EXTÉRIEURES QUI LEUR IMPOSENT LEURS FORMES VARIEES
Tout élément org’anisé est constamment le siég’e d’un double travail : d’une part il prend dans le milieu où il se trouve placé, les sulistances qui doivent maintenir l’intégrité de sa composition chimique, indispensable à son fonctionnement; d’autre part, il rejette loin de lui les matériaux dont il a été constitué, que I apport du milieu renouvelle incessamment; les diverses molécules matérielles, dont l’ensemble ou plutôt la résultante des propriétés constitue le travail fonctionnel de l’élément, ne pouvant durer cju’un temps plus ou moins court. Cette double propriété d’assimilalion et de desassimilation, que seuls possèdent les élém<‘uts org-anisés, fait in- (îontestablemeut partie de leur j)bysiolog'i(’.
De même cpie tous les éléments auatomi(pies, c'est au sang* que les (épithéliums empruntenl les principes qui
doivent servir à maintenir leur structure chimique, mais le produit de leur désassimilation au lieu de retourner dans ce même fluide, comme le font les produits analogaies des autres parties, s’échappe par une autre voie. Si l’épithélium est fournissant, les matériaux qui lui ont servi sont entraînés avec le nouveau produit; si au contraire il tapisse une paroi, les mêmes substances suivront les divers corps qui cheminent en s appuyant sur celle-ci. Il u’est pas un élément anatomique qui puise directement dans le sang’ la matière qu’il doit s’assimiler, ce ?i’est que g’râce à l’endosmose et l’exosmose que s’accomplit la nutrition, peut-être quelques cellules épithéliales font-elles exception à cette régule, car celles qui tapissent les parois vasculaires sont probablement nourries par le fluide qui incessamment se trouve à leur contact. En dehors de ces épithéliums exceptionnellement placés, les autres se nourrissent d’une façon spéciale. Placés d’ordinaire à une distance relativement g’rande des ramifications vasculaires, ils n’arrivent à se nourrir, que par un emprunt fait de proche en proche aux éléments sur lesquels ils reposent. L’élément org’anisé possède une sorte d’affinité pour les substances qui servent à le constituer, il faut que les substances arrivent jusqu’à lui, ou qu’il meure; aussi qu’on me passe l’expression, il en prend où il en trouvée. Telle cellule épithéliale a besoin d’un principe que possède sa voisine, elle le lui emprunte, ou plutôt le lui prend, à charg’e par cette dernière d’en faire autant à une autre, et ainsi de suife, jusqu’à ce que la dernière cellule qui se trouvera en rapport le plus direct avec le sang*, puise là des malériau.K fpii sei’viront à la constitue?’ elle-même. Mais, comme la plupaiT du temps, pour ne. pas flire toujours,
les-épiLhéliiinis ne sont p:is en eontacl, même médial, avee le sang-, ce ne sera pas à ce fluide que se fera l’em- ])i‘unl, mais aux aulres éléments nourris par lui, sur lesquels reposenl les eellides épilliéliales. Kl c'esl à ce' litre (pie les' épithéliums peuvent être considérés comme menant une véritable existence de parasites.
Ce que je viens de dire est tellement vrai, c|ue s’il arrive à la partie ipii supporte la couche épithéliale une altération profonde et permanente à la suite de laquelle sa nutrition soit, sinon totalement chang’ée, du moins considéiaiblemeni modifiée, il arrive alors que l’épithélium ne frouvant plus au contact de ces points la nourriture (jLi’il y prenait d’habitude, se modifie et prend des formes insolites dans quelques cas , taudis (|ue dans d’autres une partie accessoire de la cellule épithéliale ne se montrera plus. C’est ainsi que sur l’intestin des indi- A'iclus qui, pendant long’temps , ont été malades d’une entérite chronique, on voit l’épithélium présenter dans les points les plus altérés un chang’ement complet de config'Liration ; il est, en effet, constitué par un noyau central unique portant à chacune de ses extrémités un assez mince filament. De même, chez les individus qui, pendant long-temps, ont présenté une hronchife et une trachéite chronique, l’épithélium à cils vihratiles a dispai‘11 des points les plus altérés, et y est remplacé par des cellules prismatiques déformées, qui sont totalement dépourvues de cils vihratiles. — Mais, pour (pie le chang’ement de forme ou même cpie la supp'i’cssion d'une jiartie accessoire se manifeste, il faut une profonde altérafion; seule une maladie de loug’ue durée s’aflacpiant à la nutrition du support de répithélium, jieut produire les chang’ciiients que j’ai indiqués. J’en trouve la preuve
dans imeexi)érience laite par MM. (Joujou et Demouliii cl relatée dans la thèse de ce dernier. Le 11 juillet 1866, la trachée d’un chien fut ouverte, et la iiuif(ueiise de ce canal cautérisée sur une étendue d’un pouce envii'on avec un fer rougn à blanc. L’aiiiiual se rétablit assez promptement. Il est sacrifié le 26 juillet, quinze jours après la cautérisation. La muqueuse trachéale ne présente pas la plus lég'ère trace de roug’cur inflammatoire, pas le moindre bourg’eon charnu (1), «seulement ou trouve sur les points où a porté la cautérisatipn un petit i*étrécissement de la trachée, et des cicatrices qui unissent des seg’ments d’anneaux qui ont été détruits par la force de la cautérisation ; en gTattant un peu ces divers points, on trouve facilement, ajoute M. Demoulin, des cellules épithéliales à cils vihratiles qui la tapissent normalement, et elles se montrent aussi abondantes dans les points qui ont été cautérisés que sur ceux qui ne l’ont pas été.» L’auteur tire de cette expérience une toute autre conséquence, jnais j’en puis légitimement induire qu’une altération passag’ère, quelque A'ioleute qu’elle soit momentanément, est inhabile à influencej’ la forme des éléments épithéliaux. (Jue s’est-il }kissé dans cette expérience : le fer rouge a détruit à la fois miupieuse et é})ithélium, mais la nmqueuse s’est rapidement reformée, et alors, placée dans les mêmes conditions ffu’aiqDaravant, elle a j)u nourrir des épithéliums identiques ; si l'intlammation eût été persistante au point d’amener l'épaississement ou l’induration de la inmpieuse, si en un mot les conditions eussent été irrévocaljlement modihées, phisde doute cpic les éléments épithéliaux ([ui recouvraicml la muqueuse n’aient été altérés dans leurs formes.
(I) Demoulin. Yoiv Journal de l'analoinic (\n profosscur Cli. lloljin, |S()7, p. 76. .Janvier.
N’y a-l-il (juo les alté râlions des parties qui supportent répithélium et contribuent à sa nourriture, qui ont le pouvoir de chang-er la forme de celui-ci? .le ne le crois pas; l’épithélium, pour rester toujours semblable à lui-méme, a besoin dbui concours de circonstances qu’il suffît de trouljler pour le rendre dissemblable à ce qu’il était auparavant. Pas une de ces circonstances ne doit être nég-lig’ée, et la suppression de l une d’entre elles, quelque peu d’inq:>ortance qu’elle paraisse avoir, suffît parfois à altérer la forme des cellules, .le crois, en un mot, que les diverses conditions qui entourent l’épithélium, que les habitudes au milieu desfpielles il vit en quelque sorte sont indispensables au maintien constant de sa forme primitive. C’est là ce que j’ai essayé de démontrer au moyen des expériences suiA^'antes faites au laboratoire de M. Robin.
Le 15 juin, à peine venais-je de mettre à mort un chien, que je pris une certaine portion de muqueuse Iracltéale. Je l’introduisis immédiatement sous la peau d’une jeune chienne. — La plaie ne suppura pas.
Trois jours après, l’animal à qui j’avais placé le lambeau de muqueuse fut mis à mort. — Je trouvai sur la muqueuse un épithélium ayant conservé le type prismatique, hien que les angdes eussent disparu. — Mais pas une seule cellule ne me permit de constater à sa surface l’existence d’un seul cil vihratile.
Le 25 mai 1867, un chien est opéré de la façon suivante : à chaque angle de l’œil, je pratique une incision oblique en bas et en avant intéressant la conjonctiAC, le tissu sous-cutanné et la peau, de telle façon que la paupière inférieure peut très-facilement se renverser. — Leboi’d libre palpébral est aA'ivé de même (pie le point de la
face au(|ii('l il coirespoiul, une Ibis la ])aiipièpe renversée. Des points de suture maintiennent cet ectropion accidentellement produit (1).
Le 29, j’examine la portion de niu([iieLise conjonctivale ((Lie l’ectropion a mise ainsi au contact de l’air. La paupière est d’abord essuyée très-lég’èrement pour enlever les leucocytes (jui pouri’aient exister à sa surface, provenant des deux plaies latérales, et de fait, cette préliminaire opération n’enlève que des leucocytes ; un deuxième raclag’e donne : 1“ quelques leucocytes; 2“ de rares hématies ; 3'’ des noyaux libres assez volumineux contenant pour la plupart un nucléole assez brillant ; ces noyaux peu volumineux mesurent environ la moitié ou le tiers du diamètre d’un gdobule roug*e du sang^; quelques-uns d’entre eux sont plus volumineux, sans être rég*ulièrement ovoïdes ; 4” des celhües sphériques d’un petit volume, contenant un ou deux des noyaux que je viens de décrire, pressés l’un contre l’autre. La plupart n’en contiennent qu’un seul. Sont-ce des cellules en voie d’altération ou de jeunes élémeids ?
30 mai. Les cellules, à la suite desquelles je mettais hier un point d’interrog’ation, sont bien évidemment des cellules de nouvelle formation. Aujourd’hui, leurs contours sont plus nettement accusés, leur translucidité
(1) Ce chien, qui iii’;i été donné par M. üouchul., lui a servi à luire des expériences sur la inorpliine. A la dernière expérience il en reçut, une
assez forte dose (tiO cent.). Il est très-difficile à chloroformer et i)uraît souffrir à chaque instant de l’opération Quand tout est fini il est dans un état remarquable de faiblesse ; au moindre mouvement qu’il veut faire, il tombe et roule assez loin. L’intellij^ence parait intacte. Le train jtostéricur est complètement paralysé. Ces effets, que je n’ai jamais observés, sont-ils dus à l’administration antérieure de la mor[)hine?
moindre, le noml)i*e des noyaux lil)i*es beauronp moins considérable; cependaid il existe encore des cellules en tout seinlilaldes à celles ((ue j’oliservais bier, et ciui sont des éléments récemment Ibrmés, taudis (|ue celles (|ui existaient sont dans un état plus parfait. Si au contraire j’avais en affaire à des cellules altérées, l’altération serait aujonrd’bni plus manifeste. Quelques-unes de C(‘s cellules ont un contour (|ui rappelle celui des coi-ps fusiformes.
Le 3 juin, très-peu de noyaux libres, larf»’es cellules sphériques on oblongaies avec deux ou trois noyaux assez volumineux, fines gTanulations moléculaires sur chacune d’elles. Leur noyau contient toujoui’s un nucléole volumineux et brillant.
Le 10, larg’es et belles celUdes pavimenteuses., jiresque toutes sphériques ou à peu près, très-pen pré.sentent un contour polyg*onal, et encore quand il existe, les angdes sont-ils singailièreinent arrondis. On troine enfin des lamelles cornées en tout semblaliles aux lamelles de l’épiderme; elles sont même assez nbondantes. (Fig*. 2, pl. 1.)
Foin* moi, cette exjiérience est loin il'ètre cajiitale : l’épithélium conjonctival a bien présenté une forme dilférerde de celle qu’il présentait de l’autre coté, attendu f[ue, sur l’ectropion, l’immense majorité des cellules étaient sphériques ; mais ce n’est pas là un fait, je crois, irès-sig‘nilicatif. Ce qui l’est ])lus, c'est la [irésence de lamelles coi*nées, analog'ues à celles d(* répidci'ine (pd ne se trouvent pas à la conjonctive, et (pu* je crois être uniquement dues à l’action de l’air, l n lait qui est encore dig'nc de remartpie, c’est que la j)roduction de ces cellules «I été prc'cédée d une (diiilc de celles (pu precc-
(lemmenl exislait'iit. J’ai encore consLalé ce lail dans rex|)crienco snivanle :
Le 10 niai 1807, je jiraüqnai sur un chien d’assez forte taille une incision assez étendue, et pénétrant jusf|uc ilans la cavité abdominale; une portion du g*ros intestin fut maintenue par plusieurs points de suture aux lèvres de la plaie faite au flanc g’auclie de l’animal. Je laissai l’intestin ainsi fermé sans l’ouvrir.
Les jours suivants, la plaie est le siég’e d’une intlamination très-vive, et d'une suppuration très-abondante qui empêchent l’examen.
Le 23, la plaie est parfaitement déterg*ée, ses bords adhèrent à l’intestin de la façon la plus manifeste.
J’examine alors la surface de la séreuse, toute trace de cellule a complètement disparu, seulement on remarque encore un très-g-rand nombre de leucocytes provenant du pourtour, avec eux plusieurs hématies. Le 27, toute trace de suppuration a complètement disparu; j’ouvre alors l’intestin, non par une simple incision, mais avec une perte réelle de substance, de telle sorte que j’enlève ainsi la portion d’intestin qui est restée au contact de l’air.
Cette portion de l’intestin est d’une épaisseur beaucoup plus considérable qu’elle ne l’est à l’état normal.
La face externe péritonéale, soumise à un raclag’e modéré, fournit des masses assez considérables constituées eu très-g*rande partie par des lames irrég’ulièi’ement polyg’onales à cassures brus({ues, à bords trôs-uets et Irès-vivemeut IVaug’és; ces corps, dont l’existence est rendue manifeste et dont les contours sont plus nethîment dessinés pai‘ une solution de nitrate d’arg’ent, ne .son! antre chose rpic des lames cornées en tous points Cabaflf*.
- no -
identiques à celles de l’épiderine, une prépar*ation des lames cornées de l’épiderme ne me laisse pas le moindre doute à cet ég*ard. Après qu’un frottement siq)erliciel a fait disparaître les corps épidermoïdes, on trouve audessous une couche de cellules épithéliales complètement sphéri(|ues. Le noyau est aussi sphérique et A'ésiculeux et contient un nucléole brillant. Le plus fréquemment, le noyau est unique, et alors, dans un point de sa circonférence, il esten contact avec les parois de la cellule. Mais plusieurs cellules en présentent deux ou trois autres plus petits et aussi pourvus d’un nucléole, les cellules inég*ales en volume sont toutes finement g’ranuleuses.
Plus profondément, on trouve en très-g’rande abondance des cellules analogaies, mais d’un volume beaucoup moindre; elles sont environnées de petits corps sphériques pourvus d’un nucléole, et qui sont au-dessous des noyaux, A ce point, noyaux et cellules sunt entourés d’une substance amorphe g’ranuleuse. (Fig-, 3, pl. I.)
Mais j’avais pratiqué un anus contre nature à ce chien , dans le but de constater un autre ordre de phénomènes : je voulais voir ce que deviendrait l’épithélium de la partie du g’ros intestin dans laquelle les matières fécales ne passeraient plus, constater, en un mot, si le contact perpétuel des fèces était, pour les cellules épithéliales du gros intestin, une condition indispensable au maintien de leur forme, et plus g'énéralement si l’épithélium d’un tube avait besoin, pour conserver son aspect habituel, du passag’e incessant des matières d’habitude contenues dans ce tube. C’est pour cela que je laissai vivre l’animal, m’assurant seulement (|ue les excréments sortaient toujours par
l’oiivertiire que j’avais pratiquée. Ce chien vécut ainsi jouissant d’une santé parfaite, jusqu au 5 juillet, jour où il fut sacrifié.
Je pus alors constater que l’anus artificiel avait été étal)li environ à 10 centimètres de la terminaison du g*ros intestin, et que rien ne passait plus dans cette portion. La muqueuse de cette partie était singulièrement hypertrophiée; dans un point voisin de la plaie intestinale, elle était si considérablement épaissie qu’elle 1ermait complètement la lumière du canal. Sa coloration était d’un blanc pâle. Les replis étaient très-nettement accusés et les sillons laissés entre eux très-profonds. Aux environs de l’ouverture et surtout sur la portion de muqueuse opposée à l’anus artificiel étaient des cellules épithéliales très-grosses, sphéroïdales, chargées de granulations graisseuses, non toutefois assez abondantes pour masquer deux ou trois beaux noyaux contenus dans leur intérieur et pourvus d’un nucléole. (Fig\ 3, pl. I.)
Cependant avec ces cellules on trouvait bon nombre d’épithéliums prismatiques. Les grosses cellules pavimenteuses n’existaient qu’aux environs de l’ouverture : à 3 ou 6 centimètres de celle-ci, on n’en rencontrait plus. Mais dans toute la portion intestinale, on voyait des cellules vésiculeuses translucides sans noyaux, à parois minces, dépourvues de granulations graisseuses.
Les unes étaient parfaitement sphériques , d’autres plus ou moins allongées, et, en examinant plusieurs préparations consécutives, j’ai pu me convaincre c|ue c’étaient là des épithéliums prismatiques, ainsi devenus vésiculeux par le fait d’une desquamation nulle ou fort incomplète. Il était facile, en effet, de suivre en quelque sorte cette altération ; d’abord la cellule prisma^
tique se boiirsoullait en quelque soi*te, puis on arrivait, par des dég’radations insensibles constatées sur d’autres éléments, à cette forme parfaitement sphérique et à cet aspect vésiculeux. On retrouvait des cellules ainsi altérées dans tous les points de la portion intestinale inactive; mais, dans tous les points, on retrouvait aussi en assez g'rand nombre des cellules prismatiques avec leur aspect normal. Du reste, plus on se rapprochait de l’ouverture anale naturelle, et plus les altérations que je viens de sig-naler allaient diminuant. Quant à la portion située au-dessus de l’anus artificiel, elle présentait un épithélium prismatique tout à fait normal.
Telle est cette expérience qui, je crois, li’a pas duré assez long*temps pour être concluante ; il faudrait, je pense, g'arder un animal ainsi opéré non pas un mois, mais au moins une année : alors seulement on pourrait être fixé sur la valeur de cette modification que présente la forme de l’épithélium; le cas que je viens de citer n’ayant fourni qu’un résultat incomplet d’où on ne peut tirer de conclusions positives. Quoi qu’il en soit, les expériences que je viens de rapporter présentent ce fait commun, savoir, que les épithéliums pavimenteux qui eu quelque sorte se sont produits sous nos yeux n’ont jamais présenté dans ces cas une forme polyédrique. A ipioi doit être attribué ce résultat? Je crois que la raison en est telle : aucune de ces expériences n’a duré assez longtemps, de telle soi*te qu’une quantité assez considérable d’épithélium n’a pu être produite, et par consé(|uent les cellules ifont pu ag'ir les unes sur les autres rtar pression réciproque et sont restées sphéroï- (lales. .\’('sl-;e pas là, en effet, ce (|ui s’observe à l’épiderme, où les cellulf'S les plus profondes sont sphéri(|U('s
et deviennent d'autant plus polyg’onales et applaties qu’elles s’accumulent vers la périphérie, c’est-à-dire qu’elles subissent des pressions plus multiples.
Le O mai 1867, à l’aide de pinces et d’érig’nes, j(‘ parvins à attirer au dehors une portion assez considérable de la muqueuse du rectum sur une chienne adulte et fortement constituée. J’avivai le pourtour de cette muc[ueuse et aussi quelques points du périnée correspondant aux endroits que recouvrait la membrane interne de l’intestin, étalée au dehors; cela fait, par des points de suture, je fixai la muqueuse en dehors de la cavité intestinale.
Le 6, l’épithélium prismatique est couvert de g-ranulations.
Le 7, les g*ranulations sont en très-g*rande abondance; le noyau en est masfjué, et les cellules rendues très-
opaques.
Le 9, l’épithélium a complètement disparu; le i*aclag’e de la muqueuse solidement maintenue au dehors ne donne cfue de la matière amorphe g'ranuleuse.
Le 10, on voit une multitude de corps ovoïdes sei*rés les uns contre les autres, d’un diamètre très-peu considérable.
Le 13, des cellules sphériques en très-g’rande abondance, analog-ues à celles de la fig*. 1, pL 1 ; toutes ont un noyau central; il y a encore dans la préparation un assez grand nombre de noyaux libres. Les cellules oui
un contour pâle.
Le 17, un premiei* râclag'e me donne de inagMufiques cellules épithéliales pavimenteuses (lîg-. 5, pl. 1), i)olyg-oiiales, pourvues de noyaux; plusieurs de ces cellules soûl isolées sur la préparation, mais nomh.-e d’entre elles sotil
disposées en plaques, comme le montre la figure, ce qui permet de dire qu’à ce moment la portion de muqueuse est entièrement tapissée d’épithélium pavimenteux analog’ue. Le lendemain, mômes cellules pavimenteuses.
Ce même jour, le 18, je détachai la muqueuse de ses adhérences avec le périnée, et je la fis rentrer complètement.
Le 28 du même mois, je tirai en dehors une notable portion de la muqueuse rectale; l’ayant raclée avec un scalpel, je constatai que répithélium avait changé de forme; il était redevenu prismatique, et cela de la façon la plus manifeste. Ce même jour, je fis ce que j’avais fait le 5 mai ; j’avivai la muqueuse, et je la fixai au dehors sur le périnée aussi avivé.
Le 7 juin, un raclage de la muqueuse étalée sur le périnée me donna les plus belles cellules pavimenteuses polygonales, beau noyau central, quelques-unes libres, d’autres réunies en plaques d’une étendue plus ou moins considérable. (Fig. 5, pl. I.) Alors je rompis de nouveau les adhérences, et fis rentrer la muqueuse.
Enfin, le 12 juin, voulant pratiquer une autre opération sur cette chienne, je la soumis au chloroforme, el , par suite d’une négligence, elle mourut. J’examinai sa muqueuse rectale ; l’épithélium qui tapissait la portion la plus inférieure était redevenu prismatique, à cellules bien nettes et en tout analogaies à celles qui s’observent normalement sur le gros intestin ; cet épithélium n’était pas différent de celui ([ui plus liant tapissait cette portion de muqueuse que je n’avais jamais entraînée au dehoi’S.
Cette expérience montre, selon moi, de la façon la
pins nette et la plus évidente, (-lue les épithéliums sont en ((uelcjne sorte fatalement amenés à se yolier aux nouvelles conditions qui leur sont faites, et que le revêtement épithélial de certaines parties ne doit ]Das être considéré comme un fait ne yiouvant subir aucune modification, et devant persister tel qii il est. J’ai pu mettre ainsi dans des conditions exceptionnelles certaines parties de répithélium intestinal ; vainement j ai essayé de placer dans une situation anormale un éyilthélium ay:)partenant à une toute autre variété. C’est ainsi que j’ai établi sur des animaux des plaies comyDrenant des g'iandes; la cicatrisation apyDaraissait alors très-rapidement, et je n’aurais pu maintenir la yilaie ouverte qu’en usant de moyens qui auraient pu et qui certainement auraient agd sur la production du phénomène que je désirais observer, et auraient modifié les résultats.
Des trois expériences que je viens deray5porter il ressort cependant un fait très-important sur lequel je veux insister. Ce fait, qui s’est reproduit maintes fois sous mes yeux, est le suivant. Quand une surface épithéliale se trouve placée dans des conditions différentes de celles où elle a l’habitude de visTe, l’épithélium existant ne se modifie jamais, il tombe et disparaît pour être bientôt remplacé par d’autres éléments qui présenteront, soit U ne lV)rme différente, soit des propriétés qui ne seront y:)lus les mômes. Une fois née, la cellule épithéliale présentera constamment et la même forme et les mômes y^ropriétés quelles que soient les circonstances nu milieu desquelles elle sera ultérieurement ydacée ; seulement si les circonstances sont telles qu’elle ne puisse pas subsister dans sa forme y^rimordiale, elle ne se modifiera pas.
mais elle tombera, faisant ainsi place à une nouvelle cellule qui se montrera telle que l'exig-e la situation nouvelle faite à la partie qui la supporte. Tel est le fait dômontré par l’observation et duquel on peut, je crois, tirer cette induction très-importante, mais aussi très-lég’itime, que le blastème épithélial n’est pas unique, mais qu’il diffère suivant les diverses espèces d’épithéliums auxquelles il doit donner naissance. Prenons par exemple la dernière expérience que je viens de rapporter. Un blastème existait à la superficie de la surface intestinale et s’org'anisait en cellules prismatiques ; je le place dans des circonstances telles que d’une part il sera en contact immédiat et perpétuel avec l’air atmosphérique , et d’autre part il sera à l’abri du contact des excréments : le blastème en sera-t-il modifié? très-probablement oui, puisque la nutrition de la partie mise en expérience a elle-même subi des modifications, et ceci est inconte.stable, puisque des éléments qui vivaient parfaitement à cet endroit n’y peuvent plus exister et sont forcés de se desquamer rapidement. Ils resteraient forcément en place si leurs conditions d’existence n’étaient pas cbang-ées. Dès lors ne doit-on pas affirmer que l’écliang’e des divers principes n’étant plus le même, le plasma sang’uin ne présente plus en cet endroit la même composition et par conséquent ne saurait donner lieu à un blastème identique.
L’induction que je viens de tirer de ces expériences trouve une éclatante confirmation dans ce qui se passe pour répitbélium utérin pendant lu g’rossesse. Sous l’influence del’état de g’estation qui apporte certainement dans la nutrition des troubles plus ou moins accentués, les cellules épithéliales de l’utérus sont profondément
moclitiés, depuis celles qui tapissent la surface extérieure de l’org’ane jusqu’à celles ([ui, enfouies dans son épaisseur, appartiennent aux follicules (1). Ces dernières ne cliang'ent pas leur forme typique, mais par suite des conditions nouvelles où elles sont placées, elles se trouvent modifiées d’une manière en quelque sorte accessoire. 11 n’en est pas de même des cellules qui tapissent la rnii- (jueuse utérine : celles-ci subissent les chang’ements suivants observés par M. Robin (2). « L’épithélium de la cavité du col utérin dit-il, conserve son état prismatique pendant toute la durée de la ga-ossesse, en perdant toutefois les cils vibratiles, » et plus loin : ((L’épithélium de la cavité passe de la forme cylindrique ou même prismati([ue à l’état pavimenteux. Aucun fait ne prouve que ce soient les cellules prismatiques qui directement prennent la forme pavimenteuse. Tout montre, au contraire, qu’un certain temps après la fécondation, l’épithélium de la cavité du c(3rps de rutérus s’exfolie cellule par cellule pour ainsi dire, ou par petits lambeaux ; puis celui ffui le remplace est un épithélium pavimenteux à cellules largues de 0,012 à 0,018 de millimètres de diamètre rég’ulièremenl polyiklriques et juxtaposées en pavés, ayant un noyau sphéricpie ou ovoïde à peu près du volume d’un g’Iobule roug'C du sang* » (3).
Dans le cas de g*rossesse 1 altération profonde que la mitritiruT subit est suflisaubi pour modifier la composi-
M/Ch Robin. Mi-moire sur les mollifications do la muqueuse ulérimi j avant, pendant et après la grossesse. Voir Mémoires de l’ Académie de médecine, i. XXV, 140 oÀpassim.
(2) Ibid., J). 138 et 13!).
(.1) Ces modifications sont aussi diicrites par M. Itobin dans \e Journal de l’annlomie et de lu physiologie, l8o8, t. l, p. (iü — Mémoire sur (juelque.s points de l’anatomie et de la physiologie de la muqueuse utérine.
tiün du blastème et, par contre, la formedescellules auxquelles il donne naissance.
Dire qu’il n’existe qu’un seul blastème épithélial et que les cellules sont modiliées dans leur forme par des ag’ents mécaniques me paraît insoutenable, en examinant la distribution des épitbéliums dans l’économie. On voit en effet des points présentant les mêmes conditions mécaniques d’humidité, de pressions, de contact de l’air, avoir un épithélium différent et vice A^ersa. L’épithélium de la membrane interne des vaisseaux, est-il le même que répithéhum de l’intestin? Et pourtant dans l’un et l’autre cas il y a pressions extérieures, humidité, et abri du contact de l’air ; et n’y a-t-il pas des org-anes où on trouA’e à la fois deux A^ariétés d’épithéliums? Les conditions mécaniques ne sont-elles pas les mêmes sur tout le parcours des bronches? et pourtant en un point l’épithélium changée de nature.
■ Je A-eux, avant de terminer, indiquer ce fait, que, lorsqu’on arriA'e par l’expérimentation à pouvoir placer l’épithélium dans d’autres conditions que celles où il a l’habitude de vivre, les altérations se manifestent trèspromptement. On voit, en effet, l’épithélium existant chang'er rapidement d’aspect, ce qui indique un trouble de la nutrition très-prompt à s’effectuer. J’ai été, en effet, témoin du fait suivant en faisant des expériences, qui trouveront leur place dans la dernière partie de mon travail.
Le 25 avril 1867, je pratiquai à un cochon d’Inde rocclusion de l’œil gmiche en avivant le bord libre des paupières, les affrontant et les maintenant accolées par des points de suture; en même temps je lui introduisis sous la peau un fraganent de g’iande pancréatique
prise sur un cliien que l’on venait de mettre à mort.
Le lendemain, ving*t-quatre heures après que l’opération avait été faite, je retournai au laboratoire ; l’animal était très-malade; il mourut deux heures environ après mon arrivée, c’est-à-dire ving*t-six heures après l’opération. J’en fis immédiatement l’examen :
La mort a été causée par ma dernière expérience, qui a provoqué une suppuration considérable.
Les cellules épithéliales de la cornée et de la conjonctive sont charg’ées de g’ranulations g’raisseuses très-fines et très-abondantes, mais elles ne sont pas sensiblement déformées; plusieurs d’entre elles ont un noyau de plus, mais dans toutes le noyau déjà existant est devenu manifestement vésiculeux.
Voilà une altération légère, mais incontestable quand on comparait l’épithélium du côté opéré avec celui de l’œil indemne. Aussi je ne cite ce fait que pour montrer avec ({uelle rapidité apparaissent les troubles de la nutrition épithéliale, quand on place ces éléments anatomiques dans des conditions autres que celles dont normalement ils sont entourés.
OÜATIUÈMF. PARTIE