. On voit en effet, en examinant un épithélium intestinal, quelque tenqos après l’ing^estion d’une substance gTasse, les fines gTanulations pénétrerpeu à peu dans la cellule prismatique, puis en sortir pour de là aller dans la cavité des vaisseaux lymphatiques, d’où elles seront chassées par la contraction des fibres musculaires qui se trouA-ent dans la villosité. Cette propriété que possède répithélium intestinal, de se laisser pénétrer plutôt que d’absorber, rend compte de la manière dont les ovules de quelques parasites pénètrent dans l’économie. On a étudié avec soin cette irruption des poussières au travers de l’épithélium, et en se servant de particules charbonneuses, on a observé les faits suivants: quand les corpuscules sont de dimensions très-exig*uës, ils pénètrent dans l’intérieur de la cavité de la cellule, la remplissent, puis en sortent comme ils y sont entrés, c’est-à-dire en passant au travers des parois, et après f[Lie la cellule en est débarrassée, elle a conservé l’aspect qu’elle avait avant cette invasion. Mais si le corpuscule est plus volumineux, il entre ég'alement dans la cellule, l’enfonce plus profondément et la détruit; mais aussitôt que cette cellule s’est en quelque sorte enfouie au sein de la couche épithéliale, la rég’énération a commencé dans l’espace qu’elle laissait libre, et quand elle est détruite, un nouvel élément épithélial la l'emplace. Ce n’est pas cependant à ce rôle entièrement mécanique quese borne l’action de l’épitliélium sur les intestins ; il fait subir aux substances qui le traversent des modifications telles que, dans quelques cas, il leur fait perdre

leurs propriétés; témoins les venins cpii trasersent sans dang’er poni* Torg-anisme le Inhe intestinal, parce que, absorbés pai* répitbélinin, ils ont subi en le traversant des inodilieations qui leur ont fait perdre leurs funestes propriétés, et cela pai* un échang-e ou un dédoublement qui s’est passé dans l’intérieur de la cellule épithéliale.

Le trait le plus caractéristique que nous olfrent les épithéliums prismatiques est sans contredit la pi'ésenec de cils vibratiles sur c[uelques-uns d’entre eux. J’ai indiqué dans la partie anatomique quels sont les points où les cellules sont ainsi armées de ces corpuscules accessoires. A l’état normal, et quand ils sont placés dans des circonstances que j’indiquerai tout à l'heure, ces petits fdaments sont dans un état de perpétuelle agitation. Mais tous les cils ne semeuvent pas de; la même manière. Deux observateurs, Puckinje et G. A'alentin (1), ont décrit trois espèces de moin^ements qu’ils disent avoir plusieurs fois constatés. L’un de ces modes consiste en une g’iration par laquelle le cil décrirait en quelque sorte un cône, dont le sommet serait placé à l’adhérence du cil à la cellule, tandis que la base serait représentée par l’évolution de la pointe; c est là le mouvement iafundibuli forme. En second lieu, ils parlent d un mouvement de cils qui s’efl'ectuerait par des sortes de flexions onduleuses. Enfin, une troisième manière se traduirait en une soide d'inclinaison ipie subit la pomlc du cil et fpii recourbe cette pointe en forme de crochet. 11 paraît sui-prenant (pie ces deux savants iraient pas

(1) Da plienonicno goncrali cl l'uiiclunienlali moins \ibralorii conlimn on mcml,ranis, de. Brcsian, 1833. - Do molu vil>ralorio animahumNcr-

lebratorum,inAclaaca(]cmiænaluræcuriosüruin.T.XMl,p.ll.AvnllS.l...

not(!“ c“(‘ niomeiiuMil des eds poiirlaiil li'ès-liuhiLuel, (fui consiste en une soi'le de Icépidalion analog’ue à celle (|iii se manifeste sm* nue tig*e mét,alli([uc \ il^rante. Quoi (|ii'il en soit, ces mouvenieuts sont daus ([uelques cas ti‘ès-(du'i*g*i(|Lies, si Jjien (|iie la cellule epilliéliale peut en (Hi’e dé} (lacée*.

On s'('sl [)lu à étudier avec exactitude les conditions (pii aiTctaieut ces mouvements ou leur permettaient de contiiuK'r. (fesl ainsi, dit-on, que, pour qu’ils se manil‘esteid,la température ne doit être ni trop haute, ni trop basse, ([ue les narcotiques sont sans action sur lui, tandis ([lie l'acide acétique, les acides minéraux, le chlorure de mercure, le nitrate d’arg’ent, etc., etc., l’anéantissent très-rapidement. — D’autres substances, au contraire, passent ])Our prolong’ei* sa durée. — Ce luxe d'expél’ienees indiipie une assez g*rande pauvreté dans l’interprétation des phénomènes. Si au lieu d’euA'isag’er ce mou\(‘innd d’une ta(;on abstraite, on l’eiU considéré (•omme une propriété de la matière (''pithéliaîe, on en ei'it conclu (pie tous les ag’ents susceptibles d’altérer la composition clumi(|ue de l’élément, devaient par ce seul fait modilier h? mouvement ; on ii’eùt pas dit, par exenqde; la vibration persiste pendant nne telle dur('‘e, mais liien: ell(“ s(( montre, tant i[ue la cellule épithéliale séparée de l org-anisme conserve intacte sa composition cbimi([ne. En voici la pi*(‘uve: détachez une cellule éfiilbéliale à cils vihratiles et mettez-la dans des conditions où elh* puisse se d(*ssi';clier, les mouvements iront s’allaihlissant et liniront [lar s’arrêter; ajoutez une g’outte d’eau, et le phénomène se reproduira. Une molécuh' d’eau a\ aitété enlevée a la cellule, sa compositiou chinii(pie était alté-

Culjiulc. ;{

ire et le mouvciiienL s’osl arrêlé; qiiaïul la coiiijxjsitioji cliiniique a été rétablie, la vibration s’est inaniléstée de nouveau.

Les épitbéliimis à eils vibratiles des voies respiirtoires présentent un jibénoinène assez eurieux ; e’est de ne se montrer ornés de leurs appendices que lorscjue la fonction de la respiration est bien établie. .l’ai i*ecbercbé mallieureusement d’une laçon ti-op sommaire pour pouvoir rendre un compte exact de la manière dont s’accomplit le phénomène, si, sur des trachées qui n’aA'aient encore pas servi de canal vecteur à l’air, l’épithélium était muni de cils. — Je ne l’ai jamais rencoidré cilié sur des fœtus mort-nés ou non à terme ; mais d’ordinaire huit à dix jours, pendant lesquels s'exerce la fonction respiratoire, suffisent pour qu’il se munisse de ces prolong’ements.

DES ÉPITHÉLIUMS FOURNISSANTS.

C'est parce que je me propose d'établir une distinction entre les deux faits physiolog-iques de la sécrétion ou de l’excrétion, que j’ai donné aux éléments anatomirpies dont j’ai à m’occuper dans ce parag^aplie, le nom d’épithéliums fournissants, comme exprimant une idée ])lus g’énérale que l’épithète de sécrétants. La sécrétion est différenciée de l’excrétion, en ce que dans la première de ces deux fonctions on observe la jirotluclion d’un li(|uide dont tous les corps conqiosauts ne se retrouvxmt pas dans le sang*, tamlis que l’excrétion est au contraire caractérisée par la production d'un liquide composé de corps que l’on retrouve tout foianés dam^ le lirpiide sang*uin. Le mot de sécrétion doit donc éveil-

1er l’idée d’appfU'itioii d’une sid)sLance (pii n existait encore nulle part, tandis que celui d’excrétion exprime une aorte de choix de divers principes qui du sang* passeront purement et simplement au travers d’un org-ane, et de là dans un réservoir. C’est l’élément épithélial c{ui, dans la lrès-g*rande majorité des cas, préside à l’ime et à l’autre de ces deux fonctions, sur lesquelles je dois pi'éalablement dire un mot.

On peut dire, d’une manière g*énérale, que la sécrétion, envisag*ée comme je viens de le faire, n’est pas une propriété spéciale à un élément, mais cpie tous en sont doués plus ou moins. En effet, puisque la sécrétion est essentiellement caractérisée par la production d’un composé chimique n’existant pas dans le sang*, n’est-il pas évident que par le fait de rejeter constamment en dehors d’eux-mêmes les substances qui ont servi à les constituer, et qui n’existent pas dans le sang*, tous les éléments anatomiques sécrètent réellement? De telle sorte que l’on peut dire que les deux termes de sécrétion et de désassimilation expriment non-seulement des faits analog’ues, mais encore des actions parfaitement identiques ; d’où on peut conclure que la sécrétion proprement dite n’est autre chose qu’une désassimilation énerg*i(jue, et en c|uelque sorte exag*érée de certains éléments; aussi le rôle de sécréter est-il l’attribut des éléments ((ui jouissent de la plus énergique vitalité, de ceux qui naissent avec le plus de promptitude, assimilent avec le plus d’avidité, et qui par contre doivent olVrir une désassimilation abondante. C’est donc aux épithéliums qu’est dév^olue la g-rande fonction de lasécri'*tion; car maintenant il faut rappoi’ter la propriété sécrétoire àl’élémentfjui la possède, et non plus l’attribuer en

l>loc à loul t)i-g-aiio (|ui n’esl on qii(‘l(|iie soi*lo (|iio lo lliétUoe où s’exercoiiL les propriétés d(;s éjjithéliiiins.

Los memes réflexions (pie je viens d’écrire peuvent ég’alement s’appliquer à l’excrétion. Laphysiolog*ieg'énérale démontre que tout élément anatomicpie, en meme temps qu’il rejette des substances qui n’existaient pas dans le sang-, en élimine d’autres rpii y étaient toutes formées, par conséquent, l’excrétion comme la sécrétion lait partie des propriétés élémentaires. Mais il existe des épithéliums qui jouissent à un degTé de supériorité trèsmarqué de cette propriété, et qui, en outre, présentent ce fait très-caractéristique de ne donner naissance à aucun corps nouveau.

Telles sont les deux gTandes fonctions (pie les épith(5liums exécutent, et encore tous les éléments du ti.ssu épithélial ne sont-ils pas ég’alement propres à ce fonctionnement : j’ai dit plus haut à quel g’enre d’épithélium il était particulièrement dévolu. Toutefois, la division que j’ai établie plus haut entre les variétés d’cqiithélimns susceptibles ou non de sécréter ou d’excréter, attribuant ces rôles aux seuls éléments nucléaires, cette division, dis-je, vraie d’une manière g’énérale, supporte plusieurs exceptions, surtout quant à ce (pii a Irait aux sécrétions, fi’étude de la structure de chacun des org’anes où s’accomplit une sécrétion indique assez dans quels cas on observe une forme autre (pie celle (pii appartient à la variété d’épithéliums nucléaires. Cependant, on peut dire d’une manière g’énérale (pie parh^ut, et là seulement où l’on trouve des épithéliums nucléairi’S surtout, et quel- (juefois sphéricpies, on ohser\'e des phénomènes de sécrétion sans y voir jamais dc’s phénomèiu^s bien nets d’al)sor|jtion , sauf rendosmo-('xosmos(' d(‘s g’iiz (pii se

fait à travers tous les épitliélimns. Partout au contraire où se manifestent des pliénomènes d’aljsorption sans sécrétion, on trouve répitliélinm prismatique, quand il u'y a ni absorption ni sécrétion, les cellules sont aussi prismati({Lies, mais munies de cils vibratiles.

Sans m’occuper davantag'e de la propriété que possèdent tous les éléments de désassimiler et par conséquent de sécréter, comme je viens de le dire, j’indiquerai brièvement la manière dont s’effectuent les sécrétions, et tout d’abord, en deux mots, je rappellerai la disposition du théâtre où ce phénomène a lieu. Dans la g^rande majorité des cas, c’est un cul-de-sac formé d’une substance anhyste, mince et translucide, sorte de cæcum souvent rempli d’épithélium nucléaire, mais dont les parois sont seules tapissées dans bien des cas. Quelquefois c’est une v ésicule close de toutes parts qui contient l’élément sécréteur. Quoi qu’il en soit, et que le réceptacle des épithéliums affecte une forme ou une autre, jamais dans aucun cas l’élément épithélial ne se trouve directement en contact avec les capillaires qui doivent lui apporter les principes à l’aide et aux dépens desquels s’effectuera la fonction sécrétoire ; il en est toujours séparé ])ar la membrane d’enveloppe qui le contient. C’est donc, au travers de la tunicpie constituante, la paroi du cul-de-sac g-landulaire ou du follicule, que le plasma sang’uin ira à la rencontre des épithélums, et cela gTàce a la |)i‘Of)i*iété endo-exosmotique. — C’est dans le ])lasma sang*uin, comme je viens de le dire, que les noyaux épithéliaux puisent les principes <pii doivent ser-

vir a la secrétion ; de là, on |)ouri‘ait conclure fpie toides sécrelions seraient absolument identiipies, si la composition chimiijue de l’épithélium était paidout la même. Mais,

il n’ên n’est pas ainsi, la composition chimique des épithéliums varie suivant qu’on prend ceux-ci sur telle ou telle g’iande. Ce fait a été parfaitement établi par M. Bernard (1). Dès lors, doués d’une structure chimique différente, les éléments épithéliaux se conduisent absolument comme le feraient divers corps plong*és dans un même liquide complexe dans sa composition; en effet, de même que les divers corps absorberaient ou fixeraient tel ou tel principe du liquide composé selon leurs différentes composition chimiques, de même, les épithéliums, corps dont la composition chimique est différente, au contact du liquide complexe constitué par le plasma sang’uin, prendront dans le plasma, qui un principe, qui un autre, selon qu’ils seront diversement composés chimiquement. Mais pour suivre cette comparaison jusqu’au bout, supposons que deux ou trois des corps différents ainsi plong’és dans un liquide composé aient fixé le même principe, si l’on veut rechercher ce principe dans ces corps, le trouvera-t-on identique dans chacun d’eux? Évidemment non; chaque corps, suivant qu’il est composé, l’aura modifié, et on le retrouvera diversement combiné à des substances diverses. Il en est de môme pour l’épithélium ; suivant sa composition chimique, les principes qu’il aura fixés subiront des combinaisons diverses, et par conséquent donneront lieu à des produits différents. Seulement, ga-àce à leur propriété vitale de désassimilation, une fois ces divers produits formés, ils les rejetteront au dehors.

Donc, telle est la sécrétion : de composition chimique différente, les épithéliums ]3uiseut dans le plasma

(I) Leçoiii de physiolofiii! expérimentale fnitenau collège de France. Paris, liaillièro (J. -H.), p. :iS0 p,t pas.ûm.

sang’iiin divers matériaux; il les absorbentel leur font subir des modifications, soit en se combinant avec eux et foi*mant un nouveau composé qu’ils laissent échapper dans les conduits excréteurs, soitqu’ilsdédoublentces principes et les rendent, par leur désassimilation, ainsi dédoublés,

Telle est la manière dont s’effectuent les sécrétions, et l’on voit avec quelle facilité s explique dès lors ce phénomène de produits divers, puisés dans un centre identique. C’est pour expliquer la diversité des sécrétions dont l’orig*ine est la même que l’on a émis tant d’hypothèses, les uns l’attribuant à la vitesse du sang’ différente selon les gdandes, d’autres en recherchant la cause dans la disposition des vaisseaux et les angdes divers qu’ils forment, Haller dans la terminaison des vaisseaux, et Stabl, suivant son invariable coutume dans un choix que ferait l’âme, moyen commode de résoudre toutes les difficultés.

Une autre hypothèse a joui de plus de faveur, c’est celle ([ui prétend que la sécrétion s’effectue constamment aux dépens de l’épithélium, et que le produit sécrété n’est autre chose en quelque sorte que le résidu des cellules épithéliales, qui ne sauraient produire une sécrétion f[uelconquesans être détruites et sans quelamatière qui les constituait serve entièrement à donner naissance au produit nouveau. Evidemment les choses ne se passent pas toujours ainsi; il suffit d’examiner une humeur sécrétée pour y constater la présence d’épithéliums ([ui ont servi à lui donner naissance et qui tapissaient lesciils-de-sac d’où elle provient; les éléments y sont encore parfaitement formés, leur substance n’a donc pas ser\ i àflonner lieu au produitsécj*été ; seulement après avoir fomîtionné un certain temps, ils se sont

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dosquamés par une des causes rpie j’indiquerai dans la dernière partie. Mais y a-t-il des cas où on jjeut dire que tonte la substance qui constitue les éléments épithéliaux s’unit aux principes puisés par ceux-ci dans le plasma sangmin? Peut-être pourrait-on explicpier par cette théorie le phénomène curieux et bien connu (|iii se |)asse à la mamelle. Les acinis qui constituent celte gdande sont tapissés d’une couche d’épithélium nucléaire pendant le chômag’e de la gdande; mais que la lactation commence à se produire, ils diminuent d’abord beaucoup, puis, quand elle se montre' énergdque, ils disparaissent complètement, réapparaissant si par une cause ou par une autre la production du lait .se trouve dimimuée ; d’où l’on peut dire que, f|uand le lait est abondamment sécrété, c’est la paroi propre des cul.s- desac et non répithéliurn qui lui donne naissance. Ce fait si exceptionnel et meme en contradiction avec ce (|ui s’observe g’énéralement, ne pourrait-il pas s’expli([uer par la combinaison de tous les matériaux qui composent le noyau épithélial aux principes du plasma sangaiin, pour donner naissance au lait, combinaison (pii s’effectuerait aussitôt que l’épithélium aurait pris naissance? Du reste, ce n’est là qu’une hypothèse, et, je me hâte de le dire, je n’ai jamais eu occasion d’étudier ce fait.

Les partisans de cette hypothèse, que les sécrétions s’effectuent par la destruction des éléments épiihéliaux, basent aussi leur opinion sur le fait des gdandes sébacées; et ici je me bâte de le dire, leiu' interprétation est erronée. Dans les gdan des sébacées, répitbélium s’individualise comme partout ailleurs; seulemeul, aussitôt qu’il a atteint tout son développement, des g’outtelettcs huileuses apparaissent dans la cavité de la cellule, leur

lîonibrp aiig’iiienlp, ])liisioui‘s rusionnenl, quelquefois toutes se réunissent en une larg-e g-outte d'huile, les j)arois de la cellule sont distendues, amincies et enfin linisseid par éclater, et la matière sébacée se fait jour au dehors. Tels sont les faits, je viens de dire l’interpi'étation (|u'on leur adonnée. Mais d’abord, dans ce fait, la cellule n’est pas détruite; elle cesse d’être une cellule, mais la matière ([ui la constituait subsiste et on retrouve toujours dans la gdande, froissée et chif-

fcninée, la fine pellicule qui la délimitait. D’ailleurs ce phénomène finit s’expliquer de la façon suivante (1) ; L’épithélium des gdandes sébacées possède une composition chimique telle que, combiné aux pidncipes puisés dans le plasma sang'uin, il donne naissance à ces g’outtelettes g-raisseuses qui apparaissent dans son intérieur etfpd s’y multiplient. Mais le nouveau produit est doué de propriétés physiques telles qu’une fois dans la cellule, il n’en peut plus sortir; dès lors il s’accumulera dans sa cavité, et cette accumulation durera jusqu’à ce fpie les parois cellulaires se ronq^ent; c’est donc au nouveau produit qu’est due cette exception, et, s’il était doué de propriétés physif[ues difïérentes, les choses se passeraient dans les gdandes sébacées comme partout ailleurs.

(Juant au phénomène de l’excrétion, son explication est fort analog'ue à celle que je viens de donner de la sécrélion. Ici comme l’ont dit MM. ühevreul, ])uis (linelin, le sang’ contient déjà tout formés les principes des produits, et l’acte s’accomplit sans formation nouvellf'. Les épithéliums (pu existent dans la structiu’e des pareu-

(1) Cil. Hobin, Leçovsxin- les humeurs, p. (HO ol. suivantes.

chymes non g’iandulînres sont aussi din'cpcnts par leur composition chimique; aussi, suivant cette composition, ils shmhibent de tels ou tels principes qu’ils pidsent clans le plasma sang*uin, puis, quand leur imhihition est complète, ils laissent échapper les principes sous la même forme qu’ils possédaient dans le plasma sang’uin et sans leur avoir fait subir le moindre chano’ement moléculaire.

Tel est le mécanisme de l’excrétion. Cependant les lic{uides qui en sont les produits ne renferment c[ue relativement très-peu de principes puisés dans le sang’, C{ui sont toujours dissous dans une g’rande quantité d’eau.

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