LETTRES DE CONDOLÉANCE
Ces lettres sont d'ordinaire adressées à des personnes éprouvées par un malhem*, par une perte douloureuse.
:^OriO.NS DE J.ITTÉRATUUE. 173
Le style en doit être grave, sérieux. Les idées religieuses, les consolations que la philosophie elle-même offre à la raison humaine , la certitude d'une vie meilleure après ce temps d'épreuves, y trouvent une place toute naturelle.
Lettre de J.-J. Rousseau au maréchal de Luxembourg ^ sur la perte de sa sœur.
a J'apprends, Monsieur le maréchal, la perte que vous venez de faire, et ce moment est un de ceux où j'ai le plus de regrets de n'être pas auprès de vous : car la joie se suffit à elle-même, mais la tristesse a besoin de s'épancher, et l'amitié est bien plus précieuse dans la peine que dans le plaisir. Que les mortels sont à plaindre de se faire entre eux des attachements durables! Ali! puisqu'il faut passer sa vie à pleurer ceux qui nous sont chers, à pleurer les uns morts, les autres peu dignes de vivre, que je la trouve peu regrettable à tous égards! Ceux qui s'en vont sont plus heureux que ceux qui restent : ils n'ont plus rien à pleurer. Ces réflexions sont communes, qu'importe? en sont-elles moins naturelles? Elles sont d'un homme plus propre à s'affliger avec ses amis qu'à les consoler, et qui sent aigrir ses propres peines en s' attendrissant sur les leurs. »