‹ Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir à l'étude des trois langues clasiquesChapitre 32 sur 116 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

DE LA PROPOSITION CONSIDÉRÉE AU POINT DE VUE GRAM- MATICAL. DU SUJET, DU VERBE ET DE L’ATTRIBUT.

Nous avons vu qu’avec les lettres se forment les syllabes; avec les syllabes, les mots; avec les mots, la phrase. Quand la phrase, si courte qu’elle soit, offre à l’esprit un sens complet, c’est ce que les Grecs appelaient auTOTeWjç Xoyoç, ou simplement Xoyoç, les Latins oratio , ce que nous appelons en français proposition , c’est-à-dire l’expression d’un jugement.

Si je prononce séparément les deux mots cheval et blanc , je donne à celui qui m’écoute deux notions, celle

de cheval et celle de blancheur . Mais si je dis ce cheval est blanc , j’énonce quelque chose de plus que les deux notions, j’exprime un jugement. L’ensemble de ces trois mots forme donc une proposition.

Les mots essentiels qui constituent une proposition s’appellent les termes de la proposition.

Celui des trois qui exprime l’idée d’un être ou. d’une substance, ou, en général, d’une chose indépendante par elle- môme, se nomme le sujet .

Celui qui exprime la qualité ou l’état du sujet, est r attribut.

Enfin celui qui affirme que l’attribut appartient au sujet, se nomme le verbe.

Chacun de ces mots a donc un rôle particulier et une valeur bien distincte de la valeur des deux autres mots.

Mais ordinairement la proposition ne paraît pas aussi facile à analyser. Tantôt, c’est parce qu’elle est plus courte ; tantôt, parce qu’elle est plus longue.

1° Parce qu’elle est plus courte. Ainsi ppovxa, tonat , il tonne , offrent certainement un sens complet, quoique le jugement soit exprimé par deux mots en français et par un seul en grec et en latin. Aîvefaç ôpixaxat, Æneas ruit , présentent trois termes en deux mots, dont l’un, le nom propre, est le sujet, et dont l’autre renferme à la fois un verbe et un attribut. Il faut quelque effort d’attention pour analyser ces locutions si brèves : Ppovxa zz ppovxr) YtYV£Tat ou £(7Tt yiYv0IJL£V71? tonat =. tonitru fit ou est tonans , ôpgaxai = ôpgtofjisvoç, ruit = est ruens.

Quelquefois aussi le sujet et l’attribut sont seuls exprimés, le verbe est sous-entendu. Ao;a (eÏt]) 6sw, gloria [sit) Deo, — gloire (soit) à Dieu , offrent l’exemple de propositions où manque précisément le verbe, c’est-àdire le principal terme. Nous sommes si bien familiarisés avec ces locutions, qu’elles n’ont pour nous aucune obscurité; mais, dans l’analyse du langage, il faut

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