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DES PARTIES OU LA DESQUAMATION EST NULLE

Les parties cjui accidentellement sont mises dans un état tel c|ue la descjuamation épithéliale ne peut s’effectuer, renferment des éléments épithéliaux cjui deviennent le siég’e d’altérations diverses. Ces altérations portent à la fois, et sur l’épithélium cjui est en place ('iicore adhérent au support, et sur celui qui s’est détaché de la surface Cju’il occupait, et qui n’a pu être entraîné au dehors par suite de l’obstacle que l’on a mis à sa sortie. Les chang’ements cjui s’obsein^ent sur les premiers sont dus, le plus souvent, à toute autre cause f[u’à l’arrêt de la desc|uamation, dans la plupart des cas, en oblitérant l’issue, on a en ipielque sorte suppi’imé une des conditions au milieu desipielles vivait l’épithélium, et c’est par suite de la position nouvelle où il est placé, C[ue répithélium chang’e d’aspect. Si comme je l’ai pratiipié plusieurs fois, on réunit le bord libre des païqucres d’un animal, l’épithélium cpie l’on trouvera ultérieuremeut à la cornée ou à la conjonctive sera déformé; mais dans ce cas, on aura à la fois sous- Cabiulé. ■ r,

trait la surtace du g’iobe de l’œil, et au contact de l’air atmosphérique, et à l’action du frottement des paupières qu’amène le clig’notement; d’où peut-être les variations dans l’aspect des cellules épithéliales. Aussi n’estce pas sur ces altérations que je veux insiste)*. Je me contenterai de les indiquer, et c’est pour n’avoir pas à scinder des observations faites sur un même animal que je ne les ai pas mentionnées au paragTaphe qui traite de la nutrition des épithéliums. Quant aux cellules qui sont tombées du support et qui ont été empêchées de sortir, elles présentent des altérations qui doivent trouver ici leur place. On peut dire que, retenues, elles se sont déformées, et que cette altération est en quelque sorte cadavérique. Le corps d’un animal (jui a cessé de vivre présente au bout d’un certain temps une série de modifications bien connues; de même une cellule qui n’est autre chose qu’un petit org’ane, ayant cessé de vivre, si elle est maintenue détachée des points où elle se nourrissait, et si elle ne s’échappe pas hors de l’oi’g'anisme, présentera une série de modifications, qui entre autres effets, chang’eront la forme des diverses parties qui la constituent, et qui pourront lui donner un aspect inaccoutumé.

Cependant, tousles obstacles qui entravent la desquamation épithéliale n’aboutissent pas uniquement à la déformation pure et simple des éléments, qui n’ont pu être entraînés au dehors. Dans quelques cas, il y a pi’oduction d’un corps nouveau, toujours à la vérité composé de cellules mortes, qui varie lui aussi, de forme, de consistance et de gTosseur; tantôt les diverses cellules s’ag'g'lonièrent et donnent naissance à une sorte de masse molle cl caséeuse, tantôt des corps sphériques se forment,

d’une dureté caractéristique. Quand on empéclie la desquamation épidermique de s’accomplir rég’ulièrement se produisent les gdobes épidermiques. A l’état normal, on trouve quelques-uns de ces g’iobes dans le repli balano-préputial, surtout chez les individus affectés de phimosis, et aussi dans les plis radiés de l’anus. Quelques cellules épithéliales se charg’ent de gTanulations graisseuses ou calcaires, deviennent sphériques et se creusent d’excavations, puis s’entourent d’éléments épidermiques qui s’imbriquent autour d’elles comme centre analog’ue au noyau d’une cellule. L’épithélium environnant se groupe en couches concentriques, les g’iobes épidermiques en résultent ; ces corps se présentent sous l’aspect de g*rains perlés ou nacrés mesurant de un quart de millimètre à un, deux et même trois millimètres de diamètre. Parfois, quand ils ont atteint un volume assez considérable, ils se recouvrent de g*ranulations calcaires (calculs du prépuce). Quelquefois, deux de ces g*lobes se soudent, et réunis, servent de centre à d’autres dépôts concentriques de cellules épithéliales ; dans les cas où deux ou trois g*lobes ainsi soudés deviennent le centre d’une production périphérique nouvelle, le gdobe épidermique qui en résulte peut atteindre le volume d’un petit pois. Dans quelques g’iobes très-volumineux, le centre est représenté, non plus par une ou plusieurs cellules, mais soit par un corps gras, soit par un sel calcaire, soit même par un caillot sang-uin.

'fels sont les résultats qu’entraîne l’arrêt de la desfpiamation épithéliale dans certains cas; mais l’épi- I hélium que l’on empêche d’être expulsé ne se montre pas toujours ainsi groupé autour d’un centre ; dans Ja

Irès-g'i’ande inajoriLé des cas, les alLéralions de formes des diverses parties qui constituent la cellule, sont le seul trouble apporté par la suppression de la desquajnation. C’est ce que j’ai observé plusieurs fois dans les expériences dont je vais rendre compte.

Le 4- mai 1866, deux cochons d’Inde furent opérés de la façon suivante : le bord libre de leui\s paupières fut avivé, et ces bords encore saig’nants furent accolés et réunis par des points de suture. Cette opération ne fut faite que d’un côté.

Le jour suivant, l’œil était un peu g’onfïé.

Le 8, la cicatrisation était complète et les paupièi’es parfaitement réunies.

Le 12 juin, les animaux sont mis à mort.

Les yeux laissés intacts ont la conjonctive et la cornée tapissées par un épithélium très-rég*ulièrement pavimenteux. Seulement, les cellules qui le constituent, ég’ales et uniformes, rappellent un peu par leur aspect les éléments qui constituent certaines variétés d’épithéliums prismatiques. Il est rectang’ulaire et allong*é, portant un beau noyau central qui, dans quelques cellules, va d’une paroi à l’autre.

Les yeux fermés ont leur conjonctive tapissée d’épitbéliums pavijnenteux altérés. Les altérations de formes sont manifestes et sont représentées dans la hg’ure 2 de la pl. II, fpii est un composé des divers types d’altération, pris sur l’im ou l’autre animal. Le plus g’rand nond^re de ces cellules sont très-gTOSses, ciii(| ou six fois plus volumineuses (pie celk^s ([ui sont restées normales sur l’œil opj)os(i; elles sont aussi très-irrég-ulières, pculag'onales ou bizarrement contournées. Chacune des cellules ainsi altérées et lineinent g-raiiuleuses, en ipielipies endroits

creusées de petites excavations, portant deux, trois ou un plus gTand nombre de noyaux très-gTos munis de nucléoles. Il est aussi quelques cellules qui ont conservé, à pou de chose près, le type normal sans de trop grandes variations ; mais ces rares cellules portent deux ou trois noyaux à nucléole. Toutefois, ces dernières cellules

sont rares.

Le 2 juin 1867, deux lapins sont opérés de la même façon, c’est-à-dire que sur chacun d’eux un œil est fermé par l’avivement des bords libres des paupières et une suture métallique.

Le 1 1 , un de ces lapins est trouvé mort sans que je sache à quelle cause attribuer son trépas. La cicatrisation de l’œil c[ui paraissait complète lors de mon dernier examen le 8, a été détruite depuis peu de temps et son cadavre présente l’œil opéré à demi ouvert, maintenu seulement du côté de l’ang’le antérieur par quelques adhérences cicatricielles. Cet œil a dû demeurer ainsi pendant un certain temps que je ne saurais préciser, mais qui ne remonte pas à plus de trois jours, puisc[ue le 8 rien de tel ne s’est montré.

L’épithélium qui tapisse la conjonctive de l’œil opéré ne présente qu’une petite différence avec celui de l’œil sain. Les cellules les plus superficielles présentent une forme et un volume s’écartant très-peu de l’éfat normal; cependant quelques-unes d’entre elles sont g’ranuleuses. Mais plus profondément les cellules déformées et gTanuleuses deviennent notablement plus fréquentes ; leurs formes sont plus ou moins altérées, elles présentent quelquefois deux ou trois noyaux et sont dans tous les cas charg*ées de g-ranulations.

Que conclure de ce fait? Que les cellules les plus su-

perficielles sont revenues ti l’état normal depuis que l’œil s’est rouvert et que les profondes nées sous l’empire de circonstances qui altéraient la composition du blastème épithélial se montrent modifiées par cela seul.

Le 19. Le deuxième lapin est tué. La cicatrisation chez celui-ci s’est parfaitement effectuée et son œil s’est parfaitement fermé. Il existe dans cet œil de petites masses caséeuses blanches, du volume d’une tète d’éping*le et de la consistance du fromag’e de Brie. Certains de ces petits corps se trouvent libres dans les replis de la conjonctive, d’autres sont adhérents ou étendus en nappe sur le g'iobe de l’œil qu’ils recouvrent en partie. Ces productions sont uniformément constituées par des cellules épithéliales déformées présentant la forme indiquée par la fig*. 1, pl. II.

Ces cellules sont irrég’ulières à deux ou trois noyaux, munis de nucléoles assez brillants. Quant à la matière g’ranuleuse qui environne de toutes parts ces cellules et qui est très-abondante sur la préparation, je pense que ce n’est autre chose qp’un détritus de matière épithéliale. La conjonctive est tapissée de cellules aussi irrég*u Hères.

Le 27 avril 1866, sur un chien de taille moyenne, je fais la lig'ature de deux conduits de Stenon. La lig’ature est appliquée environ à l’union du tiers postéî’ieur avec les deux tiers antérieurs; avant de l’appliquer, le canal est réséqué dans une étendue d’environ 2 centimètres, pour éviter qu’il ne rétablisse sa continuité.

Le 28 et le 29. Les deux réglions parotidiennes sont eng’org’ées, la tuméfaction est ég’ale des deux côtés ; douleur à la pression ; pas de flnctuation. Cet animal

que je nourris de viande bouillie, manifeste une g’ône considérable de la dég'lutition.

Los jours suivants, le chien va très-bien ; la g’êne de la dég’lutition disparaît peu à peu.

L’animal est sacrifié le 24 juin. A l’autopsie je constate (jue du côté droit j’ai parfaitement lié et réséqué le conduit de Stenon, tandis que du côté g’auche je ne l’ai pas lié.

La g'iande parotide qui correspond au conduit de Stenon lié et réséqué, est de beaucoup augmientée de volume, environ du double. La g-lande paraît composée de deux portions : une supérieure, constituée par les deux tiers de la g’iande, dure relativement à la portion inférieure qui la coiffe à la manière d’un casque, et qui est constituée par une partie de g’iande ramollie, profondément altérée, d’une consistance et d’un aspect g’énéral qui rappellent le mucus nasal ; la couleur de cette dernière partie estjaunâtre ; la matière qui la constitue s’étend en filaments et colle aux objets avec lesquelles on la met en contact ; l’épaisseur de cette dernière partie est de 1 centimètre environ. Une lég’ère teinte roug’eâtre s’observe à l’endroit où les deux portions de la g’iande sont en contact. La portion supérieure qui ne présente pas cette consistance g’élatineuse, bien que intérieurement, elle soit coiffee par cette matière, est différente d’aspect suivant f|u’on examine tel ou tel autre de ses points. Dans le voisinag’ede la partie muciforme, la g’iande est ramollie, réduite en une sorte de substances caséeuse; mais à mesure qu’on s’éloig’ue de cette portion g’élatiniforme, la g’iande prend un aspect normal et dans sa partie la plus supérieiu’e, elle a l’air tout à fait saine.

La partie g’élatineuse est composée d’une multitude

de cellules d’un volume Irès-considérable, 1 et 2 cent, de mm.; leur forme est sphérique, elles sont tlnement gTanuleuses et les g’ranulations (|ui cliarg*ent leurs parois réfractent fortement la lumière; sur plusieurs d’entre elles se voient deux, trois ou quatre noyaux se touchant et remplissant à peu près toute la cavité. Ces cellules ne sont autre chose c[ue des leucocytes de la salive sing’ulièrement hypertrophiés. (Fig\ 3, pl. IL)

La partie de la g'iande la plus rapprochée de la portion muciforme est très-ramollie, renfermant des dépôts de g*raisse assez considérables. On n’y retrouve pas vestig’e de culs-de-sac gdandulaires ; seulement c|uelques fd^res lamineuses, et des cellules épithéliales singailièrement hypertrophiées, dont la forme et le nouvel aspect ne rappellent pas le moins du monde celui de l’épithélium nucléaire parotidien. Cet épithélium nucléaire s’est-il org*anisé en cellules, ou bien deux ou trois éléments se sont-ils réunis et soudés ensemble, c’est ce que je ne saurais dire.

La forme des cellules épithéliales est représentée, fig\ 4, pl. II; elles sont couvertes de granulations, creusées en plusieurs points de cavité. et d’un contour parfois singulièrement tourmenté. Elles contiennent deux ou

trois noyaux volumineux, et se présentent g’roupées en amas. D’autres ont un contour très-pâle, et c’est avec peine qu’on en peut suivre les linéaments. A mesure que l’on s’élève vers la partie supérieure delà g’iande, l’épithélium deAÔent de moins en moins déformé, et dans la portion la plus élevée on A'oit des culs-de-sac parfaitement distincts, renfermant seulement un épithélium d’un volume double de celui qu’il présente à l’état normal.

Sans qu’il soit nécessaire de recourir à des expériences, on peut voir l’épitliéliuiTi présenter des modifications irès-manifestes, causées par une desquamation nulle. Tel est le cas de répithélium de la cavité utérine sur lequel vient s’implanter le placenta. Certaines de ces cellules alteig’nent jusqu’à 1 dixième de millimètre de diamètre, et elles seraient visibles à l’œil nu si elles étaient moins transparentes. Leur forme varie sing-ulièrement, et on retrouve des cellules présentant toute espece de contours. Tantôt elles sont allongées et leurs deux extrémités se terminent en pointe g’énéralement irrég'ulièrement tronquée. D’autres fois rallongement n’a lieu f[ue d’un seul côté, et l’autre demeurant ovoïde, la cellule prend la forme d’une raquette. 11 est aussi commun de voir leurs extrémités bifurquées, leurs bords comme incisés ou creusés, ou au contraire pourvus d’un ou plusieurs prolongements plus ou moins étieits. Il en résulte des formes très-bizarres, et qui sans contredit donneraient le change sur la nature de ces éléments, si on n’avait suivi leur g-raduelle déformation. Certaines de ces cellules hypertrophiées contiennent deux à six noyaux, mais le fait est rare; la plupart n’en possèdent qu’un, mais remarquablement volumineux, clair, peu g'ranuleux, à contour net et régadier; ce noyau est ovoïde ou sphérique, mais toujours très-hypertrophié; il atteint presque toujours une long'ueur de 12 à 18 millièmes do millimètre, sur une larg’eur de 6 à 10 millièmes de millimètre f|uand il est ovoïde. Chaque noyau renferme un ou deux nucléoles larg’os de 1 à 4 millièmes de millimètre, à centre brillant, de teinte aml)rée, à contour net et foncé, noirâtre.

Ces cellules sont très-transparentes et très-pàles, mais

nombre d’enlre elles sont parsemées ou remplies de gTamdal, ions graisseuses, plusnombreusesg'énéralement autour du noyau, qu’elles circonscrivent, que dans le reste de la cellule. Partout ou elles sont accumulées elles rendent celle-ci opaque, état qui tranche sur la transparence du reste de l’élément (1).

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