‹ Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir à l'étude des trois langues clasiquesChapitre 103 sur 116 · CHAP. XXI. — LES LANGUES NÉO- LATINES · texte numérisé non relu

CHAP. XXI. — LES LANGUES NÉO- LATINES

formes sous lesquelles chacun d’eux se retrouve dans les principales langues néo-latines. On verra ainsi, d’un coup d’œil, comment le latin, sorti de la souche indoeuropéenne, a produit, à son tour, des rejetons nombreux et divers. Ainsi que dans le tableau de la page 9, on remarquera que les mots d’une même ligne ont assez de ressemblance pour attester une origine commune, assez de dissemblance pour caractériser des idiomes tout à fait distincts l’un de l’autre. Quelquefois aussi ce n’est pas le même radical latin qui a fourni les formes néo-latines correspondantes : c’est à germanus , et non à frater , que l'espagnol et le portugais empruntent le mot qui veut dire frère ; anima , et non cor , a produit le valaque mima . Quelquefois aussi , quand le radical est commun à tous les mots d’une série, il a pris néanmoins dans quelqu’une des langues néo-latines un sens plus ou moins différent de son sens originel. Par exemple, le latin sto, stare , se tenir, n’est guère plus qu’un verbe auxiliaire en français, en italien, etc. Le mot espagnol fraile , les mots portugais frade , frei, freire , dérivés tous quatre de {rater par des altérations diverses, ne signifient plus « frère » dans le sens général du mot latin ou du mot français, mais seulement «membre d’une confrérie militaire ou religieuse », ce qui est à peu près, par une coïncidence remarquable, le seul sens de <ppaxwp et çpaxpi'a dans l’ancienne langue attique. Ces variétés montrent bien avec quelle indépendance les peuples de l’Europe latine ont transformé, chacun selon son génie, le fonds commun d’une langue transmise aux Italiens comme un héritage paternel , imposée aux autres par la conquête et la civilisation romaines (a).

(a) Saint Augustin, de Civitate Dei , xix, 7 : « Opéra data est ut imperiosa civitas non solum jugum, verum etiam linguam suam domitis gentibus per pacem societatis imponeret. » Plutarque disait déjà (Ques fions Platoniques , X, c. 3, § 3) : çO cP(op,atwv Xoyoç w vuv op.oîi îtcmeç avOpwrco'. ^pamau

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