CHAPITRE IX. — DU PRONOM POSSESSIF
lents à x al c Z'zo<;=et ille=et il, etc. : voilà pourquoi nos grammairiens les nomment pronoms conjonctifs .
En général, tous ces pronoms de la troisième personne sont souvent employés comme adjectifs à côté des noms, ce qui les a fait aussi appeler adjectifs démonstratifs, relatifs ou conjonctifs .
II. Les pronoms possessifs (xTYiTixal avTtovujju'at, posses siva pronomina), pour la plupart, s’appelleraient mieux adjectifs possessifs, car ils ont presque toujours le sens adjectif, en grec et en latin; et c’est en français seulement qu’ils ont deux formes, l’une pour le sens pronominal, l’autre pour le sens adjectif. Exemples : ejjio;, v) jxsTspoç, adjectifs ; b o'ç, ô zepoç, pronoms. En grec, comme on le voit, la seule différence consiste dans l’addition de l’article: meus , noster , adjectifs et pronoms; mon , ton , son , adjectifs ; le mien, le tien, le sien , pronoms. Chacun de ces pronoms possessifs dérive évidemment du pronom personnel correspondant : Ijjloç offre la même racine que ipo i, i[ xi, comme ^usTepoç rappelle r)f/.eiç; meus répond à me, noster à nos , et ainsi des autres.
Si on analyse le sens d’un pronom possessif, on trouve qu’il exprime deux idées principales : celle du possesseur et celle de l’objet possédé : i[x, c’est-à-dire la racine répond à l’idée du possesseur; oç, c’est-à-dire la terminaison répond à l’idée de l’objet possédé. De même dans me-us, tu-us, etc. Si donc la personne du possesseur change, la racine devra changer; si l’objet possédé change, c’est la terminaison qui exprimera ce changement.
Le nom du possesseur est-il au singulier et à la première personne, on a, en grec, i\x, en latin me; estdl au pluriel et à la première personne, on a, en grec, en latin, nos. En grec, si le nom du possesseur est au duel, le pronom possessif a pour radical le duel du pronom personnel correspondant : vwï* — von'Tspoç, crcpwV--<ycpto{Tepoç.
En français, si le nom du possesseur est au pluriel et à la troisième personne, l’adjectif possessif sera leur . Mais le latin n’a ici qu’une forme, suus , sua , suum9 soit que le nom du possesseur se trouve au singulier ou au pluriel.
Au contraire, selon que l’objet possédé est au singulier ou bien au pluriel , au masculin ou bien au féminin, etc., c‘est la terminaison du pronom possessif qui change; en conséquence, on a %sTepoç-Tspa-Tepov, nos ter-tra-trum . Mais le français n’offre plus ici la même variété de formes, car il n’a que deux genres et deux nombres, et il n’a point de cas : mien ou mienne , sien ou sienne; miens ou miennes , siens ou siennes ; nôtre ou nôtres .
Voilà donc, en grec et en latin, une singulière symétrie de formes, et des procédés d’une grande délicatesse. Le grec et le latin ne sont pourtant pas, à cet égard, les langues les plus riches en flexions. L’allemand marque par un changement de radical le changement de genre dans la personne du possesseur : ainsi l’adjectif possessif sein , seine , sein , s’emploie quand le nom du possesseur est masculin ou neutre au singulier, et ihr, ihre , ihry quand il est féminin, ou quand il est au pluriel. Par une propriété analogue, l’anglais, pour exprimer son , sa, scs, emploie his quand le nom du possesseur est masculin; her , quand il est féminin; «ïs, quand il est neutre.
Au reste, l’idée de possession ne s’exprime pas seulement dans ces langues à l’aide des pronoms et des adjectifs possessifs que nous venons d’examiner. En effet , le génitif d’un nom substantif ou d’un pronom exprime souvent cette idée : ô oouAoç p.ou signifie la même chose que 6 oqïïaoç 6 Ipioç. Servus e/us équivaut au français son esclave. Servus mei , pour servus meus , n’est pas une locution usitée, mais n’est pas moins intelligible que ne le serait en français V 'esclave de moi , pour mon esclave .