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LES ARTÈRES

latif de l’organe qu’elles ont à nourrir. C’est ainsi, pour prendre un exemple, que des deux artères pulmonaires, la droite est plus grosse que la gauche, parce que le poumon droit est plus volumineux que le poumon gauche.

Nous n’avons pas besoin de dire que la grosseur des artères diminue de plus en plus à mesure qu’elles s’éloignent du tronc originaire. Le calibre de ces vaisseaux est conique. Il faut se représenter les divisions de l’arbre artériel comme une série de tubes légèrement coniques, se faisant suite et diminuant peu à peu de grosseur.

Les artères sont souvent flexueuses dans leur cours, surtout lorsqu’elles se distribuent aux parois des viscères creux, comme l’estomac, ou aux parties susceptibles de se retirer, de s’étendre ou de changer de dimensions, comme les lèvres.

La figure 49 montre l’aspect d’une artère à l’extérieur et à l’intérieur.

Les artères communiquent ensemble, et l’on appelle branche anastomotique la branche qui sert à établir une communication entre deux artères.

Les anastomoses artérielles sont un des moyens que la nature emploie pour prévenir l’engorgement du sang dans un vaisseau.

Il arrive souvent que des anastomoses se créent, de toutes pièces, au sein de nos tissus.

Lorsque le cours du sang est gêné dans une artère, à la suite d’une blessure, ou dans le cas de ces dilatations anormales d’une artère que l’on appelle anévrysme, des anastomoses s’établissent par les seules forces de la nature, afin de remédier au mal.

Quelle est la cause de la progression du sang dans les artères? La contraction du ventricule gauche du cœur, qui chasse, à chaque seconde, une ondée de sang dans le tronc de l’aorte, est la cause primitive de ce mouvement. Le sang avance dans tout l’arbre artériel, sous l’impulsion que lui communique successivement chaque ondée liquide arrivant par derrière, a tergo, comme disent les physiologistes. Mais l’impulsion a tergo ne saurait se prolonger jusqu’aux extrémités de l’arbre artériel :

Fi£. 49.

Une artère.

GOMMENT LE SANG CIRCULE

elle diminue en raison de l’éloignement du cœur et surtout de la flexuosité des vaisseaux.

Il y a, d’ailleurs, bien d’autres causes de la diminution de l’action du cœur. Les nombreuses divisions et anastomoses des artères réunies surpassent de beaucoup le calibre primitif de l’artère aorte. Or un liquide diminue de vitesse lorsqu’il passe d’un canal plus étroit dans un canal plus large. D’un autre côté, le frottement du liquide contre les parois des vaisseaux, qui se produit à la naissance de chaque branche, minuscule ou anastomose, tend à diminuer, ou pour mieux dire à éteindre, l’effet de l’impulsion primitive venant du cœur. Il faut donc que l’artère ait en elle-même une force propre, tout à fait indépendante de l’impulsion du cœur. La contractilité dont jouit la tunique jaune des artères, ainsi que son retrait par suite de l’élasticité de cette même tunique fibreuse, peuvent seuls nous expliquer la continuité de progression du sang dans les vaisseaux situés à une grande distance de l’organe central de la circulation.

A quoi servent les artères? Elles servent, d’une part, à porter . le sang du cœur aux poumons, pour lui faire subir l’action de l’air, et, d’autre part, à amener le sang dans la profondeur des tissus, pour les nourrir. Aussi la nature a-t-elle pris les plus grandes précautions pour protéger ces vaisseaux. Elle les a placés dans les parties les plus profondes, afin de les préserver des chocs extérieurs. Pour empêcher leur compression par les contractions des muscles qu’elles ont à traverser, elle a quelquefois entouré le point où le vaisseau traverse le muscle, d’un anneau membraneux très résistant. C’est ce que l’on voit, par exemple, pour l’aorte, quand elle traverse le diaphragme.

Ajoutons que la nature a multiplié les anastomoses artérielles, afin que si un tronc vient à être lésé, la branche anastomotique puisse le remplacer. On voit, dans ce cas, la branche supplémentaire augmenter de calibre et suppléer complètement au tronc artériel lésé ou détruit.

Vaisseaux capillaires. — On comprend facilement, d’après ce qui précède, comment le sàng circule dans les ramifications de l’arbre artériel. Mais la circulation continue activement dans le réseau des vaisseaux capillaires artériels, lesquels, se trouvant en communication avec le système capillaire veineux, établissent la continuité du cercle circulatoire. Comment le sang peut-

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