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DES ORNEMENTS DU STYLE

définitions, portraits, comparaisons.

La force de l'éloquence ne consiste pas seulement dans une suite de raisonnements justes et vigoureux, qui pourrait dégénérer en sécheresse : le style oratoire a souvent besoin d'images frappantes et de termes énergiques. Il emprunte donc à la poésie certaines de ses figures , et il en a lui-même quelques-unes qui lui sont propres.

Nous ne parlerons point en détail des figures que Téloquence emprunte au style poétique, telles que les périphrases , les épnlhètes, les appositions et les autres ornements du même genre ; mais nous ferons remar- ((uer que les cUfiiii lions, les jmrtraits et les comparaisons fournissent parfois d'heureux traits et de beaux développements aux oraleurs et aux écrivains didactiques, qui se rapprochent si souvent du genre oratoire.

Les exemples faisant mieux ressortir que la théorie ce que sont et ce que valent ces ornements et ces figures; du discours, nous donnerons ici plus d'exemples que de notions théoriques.

Ornements. — 1° Définilion. Pascal définit ainsi Toloquence :

« L'éloquence est un art de dire les choses de telle façon que ceux à qui l'ou parle puissent les entendre sans peine et avec plaisir; qu'ils s'y sentent intéressés, en sorte que l' amour-propre les porte plus volontiers à y faire réflexion. Elle consiste donc dans une correspondance qu'on tâche d'établir entre l'esprit et le cœur de ceux à qui l'on parle, d'un côté, et de l'autre, les pensées et les expressions dont on se sert; ce qui suppose qu'on aura bien étudié le cœur de l'homme, pour en savoir tous les ressorts et pour trouver ensuite les justes proportions du discours qu'on veut y assortir.

2° Portrait. Les anciens historiens , et notamment Salluste, ont excellé dans les portraits. Saint-Simon en a tracé aussi qui sont admirables. Voici celui que Montesquieu fait de Louis XIV :

tt Louis XIV, ni pacifique ni guerrier : il avait les formes de la justice, de la politique, de la dévotion, et l'air d'un grand roi. Doux avec ses domestiques, libéral avec ses courtisans, avide avec ses peuples, inquiet avec ses ennemis, despotique dans sa famille, roi dans sa cour, dur dans ses conseils, enfant dans celui de sa conscience , dupe de tout ce qui joue le prince, toujours gouvernant et toujours gouverné, malheureux dans ses choix, souffrant les talents; aucune force d'esprit dans les succès, de la sécurité dans les revers, du courage dans sa mort. »

3" Comparaison. En voici litie fort remarquable dis saint François de Sales, dont le style est si riche en images et en tours pittoresques :

c Gomme les sangliers, pour aiguiser leurs défenses, les frottent et fourbissent avec leurs autres dents, lesquelles, réciproquement, en demeurent foutes fort affilées et tranchantes; ainsi l'homme vertueux, ayant entrepris de se perfectionner en la vertu dont il a plus besoin pour sa défense , il la doit limer et

affiler par l'exercice des autres vertus, lesquelles, en affilant celle-là , en deviennent plus excellentes et mieux polies, i

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