‹ Notions de pharmacie nécessaires au médecinChapitre 4 sur 35 · Il soraiL plus exact de dire chimique · texte numérisé non relu

Il soraiL plus exact de dire chimique

du mélange de plusieurs substances en proportions

défi nies. . , ,

Les médicaments fournis par le règne animal, après avoir été très nombreux, sont aujourd'hui peu employés : , . ■ , 1

Les animaux utilisés en entier sont Ucanlharide, les limaçons, la cochenille et la chair musculaire des animaux domestiques. Parmi les produits animaux citons : tes graisses et huilrs médicinales, le lait, la rire, le blanc de baleine : Parmi les sécrétions et les excrétions : le musc, la civelte, le castormm, les yeux d'écrevisses et Cambre gris.

Les substances d'origine végétale sont encore très employées en médecine ; mais le nombre de celles qui sont utilisées en nature va sans cesse en diminuant. En effet, grâce aux progrès de la chimie, on a pu retirer de chaque plante et on isole encore tous les jours an ou plusieurs principes actifs, dont la composition et l'action physiologique sont bien définies, et qui, dès lors, sont presque exclusivement utilisés.

Le troisième groupe, celui des médicaments chimiques, quelle que soit leur origine, animale (cantharidine), végétale (sulfate de quinine), ou minérale (arsenic), est le plus nombreux et fatalement destiné à absorber les autres. Bientôt de l'ancienne pharmacie, aux formules si complexes, il ne restera plus rien ; seules quelques-unes, sanctionnées par l'usage seront conservées, pour ainsi dire par respect. Est-ce un bien, est-ce. un mal? Mis en présence d'un fébricilant, quel praticien songerait aujourd'hui au vieil opiat à base de quinquina, ou à l'infusion d'une forte dose de cette écorce dans une bouteille de vin blanc, remède autrefois populaire chez nos paysans de la Sologne ? N'a-t-il pas sous la mkin le sulfate de quinine, plus prompt d'action, plus énergique à employei'? Certes, la dé-

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couverle de Pelletier et CavenLou constitue au point (le vue pharmaceutique un progrès immense; mais en est-il toujours de même au point de vue thérapeutique? Le quinquina n'est-il point par rapport à la quinine un médicament composé dans lequel existe une association d'autant plus heureuse qu'elle est naturelle ? Dans beaucoup de cas le sulfate de quinine domptei-a plus vite une fièvre ; mais la détruira-t-il aussi profondément ; en préviendra-t-il aussi sûrement le retour ? L'etTet sera plus prompt ; mais souvent il sera moins durable, et finalement, il pourra se faire qu'on soit obligé d'employer une dose de quinine représentant un poids de quinquina plus élevé ([ue celui que l'on eut employé en nature.

Quelle que soit leur origine il est indispensable de faire subir aux substances un certain nombre de manipulations destinées à les transformer en médicaments ; le nombre de celles qui peuvent être directement utilisées est assez restreint.

Il faut cotmnîtn-, choisir, récolter, préparer et covserver les substances d'origine miimale ou véqétale; quant aux substances tirées du règne animal il suffit de les reconnahre, de constater leur pureté et de les piiri/ier si cela est nécessaire.

Nous allons étudier succes.sivement ces diverses opérations.

Connaissance des médicaments. - L'ensemble des ronnaissances nécessaires est fourni parla ùntnniaw' la walicre médicale, la chimie et la ph,/siqi,e Nous ne pouvons, dans un cadre aussi restreint, donner un aperçu, même sommaire de ces sciences; nous nous l)ornerons ;i indiquer plus tard les caractères saillants des priiicq)aux médicaments.

La connaissance des matières premières qui doivent servi)- a la préparation des médicaments est de la

I, NOTIONS m l'IlARMÂCIB NÉCESSAIRES AU MÉDECIN nlus haute importance, surlout lorsqiril s'agit de ù^ta^'oes végétales. En eflet le livre oriic.el, le Codex m-es îitrempU^ espèce déterminée, qui pren.l

e nom d'otknale^ à TeKclusion des autres espèces voisines. Par exemple plusieurs espèces de men h,. croisent en France ; l'espèce officinale qui seule dml A re employée en pharmacie, est la meuLhe po(î;.ee.Les espèces voisines, m. e/..e,m. .er/^m. a^uai.^ue,m.p».qui présentent des propriétés analogues sont des Tuccédanés. Le médecin peut les prescrire ; mais le pharr^ac en ne doit jamais les substituer à 1 espèce offici- Tle Les succédanés présentent bien des proprie es analogues à celles de l'espèce officinale ; mais elles sont plus ou moins accentuées; ou bien oflrent quelaue particularité qui a motivé le rejet.

Lorsqu'il s'agit de plantes indigènes, le pharmacien peut ou les récolter lui-même ou tout au moins avoir Ta plante entière à sa disposition ; il peut faire un choix certain de l'espèce officinale. Il n'en est pas de mem. pour les substances exotiques; la plante n arrive jamais toute entière : mais seulement la partie employée, par exemple la racme de la rhubarbe ecorces àn lub^qurnl etc. Dans ces conditions, le pharuiacien doi s'en rapporter à l'examen organoleptique et constatei que la substance présente bien les caractères décrits dans les traités de matière médicale; il peut aussi procéder à l'analyse chimique, constater la présence des principes caractéristiques et, au besoin, en la le h dosc^e. 11 doit, en outre, s'assurer que la substance est dans un parlait état de conservation

Un srand nombre de substances médicinales, soit indigènes, soit exotiques, surtout celles dont la valeur commerciale e^t élevée, sont sujettes a être falsifi es Les fraudes sont très nombreuses. LUes consistent surtout pour les substances exotiques dans le mélange

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d'espèces botaniques voisines, ou même différentes, mais présentant un aspect analogue. Les feuilles de sené sont, par exemple, mélangées de feuilles d'arguel. Les fruits de la badiane, de ceux de Tanis étoilé du Japon. Les poches de musc sont en partie vidées et remplies d'un mélange de sang desséché, de résines, etc., présentant une couleur et un aspect analogues. Parfois même des produits sont fabriqués de toutes pièces; ainsi, les fraudeurs ne se sont pas contentés de falsifier le safran en l'imprégnant de miel et de substances minérales très denses, on le mélange de pétales de souci, de carthame et autres, au besoin découpés à l'eiiiporte pièces et teints. Les lecteurs pourront trouver à ce sujet des renseignements détaillés dans les divers traités de l'alsiticalions, notamment l'excellent ouvrage de Chevallier et Baudrimont.

Le choix des substances minérales ou des produits chimiques est plus J'acile : le pharmacien doit savoir les reconnaître; constater leurs caractères de pureté et, au besoin, doser la matière active. Ces produits sont ou préparés spécialement pour l'usage thérapeutique (alcaloïdes et leurs sels), ou bien empruntés à l'industrie fjuiles consomme sur une vaste échelle (glycérine, acide phénique, etc.). On doit dans ce cas s'assurer de hnii' pureté ou mieux les puriher avant de les em- [)loyer.

Le pharmacien trouve dans l'étude de la botanique les connaissances nécessaires pour lui permettre de re.connuîire et de récolter les plantes médicinales. Bon nombre de ces plantes croissent en France, mais sauf (luelques espèces (digitale, belladone, solanèes vireuses) elles sont peu actives. Les plantes médicinales ne se trouvent pas partout, elles croissent de préférence dans cei'laines régions, et leur récolte constitue souvent une industrie pour le |)ays {digitale, yen-

liane, arnica, safran). On les récueille et on les expédie dans les lieux de consommation et de iabrication des médicaments.

Les plantes médicinales peuvent ou croiire spontanément ou être cultivées. Pour certaines, la culture exerce une influence très marquée sur leurs propriétés. Cette inlluence est très connue, la plupart des plantes comestibles ne le sont devenues que par la culture qui modifie profondément (en les atténuant) leurs propriétés naturelles. Ainsi, le ce/eri et le cardon sont deux ombellifères (apium graveolenset cinara cardunculus) privées par la culture de leur principe acre et aromatique. La chicorée sauvage (cichorium intybus) très usitée en médecine, perd son principe amer et devient comestible; bien plus, si on la fait végéter à labri de la lumière elle s'étiole, blanchit et devient la « barùe de capucin ». Presque tous les fruits des pomacées et iirupacées ne sont devenus comestibles que par la culture. D'une manière générale, on peut dire que la culture est nuisible aux plantes médicinales en leur faisant perdre Vawcrtume, Vâcreié ou les principes aromatiques dans lesquels réside souvent leur vertu. Il y a, toutefois, exception pour les principes odorants qui sont améliorés et accrus par la culture.

Étant admis que la plante médicinale doit croître naturellement, ses propriétés sont influencées par diverses conditions de végétation que nous allons passer en revue.

L'influence du terrain est très remarquable surtout chez les plantes de la famille des ombellifères. Celles qui sont aromatiques le deviennent beaucoup plus lorsqu'elles croissent dans un terrain sec; dans un terrain humide, les propriétés toxiques (ciguë) sont augmentées. Certaines plantes (crucifères) deviennent

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l)eaucoup plus vigoureuses lorsqu'elles croissent dans le voisinage des habitations, etc.

L'influence delà lumièresav la végétation est t(Hit aussi manifeste que celle du terrain. Les plantes croissant dans un endroit bien éclairé et bien exposé sont vertes, vigoureuses; celles qui poussent à l'ombre et dans un endroit peu exposé à la lumièi'e sont pâles (chlorotiques), molles et souvent chétives.

L'influence du climat est très marquée et une |)lante n'acquiert toute sa vigueur et ses propiiétés que dans le ])ays ou elle croit naturellement. Si Ton Iranspoi'te dans nos contrées des végétaux des pays chauds et qu'on les mette à l'abri d'un abaissement Irop grand de température en les maintenant en hiver dans line enceinte artificiellemnt chaullee ; on peut bien les l'aire végéter; les feuilles et parfois les fleurs peuvent bien paraître mais il est rare que lai'ructiiication puisse avoir lieu, et beaucoup des actes de leur vie végétative (notamment les sécrétions), ne pourront s'accomplir.

L'âge exerce une grande influence sur la qualité et la (/vaniité des principes actifs contenus dans les plantes. Lorsqu'elles sont jeunes elles renferment surtout des principes mucilagineux ; les principes amers et parfois toxiques n'apparaissent que plus tard, lorsque la plante est entièrement développée. Ainsi les feuillets de la chicorée amère sont comestibles dans leur jeune âge : plus lard elles deviennent trop amères; de même les jeunes pousses de la viorne et de l'aconit sont employées comme comestibles dans certains pays : elles deviennent ensuite vénéneuses. C'est pour cette raison que le Codex spécifie l'âge et l'épocpie oii l'on doit récolter les plantes médicinales. Cette époque varie suivant que la plante est annuelle ou bisannuelle et suivant aussi la partie employée.

8 NOTIONS Dlî PUARMACIE NliCESSAlUKS AU MÉDECIN

En général on doit loujours procéder à la récolte au moment où la partie qu'on veut utiliser renferme le maximum de principes actil's.

On arrachera les racines lorsqu'elles sont gorgées de suc c'est-à-dire, pour les plantes annuelles un peu avant l'apparition des feuilles; le Codex dit avant la lloraison ; c'est un peu tard. La racine des plantes bisamiiœllps {Ache, A-nf/rlic/oe) est récoltée après la chute des feuilles, et hu-sque la tige commence à se mortilier, c'est-à-dire à l'automne ou au commencement de l'hiver. La racine des plantes vivaa^s est récoltée aux mêmes époques ; mais après plusieurs années de végétation (3 ans en moyenne) {Aimée, Historié, Gen-

Les Bulbes {Scil/e, Colchique) doivent être recueillis après la floraison et la fruclificalion de la plante, c'està-dire à l'automne. Les Jiourgenm seront recollés au contraire au printemps, avant l'épanouissement, alors que leur tissu est encore compact.

On doit récolter les feuilles au moment oii elles sont dans toute leur vigueur, c'est-à-dire avant l'apparition des Heurs [Belladone, l'igU.ale, Jusquiame). Mais lorsque les feuilles renferment, comme les fleurs un principe odorant on les récolte au même moment. [Absinlke, Rue el toutes les Labiées). C'est ainsi que l'on procède pour la récolte des sommités fleuries c està-dire des parties terminales de la plante constituées par le mélange des feuilles et des Heurs étroitement entrelacées {Petite centniare, Origan, Melilol etc ).

Les Heurs doivent être recueillies au moment où elles présentent le maximum de fraîcheur et de parfimi, alors qu'elles commencent à s'épanouir. Il n'y a d'exception que pour les fleurs d'oranger et les roses de Provins que Ton récolte avant l'épanouissement alors qu'elles sont encore en boulon.

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Le moment de la récolte des frwts varie suivant leur nature. Les fruits charjim qui doivent être transformes de suite en médicaments sont récoltés au moment de leur maturité {Coings), sauf dans les cas où Ion l'echerche la saveur acide ou astringente [Raisin-Verjus), horsciue les fruits sont s et déhiscenls on doit les récolter un peu avant leur maturité complète de manière à ne rien perdre de leur contenu ce (jui arriverait si on les laissait s'ouvrir spontanément. Lorsqu'ils sont indéhiscmts on doit attendre qu'ils soient parfuiivmmt viûrs, si l'on doit faire usage des graines ; on peut au contraire les recueillir avant entière maturité, si c'est le pcricdvpe qui constitue la partie médicamenteuse [grenade).

On recueille les semences que lorsqu'elles sont arrivées à maturité complète.

On doit récolter en hiver les tiges et le bois des plantes ligneuses, c'est en effet à ce moment que leur tissu est le plus compact et qu'il cède à l'eau la plus Forte proportion de matériaux solubles. Les tiges des plantes herbacées sont recueillies avant l'apparition des fleurs.

On récolte les écorces indigènes soit en automne après la chute des feuilles et lorsque la végétation est terminée, soit au contraire au printemps avant la floraison.

Loi'squ'on récolte les plantes pour les conserver il faut toujours avoir soin de choisir un temps bien sec, une belle journée et attendre que la rosée du matin soit dissipée. Pour les fleurs, en particulier, le moment de la récolte exerce une grande influence sui- leur conservation et sur l'intensité de leur parfum. Leur récolte doit toujours avoir lieu le matin ou le soir et jamais au milieu de la journée, parce que leur parfum est plus faible à ce moment-là.

Les renseignements que nous venons de donner sont applicables seulement aux plantes indigènes que le pharmacien peut récolter lui-même. Pour les plantes exotiques, il ne possède d'autre moyen de contrôle que de s'assurer de leur bonne conservation et de vérifier si elles présentent bien les caractères de la sorte officinale. La connaissance du lieu d'origine constitue aussi un renseignement important, mais qu'il n'est pas toujours possible de se procurer. Pour certaines plantes ou subtances, l'examen chimique et le dosage des principes actifs constituent un mode de contrôle indispensable et d'une riguem- absolue. Le dosage des alcaloïdes dans le quinquina, dans l'opium permet d'avoir des médicaments d'une activité toujours identique.

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