CHAPITRE II. — DE LA QUANTITÉ
C’est qu’il est le résultat d'une contraction : ûs pour uis, comme dans senatüs, senatuis , et même senatuos , en vieux latin 23.
Pourquoi la pénultième est-elle longue dans monëre , laudâre ; brève au contraire dans légère? C’est que le latin, comme le grec, a pour ses verbes des radicaux (a) terminés par une voyelle : morte , lauda , et des radicaux terminés par une consonne : leg , cap et autres semblables. Or, la terminaison infinitive ërë, en se combinant avec morte, lauda , produit , par une contraction très-facile à comprendre , mortë-ëre = monëre , laudâ-ëre = laudâre , tandis que leg-ere , cap-ere ne donnent lieu à aucune contraction, et par conséquent à aucun allongement 2\ Pourquoi les verbes fôdio, vënio, fügio font-ils au parfait fôdi, vëni , fügi, en allongeant la première syllabe? C’est par l’effet d’une sorte de redoublement et de contraction à Pintérieur du mot. Fôdi équivaut à fôôdi, vëni à vëëni, fügi h füügi; et ces diverses formes répondent à celles où le redoublement s’est conservé, comme pëpïgi de pango, cëcïdi de cado , tetigi de tango, etc. (b).
Dans beaucoup de substantifs et d’adjectifs, l’étymologie explique aussi facilement la quantité du radical ou de la syllabe qui le suit; exemples :
1° Quantité du radical expliquée par une contraction :
bigæ
qui vient de bïjügœ ,
junior
nonus
sënus ou plutôt sëni âla
juvemor ,
nôvënus (comme septënus),
sexenus , inusité, sexeni (c), axilla ,
(a) Voy. plus bas, cliap. xi, p. 9ô.
(/;) Voy. plus bas, cliap. XI, p. 97, et Burnouf, Méth. lat ., § 57,
(c) Le plus souvent, à l’exemple des étymologistes, nous marquerons d’un astérisque les formes inusitées dont l’analyse démontre l’ancienne existence.
nxâla — maxillci ,
mômentum — môvïmentum (: môvere ), inusité,
fômentum — fôvïmentum ( fôveré) , inusité.
2° Quantité de la pénultième expliquée par une contraction qui se reconnaît au seul redoublement de la consonne suivante :
puëlla qui vient de puerula , inusité,
tenëllus — tenerulus, inusité,
anguilla — anguicula ( anguiculus est seul
usité),
laplllus — lapidulus , inusité.
En grec, on comprendra de même pourquoi la finale en aç des accusatifs de la première déclinaison est ordinairement longue, si Fonremarque que ces accusatifs se terminaient en av; chez les Doriens, en atç chez les Éoliens ; par exemple, t^v; Tipiavç, puis xalç xtgai'ç, plus tard t iç Ttadtc;. Il en est de même des participes que le latin termine en ans ou ens , comme le grec dorien écrivait Xucavç, TiOevç, ce qui ailleurs devenait Xuœociç, puis Xuaaç et TiOstç.
Qn pourra s’exercer à multiplier ces exemples en rapprochant avec soin, quand il y a lieu, les formes latines des formes grecques correspondantes. Au reste, l’usage des lettres vj et co pour désigner deux voyelles longues, simplifie beaucoup, en grec, l’étude de la quantité. Le latin n’ayant pas de lettres particulières pour les voyelles longues, la connaissance de la quantité des syllabes, dans cette langue , exigera toujours un peu plus de travail.
§ 3. De l’aspiration.
L’aspiration (iwsÏÏfxa, spirilus ), ainsi que son nom seul l’indique, est un surcroît de force que le souffle donne à une lettre dans la prononciation. Les Grecs en ont