‹ Notions de physique, rédigée conformémement aux derniers programmes de l'enseignement pour les classes de Troisième et de Logique section des lettres et pour la baccalauréat ?? lettres Avec 204 gravures dans le texteChapitre 8 sur 38 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Le principe de l'égalité de pression est applicable aux gaz aussi bien qu'aux liquides, à cause de leur grande élasticité et de la mobilité de leurs particules. Ici la preuve directe est plus facile à obtenir par l'expérience , parce que les gaz ayant une très-faible densité , les pressions, dues au poids des couches gazeuses contenues dans un vase de petites dimensions , sont tellement insignifiantes qu'elles disparaissent devant la pression artificielle, pourvu que celle-ci soit un peu énergique. Ainsi, si on prend un ballon muni d'un col cylindrique dans lequel s'engage à frottement un piston (fig. 53); si en outre le ballon est percé en différents points de sa paroi de petites ouvertures de même diamètre auxquelles sont mastiqués des tubes en verre, recourbés comme l'indique la figure ci-contre, et contenant du mercure dans leur courbure, on verra qu'une pression exercée sur le piston aura pour effet de déplacer les niveaux de la même manière dans tous ces tubes.

Force élastique des gaz. — Nous avons donné comme caractère distinctif des corps gazeux la tendance à occuper sans cesse un plus grand volume. Quand un gaz est enfermé dans un vase, il doit donc, par le fait même de cette tendance constante à l'expansion, exercer une pression sur les parois du vase. C'est là ce que l'on appelle sa tension ou sa force élastique.

Fig. 53.

Puisque le gaz tend sans cesse à occuper un plus grand volume, on peut se demander comment il se fait qu'un flacon ouvert conserve l'air qui y est contenu. Mais en même temps que l'air du flacon tend a en sortir, l'air du dehors tend au contraire k pénétrer dans le flacon; alors la couche gazeuse placée k l'orifice, pressée dans les deux sens , peut rester immobile, et par suite aussi l'air du flacon. L'élasticité du gaz intérieur est alors équilibrée par la pression extérieure. J'ai dit : peut rester immobile, parce qu'il peut aussi très-bien arriver que l'une ou l'autre des deux forces l'emporte : alors il sortira un peu d'air du flacon, où il en entrera un peu jusqu'à ce que l'équilibre se soit établi.

Nous pouvons dire, d'une manière générale, que dans une masse gazeuse en repos l'élasticité est égale k la pression extérieure , et de plus que si cette condition n'est pas remplie, l'équilibre n'a pas lieu. Si en effet la pression est plus grande que la force élastique, alors les particules gazeuses se rapprocheront. Mais de même que la réaction élastique d'un ressort est d'autant plus grande qu'on le fléchit davantage, de même aussi l'élasticité d'un gaz est d'autant plus grande qu'on le resserre sous un plus petit volume; on s'en aperçoit bien dans la manœuvre du briquet k air : plus le piston s'approche du fond du cylindre , et plus on a de peine k l'en rapprocher encore. Il suit de là que la réduction du volume du gaz aura pour effet, en augmentant l'élasticité, de l'amener à être égale k la pression, et alors la compression s'arrêtera, et la masse gazeuse se trouvera constituée en équilibre.

L'air est pesant. — En commençant ce chapitre, nous avons, dans le premier paragraphe, fait entendre que nous considérions l'air comme un corps pesant; nous avons d'autant moins hésité k l'admettre qu'il est entré dans le langage vulgaire de dire que l'air est lourd ou qu'il est léger. On n'a cependant pas toujours pensé ainsi, et pendant bien longtemps on a regardé l'air comme un corps non pesant. C'est k Galilée que l'on doit d'avoir démontré

pour la première fois, par une expérience directe, que l'air et tous les gaz sont soumis, tout aussi bien que les liquides et les solides , k l'action de la pesanteur.

Voici comment nous ferons cette expérience capitale. Nous prendrons un ballon de verre d'une capacité de 7 à 8 litres, muni d'une garniture en cuivre k robinet (fig. 54). Le robinet ayant d'abord été ouvert pour mettre le ballon en communication avec l'air du dehors, puis fermé pour interrompre cette communication, on suspend le ballon

Fig. 5*.

à l'un des plateaux de la balance hydrostatique, et l'on met de la tare de l'autre côté, pour amener le fléau à l'équilibre horizontal. Cela fait, on détache le ballon et l'on y fait le vide à l'aide de la machine pneumatique; puis on le suspend de nouveau au plateau, et Ton voit alors que le fléau ne reprend plus sa position d'équilibre, et que la charge du plateau qui porte le ballon est trop faible. Donc l'air retiré du ballon est un corps pesant. Pour savoir ce qu'il pèse nous n'avons qu'à ajouter des poids dans le plateau de manière à rétablir l'équilibre.

La somme de ces poids équivaut au poids de l'air retiré. Si au lieu de mettre des poids nous laissions, en ouvrant le robinet, l'air rentrer dans le ballon, l'équilibre se rétablirait de la même manière.

Le volume du ballon étant connu en litres, on diviserait le poids de l'air par ce nombre de litres, et l'on aurait de cette manière le poids d'un litre d'air. Ce poids est, à Paris, environ i gramme 3 décigrammes, quand l'air est pris dans l'atmosphère ou dans une chambre en communication libre avec le dehors.

L'expérience peut se faire de la môme manière avec un gaz quelconque et donne le même résultat, sauf lardifférence dans le poids du litre de gaz.

Pression de l'atmosphère. — Puisque l'air est pesant, l'atmosphère qui enveloppe la terre doit exercer par son poids une pression sur la surface du sol, et sur tous les objets en contact avec elle. Cette pression se mesure , comme celle qu'exerçent les liquides, par le poids de la colonne verticale ayant pour base la surface pressée et montant jusqu'à la limite supérieure de l'atmosphère.

Ainsi la surface horizontale de l'eau placée dans un verre supporte en tous ses points la même pression de la part de l'atmosphère. Si l'on vient à poser sur la surface du liquide le bord d'une cloche pleine d'air (fig. 55), cet

air, se trouvant avoir une élasticité égale à la pression qu'exerce l'air du dehors, produira par son élasticité sur la surface ab du liquide une pression égale à celle que l'air exerçait par son poids, et rien ne sera changé à l'état du liquide. Mais si l'on vient à supprimer par un moyen quelconque l'air qui remplit la cloche, la pression exercée sur la surface liquide ab de haut en bas, sera supprimée en même temps ; l'équilibre est donc rompu, puisque tous les points de la surface libre horizontale ne supportent plus la même pression. La pression atmosphérique, exer-

cée sur les portions de cette surface extérieure à la cloche, se transmet dans le liquide dans tous les sens; ainsi la surface ab est poussée de bas en haut, alors le liquide montera dans la cloche. Au fur et à mesure qu'il s'élève , il presse par son poids sur la surface ab, et (juand cette pression sera devenue égale à celle qu'exerçait l'air enlevé, c'est-à-dire à la pression atmosphérique, alors la colonne liquide se fixera et l'équilibre sera établi.

Supposons que la colonne liquide s'élève ainsi à 1 mètre de hauteur dans la cloche; cela voudra dire que la pression exercée par l'atmosphère sur la base de cette colonne, quelle que soit son étendue, est équivalente au poids d'une colonne du liquide en question ayant cette même base et 1 mètre de hauteur. Si donc nous prenons un tube de l m ,50 de longueur, fermé à une de ses extrémités, et rempli complètement avec le liquide en expérience, et si nous le renversons en' le bouchant avec le doigt dans une terrine pleine de ce même liquide, dès que nous ôterons le doigt la colonne liquide descendra , jusqu'à ce qu'elle n'ait plus qu'un mètre de hauteur (fig. 56). Tant qu'elle est plus haute, en effet, elle l'emporte sur la pression atmosphérique transmise de bas en haut en ab; mais elle ne saurait être moindre, car alors ce serait la pression atmosphérique qui l'empor- Fig. 56. terait et ferait remonter le liquide.

Cette dernière expérience fut faite pour la première fois en 1643 par Torricelli, élève de Galilée. On expliquait à cette époque l'ascension de l'eau dans les pompes en disant que le piston de la pompe enlevait l'air au-dessous de lui , et que, comme la nature avait horreur du vide, l'eau montait pour le remplir. Des fontainiers de Florence,

ayant h élever les eaux de l'Arno à une grande hauteur, reconnurent que par l'aspiration du piston l'eau ne pouvait s'élever à plus de 32 pieds. Galilée, consulté h ce sujet, et préoccupé alors d'autres travaux, répondit en plaisantant que la nature n'avait horreur du vide que jusqu'à 32 pieds, mais il laissa à Torricelli le soin de trouver la véritable explication du phénomène. Galilée ayant démontré que l'air était pesant, Torricelli se trouvait naturellement conduit à mesurer la pression que l'air exerce par son poids, et il le fit en procédant comme nous l'avons dit tout k l'heure. Remplissant de mercure bien pur un tube de verre d'un mètre de longueur et le renversant dans un verre plein du même liquide, il vit le niveau s'arrêter dans le tube à 28 pouces au-dessus du niveau dans le verre. Cette hauteur de 28 pouces (0™,76) mesure donc la pression atmosphérique, c'est-à-dire que la pression que l'atmosphère exerce sur une surface d'un centimètre carré équivaut à celle qu'exercerait sur cette même surface une colonne de mercure de 76 centimètres de hauteur. Le volume de cette colonne se compose évidemment de 76 centimètres cubes. La densité du mercure étant 13,6, le centimètre cube de mercure pèse 13* r ,6; le poids de la colonne sera donc 76 fois 13« r ,6 ou 1033« r ,6, un peu plus d'un kilogramme. Or, il est évident que, pour peser le même poids, une colonne d'eau d'un centimètre carré de base , comme la colonne de mercure , doit avoir 10 mètres 33 centimètres de hauteur, ce qui représente 31 pieds fa environ 32 pieds.

Les hauteurs de liquides de densités différentes qui feront équilibre à la pression atmosphérique doivent être en raison inverse deleurs densités. C'est ce que nous venons de trouver pour l'eau et le mercure, c'est ce que l'on trouverait de même pour tout autre liquide. Le fait avait tant d'importance, comme preuve de la pression atmosphérique, qu'à plusieurs reprises on en a fait des vérifications expérimentables. Ainsi, à Rouen, Pascal, l'auteur des Pensées et des Provinciales, fit remplir de vin, dont la densité est, à peu de chose près , la même que celle de

l'eau, un tube de 15 mètres de hauteur; puis le retournant dans uu bassin plein d'eau, comme Torricelli l'avait fait avec son tube à mercure , il vit la colonne se fixer à 32 pieds. Une autre expérience peut-être plus convaincante encore fut faite par lui au Puy-de-Dôme. Si la pression atmosphérique , pensa Pascal, est la cause de l'ascension du liquide dans le tube, dès l'instant où l'on s'élèvera dans l'air à une certaine hauteur, à 500 mètres par exemple, la pression devra diminuer de celle qu'exercerait l'air qu'on laisse au-dessous de soi , et la colonne liquide aura par conséquent une hauteur moindre. Il fit alors établir un tube de Torricelli plein d'eau au pied du Puy-de-Dôme , et laissa auprès de ce tube une personne pour s'assurer que la hauteur du 'liquide dans ce tube demeurait invariable; puis un autre tube semblable fut dressé à moitié chemin du sommet du Puy-de-Dôme, et l'on constata un abaissement de plusieurs centimètres. Enfin, quand l'appareil fut établi sur le sommet même, la différence fut encore plus marquée. Depuis Pascal, cette expérience a été faite bien des foissur tous les points du globe, et l'instrument de Torricelli est même devenu comme une règle avec laquelle on mesure la hauteur des montagnes. On n'aura pas de peine à comprendre comment. Si on supprime la pression d'une colonne d'air d'une certaine hauteur, le mercure du tube de Torricelli, qui est 10 450 fois plus dense que l'air, devra s'abaisser d'une quantité 10 450 fois plus petite que cette hauteur, et réciproquement quand on aura constaté que le mercure descend d'un certain nombre de centimètres en passant du pied de la montagne à son sommet , on n'aura qu'à prendre 10 450 fois celte différence pour avoir la hauteur de la colonne d'air, c'est-à-dire celle de la montagne , Ainsi, mettons qu'au bas la pression soit 0 m ,75, en haut 0 m ,69. La différence de hauteur des deux stations sera 0 m ,06 X 10 450 ou 627 mètres.

Ce calcul* n'est pas tout à fait exact, parce que la densité de l'air ne reste pas la même à toutes les hauteurs. Elle va en diminuant au fur et à mesure que l'on s'élève,

et cela est naturel , l'air étant de moins en moins comprimé puisque la pression devient plus faible. On trouve dans Y Annuaire des Longitudes des Tables qui permettent de faire les corrections nécessaires.

On évalue à 14 ou 15 lieues la hauteur de notre atmosphère. Cette hauteur qui nous paraît considérable quand nous la comparons à notre propre grandeur et à celle des objets qui nous entourent, est cependant bien peu de chose par rapport au rayon de la terre, qui est d'environ 1432 lieues. Sur une sphère de 1 mètre de rayon, l'atmosphère serait représentée par une couche de 1 centimètre d'épaisseur. Dans une masse gazeuse aussi énorme en contact avec le sol de contrées très-inégalement chaudes, l'équilibre est impossible. Aussi l'air est-il presque continuellement en mouvement, et c'est précisément ce mouvement de transport des masses d'air d'un point à un autre qui constitue ce que l'on appelle les vents. La densité de l'air, et par suite la pression qu'il exerce par son poids, en un point donné du globe , sont incessamment variables. Nul instrument n'est plus propre que le tube de Torricelli pour apprécier ces variations. On le désigne plus ordinairement sous le nom de baromètre.

Baromètre. — On prend un tube de verre cylindrique de 1 mètre à peu près de longueur et de 1 centimètre de diamètre intérieur ; on le ferme à une extrémité et l'on étire un peu en pointe l'autre extrémité, puis on remplit le tube de mercure, et, en le disposant dans une position inclinée au-dessus d'un fourneau, on fait bouillir le liquide, pour chasser l'air et l'humidité qui adhèrent au verre. Cette précaution est tout à fait indispensable , car il ne faut pas qu'il y ait au-dessus du mercure de fluide gazeux qui, par son élasticité, puisse exercer une pression sur le liquide. On ferme alors l'orifice du tube avec l'index, et, retournant le tube, on plonge la pointe dans une cuvette pleine de mercure. On dresse enfin le tube avec sa cuvette le long d'une planche en bois verticale. Il ne reste plus qu'à établir une échelle en millimètres le long de la colonne. Cette échelle a pour point de départ le niveau du

mercure dans la cuvette. Gomme dans un même lieu le niveau du mercure dans le tube ne varie que dans une étendue assez restreinte , on se borne à tracer la partie supérieure de l'échelle comprenant les divisions depuis 725 millimètres jusqu'à 795 environ.

C'est là ce que l'on appelle le baromètre à cuvette. Il présente un inconvénient assez grave. Puisque les divisions de l'échelle partent du niveau du mercure dans la cuvette, il faudrait que ce niveau fût invariable, ce qui n'a pas lieu ; car, lorsque la colonne s'élève dans le tube, le niveau s'abaisse nécessairement dans la cuvette, et, au contraire, lorsque la colonne s'abaisse, son mercure , rentrant dans la cuvette, y élève le niveau.

Baromètre de Fortin.— Fortin a remédié à cette cause d'erreur en construisant des cuvettes à fond mobile. Ce fond est formé par une peau de chamois qui repose sur un disque que l'on fait monter ou descendre à volonté à l'aide d'une vis engagée dans le fond de la garniture métallique qui enveloppelacuvettedanssapartieinférieure(fig.57).

La cuvette elle-même se compose d'un tube en cristal maintenu entre deux garnitures métalliques que trois tiges munies d'écrous rapprochent fortement. Dans la partie inférieure du tube de verre s'engage un étui de bois, vissé sur la garniture métallique inférieure, et qui présente une gorge sur laquelle se trouve fixée la peau qui constitue le fond mobile. Cette peau se resserre en forme de goufig- 57. i 0 t et entoure un disque en bois sur lequel elle est liée au moyen d'une corde. La garniture métallique qui enveloppe toute cette partie de la cuvette porte une vis sur la pointe de laquelle pose ce disque, que l'on peut ainsi soulever ou abaisser à volonté, en tournant la tête extérieure de la vis dans le sens convenable. Enfin à la garniture supérieure est adaptée une pointe d'ivoire dont l'extrémité, visible à travers le tube de cristal, est le point de départ de l'échelle. Chaque fois

que Toil veut faire une observation de hauîeur on fait mouvoir la vis de manière à amener le mercure un peu au-dessous de la pointe ; on voit alors l'image de cette pointe par réflexion, et Ton fait remonter le niveau jusqu'à ce que la pointe et son image se trouvent bout à bout ; le mercure est alors à l'affleurement. Il ne reste plus qu'à lire la division de l'échelle en face de laquelle se trouve le sommet de la colonne mercurielle. Pour faciliter la lecture, un petit curseur mobile est adapté à l'échelle et glisse dans une rainure à crémaillère. On l'amène à l'affleurement du mercure , et on prend le numéro de la division indiquée par sa pointe.

Le tube du baromètre de Fortin est ordinairement entouré d'un étui en laiton qui se rattache à la garniture de la cuvette et préserve le verre des chocs extérieurs. C'est sur cet étui même qu'est tracée l'échelle métrique. Un rouet en peau de chamois, lié à la fois au col de la

J cuvette et au tube barométrique, empêche le mercure de sortir de l'instrument et les poussières d'y pénétrer, sans intercepter toutefois, grâce à sa porosité, la communication de l'air du dehors avec celui de la cuvette. En soulevant enfin avec la vis le fond de peau, on remplit de mercure complètement la cuvette et le tube; ainsi disposé, le baromètre peut être transporté en voyage sans inconvénient.

Baromètre à siphon. — Il est encore une espèce de baromètre également très -employé et connu sous le nom de baromètre à siphon.

Il se compose d'un tube à deux branches d'inégales longueurs recourbées parallèlement. La branche longue est fermée; la plus courte, ouverte, est en communication libre avec l'air. L'appareil se remplit de mercure comme le tube de Tojricelli; puis on le retourne dans la posi- ^ tion indiquée par la figure 58. Les deux niveaux Fig. 58. c j u iiq U ij e se fixent alors à une distance égale à la hauteur de la colonne dans le baromètre à cuvette, le poids de la colonne ac faisant équilibre sur la couche

horizontale ab à la pression atmosphérique qui s'exerce en b. Le tube est dressé le long d'une tablette verticale munie d'une échelle pour chaque branche. La division commence pour les deux échelles au point m. Pour mesurer la hauteur barométrique, on prend la hauteur me , la hauteur rnb , et l'on fait la différence des deux nombres.

Baromètre de Gay-Lussac. — M. Gay-Lussac a apporté à la construction du baromètre à siphon d'importants perfectionnements , surtout dans le but de le rendre facile à transporter et d'en faire un instrument de voyage.

Tous les baromètres à cuvette ont un inconvénient commun, qui tient à une cause générale dont nous dirons en passant quelques mots.

Il est des liquides qui mouillent le verre ; d'autres qui ne le mouillent point. — Pour les liquides de la première catégorie, parmi lesquels nous citerons l'eau, l'alcool, etc., voici ce qui résulte de cette espèce d'attraction du solide sur le liquide.

1° Dans un vase de verre la surface de l'eau n'est pas entièrement plane; la région voisine de la paroi prend une forme concave en s'élevant le long de cette paroi. Dans un vase d'un centimètre de diamètre seulement, la partie plane de la surface n'existe plus; cette surface a sensiblement la forme d'une calotte sphérique concave.

2° Le principe des vases communiquants est en défaut si l'un des deux vases a un très-petit diamètre : — Alors les deux niveaux ne sont plus à la même hauteur. Le niveau est plus élevé dans le vase étroit, et la distance des niveaux est d'autant plus grande que le diamètre est plus petit. Ainsi, lorsqu'on plonge dans l'eau un tube dont le diamètre intérieur est fin comme un cheveu (un tube capillaire), ou voit le niveau s'élever à plusieurs décimètres dans ce tube.

Pour les liquides de la seconde catégorie , le mercure , par exemple, c'est l'inverse qui se produit.

1° Dans un vase de verre la surface du mercure se déprime dans le voisinage des parois et s'abaisse au-dessous du niveau de la région centrale. Dans un vase d'un centimètre de diamètre, la surface n'aurait plus de partie plane et présenterait la forme d'une calotte sphérique convexe.

2° Si l'un des deux vases communiquants à un très-petit dia-

mètre , les deux niveaux ne sont plus à la même hauteur; ie niveau est déprimé dans le vase étroit, et d'autant plus que le diamètre de ce vase est plus petit.

Il doit y avoir d'après cela une dépression dans la colonne mercurielle du tube baroméirique, c'est-à-dire que la colonne doit avoir une hauteur moindre que si le tube avait de 4 à 5 centimètres de diamètre.

Des tables particulières, appelées tables de capillarité, donnent la valeur numérique de cette dépression pour les différentes grandeurs du diamètre du tube barométrique.

Ces corrections deviennent inutiles dans le baromètre à siphon si les deux hranches y sont d'égal diamètre ; car dans ce cas l'influence de la capillarité (c'est ie nom que l'on donne à cette force moléculaire qui rompt les lois ordinaires de l'hydrostatique) sur les deux niveaux est égale et opposée, et dès lors les effets s'annulent. Aussi cette égalité de diamètre est-elle une des conditions de construction du baromètre de Gay- Lussac. — Pour que le tube barométrique suspendu par l'extrémité de sa longue branche puisse avoir ses deux branches verticales, on lui donne la forme indiquée par la figure 59 ; do telle sorte que le centre de gravité de la masse totale soit dans l'axe du grand tube. — Les deux branches ont environ 1 centimètre ou 1 centimètre et demi de diamètre. Le tube plus étroit qui les relie l'une à l'autre, et qui est rejeté un peu de côté, a environ | centimètre. II ne faut pas le faire trop étroit, pour éviter d'augmenter le frottement du mercure sur les parois, ce qui diminuerait la sensibilité de l'instrument. La petite branche ne communique avec l'extérieur que par un très-petit trou dont les bords font saillie en forme de pointe à l'intérieur du tube. En retournant l'instrument sens dessus dessous avec précaution, la grande bran- H I che se trouve complètement pleine; l'excédant w de mercure tombe en a (fig. 60), et l'air ne

peut aller se loger dans la chambre de Torricelli. — Pour éviter plus sûrement cette ren- M Bunten a formé le tube de raccord de

Fig. 50. Fig. 60.

trée de l'air,

deux petits tubes soudés l'un dans l'autre comme l'indique

Diai

la figure 61. Grâce à cette disposition, si l'air pouvait, en divisant le mercure, pénétrer par le point c dans la branche de raccord , cet air se trouverait arrêté par la saillie de la pointe, et, suivant les parois, viendrait se loger dans l'espace fermé, où il pourrait être regardé comme formant paroi lui-même.

Enfin le tube barométrique est enveloppé , comme le baromètre de Fortin , dans un étui en cuivre percé de deux fentes en regard , à la branche supérieure, et à la branche inférieure, pour laisser voir les niveaux du mercure. C'est sur cet étui que se trouve tracée la division.

Pour mettre l'instrument en expérience , il suffit de le suspendre par un anneau adapté à sa grande branche. Le trépied qui porte l'instrument en observation peut ensuite se replier de manière à envelopper le baromètre que l'on a préalablement retourné. Le tout s'enferme dans un étui en cuir que l'observateur peut impunément porter en bandoulière. La manœuvre est la même pour le baromètre de Fortin.

Le tube de Fortin et celui de Gay-Lussac portent un thermomètre dont nous ferons plus lard comprendre l'utilité.

Baromètre à cadran (fig. 62). — Le baro-

ng * "* mètre à cadran n'est autre chose qu'un baromètre à siphon dissimulé derrière un cadran en bois assez élevé pour le cacher complètement. Sur le mercure de la petite branche flotte une petite masse de fer suspendue à un fil. Ce fil s'enroule sur la gorge d'une poulie très-mobile. Une seconde gorge de la même poulie porte un autre fil enroulé en sens inverse et soutenant un petit contre-poids. Au centre de la poulie est fixé un pivot qui traverse le cadre en bois et porte de l'autre côté une aiguille qui tourne sur un cercle divisé. Lorsque le mercure descend dans la petite branche, ce qui suppose qu'il monte dans la grande, le flotteur en fer descend avec lui, et, tirant le fil, lait tourner la poulie et l'aiguille dans un certain sens. Lorsque, au contraire,

le mercure remonte dans la petite branche et par conséquent descend dans la grande, le flotteur remonte égale- . s — v ment. Alors le contre-poids à I | | son tour fait tourner la poulie et

Il l'aiguille dans le sens inverse.

Les dimensions de la poulie sont déterminées de telle sorte que l'aiguille fasse un tour sur le cercle lorsque le mercure va du point le plus bas qu'il peut atteindre au point le plus élevé.

Le baromètre à cadran, dont l'invention est due à Jecker, est au surplus un instrument fort imparfait et sur les indications duquel on ne peut guère compter.

On a remarqué qu'un temps très-sec faisait monter le baromètre; qu'au contraire par la pluie ou par un temps humide , le baromètre descendait; qu'un vent violent avait généralement Fi g 62. p 0ur effet de faire descendre

brusquement la colonne mercurielle. Aussi a-t-on souvent recours au baromètre pour préjuger du temps qu'il fera, et les baromètres d'appartement portent sur leur échelle les indications : très-sec, beau fixe, beau, variable, pluie ou vent, tempête, correspondant sur les baromètres truits à Paris aux hauteurs :

Très-*ec 0 m ,785

Beau fixe 0 M ,776

Beau 0 m ,767

Variable 0 m ,758

Pluie ou vent 0 ,n ,749

Grande pluie 0 m ,740

Tempête 0 ra ,731

Il ne faut pas apporter trop de confiance dans ces in-

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