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Curato de Santa Cruz

TOPOGRAPHIE

Saint-Sébastien de Rio de Janeiro, ou simplement Rio de Janeiro, capitale de l'empire du Brésil, ville maritime située sur le rivage occidental de la magnifique baie de Nicterohy ou de Rio de Janeiro; c'est la plus populeuse, la plus riche, la plus commerçante, la plus industrieuse et la plus civilisée de tout l'empire; son municipe comprend dix-huit paroisses et une cure, celle de Santa-Cruz; on la considérait autrefois comme divisée en ville ancienne, ville nouvelle et paroisses de fôra (extérieures): la ville ancienne qui devrait historiquement terminer à la ligne de la rue autrefois nommée da Voila et qui jusqu'au dernier siècle était considérée comme la limite de la ville, va jusqu'à la place da Acclamaçâo, autrefois nommée Campo de Sanf-Anna , une des plus spacieuses du monde; cette partie est le centre commercial; elle se compose de rues étroi-

tes dont quelques-unes tortueuses; mais c'est celle qui présente le plus grand nombre de beaux édifices; la ville nouvelle possède de belles rues, larges et très-droites, mais avec des maisons plus modestes; des paroisses de fora quelques-unes ont déjà perdu cette dénomination.

Quelqu'un a déjà dit que la ville de Rio de Janeiro réclame de nouveaux faubourgs : en effet les quartiers qui appartiennent aux paroisses da Gloria, de Sâo-Joào-Baptista da Lagùa jusqu'au-delà de Botafogo, iïEspirito-Santo , d'EngenJio-Velho, de Sâo-Christovâo , bien au-delà de son Campo qui se trouve à environ 6500 mètres de la place de Pedro II, anciennement Largo do Paço, au bord de la mer, font aujourd'hui partie de la ville proprement dite, par la suite de rues bordées de maisons de commerce de détail, d'habitations, de chacaras, de jardins, d'hôtels aristocratiques qui n'interrompent plus la continuité de la capitale, et se confondent encore plus avec celle-ci par le mouvement constant d'une nombreuse population et par la facilité extraordinaire de communication due aux chemins de fer urbains qui partent du ceittre de la ville ancienne dans toutes les directions et à toute heure du jour et de la nuit.

Siège du gouvernement général, des tribunaux supérieurs de justice et de l'administration publique, la grande Sèbastianopolis possède les premiers et les plus considérables arsenaux de guerre et de marine de l'empire, un superbe bassin de radoub dans l'île das Cobras, un asile d'invalides sur l'île de Boni Jestis, un hôpital militaire sur le mont du Castello, un muséum, une douane dont les travaux encore incomplets offrent déjà de magnifiques proportions, une maison de correction qui offre les beaux produits de ses ateliers où travaillent les condamnés, les archives publiques et militaires, l'hôtel des monnaies, un des plus beaux édifices de la ville, un jardin botanique où l'Institut impérial d'agriculture a fondé, sous le nom d'Asile agricole, une école théorique et pratique d'agriculture, un jardin public et beaucoup d'autres institutions importantes sous la direction immédiate du gouvernement.

Sous le rapport du commerce et des établissements écono-

miques, outre les banques du Brésil, Rurale et Hypothécaire, Commerciale de Rio de Janeiro, Nationale de dépôts et escomptes, Mauâ & Ce, English of Bio de Janeiro, limiteâ, London and Brazilian, Caisse économique et Mont-de-Piété , Monte-Pio Gérai (Assurance sur la vie), Monte-Pio des Employés publics, Popular Fluminense et d'autres, on compte de nombreuses institutions économiques et bienfaisantes , nationales et étrangères, et de maisons de banque.

Parmi les établissements de charité, on remarque en premier lieu la création du Père Anchieta, l'hôpital de la Miséricorde sur le rivage de Santa -Luzia, sa maison d'Enfants- Trouvés et son magnifique hospice de Pedro II pour le traitement des aliénés: c'est un des plus beaux édifices de la capitale; la Caisse de secours de Dom Pedro V (portugaise et très-importante); l'hospice des Lépreux; les hôpitaux des congrégations religieuses du Carme, de Saint-François de Paule et de Saint-François de la Pénitence ; celui de la Société portugaise de bienfaisance; le British Benevolent Fund; la Société espagnole de bienfaisance, la belge de bienfaisance, la Philanthropique suisse, l'italienne de bienfaisance, la française de secours mutuels etc.

Comme preuve de sa civilisation très-avancée, la capitale de l'empire présente encore dans l'instruction supérieure et appliquée les Académies de marine et militaire, l'Impériale des beaux-arts, les Ecoles de médecine, centrale (militaire et du génie), l'Institut commercial, le Collège impérial de Pedro II; et parmi les nombreuses sociétés scientifiques, littéraires et artistiques, l'Académie impériale de médecine, l'Institut historique et géographique du Brésil, la Société protectrice de l'Industrie nationale, les Instituts polytechnique, pharmaceutique, impérial Fluminense d'agriculture, de l'Ordre des avocats, des bacheliers ès-lettres etc.

Les établissements suivants méritent encore une mention spéciale : le Lycée des arts et métiers et les Instituts des enfants aveugles et des sourds-muets.

Les sociétés littéraires, de gymnastique et autres y sont nombreuses. La Bibliothèque nationale fréquentée de jour et

de nuit ne fait pas oublier la richesse du Cabinet portugais de lecture et de la Bibliothèque Fluminense, sans compter les librairies qui s'élèvent à plus de vingt. La Typographie nationale est un important établissement qui devrait se développer davantage afin d'exclure entièrement la nécessité du recours à l'étranger pour ce qui lui est relatif; en outre près de cinquante imprimeries particulières sont alimentées par l'impression de petits travaux, de livres et d'environ 70 journaux et revues qui se publient dans la capitale.

Nous négligerons d'autres institutions plus ou moins remarquables qui recommandent la ville de Rio de Janeiro, pour ne pas trop étendre ce travail, mais nous devons au moins rappeler l'excellent pavage de ses places et de ses rues principales, son abondance d'eau excellente, son illumination au gaz, son système d'égoûts qui, bien qu'encore imparfait, est déjà d'une très-grande utilité pour sa propreté et sa salubrité. Les six couvents , et les belles églises dont elle s'honore et qui s'élèvent à près de trente; les plus remarquables sont l'église de la Sainte -Croix des militaires, celle de Saint -François de Paule et celle de la Chandeleur.

Parmi les édifices publics , on distingue la Banque du Brésil, l'Hôtel des monnaies, l'Académie des beaux-arts, le Palais de Sào-Christovào ; nous avons déjà parlé de l'Hôpital de la Miséricorde et de l'Hospice de Pedro II, encore plus beaux; la station centrale du Chemin de fer de Pedro II est très-élégante, mais elle ne correspondra peut-être pas au magnifique projet de transformation en jardin de la spacieuse place d'Acclamaçâo où elle se trouve.

La capitale compte encore peu d'oeuvres monumentales, mais au moins elle peut présenter son bel aqueduc de la Carioca, la fontaine de la place de Dom Pedro II, la magnifique statue équestre de Boni Pedro Ier au milieu d'un beau jardin public sur la place da Constituiçûo , et sur celle de Sào-Francisco de Paula la statue en pied de José Bonifacio, l'une et l'autre élevées par la gratitude nationale manifestée par une souscription populaire.

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