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CIRCULATION GÉNÉRALE

masse du corps humain. Nous avons exposé ainsi le trajet géographique, pour ainsi dire, de la circulation. Mais il y a bien des forces particulières qui interviennent dans ce merveilleux ensemble d’actions vitales. Nous n’avons pu mettre en relief ces diverses forces ou influences, dans le simple itinéraire qui précède. Il importe d’étudier à part le rôle particulier que jouent les principaux organes qui concourent à la circulation du sang.

Les organes qui jouent un rôle essentiel dans ce grand phénomène, sont :

1° Le cœur;

2° Les artères;

3° Les vaisseaux capillaires ;

4° Les veines.

Examinons successivement la part de chacun de ces organes dans la grande fonction qui nous occupe.

Cœur . — La cause primordiale, l’agent essentiel et fondamental de la circulation du sang dans toute l’économie, c’est le cœur. C’est du cœur que part tout le sang, c’est au cœur que tout le sang revient. Si l’action du cœur s’arrête, si elle est suspendue un moment, il y a syncope , c’est-à-dire défaillance générale, et si la syncope se prolonge, c’est la mort.

Nous ne perdrons pas notre temps à rechercher, comme l’ont fait tant de physiologistes, la cause intime, primitive, absolue, des mouvements du cœur. Il est prouvé que ses contractions sont indépendantes de notre volonté et de toute autre cause, interne ou externe. Une expérience bien démonstrative, qui a été faite pour la première fois par Galien, le prouve suffisamment. Si l’on arrache le cœur d’un animal récemment tué, et qu’on tienne ce cœur dans la main, on sent les contractions de l’organe retiré de la poitrine de l’animal, continuer pendant plusieurs minutes : le cœur continue de battre dans la main !

Cette expérience, qui paraît cruelle, barbare, nos jeunes lecteurs peuvent la faire eux-mêmes, sans que leur sensibilité ait rien à se reprocher. Quand votre cuisinière vient de tuer un lapin, par ce fameux coup sur la nuque si bien nommé coup du lapin , priez la dite cuisinière de remplacer pour vous Galien, c’est-à-dire d’extraire le cœur de l’animal mort, mais encore chaud, et si vous serrez dans votre main le cœur du pauvre Janot lapin, vous le sentirez battre et palpiter pendant deux ou trois minutes.

GOMMENT LE SANG CIRCULE

Ceci prouve, avec toute l’évidence possible, que les contractions du cœur sont indépendantes de la volonté, et que l'électricité, ou toute autre cause que l’on a voulu invoquer pour les expliquer, ne sauraient être admises comme déterminant ces contractions.

Concluons que la cause primitive, absolue, des mouvements du cœur, est, comme la contraction de tous les autres muscles, essentiellement vitale, c’est-à-dire un de ces mystères que la nature s’est réservés, et qu’il y aurait témérité à vouloir lui arracher un secret qui restera toujours voilé à nos regards.

Laissons donc de côté la cause première des contractions du cœur, et voyons quels sont les effets de ces contractions.

Les mouvements du cœur sont de deux sortes : un mouvement de dilatation et un mouvement de contraction. Les physiologistes ont jugé nécessaire de créer un nom, dérivé du grec, pour exprimer ces deux actions successives. On appelle systole la contraction du cœur, et diastole sa dilatation.

La dilatation du cœur, la diastole , n’est point un acte purement passif. Les cavités du cœur ne s’ouvrent point à l’abord du sang, comme on l’a dit quelquefois, par le simple effort qu’exerce le sang pour s’y introduire. Ce n’est point, en d’autres termes, le simple effet du relâchement des parois du cœur succédant à leur contraction, qui produit la diastole. Le cœur se dilate pour recevoir le sang; et cette dilatation produisant l’effet d’une pompe aspirante, attire à l’intérieur du cœur le sang prêt à pénétrer dans sa cavité.

« L’impulsion à tergo et la force aspirante du cœur, dit Burdach, se prêtent un mutuel appui et donnent pour résultat la circulation. »

En 1841, Cruveilhier, dans une opération chirurgicale qu’il faisait à un individu blessé à la poitrine, put apercevoir le cœur, et même toucher cet organe, le [saisir avec la main. Or, Cruveilhier dit à ce propos : « La diastole ventriculaire s'effectuait brusquement avec une énergie dont on ne se ferait 'pas une idée : la main serrée sur le cœur était , pendant la diastole , ouverte avec violence. Il est évident que l’impulsion communiquée au sang par la seule contraction de l’oreillette, n’aurait pas agi avec cette puissance, et qu’il y avait dans le cœur une force propre produisant le mouvement ainsi constaté.

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