STRUCTURE DU CŒUR
bientôt en colonnes de longueur décroissante; et de divisions en divisions, de subdivisions en subdivisions, l’arbre artériel qui distribue le sang à la substance du poumon se réduit en ramifications capillaires (du latin capillus, cheveu), c’est-à-dire n’ayant pas plus d’épaisseur qu’un cheveu.
C’est lorsqu’il parcourt les canaux infiniment nombreux et infiniment minces du réseau capillaire artériel, que le sang se met en contact avec l’air, à travers la faible épaisseur des dernières ramifications de ce réseau capillaire, c’est-à-dire dans les lobes pulmonaires. C’est alors qu’il subit l’influence de l’oxygène atmosphérique, et qu’il éprouve l’oxydation qui constitue l’essence du phénomène chimique de la respiration.
C’est alors enfin que le sang veineux, de couleur noirâtre, devient sang artériel, de couleur rouge.
Nous aurons à étudier, dans le chapitre suivant, le phénomène chimique dont le tissu pulmonaire est le siège, c’està-dire foxjgénation du sang, et à rechercher les conséquen-
Fig. 47. Cœur vu à l’intérieur.
ces de ce phénomène. Bornons- A* Ve“tr.i,<;uJf dl'oit; ~ \ gauc!ie* —
1 C. Oreillette droite. — D. Oreillette gauche. —
E. Orifice auriculo-ventriculaire (kauch^'''ëf valvule tricuspide. — F. Orifice auricmd^ventriculaire gauche. — G. Artère pulmonaire. — H. Origine de l’artère aorte et valvules sigmoïdes. — I. Veine cave inférieure. — K. Veine cave supérieure. — L, L. Orifices des veines pulmonaires.
nous, pour le moment, à constater que c’est à travers les ramifications du réseau capillaire du poumon que le sang subit l’influence de l’oxygène
de l’air (ce qui constitue le phénomène essentiel de la respiration pulmonaire), et que de noir il devient rouge.
Après avoir subi ce changement chimique, le sang repasse, des ramuscules artériels, ou artérioles , qui parcourent. le tissu du poumon, dans les ramuscules veineux, ou veinules , qui leur font suite.
Il faut savoir, en effet, d’une manière générale, que dans toute l’économie le système veineux et le système artériel sont comme deux grands arbres dont les troncs seraient opposés l’un à l’autre,
COMMENT LE SANG CIRCULE
mais qui communiqueraient ensemble, sans interruption, par leurs racines, c’est-à-dire par leurs extrémités terminales, que l’on nomme artérioles ou veinules , et dont la réunion compose le
réseau capillaire.
C’est donc par le réseau capillaire que s’établit la communication constante entre le système artériel et le système veineux.
Cette communication permanente qui existe entre les artérioles et les veinules , dans toutes les parties du corps, existe nécessairement dans le tissu pulmonaire, et c’est ainsi que le sang, des artérioles du poumon, après avoir subi l’influence de l’air, passe dans les veinules du même poumon.
Les veines pulmonaires, d’abord nombreuses et de très petite dimension, augmentent de volume et diminuent de nombre, à mesure qu’elles se réunissent pour former des branches plus volumineuses. En augmentant ainsi en volume, pendant qu’elles diminuent en nombre, les veines finissent par ne former, dans chaque poumon, que deux grosses veines, les deux veines pulmonaires (L, fig. 47), qui vont verser quatre colonnes de sang à l’oreillette gauche du cœur (D, fig. 47).'
Cette première partie du cours du sang a reçu des auteurs le nom de petite circulation , ou de circulation pulmonaire , par opposition au trajet du sang dans les membres et autres parties du corps, qu’on a nommé grande circulation.
Cette distinction de la circulation en deux portions distinctes, la grande et la petite circulation, à laquelle on attachait autrefois une grande importance, est aujourd’hui reléguée au second plan, car, au fond elle n’est point ustifiée. En effet, ni la petite ni la grande circulation, si on les admet sous ce titre, ne forment ni l’une ni l’autre, à elles seules, un cercle complet. C’est leur réunion, leur ensemble, qui forme un cercle complet, mais non l’une ou l’autre prise isolément. La distinction d’une petite et d’une grande circulation n’est, d’ailleurs, d’aucune utilité pratique; c’est donc avec raison que l’on s’en préoccupe beaucoup moins aujourd’hui qu’autrefois.
Quoi qu’il en soit, le sang apporté par les veines pulmonaires (L, fig. 47) dans l’oreillette gauche du cœur (D, fig. 47) finit par la remplir, et lorsque cette cavité est remplie, elle se contracte et chasse le sang dans le ventricule gauche (B, fig. 47). L’oreillette gauche communique par une large ouverture avec le ventricule gauche, et une valvule [la valvule mitrale) (F, fig. 47) est