CHAPITRE III
Climat.
Le Brésil, s'étendant au nord jusqu'au-delà de l'Equateur, et au sud plus loin encore au-delà du tropique du Capricorne, comprend plus de trente-neuf degrés de latitude; il ne peut donc pas, dans une si vaste étendue, présenter un climat unique, égal et semblable; et, bien que la chaleur soit l'élément essentiel et constitutif de sa climature, ce n'est pas seulement l'influence du soleil, modifiée selon les diverses latitudes où elle se fait sentir, qui détermine les différences qu'on y observe; cette influence est encore subordonnée à diverses circonstances locales, aux conditions de position relative et principalement d'élévation des terrains, ce qui produit les plus remarquables variations de température.
Parsemé de lacs, traversé par d'innombrables cours d'eau ' et beaucoup de fleuves parmi lesquels on compte les plus grands du globe, et de longues chaînes de montagnes dont quelquesunes d'une élévation considérable , le Brésil a pour limite orientale l'océan Atlantique qui baigne environ 8500 kilomètres de sa côte et, possédant, en outre, dans l'intérieur le plus beau système d'irrigation naturelle qu'on puisse imaginer, il jouit d'un climat essentiellement dominé par la chaleur ; mais l'action du soleil, assez forte sous l'Equateur, au Parâ, l'est beaucoup moins dans les provinces centrales; sur le littoral, elle est modérée par des brises régulières et, en s'avançant graduellement vers le sud, on rencontre dans les provinces méridionales de l'Empire le climat le plus doux et le plus tempéré, prin-
Macedo, Brésil. 3
cipalement dans les plaines immenses de la province de Rio- Grande.
Le docteur Sigaud, auteur de l'ouvrage Du climat et des maladies du Brésil, duquel sont extraites la plupart des informations précédentes, dit encore dans le même ouvrage que le climat du Brésil est, à juste titre, réputé le meilleur entre les principales contrées du globe, et qu'il est pour le continent des deux Amériques ce qu'est l'Italie pour l'Europe.
En raison des différences de latitudes, l'inégalité entre les climats devait y être assez sensible: elle l'est en effet, et pour la plupart des provinces brésiliennes, les saisons se réduisent à deux: la sèche et la pluvieuse; mais encore dans cette condition climatérique , il existe des différences très-sensibles.
Au Para et dans tout le bassin de l'Amazone, les pluies sont excessives; elles sont encore assez considérables de Pernambuco vers le sud jusqu'à Bahia. La saison pluvieuse commence pour le Para en décembre ou janvier et continue jusqu'en juillet, et pour celle de Pernambuco et les suivantes, de mars jusqu'en août. Entre les fleuves Sâo-Francisco et Parnabyba, les deux saisons sont très-irrégulières : les pluies s'y prolongent quelquefois, et en d'autres années elles manquent tout-à-fait, ce qui occasionne des sécheresses plus ou moins nuisibles et longues. A Espirito-Santo, Rio de Janeiro et Saint-Paul, la saison des pluies commence ordinairement en octobre ou novembre et dure jusqu'en avril, mais on y remarque d'assez grandes irrégularités. A Sainte-Catherine, les quatre saisons de l'année se manifestent d'une manière bien distincte, mais moins caractérisées qu'en Europe. A Rio-Grande du Sud, les conditions de la province voisine se dessinent d'une fa^on encore plus accentuée, mais nous devons ajouter que la saison des fortes pluies coïncide avec des vents impétueux qui sont d'un effet très-salutaire. A Minas-Geraes, a Matto-Grosso et à Goyaz, où it pleut abondamment, les observations varient selon les différentes localités de ces vastes provinces.
On doit encore remarquer que la destruction des forêts et le développement de l'agriculture qui, peu à peu, ont dépouillé des terrains immenses de leur opulente et grandiose végétation
naturelle, ont modifié et altèrent de plus en plus les conditions hygrométriques de quelques provinces du Brésil où, pour cette raison, l'irrégularité prévaut graduellement contre la règle qui autrefois présidait à ces deux saisons, la sèche et la pluvieuse qui, arrivant à des époques déterminées, se partageaient régulièrement l'année.
L'opinion émise par Lind est sanctionnée, au Brésil, par l'expérience; il a dit que l'air est généralement pur dans la zone torride et, entre les mille dons estimables que cette région américaine a reçus du Créateur de l'Univers , c'est incontestablement le plus précieux.
A l'exception des rives marécageuses de quelques cours d'eau et des terres basses et marécageuses où régnent les fièvres intermittentes, tout le pays est de la plus grande salubrité. Sur le littoral et dans quelques localités centrales de certaines provinces maritimes, on a éprouvé, depuis 1850, les sinistres visites des épidémies de la fièvre jaune et du choléramorbus; mais, même dans leur première invasion, elles n'ont pas produit les ravages qu'elles occasionnent communément en d'autres contrées de l'Amérique et de l'Europe. Une chose digne de remarque, c'est que la fièvre jaune a beaucoup diminué d'intensité dans ses réapparitions postérieures, et que le redoutable fléau asiatique n'y a pas répété son impétueuse et funeste éruption.
La statistique prouve que dans les villes les plus populeuses et dans la capitale du Brésil la mortalité est inférieure à celle des capitales les plus policées de l'Europe, et les cas de longévité y sont beaucoup plus nombreux que dans tout autre pays de l'ancien ou du nouveau-monde.
Les variétés que présente le Brésil dans son climat, selon les latitudes et les circonstances naturelles des localités, sont des titres de recommandation pour stimuler l'émigration européenne qui vient et continuera à affluer dans ce pays riche, fertile et sain où elle rencontre les conditions les plus faciles et les plus favorables à son établissement et à son acclimatation.
Dans sa partie méridionale, le Brésil offre aux colons des
froides contrées et du centre de l'Europe un vaste territoire tempéré où les glaces du nord et les chaleurs brûlantes de l'Indoustan sont tout-à-fait inconnues, et dans toutes ses immenses provinces, des plaines magnifiques et d'une fertilité presque miraculeuse où, presque sans aucun travail, l'homme trouve l'abondance et, sans trop de peine, la richesse; où la pureté sans égale de l'air et la chaleur modérée, augmentant les dons de la nature répandus à profusion, font un généreux appel à l'immigration des Européens du sud et à tous ceux qui veulent trouver une patrie meilleure, plus grande et plus riche que leur pays natal, car les trésors en tous genres qu'offrent libéralement ces contrées privilégiées sont inépuisables et d'une valeur incalculable, sans compter les innombrables produits que la nature tient en réserve dans la solitude des forêts et des plaines immenses, jusqu'à ce que l'homme laborieux et intelligent vienne en tirer parti pour son bien-être individuel et le progrès de la civilisation.
Nous regrettons de ne pouvoir ajouter à ce chapitre, sur les principales localités et les régions du Brésil, des tableaux d'observations météorologiques aussi complets et aussi intéressants que les suivants qui sont dus à l'étude patiente et scrupuleuse de M. José da Costa e Azevedo, capitaine de vaisseau distingué dont s'honore la marine brésilienne.
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cipale de Manâos à 39111 79 au-dessus du niveau s (1958 kilom.) par le fleuve.
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José da Costa Azevedo.