CIRCULATION PULMONAIRE
le seul obstacle qui s’oppose à son passage dans le ventricule gauche. Cet obstacle est bientôt surmonté, la vulve mitrale est écartée, et le sang pénètre largement dans le ventricule gauche.
Dès qu’il a reçu l’ondée de sang, le ventricule gauche se contracte à son tour, et presse, dans tous les sens, le liquide qui le remplit (B). Le sang refluerait dans l’oreillette gauche, si rorifice auriculo-ventriculaire restait ouvert; la valvule mitrale (F), en ce moment refoulée sur cet orifice, intercepte toute communication avec l’oreillette. 11 ne reste donc qu’une issue au liquide sanguin pressé par les contractions du ventricule gauche : c’est l’orifice de la grosse artère que l’on désigne sous le nom d’aorte (H, flg. 47). Les valvules, dites sigmoïdes , qui en ferment en partie l’entrée, sont facilement écartées par l’impulsion du sang, qui s’élance aussitôt avec force dans l’artère aorte.
Une fois engagé dans l’aorte, le sang est poussé dans cette artère par les ondées qui se précipitent et se succèdent. 11 continue de progresser dans l’artère aorte, sans pouvoir revenir sur lui-même, à cause des impulsions qu’il reçoit à chaque ondée nouvelle et des valvules qui, s’étant relevées, s’opposent à sa rétrogradation.
Le tronc de l’artère aorte se divise en plusieurs grosses branches; le sang les parcourt successivement. Ces branches ellesmêmes se subdivisent en rameaux, puis en ramuscules, de plus en plus petits. Le sang pénètre ainsi dans la substance de tous les organes et de toutes leurs parties.
C’est pour cela qu’on ne peut enfoncer dans un point quelconque de notre corps la pointe acérée d’une aiguille, sans que cette pointe ne rencontre et ne traverse une artériole du réseau capillaire, et n’en fasse écouler du sang.
Toutefois, le sang que fait exsuder la pointe d’une aiguille ou d’une épingle enfoncée dans les chairs, ne provient pas uniquement des artérioles. Il est également fourni par les veinules. Toujours, avons-nous dit, et dans quelque point de l’économie qu’on les considère, les artérioles font suite aux veinules, et composent le réseau capillaire; ce qui veut dire que, dans l’intimité de nos tissus, le sang passe du système artériel dans le système veineux, par le réseau capillaire qui termine l’un et qui commence l’autre.
Le sang qui, dans le système artériel, a subi quelques modi-
GOMMENT LE SANG CIRCULE
fications intimes, dont la nature ne nous est point connue, mais qui constitue la nutrition des tissus organiques, est donc repris par les veinules, et passe bientôt dans les veines. Il coule dans ces veines, en se rapprochant de plus en plus du cœur.
De toutes les parties de l’économie, du haut comme du bas, le sang se dirige donc vers le cœur, c’est-à-dire qu’il descend, en venant des parties supérieures et de la tête, et qu’il remonte, en venant des parties inférieures. Remarquons que, lorsqu’il se dirige des membres inférieurs vers le cœur, lorsqu’il part de la jambe ou du pied, par exemple, le sang s’élève en dépit et à l’encontre de la pesanteur. On ne voit pas cependant que cette marche, qui a lieu contrairement à la pesanteur, modifie la vitesse du cours du sang, pas plus que la vitesse du même sang n’est accélérée lorsqu’il descend de la tête ou des membres supérieurs, pour cheminer vers le cœur. C’est que les veines des membres inférieurs sont pourvues d’un grand nombre de valvules, qui coupent, pour ainsi dire, le calibre de la veine, en formant autant de petites cloisons. Ces petites cloisons, sur lesquelles nous reviendrons avec plus de détails en parlant des veines en général, soutiennent le sang et empêchent sa chute vers les parties inférieures du corps.
A mesure qu’elles se rapprochent du cœur, les veines diminuent en nombre et s’accroissent en volume. Par leur réunion en vaisseaux de plus en plus volumineux, elles finissent par ne plus former que deux gros troncs : l’un, la veine cave inférieure, qui reçoit le sang des parties situées au-dessous du diaphragme; l’autre, la veine cave supérieure , auquel aboutissent toutes les veines situées à la partie supérieure du corps.
Les deux veines caves inférieure (K, fig. 47) et supérieure versent dans l’oreillette droite du cœur (C, fig. 47) le sang qu’elles charrient.
Mais c’est là, on s’en souvient, le point de départ que nous avons choisi pour suivre le cours du sang dans son cercle non interrompu. Nous avons donc tracé ce cercle entier, et tel est le trajet que le sang parcourt continuellement, et qui ne s’interrompt jamais. Ce cercle vital commence à la naissance, pour ne s’arrêter qu’à la mort.
Nous venons de suivre le sang dans sa route incessante à travers toute l’étendue, toute la profondeur, tous les plans, toute la