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LETTRES DE CONSEILS

Dans CCS sortes de lettres, il ne suffit pas que les avis soient diclcs par la raison : ils doivent être donnés avec douceur, modestie , et paraître inspirés par une tendre amitié. Il convient aussi d'y ménager l'amourpropre de ceux à qui Ton s'adresse. En voici un exemple, tiré d'une lettre de Fénélon à son neveu :

« Bonjour, Fanfan. Je souhaite que, en l'éloignant de Cainbrtii, tu ne te sois point éloigné de notre commun centre, et que notre absence n'ait point diminué en toi la présence de Dieu. L'enfant no peut pas teter toujours, ni même élrc tenu sans cesse par les lisières. On le sèvrc, on l'ac^^outume à marcher seul. Tu 1)0 m'auras pas toujours. Il finit que Dieu te fasse cent fois plus d'impression que moi, vile et indigne créature. Fais ton devoir parmi tes officiers avec exactitude, sans minutie, patiemment et sans dureté. Ou déshonore la justice quand on n'y joint pas la douceur, les égards et la condescendance : c'est faire mal le bien. Je veux que tu te fasses aimer, mais Dieu seid peut te rendre aimable, car tu ne l'es point par ton naturel roide et âpre. Il faut que la main de Dieu te manie pour te rendre souple et pliant : il faut qu'il te rende docile , attentif à la pensée d'autrui, défiant de la tienne et petit comme un enfant : tout le reste est sottise, enflure et vanité. »

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