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CHAPITRE III

CAUSTIQUES, — ESCIIAROTIQUES. — MOXAS. — YÉSICAKTS

Les caustiques sont des médicaments destinés à détruire les chairs avec lesquels on les met en contact. On les désigne aussi sous le nom d'cscharotiques parce que leur application est habituellement suivie delà production d'une esc/iare. Cette eschare est plus ou moins profonde suivant l'énergie du caustique; elle se détache spontanément ou on en favorise réUmination en appliquant des cataplasmes émollients.

Lorsque le caustique n'est destiné qu'à produire une action superficielle on le désigne sous le nom de cathérélique. Le nombre des caustiques est assez grand. Le plus ancien est le fer rouge ou cautère actuel remplacé aujourd'hui par le thermo-cautère du D'' Paquelin et son nco-cautère.

Comme caustiques chimiques on emploie les acides concentrés {acides sulfurique, czolique, acétique) ou les alcalis {potasse); des sels acides {nitrate acide de mercure) et des sels facilement décomposables au contact des substances organiques {nitrate d'argent, chlorure d'or).

CAUSTIQUES. — KSC.HAROTIOUES. — MOXAS, ETC. 89

Xoiis allons ]iassoi' en revue les plus usités.

I. acide suUiii'ique était autrefois très employée ciunnie causti([ue: alin de rendre son maniement plus facile on la uiélanji,cait avec de la poudre de safran |)eau) ou plus économiquement avec du charbon pid- ^ érisé.

L"acide arsénieux formaitla base de pâtes escharoli- ([ues dont voici la composition.

Pâle arsenicale faible (A. Dubois).

Acide arscniriix piilv 10 gr.

Sull'LU'e rouge de mercure pulv ICO —

Sang dragon pulv 80 —

Cette poudre renferme i de son poids d'acide arsénieux.

Pâle arsénicale for le (frère Cùme).

Acide arsénieux pulv 10 gr.

Sulfure rouge de mercure pulv 50 —

Poudre d'épongés lorréliées 20 —

Cette pâte renferme 1/8 de sou poids d'acide arsénieux.

On a renoncé à Tusage de ces deux préparations à la suite de nom])reux accidents.

Le chl(M'ure de zinc est aujourdliui très employé comme caustique et l'orme la base île la pâle de Can- (pioia que le Codex l'ait jn-éparer de la manière suivante :

Chlorure de zinc 32 gr.

Oxyde tle zinc 8 —

Farine desséchée 2't —

Eau, Q. S. envirtni 4 —

Cette pâte est étendue en plaques d'une épaisseur de ^1 à 3 millimètres (ju bien découpée eu flèciies (trianj;les très ai^'us).

Le D' Pei'icr emploie, avec avantage, un glycérolé d amidon conLeaanl en dissolution des proportions variables de chlorure de zinc et eni'ermé dans des petits étuis en étain munis d'un orifice fermant à vis, et qui servent habituellement à renfermer des couleurs.

Un caustique également très employé est le caustique de potasse et de chaux plus connu sous le nom de caustique de Vienne.

On le prépare en pulvérisant et en mélangeant avec soin 5U grammes de potasse caustique à la chaux avec 00 gram. de chaux caustique. L'opération doit être faite dans un mortier en fer chaulle; et le mélange conservé dans un flacon sec et bien bouché, on doit du reste le préparer au moment du besoin.

Le caustique F'dlios se prépare en faisaint fondre 100 grammes de potasse caustique et en y incorporant 20 gram. de chaux vive finement pulvérisée : ce mélange est coulé dans des tubes en plomb ou dans une lingotière : dans ce dernier cas on enveloppe les cylindres dans de la gutta-percha afin de les préserver de

l'humidité. .

Le nitrate acide de mercure est un caustique hquide

très employé.

Le niLrale d'argent (pierre infernale) est assez connu pour nous permettre de ne pas en parler trop longuement. On coule le sel dans une lingotière et on lui donne la forme de crayon de 5 à 6 millimèt. de diamètres'. Afin de diminuer au besoin la puissance de ce caustique on le mélange avec del'azotatede potasse qui entre en fusion en même temps et on obtient de cette manière des crayons miligés à 1/3 (lorsqu'ils ren-

'] Le nitrate d'argent coulé en crayon est naluiellement blanc : il ne doit sa couleur gris de fer qu'à une petite quantité d'argent qui se trouve réduit pendant la fusion, se mélange a la masse et la colore.

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lerment 1/3 de nilrale d'ai-genl) à 1/2 lorsqu'ils conlienneiil parties égales des deux sels.

Le sulfale de cuivre est un cathérétique très employé.

Moxas

Le moxa est tout à la fois un réuulslf el un caustique dont l'usage est à peu près abandonné. Il est constitué par un petit cylindre ou cône de matière susceptible d'éprouver une combustion lente. On rapplique sur la peau et on allume l'extrémité libre. La cbaleur se transmet par conductibilité et rayonnement et produit une action d'autant plus vive que le foyer de combustion se rapproche davantage de l'épiderme. La l)rLilLire peut même devenir assez profonde si on laisse le moxas se consumer sur place.

Les moxijs sont connus depuis très longtemps : les Chinoisles préparent avec de la bourre provenantd'une espèce d'armoise. Aujourd'hui on se sert de moelle de sureau, de coton desséché après avoir été imprégné d'une solution de nitrate de potasse destinée à faciliter la combustion.

Vésicants.

La vésicatioyi est caractérisée par une irritation de l'épiderme qui ne va pas jusqu'à la brûlure et n'est pas suivie de la production d'une eschare ; mais de rai)parition d'une cloque ou vésicule produite par l'accumulation de sérosité sous cet épidémie. Une fois la sérosité écoulée, l'épiderme se mortifie, se détache et se renouvelle sans formation d'eschare.

La vésication peut être produite par un caustique dont on modère l'action (ammoniaque, hydrate de chlo-

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ral), mais jamais un vésicant ne peut devenir un caustique,

Les caustiques aLLénués ne sont employés que rarement comme vésicants et seulement dans les cas ou il l'aut agir vite. On emploie alors soit l'ammoniaque, soit l'acide acétique (vésicatoire de Beauvoisin). On imprègne avec ces liquides une rondelle d'amadou que Ton applique sur Tépiderme et que Ton recouvre d'une feuille de tall'etas gommé pour empêcher l'évaporation.

La vésication proprement dite ne peut être obtenue qu'avec les substances véslcnnies ; eWo. est plus lente qu'avec les caustiques, mais beaucoup plus profonde et plus régulière ; l'accumulation de la sérosité est bien plus considérable. Le plus actif des vésicants et à peu près le seul employé est la mouche catilharide dont le principe actif est la cantharidine. On emploie parfois comme vésicant et à défaut de canlharide des méloëi et des mi/labres. Parmi les substances végétales la gomme résine d Ewphorbe jouit de propriétés vésicantes assez marquées; elle entre, du reste, dans la composition d'un assez grand nombre de préparations. Citons encore Yécorce de Gnrou.

L'emplâtre vésicatoire du Codex est préparé d'après la formule suivante :

Canlharides finement pulvérisée? 420 gr.

Résine élémi 100 —

Huile d'olives ^0 —

Onguent basilicum 300 —

Cire' jaune ■400 —

Il renferme le tiers de son poids de poudre de cantharide et présente une activité suffisante. Nous verrons plus loin (voir emplâtres p. 121) comment on doit l'appliquer pour qu'il produise le maximum d'eflet et

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le plus rapidement possible ; c"esL là un point important car très souvent le malade, et même le médecin, sont portos à attribuer à une mauvaise préparation de ["emplâtre un défaut d'action qu'il faut uniquement imputer ù une mauvaise application.

L'emplâtre vésicatoire dont nous avons donné la formule est une préparation officinale ; mais /'nciissoii que l'on délivre au public est préparé au moment du besoin et sur les indications du médecin ; celui-ci devra donc toujours bien spécifier la foriiie et les dimensions qu'on doit lui donner. Nous insistons pour que le médecin formule d'une manière assez claire pour qu'il n'y ait pas confusion. Il doit indiquer les deux dimensions de l'écusson; i)ar exemple prescrire un emplâtre vésicatoire de 8 cent, 'le large sur -le long (la surface de cet emplâtre sera de 8 X 12 = 90 centimètres carrés) et ne pas écrire un emplâtre (lu lU centnni'lre'i ciurésalovs qu'il veut presci'ire un emplâtre de 10 cent, de long sur lU d- Inn/c. Un emplâtre de cette dernière dimension présente une surface de lUO cent, carrés tandis que l'emplâtre tel qu'il est formulé (U) cent, carrés) n'aurait que trois centimètres environ de côté. Nous verrons plus loin comment on prépare les écussons, comment on les applique et comment on assiure leur adhérence à l'épiderme.

La durée de l'application de l'emplâtre vésicatoire est très variable (2 à 10 heures), suivant l'efi'et que Ton veut obtenir et suivant aussi la résistance de l'épiderme à la vésication, résistance foi-t variable d'un sujet à un autre. Très souvent la cloque n'apparait que lorsque l'emplâtre a été enlevé ; lorsque l'épiderme irrité a subi le contact de l'air, on peut en déterminer la formation rapide en appliquant un cataplasme tiède de farine de lin ou d'amidon.

L'emplâtre vésicatoire le plus actif est celui qui est

préparé au nioment du besoin. Il existe cependantdes toiles vésicantes confectionnées à l'avance et dans lesquelles il suffît de découper un écusson delà grandeur nécessaire. Ces toiles vésicantes sont surtout utiles en voyage et partout où l'on ne peut pas se procurer lacilement des médicaments ; mais elles sont moins actives que l'écusson l'ait avec l'emplâtre du Codex ; elles n'adhèrent pas facilement à l'épiderme et il faut les maintenir en place au moyen d'un bandage approprié.

On prépare également des toiles à base de cantharidine. Cette substance est dissoute à la faveur d'une petite quantité de potasse et mélangée à une masse adhérente, qui est étalée sur du taffetas.

On a proposé l'emploi de coHodion cnnilnn-ido^ et aussi celui de produits désignés sous le nom de vésicatoires liquides. Ils sont généralement constitués par des extraits chlorofomiques de cantharides, contenant une petite quantité de cire qui détermine leur adhérence à l'épiderme. Toutes ces préparations paraissent au premier abord constituer un progrès sur l'emplâtre classique ; mais il n'en est rien, leur activité est moins gi'ande ; leur action ne se produit pas d'une manière aussi certaine et de plus on ne peut la modérer aussi facilement et la réduire à un temps déterminé. Lorsque la vésication est produite on peut ou bien activer la dessication et faciliter le renouvellement de l'épiderme, soit par des pansements secs ou de la vaseline boriquée, ou bien au contraire favoriser et entretenir un certain temps l'écoulement de la sérosité au moyen de pommades légèrement irritantes, connues sous le nom de pommades épispastiques dont nous parlerons plus tard (voir pommades).

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