CHAPITRE VI
Baies et ports.
Le Brésil possède un grand nombre de baies et de ports qui s'ouvrent dans les îles, snr le littoral et dans ses grands cours d'eau.
A partir du nord, la première baie importante que l'on rencontre est celle de Guajarâ formée par les eaux puissantes du bras méridional de l'Amazone, du Tocantins, du Guamâ et du Majû. Elle reçoit et abrite les navires de haut bord. De cette baie, la ville de Nossa Senhora de Belem, capitale de la province de Parâ domine l'archipel de Marajô et de Caviana et, en même temps, la double embouchure de l'Amazone qui, sur une longue distance, adoucit les eaux de l'Océan. L'embouchure que les uns nomment méridionale et d'autres occidentale de l'Amazone, selon qu'ils considèrent l'importante séparation du fleuve en deux grands bras, ou les points opposés de sa double entrée dans la mer; cette embouchure, la meilleure de l'Amazone, conduit à d'excellentes baies et à de bons mouillages, et comme c'est le plus court chemin pour remonter le fleuve, ce sera l'embouchure la plus fréquentée par les navires, lorsqu'on connaîtra mieux et qu'on exploitera les admirables trésors naturels et les richesses incalculables qu'offrent la vallée de l'Amazone et ses grands affluents. Le pilotage n'est pas encore facile à tous les navigateurs par cette embouchure méridionale ou occidentale qui, au-dessus de Marajô, se perd dans un labyrinthe de Furos (canaux) et d'îles interrompues et séparées par des baies spacieuses; mais les phares, les bouées et les balises la
Mackdo, Brésil. 4
rendront bientôt aussi sûre que l'autre embouchure l'est devenue depuis qu'on a placé des bouées aux sommets des bancs de Bragança et de Tigioca et un phare flottant entre ces deux écueils.
En suivant la côte vers le S.-E. à 300 kilom. du phare de Salinas, la première baie abritée est celle de Tnryassû, à l'ouest de l'île de Sâo-Joiïo. Cette baie est remarquable par sa sûreté et son étendue; elle offre un mouillage abrité de 10 à 12 mètres de profondeur.
Les limites restreintes de notre travail ne nous permettent pas de mentionner d'autres petites baies ou anses qui s'ouvrent à Test et au sud de la précédente.
Au couchant de l'île de Maranhâo, s'ouvre la grande baie de Sào-Marcos avec 80 kilom. de long depuis la Serra Itacolumy jusqu'à l'embouchure du fleuve Itapieurû, et 13 kilom. dans sa plus grande largeur. Son entrée est formée à l'est par l'écueil de Corôa-Grande et à l'ouest par le mont Itacolumy; l'intérieur est parsemé d'îles, de bancs de sable et de récifs; les grands navires mouillent vis-à-vis du fort de Santo- Antonio.
A l'est de cette même île de Maranhâo et au sud de la pointe d'Itaqui, se trouve la baie de Sào-Josê ou d'Itaqui; elle a environ 40 kilom. de longueur et un peu moins de largeur. Cette baie et la précédente appartiennent à une même anse que l'île divise en deux entrées. La navigation de ces passages est dirigée par les phares de Santa- Anna et & Itacolumy , et les petits phares de Sào-Marcos, Alcantara et Barra.
Dans la province de Piauhy, on remarque la rade de Tu* toya, la sixième et dernière embouchure du fleuve Parahyba du Nord; elle possède un assez bon fort, facilement accessible pour les navires calant de 6 à 7 mètres d'eau. Sur une étendue de 1350 kilom., depuis le cap Sâo-Roque jusqu'à Maranhâo, c'est le seul mouillage abrité qu'on rencontre.
Dans la province de Cearâ, la baie de Fortaleza, au N-.O. de la pointe et du phare de Mocuripe; elle prend son nom de la ville (capitale) qui la domine. Cette baie est exposée à tous les vents depuis le N.-O. jusqu'à l'E., mais lorsque régnent les vents du sud, les navires de haut bord y trouvent un bon
mouillage sur fond de tuf couvert de vase sablonneuse avec 12 à 20 mètres d'eau, à une distance de 6 kilom. de terre. Les navires côtiers pénètrent dans le port de la ville par deux ouvertures entre les roches qui la dominent; ces ouvertures sont éloignées l'une de l'autre d'environ 300 mètres et ont, à marée montante, de 3 à 4 mètres d'eau.
Dans la province de Rio-Grande du Nord, la baie Formosa ou d'Arctipicàba dont l'entrée a 1 3 kilom. de largeur sur 6 kilom. d'étendue; les navires y trouvent un abri contre les vents du sud et 8 mètres d'eau à marée basse.
Dans la province de Parahyba, la baie Acejutibirâ ou da Traiçào, 6 kilom. au nord de l'embouchure du fleuve Mamanguape; elle décrit une courbe de 13 kilom. de largeur du N. au S. et presque autant de profondeur de l'E. à l'O. ; deux petites îles la séparent de l'Océan et forment trois ports; celui du nord, le plus fréquenté par les navires côtiers, a 10 mètres d'eau sur une étendue de 3 kilom. de long et autant de large; il offre un bon mouillage à l'abri des vents du sud. Le nom de baie da Traiçào (de la trahison) date de l'année 1556, où le premier évêque du Brésil, Dom Pero-Fernandes Sardinha et ses compagnons, retournant à Lisbonne, naufragèrent sur la côte voisine et, après s'être sauvés, allaient par terre à Pernambuco, lorsqu'ils furent poursuivis et dévorés par les Cahetés.
Dans la même province, au nord de la pointe de Lucena, se montre l'anse du môme nom dans laquelle se jette la rivière Miririppe; elle offre aux navires un bon mouillage abrité des vents du S. et du S.-E. mais qui les laisse exposés à ceux du N. et de l'E.
Pernambuco possède la baie de Tamandaré, un de ses meilleurs ports, qui a en tout temps de 8 à 12 mètres d'eau; ce port est à 65 kilom. S.-S.-O. du cap de Santo-Agostinho ; l'entrée est formée d'une ouverture entre les récifs qui abritent la côte, et la rivière du même nom, navigable pour des pirogues, se jette dans cette baie. C'est dans la baie de Tamandaré qu'abordèrent en 1645 Vidal de Negreiros et Martim-Soares Moreno avec deux régiments réguliers au secours des indépendants insurgés contre la domination hollandaise.
Catuàma, port commode et abrité, à l'entrée du canal qui sépare l'île d'Itamaracâ de la terre-ferme. Dans ce port se trouve la bourgade qui porte le nom de l'île.
Kccife, port dominé par la capitale de la province et dont la meilleure entrée est, au nord du fort de Picào, celle qu'on nomme Poço qui a en tout temps de 5 à 10 mètres d'eau; les navires calant de 3,50 à 6 mètres d'eau peuvent entrer avec le flux dans le port de Mosqueirâo, entre la ville et la muraille de roche, à l'extrémité de laquelle se trouvent le port de Picâo et un phare qu'on aperçoit à 33 kilom. de distance.
Dans la province d'Alagôas, à 3 kilom. E. de la ville de Maceiô, dont le port est éclairé par un phare, on voit dans la partie méridionale du promontoire Ponta-Verde, le port fréquenté de Jaragurâ dont l'entrée est au S.-O. A 2 kilom. de distance de la terre les navires trouvent partout 22 mètres d'eau. De l'autre côté du promontoire de Ponta-Verde se trouve un autre port plus petit, celui de Pajussarâ; en hiver, les navires y trouvent un excellent abri contre les vents du sud et de l'ouest.
La baie de Toiis-les-Saints qui a donné son nom géographique (Bahia) à la province dont elle contient la capitale, qui Ta également été du Brésil- colonie jusqu'en 1762, est grande et superbe, et forme plutôt un golfe de près de 80 kilom., depuis la pointe de Santo-Antonio, à son entrée, jusqu'à son extrémité septentrionale, avec une largeur de 40 kilom. de l'est à l'ouest. Entre cette baie et l'Océan se trouve la belle île d'Itaparica qui forme deux entrées: celle du couchant est rétrécie par des bancs de sable qui entourent la pointe continentale de Garcia et celle de Caixa-Prega à l'extrémité méridionale de l'île; cette entrée est, en outre, peu profonde et sinueuse; sa longueur est d'environ 20 kilom. ; la seconde entrée a une largeur apparente de 13 kilom. depuis la pointe de Santo-Antonio jusqu'à celle de la Penha sur l'île d'Itaparica, mais des bancs de sable, sur les deux côtés, la rétrécissent et forment un canal d'environ 6 kilom. de largeur. Toutes les terres qui entourent cette baie sont, en général, basses et plantées de cocotiers. Dans la partie
la plus élevée se trouve la ville de Sào Salvador, entre les pointes de Santo -Antonio et de Monserrate qui forment une anse semi-circulaire à l'entrée de la spacieuse, large et magnifique baie dont l'accès est parfaitement dirigé par le phare placé sur la pointe de Santo- Antonio qu'on aperçoit à 35 kilom. de distance.
Dans cette même province, on remarque encore la baie du Morro de Stïo-Patdo, située à 65 kilom. S.-O. du cap de Santo- Antonio, avec un mouillage de 10 à 12 mètres de profondeur, abrité et pouvant recevoir de grands navires. Au sommet de la montagne est placé un beau phare qu'on aperçoit à 50 kilom. de distance en mer.
La baie de Camamû, entre celles de Todos os Santos et dos Iïhéos, avec deux entrées formées par la presqu'île qui termine à la pointe Muta et par l'île Quiopé.
Celle dos Ilhéos, entre la terre-ferme, où se trouve sur le rivage méridional le bourg de Sào-Jorge, et quatre îlots auxquels elle doit son nom. Un seul de ces îlots a quelques arbres et est cultivable.
Porto - Seguro , Enseada Cabraiia ou Bahia Cabralia, à environ 7 kilom. au sud de la bourgade de Santa-Cruz. Elle est principalement remarquable parce que c'est dans cette baie qu'entra et mouilla, le 24 avril 1500, l'escadre de Pierre- Alva- - rès Cabrai le découvreur du Brésil. La rivière Buranhem ou Cachoeira se jette dans cette baie qui a tout au plus 4 mètres d'eau, bien qu'à son entrée elle mesure 6 mètres de profondeur.
La province d'Espirito-Santo présente la baie de son nom dont l'entrée est formée par le mont Moreno au sud, et par la pointe Pirahé, nommée do Tubarào par l'amiral Roussin. Cette baie a près de 7 kilom. de largeur; elle est spacieuse et belle; la baie est dominée par l'ancienne capitale sur le continent, et par la nouvelle qui est située à l'est sur une île voisine. Près de Villa -Velha, la hauteur moyenne de ses eaux est de 3,30 mètres.
A 86 kilom. S.-S.-O. du mont Moreno , sur la côte de cette province, commence la rade de Benevente avec 13 kilom. d'éten-
due jusqu'à la première île du côté du S.-O. C'est uu excellent mouillage avec 8 à 10 mètres d'eau, suffisamment abrité.
Dans la province de Rio de Janeiro, à la distance de 200 kilom. en ligne droite N.-E.-O. de la capitale de l'empire, se trouvent la baie et le port de Macahé; les plus grands navires y rencontrent un port commode et sûr entre le continent et les îles de Santa-Anna, et les caboteurs peuvent s'approcher de la ville qui est également nommée Macahé.
A environ 25 kilom. S.-O. de Macahé, on remarque l'anse où se jette la rivière de Sâo-Joâo et qui termine au cap dos Buzios; à l'ouest de ce cap se trouve un excellent mouillage pour toute sorte de navires.
Du N. au N.-O. du cap Frio se présentent la baie et le port du même nom. L'un et l'autre, et surtout le port, sont abrités contre tous les vents par des îles et des montagnes assez élevées: le port qui est au S.-E. de la ville de Cabo-Frio sert de mouillage aux bâtiments côtiers.
A 130 kilom. vers le sud de la capitale de l'empire, s'étend la baie d'Angra dos Reis avec environ 135 kilom. de largeur de l'est à l'ouest, entre les territoires de Guaritiba et de Paraty. Elle est séparée de l'Océan par les sables de Marambaia et par l'Hua- Grande, à l'est de laquelle se trouve le port connu sous le nom de baie de Santa-Crujï, et à l'ouest de celle-ci et de la ville d'Angra dos Reis se trouve la baie de Paraty. Cette vaste baie a trois entrées; l'une entre Marambaia et les terres de Guaratiba, à peine navigable pour des pirogues; l'autre entre les sables de Marambaia et l'Ihla-Grande, avec plus de 13 kilom. de largeur, profonde et parfaitement navigable, et la troisième enfin qui est située à l'ouest de cette dernière île entre celle-ci et la pointe de Joatinga sur le continent; cette dernière a au moins 20 kilom. de largeur. Les ports d'Abrahâo et d'Estrclla offrent un excellent mouillage aux plus grands navires de guerre, et les bricks peuvent s'approcher du port de Sepetiba dans la baie de Santa -Cruz. La pointe Maria-Albarda, à l'ouest de l'Ilha-Grande, et celle où se trouve la ville d'Angra dos Reis, vis-à-vis, sur le continent, par leur rapprochement forment ce qu'on nomme la baie d'Ilha-Grande
ou (VArigra dos Iîcis. Un fond de 13 à G6 mètres d'eau permet l'entrée à beaucoup de navires, sur une môme ligne, dans chacun des ports de cette grande baie abritée contre tous les vents.
Mais avant la baie d'Angra dos Jieis, il y en a une autre que nous n'avons voulu mentionner qu'après, pour ne pas amoindrir le mérite de cette dernière sans contredit très-remarquable, mais dont la valeur est considérablement diminuée par la comparaison avec l'immense et magnifique baie de Nictheroy, de Guanabara ou de Mo de Janeiro, que Magalhàcs et Ruy Falleiro ont également nommée de Santa- Luzia, parce qu'ils y étaient entrés le 13 décembre 1519. C'est, pour la beauté, l'orgueilleuse rivale de Constantinople, mais elle lui est certainement supérieure en grandeur et en majesté. Son entrée a un nom „ sublime! . . . ." qui lui appartient exclusivement; d'énormes rochers noirs dont le pied est baigné par la mer et le sommet souvent couvert de nuages s'élèvent de chaque côté comme des sentinelles vigilantes; la longue ligne de montagnes rocheuses affectant la forme d'un géant couché dont le Pâo de Assucar, à l'entrée, forme le pied énorme, phénomène physique qui est connu sous le nom de géant de pierre; quelques îles précèdent la merveilleuse baie et l'une d'elles, l'île Rasa porte un excellent phare. La baie est défendue par les forteresses de Fora, avant son entrée, ensuite par les batteries de Santa-Cruz et de Pico, à l'orient de la rade, de Sào-Joào à l'occident, de Lage au milieu, plus loin par celles de Villegaignon et d'autres qui succèdent en des forts et des fortins à l'est et à l'ouest. Elle est entourée de plusieurs chaînes de montagnes superbes dont le magnifique rideau n'est interrompu qu'à l'entrée de la rade. Depuis la forteresse de Sâo-Joào, au pied du Pào de Assucar, jusqu'à celle de Santa-Cruz, sur le flanc du pic du même nom, l'entrée de la baie n'a pas moins de 1500 mètres, et plus de 1000 mètres entre cette dernière et la forteresse de Lage qui s'élève de l'Océan avec sa ceinture d'écume. Les navires trouvent à l'entrée de 30 à 70 mètres d'eau. Depuis l'entrée de la rade jusqu'à la bourgade de Piedade qui se trouve vis-à-vis, au fond de la baie, elle mesure 38 kilom., et 25 kilom. dans
sa plus grande largeur. Toutes les escadres du monde entier pourraient se réunir dans la baie de Rio de Janeiro, une des plus sûres et des mieux abritées du globe, et où les tempêtes sont, pour ainsi dire inconnues; des anses magnifiques comme celles de Botafogo à l'occident, Sào-Francisco ou Sacco da Ju» rujaba et Sâo-Lourenço à l'orient, par leur charmante magie font un contraste avec l'aspect somptueux, grave et imposant qu'offre, de loin, la baie et ses nombreuses îles, au milieu d'un vaste amphithéâtre de verdure formé par de hautes montagnes, des monts et des collines qui baignent leurs pieds dans la mer; et ce nombreux archipel d'îles, d'îlots et de rochers embellissent encore cette baie qui possède dans son sein, non seulement la modeste capitale de la province de son nom, mais encore la riche et brillante capitale de l'empire.
Par son heureuse situation géographique et par les nombreuses conditions favorables qu'elle réunit, la baie de Rio de Janeiro est la première de l'Amérique et du monde entier. Elle reçoit, en outre, de nombreuses petites rivières qui ont leurs sources dans les chaînes de montagnes qui l'environnent ; quelques-unes de ces rivières sont navigables pour de grands bateaux et d'autres pour des pirogues, et ainsi elles contribuent encore au développement d'un très-vaste commerce avec les bourgs et les bourgades qui sont situés à plusieurs milles de la mer.
Dans la province de Sào-Paulo, on remarque la charmante baie d'Ulatuba, dans le voisinage de celle de Rio de Janeiro, à environ 260 kilom. au couchant de la capitale de l'empire. Cette baie a 6 kilom. de longueur et 3 kilom. dans sa plus grande largeur. L'entrée en est facile et les navires de haut bord trouvent toujours au milieu de cette entrée de 20 à 30 mètres d'eau et dans la baie un excellent abri contre les vents du S. et du S.-O., les plus violents de la côte méridionale du Brésil.
Dans la même province, on compte encore la petite baie et le port de Sao-Sebastiao sur le détroit de Toque-Toque, avec un bon mouillage sur fond de vase et 12 à 40 mètres d'eau; les navires peuvent en sortir à toute heure soit par le passage du sud,
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soit par celui du nord. De l'autre côté du détroit et près de l'île du même nom, on voit encore les ports abrités suivants, également avec fond de vase et de 16 à 40 mètres d'eau: la baie ou port de Santos qui présente trois entrées formées par les deux îles Sào-Vicente et Santo-Amaro; la méridionale nommé Rio ou Barra de Sâo-Vicente, qui se trouve ordinairement à sec pendant les basses marées; la septentrionale, qu'on appelle Bertioga et qui se trouve entre le continent et l'île de Santo-Amaro ou Guahyba, peu profonde et n'est navigable que pour les petits chalands et les pirogues; enfin celle du milieu, connue sous le nom de Barra-Grande, qui se trouve entre les deux îles et est accessible aux navires de baut bord qui, dans le port, sont abrités par les pointes Taïpû et Manduba; à l'est de cette dernière, on voit à 1500 mètres la petite île da Moella qui porte un phare à lumière fixe.
Cananéa, autrefois Tarapandé, au sud entre une presqu'île montagneuse et les îles du même nom.
Iguape, au nord de celui-ci, avec deux canaux vers le sud, faisant communiquer ce port avec le lac nommé Mar Pcqueno, de forme irrégulière, d'environ 25 kilom. de longueur, et d'une largeur tout au plus de 3200 mètres; son entrée est obstruée par des bancs de sable, au milieu desquels s'ouvre un canal qui ne donne accès qu'aux navires de petit tonnage.
La province de Paranâ compte la baie de Paranaguâ qui s'étend irrégulièrement sur une longueur de plus de 40 kilom. et une largeur de 20 kilom. sans compter les recoins et les anses qui s'enfoncent dans les terres; elle est parsemée d'îles: à l'entrée se trouvent celle do Mel et les îlots das Palmas , et vers l'intérieur les Cotingas qui sont les plus grandes; au sud de la première de ces îles est l'entrée d'Ibopetuba ou Barra- Falsa, hérissée d'écueils où ne peuvent pénétrer que des pirogues; l'entrée septentrionale ou Superagui, quoiqu'elle semble fort large, est également rétrécie par les mêmes difficultés; celle du centre, à laquelle Ayres Cazal donne plus de 1000 mètres de largeur, est navigable pour les plus grands navires. A l'est, parallèlement à la mer, ce dernier port communique avec l'Océan par un bras nommé Bahia dos Pinheiros. La
magnifique baie de Paranaguâ reçoit de nombreuses rivières dont quelques-unes sont très-importantes.
Dans la province de Santa-Catharina , on remarque la baie de BaUtonga et le port de Sao-Francisco , formé par l'île et baignant la ville du même nom, à l'entrée duquel on ne trouve pas moins de 6 mètres d'eau.
Vers le sud, se présente la superbe baie de Santa-Catar rina, formée par l'île qui lui donne son nom et en face du continent; deux pointes de terre, l'une dans l'île et l'autre sur le continent, en se rapprochant, la divisent en deux parties avec une ouverture de 350 mètres. Les navires de haut bord entrent ordinairement dans la profonde et large rade qui s'ouvre entre l'île do Arvoredo (où l'on doit bientôt placer un phare) et la pointe da Rapa au nord de l'île Santa-Catarina , et vont au-delà du fort de Sâo-José, qu'ils laissent à leur gauche, et de l'îlot fortifié d' Anhate-Mirim , à droite, mouiller sur fond de vase avec 8 à 10 mètres d'eau, profondeur qui diminue un peu en s'approchant de la ville de Desterro. Au sud de ce port se trouvent les deux pointes qui séparent la baie en deux parties; dans ce canal, la profondeur est de 1 mètre 30 centim. à 6 mètres 50 centim. d'eau avec un fond de vase molle; depuis ce canal jusqu'à l'entrée du sud où se trouve placé un phare à lumière fixe , on mesure 32 kilom. de navigation facile. Les bous ports abrités, les conditions et la situation géographique de cette baie, l'excellent climat et la fertilité de la grande île qui la domine, l'ont fait ambitionner par certaines puissances maritimes qui, à plusieurs reprises, ont cherché, mais en vain, à s'en emparer.
A 40 kilom. de la pointe da Rapa vers le N.-N.-O., se trouve, sur le continent de la province de Santa-Catarina, la jolie anse das Garoupas au fond de laquelle est située la ville de Porto-Bello; elle est formée par la pointe das Garoupas, à l'est et par celle d'Itapéba au nord; de nombreux navires y trouveraient, sur un fond de 4 à 14 mètres, un abri contre les vents du S.-O. et de l'O., les plus redoutables sur la côte du Brésil.
L'anse das Tejucas, au fond de laquelle est située le bourg
de Sâo-Sebastiào , est formée par les pointes dos Gauchos et dos Zimbos, à l'ouest desquelles se trouvent de bons mouillages avec 6 mètres de fond et davantage.
Dans la province de Sâo-Pedro do Rio-Grande do Sul se trouve, avec une plage sablonneuse, le port de Siïo-José do Norte, à environ 13 kilom. à l'est de la ville de Bio-Grande, où termine le canal de ce nom. Ce port serait assez profond pour admettre les navires de guerre, mais l'entrée du canal n'a pas assez d'eau pour leur permettre le passage; les bâtiments calant plus de 3,30 mètres d'eau préfèrent ce port, quoique non abrité, à celui de Rio-Grande.
Entre l'anse da Mangueira et l'extrémité méridionale du lac dos Patos, à plus de 13 kilom. au-dessus de l'entrée, se trouve le port de Bio-Grande où les navires trouvent 5 mètres d'eau et un bon port, quoique assez étroit, qui communique avec l'Océan par un canal de 13 kilom. de long sur 6 kilom. de large; ce canal est improprement nommé Rio-Grande. Les dangers et les difficultés de l'entrée nuisent à l'importance commerciale de ce port; les bâtiments à voiles sont obligés d'attendre un temps clair et les vents de N.-E. pour s'avancer à une petite distance du visage do Estreito, jusqu'à ce qu'ils aperçoivent la tour de Ponta do Norte près de laquelle il y a un phare qui se voit à 50 kilom. de distance, où les pilotes viennent les prendre pour les faire entrer dans le port, au milieu de bancs de sable mouvant. Le lit de ce canal est sablonneux avec 12 à 14 mètres d'eau, mais à l'entrée, on ne trouve dans les basses marées que 3 mètres 20 centim. à 3 mètres 50 centim. de fond sur des écueils; la profondeur du canal da Barca est à peu près la même.
Du port de la ville de Bio-Grande à celui de la ville de Porto- Alegre , on mesure 400 kilom. de navigation au milieu des lacs dos Patos et Viamâo; sur la rive orientale de ce dernier, il y a une anse que les géographes disent être l'embouchure du fleuve Jacuhy, où se jettent le Gravatahy, le Sinos, le Cahy et le Jacuhy, vis-à-vis d'un port abrité dont l'entrée est facile.
Ces derniers ports de Bio-Grande et Porto- Alegre, quoique
avec une entrée changeante et dangereuse, sont néanmoins considérables et d'une grande importance commerciale, grâce aux riches productions de la province qui, outre son industrie et le travail de ses habitants actifs et énergiques, acquiert une haute valeur politique, parce que c'est la frontière méridionale de l'empire; l'esprit fier et guerrier des Rio-Grandenses fond de cette province la sentinelle vigilante de l'intégrité et de l'honneur du Brésil.
Nous voici arrivés dans la province la plus méridionale de l'empire, et par conséquent l'étude des baies et des ports doit maintenant s'éloigner de la mer, ce que nous avons déjà fait une fois en l'honneur du roi des fleuves, lorsque nous avons examiné, par exception à notre plan d'étude, la baie de Guajarâ. Retournons maintenant du sud vers le nord et voyons les ports situés près ou loin de la mer sur les fleuves plus ou moins puissants.
Mais avant de quitter la province de Sào- Pedro, nous devons mentionner le port de Pelotas sur le fleuve Sâo-Gonzalo, ou plutôt sur la rive gauche du canal par le moyen duquel le lac Mirim se décharge dans celui dos Patos. Ce port est principalement fréquenté par des yachts que transportent de nombreux produits pour l'exportation dans les ports de Bio-Grande et de Sâo-José de Norte. Nous ne devons pas non plus oublier le port $ Uruguay ana, sur l'Uruguay, à la frontière, avec une douane dans la ville commerçante dont il prend le nom.
En remontant vers le nord, nous rencontrons le port de Laguna, sur le bord oriental du lac du même nom; ce lac s'étend sur une longueur de 50 kilom. et une largeur de 13 à 20 kilom., et communique avec la mer par l'embouchure du fleuve Tubarâo avec lequel il se réunit pour ne former qu'une seule bouche qui est nommée Barra da Laguna; il n'est navigable que pour de petits bâtiments. Le port de Forquilhas à environ 25 kilom. au-dessus de l'embouchure du Maupituba; Ayres Cazal donne à ce port une largeur de 200 mètres; les bâtiments caboteurs de petit tonnage, avec l'aide de la marée, remontent facilement le courant assez fort de cette rivière.
Dans la province de Paranâ, le port de Guaratuba sur la
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rive méridionale de la rivière du même nom; il est à 6 kilom. et donne accès à des chaloopes et à des smacks qui y trouvent des conditions très-avantageuses.
Dans celle de Sâo-Paulo, le port Vlguape se trouve à 320 kilom. S.-O de la ville de Sào-Paulo , au fond "d'un lac assez long nommé Mar Pequeno; il n'admet que de petites embarcations mais le commerce en est actif.
Dans la province de Rio de Janeiro, le fleuve Parahyba présente à son embouchure le port de Sâo-Joâo da Barra et celui de Campos beaucoup plus considérable, malgré les difficultés de son entrée; ce dernier se trouve à 50 kilom. de la mer et à 260 kilom. N.-E. 4 E. en ligne droite de la capitale de l'empire. La rivière Macacû, la plus grande de celles qui se jettent dans la baie de Nietheroy , présente, à 25 kilom. de son embouchure, le port de Villa-Nova qui n'est remarquable que parce que c'est le point où termine le chemin de fer de Cantagallo, et sur une petite rivière tributaire de cette dernière le port das Caixas, très-commerçant.
Celle d'Espirito-Santo possède le port de Guarapary , à l'embouchure de la rivière du même nom, fréquenté par des bâtiments côtiers; ce port abrité alimente un commerce relativement animé. A plus de 180 kilom. au nord de l'embouchure du Rio-Doce et à 25 kilom. de la mer, le port de Sâo-Matheus, dans la rivière de ce nom, fait un grand commerce d'exportation.
Dans la province de Bahia, les principaux ports sont les suivants : celui de Rio das Contas sur la rive méridionale de la rivière du même nom, un peu au-dessus de son embouchure, dont l'accès est facile pour les smacks qui le fréquentent; celui de Camamû à 20 kilom. de la mer, sur la rive gauche de la rivière Acarahi qui se jette dans la baie de Camamû; les smacks et d'autres petits bâtiments côtiers remontent facilement la rivière jusqu'à ce port ; celui de Marahû sur les bords de la rivière de ce nom, à 45 kilom. au-dessus de cette même baie; il se trouve dans les conditions du précédent; celui d'Abbadia sur le bord de l'Ariquitiba , dernier affluent du Rio-Real, à 32 kilom. de la mer; celui de Santo-Amaro , à 80 kilom.
N.-O. de la ville de Sào-Salvador, sur la rivière Sirigi , au-dessous du confluent du Subabé; les marées arrivent jusqu'à ce port; celui de Cachoeira sur les rives du Paraguassû, à 130 kilom. de la ville de Bahia; la marée se fait sentir jusqu'à près de 5 kilom. au-dessus de ce port qui est très-commerçant; celui de Nazareth, sur la rive gaucbe de la rivière Jaguaripe, à 40 kilom. de l'embouchure de celle-ci dans la Barra-Falsa ; de grands bâtiments côtiers, avec l'aide de la marée, y arrivent facilement.
Dans la province de Sergipe, on voit le port de Sào-Christovào sur la rivière Paramopama, près de la rivière Sergipe, à 30 kilom. de la mer, par l'Irapirang ou Vasa-Barris, dont l'entrée est hérissée d'écueils et, dans les circonstances les plus favorables, n'a pas plus de 3,30 mètres d'eau ; celui de Moroïm sur les rives o^i Ganhomoraba, affluent du Sergipe; ce port est important et le deviendra encore plus; celui d'Estancîa, à 32 kilom. de la mer, sur la rive gauche de la petite rivière Piauhy qui se jette dans le Real: les smacks arrivent jusque-là et alimentent un commerce actif; celui de Larangeiras , sur la rive gauche du Cotinguiba, à 13 kilom. au-dessus de son confluent avec le Sergipe: il est fréquenté par d'assez grands bâtiments côtiers; celui d'Aracajû, sur la rive droite du même Cotinguiba, à environ 6500 mètres de l'Océan: la nouvelle capitale de la province se trouve sur ce port.
La province d'Alagôas compte le port de Tenedo sur la rive gauche du grand fleuve Sâo-Francisco qui, en cet endroit, a une largeur de 1600 mètres: ce port se trouve à 45 kilom. au-dessus de l'embouchure du fleuve, et les marées s'y font sentir assez fortement. Cette province possède encore d'autres ports assez importants dont le principal est celui de Conceiçào, sur la rivière Cururipe, à 6500 mètres de la mer, avec un bon mouillage pour les petits bâtiments.
Pernambuco possède le port de Goyana formé par les rivières Tracunhaem et Capibaribe-Mirim qui se réunissent plus bas sous le nom de Rio de Goyana; il est à 20 kilom. de la mer et à un peu plus de 80 kilom. N.-N.-O. d'Olinda; ce port est assez profond pour recevoir les bâtiments côtiers de fort ton-
nage; le port d'Iguarassii à 35 kilom. N. d'Olinda et à 13 kilom. de la mer, sur la rive droite de la rivière du même nom; il est fréquenté par des smacks; celui de Serinhaem ou Iiio-Forinoso, sur le bord de cette rivière, à 13 kilom. au-dessus de son embouchure dans l'Océan: il est à près de 120 kilom. au sud de Recife et son importance commerciale augmente de jour en jour.
Dans la province de Parahyba, s'ouvre le port de ce nom sur la rive droite du fleuve ainsi nommé, à une distance de 25 kilom. de la mer, avec une largeur de 1500 mètres, bon port, bien abrité, avec 4 à 6 mètres d'eau à son entrée; celui de Mamanguape sur la rive gauche de la rivière du même nom , à 40 kilom. de la mer et plus de 80 kilom. N.-N.-O. de la capitale de la province; il n'est accessible qu'aux petits bâtiments.
La province de Rio-Grande do Norte compte le port de Natal à l'embouchure de la rivière Potengy ou Grande, à 6 kilom. de la mer; il se trouve dans une espèce de baie entre la ville de Natal et le fort dos Reis Magos sur la pointe méridionale de l'embouchure de la rivière et offre un excellent mouillage. Cette province compte encore d'autres ports moins importants.
Dans la province de Cearâ se trouve le port iïAracaty, considérable et riche, sur la rive droite du fleuve Jaguaribe, à 20 kilom. au-dessus de son embouchure et à environ 200 kilom. de la ville de Fortaleza; celui de Granja, sur la rive gauche de la rivière Camocim ou Croayho, à 40 kilom. de la mer ou de l'embouchure de cette rivière qui se trouve à 45 kilom. 0. de l'anse de Jericoacoâra; il passe pour être le meilleur de la province.
Dans la province de Piauhy, le port de JParnahyba est avantageusement situé à 32 kilom. de l'Océan, sur la rive droite du même nom, au-dessus de l'endroit où s'échappe, sur la rive opposée, le bras nommé Tutoya, le seul accessible pour les navires qui calent de 6 à 8 mètres d'eau; celui de Thercsina, également sur le bord du Parnahyba, un peu au-dessus du confluent du Poty, fréquenté depuis vingt ans tout au plus et qui promet un brillant avenir.
Dans la province de Maranhào, nous mentionnerons entre autres le port de Bosario ou à'Itapicurû-Grande, sur la rive gauche du fleuve du même nom, à 50 kilom. de son embouchure dans la baie de Sâo-José; dans ce port viennent charger et décharger les bâtiments qui le mettent en rapport avec l'opulente ville de Caxias; celui de Mearim ou Nazareth, sur la rive gauche du fleuve du même nom qui a son embouchure dans la baie de Sâo-Marcos , vis-à-vis de l'île de Maranhào: il est à 130 kilom. de la ville de Sào-Luiz et à 65 kilom. 0. du bourg d'Itapicurû. Ce port subit les inconvénients du peu de fond de l'embouchure du fleuve qui s'élargit considérablement, de son courant violent qui résiste à l'entrée des marées et des pororôcas dont le péril est connu et parfaitement évité au moyen des abris naturels formés principalement par les nombreux îlots qui se trouvent à son embouchure.
La province du Parâ , qui compte dans son sein le roi des fleuves dont les affluents sont des fleuves puissants, abonde en ports dont la grande importance dans l'avenir s'annonce par la richesse naturelle et la fertilité extraordinaire de cette contrée merveilleusement douée par le Créateur, où se montrent des trésors immences et variés que l'homme viendra tôt ou tard exploiter et recueillir.
Parmi ses principaux ports, nous remarquerons les suivants: Macapâ, sur la rive gauche de l'Amazone, à environ 250 kilom. S.-S.-O. du cap do Norte et près de 400 kilom. N.-O., en ligne droite, de la ville de Belem; Cdmeta , sur la rive gauche du Tocantins, destiné à devenir le grand entrepôt des richesses de Goyaz; Santarcm ou Tapajoz, sur la rive droite et au confluent du Tapajoz avec l'Amazone, autre grand entrepôt de commerce qui deviendra bientôt très-important par ses rapports avec la province de Goyaz; Obidos, sur la rive gauche de l'Amazone, près du confluent de l'Oriximina, et où les marées arrivent, quoique ce port soit à plus de 1300 kilom. de l'Océan: le fleuve a, en cet endroit, près de 1800 mètres de largeur; Mclgaço, sur le bord occidental du lac Anapû qui communique avec la rivière du même nom, bien au-dessus de son embouchure dans le Tagypurû; Moz} sur la rive orientale
du Xingû, à 25 kilom. au-dessus de sa jonction avec l'Amazone; Bragança, autrefois Cayté, sur la rive gauche de la rivière du même nom, à environ 40 kilom. de l'Océan; Yigia, à l'embouchure de l'Amazone ou, si l'on veut, dans la baie de Guajarâ.
Dans la province de l'Amazone, on remarque: le port de Manâos autrefois Barra do Jïio-Negro, sur la rive gauche de cet affluent, 20 kilom. an-dessus de sa jonction avec l'Amazone, dans une espèce d'anse formée par les pointes de Cachoeira- Grande et dos Remedios: il a de 12 à 24 mètres de profondeur; celui de Teffè ou Ega, sur la rive droite du Teffé, à 13 kilom. au-dessus de son confluent avec le Solimôes; enfin ceux de Sâo-José de Maràbitanas et de Tabatinga, également très-importants parce que ce sont des points de la frontière de l'Empire: le premier, sur la rive méridionale du Rio-Negro, à environ 330 kilom. après le fort de Sâo-Gabriel et CO kilom. au-dessous du canal Cassiquiari qui fait communiquer le Rio- Negro avec l'Orénoque, le second dans un Igarapé sur la rive gauche du Maranhâo, Solimôes ou Amazone, à environ 13 kilom. au-dessus du confluent de l'Hyauhary, Jabary ou Javary.
Les distances entre ces ports et la ville de Belqm et celles qui les séparent les uns des autres, ainsi que les autres points, villes ou bourgades de quelque importance des rives du majestueux fleuve Amazone sont indiqués et consciencieusement vérifiés dans le tableau des distances qui se trouve au chapitre de la province du Parâ.
Puisque nous avons quitté les provinces du littoral pour mentionner quelques ports de la province de l'Amazone qui est une des quatre centrales du Brésil, indiquons aussi, au moins, dans celle de Matto-Grosso le port de Corumbâ, sur les bords du Paraguay, qui, depuis la libre navigation de ce fleuve, un des trois grands créateurs de l'estuaire de La Plata, est destiné à devenir un puissant entrepôt commercial.
Cette indication des baies et des ports sur l'Océan ou dans les grands cours d'eau du Brésil est, sans aucun doute, rapide et insuffisante, mais elle deviendra bien plus insignifiante encore lorsque, avec la marche rapide du progrès et de la civilisation,
Macedo, Brésil. 5
les rives de ces gigantesques conrs d'eau se peupleront et se trouveront en communication directe avec l'intérieur par le moyen des voies ferrées qui commencent partout à se développer, et l'affluence de l'émigration qui nécessairement établira bientôt un courant régulier vers cette région privilégiée.
Les quatre provinces de Minas-Geraes , Goyaz, Matto-Grosso et Amazonas, par opposition aux provinces maritimes, sont nommées centrales; mais cette qualification a besoin d'être expliquée , attendu qu'elles ne sont pas centrales dans la force du terme, puisqu'elles peuvent communiquer directement avec l'Océan comme les provinces maritimes par le moyen de leurs grandes artères, véritables mediterranées d'eau douce où la navigation est des plus faciles. Le Sào-Francisco , le Tocantins, l'Araguaya, l'Amazone, le Paranâ, le Paraguay et l'Uruguay, an nord, au centre et au sud du littoral les rendront bientôt maritimes si les hommes le veulent; car Dieu a beaucoup plus, fait pour cette contrée que pour toutes les autres régions du globe. En supposant même que les hommes ne sussent pas tirer parti de ces avantages incalculables, l'opulence merveilleuse du sol et l'impulsion naturelle suffiraient seules pour élever le Brésil à Pétat de grandeur et de prospérité que lui réserve le souverain Créateur.
Encore dix ans de paix au-dehors , avec l'ordre et la tranquillité à l'intérieur, le développement des idées libérales déjà introduites, l'immigration provoquée et encouragée par la garantie des droits civils et religieux, et nous verrons la nation grandir et, en même temps, sur les grands cours d'eau, près et loin de la mer, décupler, centupler les ports commerciaux du Brésil.