‹ Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir à l'étude des trois langues clasiquesChapitre 100 sur 116 · CHAPITRE XXI. — ÉTYMOLOGIES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI. — ÉTYMOLOGIES FRANÇAISES

qui signifient primitivement « effacer avec un instrument qui pique ou déchire » , puis en général « faire disparaître » . Dans le français éteindre , il a surtout le sens d’étouffer le feu avec de l’eau ou par quelque autre moyen.

Remarquez encore comment «disposition à

la pitié», dans le grec classique, a signifié plus tard, et surtout sous sa forme latine, eleemosyna , la pitié secourable, l’acte de charité, seul sens qu’il a gardé dans le français aumône .

III. L’exemple de la langue italienne a contribué aussi, surtout durant le seizième siècle, à introduire dans le français un grand nombre de diminutifs, qui n’ont pas tous survécu. Exemples : fleurette , imité de fioretto; levrette , de lepretta ; livret , de libretto , etc.

En général, c’est de l’Italie et de l’Espagne que nous sont venus la plupart des mots relatifs à la vie des camps et à l’organisation militaire. Par exemple :

bataille de l’italien

battaglia ,

soldat —

soldato ,

caporal —

caporale ,

capitaine —

capitano ,

régiment —

reggimentoy

camarade , de l’espagnol camarada (primitivement chambrée, réunion de soldats dans la même chambre; comparez, en latin, contubernalis , contubernium et taberna ).

Gela tient à nos relations fréquentes avec les deux Péninsules durant les siècles où notre langue s’est surtout fixée 103.

Quant aux mots français qu’on peut rapporter avec certitude à l’ancienne langue celtique ou gauloise, telle que la parlaient nos ancêtres, ils sont en petit nombre.

Voici cependant quelques exemples qui s’appuient sur des témoignages positifs :

char de carrus (Jules-César, de Bello Gallico , I, 26), bec — beccus (Suétone, Vitellius , c. 18), lieue — leuca ou leuga (Isidore de Séville, Origines , XV, 16),

arpent — - arepenis (Columelle, de Re rustica , V, 1), aloue (vieux français, d’où alouette ) — alauda (Suétone, Jules-César , c. 24),

braie (vêtement) — braca ou bracca (Suétone, Jules- César, c. 80),

Alpes , Gallorum lingua alti montes (Servius, ad Vir gilii Æneidem , IV, 442),

alose (poisson) — alausa , alosa (Ausone, Mosella, v. 127), banne , banneau (espèce de voiture, en vieux français) — berna (Festus, au mot Benna).

Encore faut-il remarquer que presque tous ces mots celtiques semblent avoir traversé la forme latine avant de devenir des mots français. C’est particulièrement ce qui arrive pour les noms celtiques de lieu (et ils sont presque innombrables) encore usités en France; ils passèrent par la forme latine avant de prendre celle que, sauf de légères variétés d’orthographe, ils ont encore aujourd’hui.

Les mots d’origine germanique semblent en plus petit nombre dans le fonds primitif de notre langue; on peut citer en ce genre, parmi les exemples les plus certains :

forst qui nous a donné forêt (autrefois forest) , hutte (ancien haut allemand hutta) — hutte , herbergen — héberger ,

marschall (de mar , cheval, et schalk , serviteur) — maréchal, d’abord simple préposé aux écuries, puis commandant de la cavalerie, subordonné au connétable ( cornes stabuli ),

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