CHAPITRE I
La psychologie est Tétude des facultés de r&me.
L'objet de la psychologie expérimentale est de constater des faits, Fétude de leurs principes étant du domaine des autres branches philosophiques (^).
Du seiîs intime.
La psychologie aperçoit tout d'abord chez l'homme la faculté de se replier sur
(*) La philosophie se divise comme suit : i® La Logique, art de penser qui comprend la Dialectique, art de discuter; 2* la Métaphysique, qui étudie le monde suprasensible, par opposition à la Physique, science des phénomènes qui tombent sous le témoi-
lui-même, de se connaître, de se sentir, de se rendre compte de sa personnalité, faculté qui distingue Thomme des animaux et qu'elle appelle sens intime. L'application par l'homme du sens intime au jugement de ses propres actes dans leurs rapports avec les principes du bien et du mal est la conscience morale.
Le libre arbitre est le pouvoir de
gnage des sens, la métaphysique se divisant en deux parties, la Métaphysique générale ou Ontologie, étude de l'être et de ses qualités, essence de Têtre, substance et accident, cause et effet, possible et impossible, déterminé et indéterminé, puis des propriétés de l'être, identité et similitude, nécessité et contingence, etc., enfin, des différentes espèces d'êtres comme l'espace et le temps, le fini et l'infini ; et Métaphysique spéciale ou Pneumatologie,qui comprend la Psychologie et la Théodicée. Cette dernière traite de la justice de Dieu et a pour but de montrer comment ia justice et la bonté de Dieu se concilient avec le mal apparent ; 3*> la Morale ou la science de nos devoirs, divisée en morale générale et morale particulière ou spéciale; la première établissant les
rame de se soustraire aux impulsions de rinstincl ou aux excitations du dehors; il exige une volonté éclairée par la conscience. Le libre arbitre est nul chez les fous, affaibli chez les malades et les dégénérés. Il est fortifié par une éducation bien conduite. C*est ce qui explique l'importance de la psychologie dans les études de Fofficier,
principes, c'est-à-dire les idées de bien et de mal, de devoir et de droit, de mérite et de démérite, et traite des sanctions que la morale trouve dans la croyance en Dieu, dans l'attente d'une autre vie et dans la législation humaine. La seconde applique aux différentes situations de la vie les règles établies par la morale générale; elle se subdivise en morale individuelle, rapports de l'homme avec lui-même, morale sociale ou droit naturel, rapports de l'homme avec ses semblables, et morale religieuse, rapports de l'homme avec Dieu. Le Droit positif et la Politique sont des dépendances et des applications de la morale. La morale s'appelle aussi Éthique. On distingue encore l'Esthétique, science du beau ou philosophie de l'Art; la Sociologie qui, se fondant sur
conducteur d'hommes. Le but principal de l'éducation du soldat est, en effet, de donner la victoire à la volonté, éclairée parla conscience des devoirs militaires, sur les instincts bas, tels que la peur, Fappétit de l'alcool, la luxure, et sur les excitations du dehors, conseils d'indiscipline, mépris de l'autorité, propagande révolutionnaire.
la philosophie et sur l'histoire, veut établir des formules générales d'où l'on déduirait des lois sociales. Chaque science a, en outre, sa philosophie, c'est la recherche des principes sur lesquels elle repose ou qui s'en dégagent.
La Religion n'est pas une philosophie, parce que l'investigation qu'elle admet n'implique point la suspension provisoire de l'assentiment intérieur aux dogmes révélés. Dans les études religieuses, on distingue spécialement : 1<* la Théologie, science de Dieu et de ses attributs, divisée en théologie naturelle, qui se fonde sur les seules lumières de la raison, et théologie révélée, qui s'appuie sur la révélation, celle-ci se subdivisant en théologie dogmatique et théologie morale. Sous le rapport de la méthode,
La perfectibilité de rame dépend du sens intime au même degré que le libre arbitre. Les conditions de la perfectibilité sont la mémoire et la notion de ridéal.
La mémoire est l'extension du sens intime dans le passé. Au point de vue militaire, l'histoire des luttes soutenues pour la patrie, des hauts faits accomplis
on distingue la théologie positive qui est plus oratoire que didactique, suivant l'exemple des Pères de rÉglise et la théologie scolastique qui use de toutes les ressources de la Dialectique. On rattache à l'étude de la théologie celle de l'Écriture Sainte, qui renferme THistoire Sainte et la Critique Sacrée, celle-ci comprenant l'Herméneutique qui établit le vrai sens de la Bible et des livres sacrés, et l'Exégèse qui cherche à expliquer le sens des choses aussi bien que les mots; 2° l'Apologétique qui expose les motifs, prouve la vérité et la perfection du christianisme et qui répond aux attaques de ses adversaires. Elle est destinée à raffermir les fidèles dans leur foi ou à convertir les incroyants, tandis que l'étude de la théologie est réservée aux prêtres.
par les ancêtres, des progrès réalisés sous régide de l'ordre et grâce à Farmée, gardienne de Tordre, ouvre à la mémoire un champ très vaste, celui des exemples qui frapperont toujours très vivement le soldat.
Nous pouvons nous perfectionner encore en avançant vers Tidéal. La raison même ne nous serait d'aucun secours, si le sens intime ne nous permettait pas d'appliquer à nous-mêmes ridée du parfait, de comparer ce qui devrait être avec la réalité, Se perfectionner, c'est rapprocher la réalité de l'idéal.
Du développement du sens intime procède toute la vie rationnelle de Tintelligence,du sentiment et de la volonté.
L'esprit humain a une activité intellectuelle qui se réalise dans la science d'après l'idée du vrai; une activité esthé-
tique qui se réalise dans Fart d'après l'idée du beau; une activité morale et sociale qui se fonde sur les idées du bien et du juste; une activité religieuse qui se développe selon l'idée de Dieu.
Si la raison dictait nos actions, nos actions seraient toujours conformes à la raison. Il n'en est pas ainsi. C'est nous qui devons nous conformer au beau, au bien, au juste et qui ne pouvons le faire que selon nos propres lumières Nous ne sommes éclairés que dans la mesure de notre culture intime. Combien il importe donc pour l'oflBcier de se préoccuper des âmes dont il est le guide, mais pour atteindre son but, ne doit-il pas se rendre compte lui-même des facultés de l'âme?