CHAPITRE II!. — DE LA PONCTUATION
qu’on a retrouvés dans les fouilles d’Herculanum, et qui paraissent dater du 1er siècle de l’ère chrétienne, ne portent ni accents, ni esprits, ni points ; il en est de même des textes grecs retrouvés depuis quelques années sur des papyrus, en Égypte 31 . Ces signes n’étaient sans doute employés alors que dans les livres de luxe et dans les éditions à l’usage des écoles.
La même remarque s’applique à l’orthographe latine et aux manuscrits latins.
Sans entrer, sur ce sujet, dans le détail d’une comparaison qui aurait peu d’utilité , nous ferons observer que, chez les Latins et surtout chez les Grecs, l’abondance des particules conjonctives rendait moins nécessaire l’usage des signes de ponctuation. Par exemple, piv et 8e, en grec, n’ont souvent qu’une valeur distinctive et distributive, comme serait celle de la virgule en français. De même, plus la construction dans notre langue s’est éloignée de la construction latine, plus il nous a été nécessaire de multiplier les points et les virgules pour conserver au discours toute sa clarté. Les lectures journalières qui se font dans les classes fourniront beaucoup d’exemples à l’appui de cette observation.
[Les Grecs avaient imaginé quelques autres signes orthographiques pour marquer certains accidents de prononciation ; Yhyphen (ucp’ev) pour la réunion de deux mots en un seul, comme Traat pi^&uaa * Y apostrophe (à,iroGTpc<poç) pour l’élision d’une voyelle ou d’une diphthongue, etve* ’ipeïo, ep%o p.’l'x.wv, etc. Les Latins leur ont emprunté ces termes, et la traduction même qu’ils ont donnée de l’un d’eux (<S\aat oXri, virgula) nous a fourni le mot virgule. Outre ces signes qu’elle a presque tous empruntés des Grecs ou des Romains, mais qu’elle n’a pas toujours employés au même usage, l’orthographe française en a quelques-uns qui lui sont propres, comme le tréma et la cédille. Il n’y a qu’une remarque générale à faire sur ces procédés secondaires de l’écriture, c’est qu’ils prouvent la difficulté d’exprimer avec les
seules lettres de l'alphabet tous les accidents et toutes les variétés de la prononciation.]