‹ Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir à l'étude des trois langues clasiquesChapitre 78 sur 116 · PRINCIPALES RÈGLES DE L’ANALYSE LOGIQUE · texte numérisé non relu

PRINCIPALES RÈGLES DE L’ANALYSE LOGIQUE

§ 1. Définitions et observations générales.

Quand on considère une phrase de quelque étendue, et qui renferme plusieurs jugements, on voit sans peine qu’elle peut se diviser en divers groupes de mots formant chacun un sens particulier qui se rattache au sens général de la phrase. Si les diverses parties de la phrase sont symétriquement arrangées, elles forment une 'période (icepioSoç, circuitus ou ambitus verborum ), dont elles sont les membres (xwXa, membro). Mais, de quelque façon que soient arrangées ces parties de la phrase, on peut toujours les diviser en propositions ou jugements, et les propositions elles-mêmes peuvent être divisées en trois termes : sujet, verbe et attribut. Faire ainsi l’analyse d’une phrase, c’est en faire Y analyse logique .

Dans un ensemble de propositions formant une phrase, il y a la proposition principale et les propositions secondaires ou subordonnées. Dans chaque proposition prise à part, le sujet peut être simple, c’est-à-dire exprimé par un seul mot ; il peut être multiple, quand il comprend plusieurs noms; complexe ou composé, quand il a un ou plusieurs compléments. Il en est de même de l’attribut. L’analyse logique recherche et signale ces différences ; mais elle ne s’occupe pas autrement de la forme des mots, se contentant de les distinguer et de les grouper selon leur rôle dans la phrase et dans la proposition. Un exemple pris dans chacune des trois langues classiques suffira pour montrer comment on y applique ces règles élémentaires d’analyse.

Xénophon commence ainsi un apologue célèbre, celui d’Hercule entre le Vice et la Vertu : üpoStxoç cprt<jt tov

'HpcocXéoc, Itcei ex 7rcctâcov eç vjêrjv ü)pp.axo, ev 7} ot ve'oi, */]5v) auxoxpaxopsç yevopievot, ^yjXouatv site xyjv ot’ dpexyfc ôSov xps^Lovxat £7rt xov (h'ov, eixs xijv Stà xaxtaç, i^eXOovxa etç ^cru^tav xa- OTjaôai, aTTopoüvxa Ô7uox£pav xcov ôowv xpaTtY)xai (a), phrase que Cicéron (b) a traduite un peu librement par : Herciilem Prodicus dicit y quum primum pubesceret, quod tempus a natura ad deligendum quant quisque vivendi viam sit in gressurus datum est , exisse in solitudinem (c), atque ibi se dentem diu secum multumque dubitasse, quum duas cerner et vias, imam voluptatis , alteram virtutis , utram ingredi melius esset . Nous traduirions ainsi en français : « Pro- « dicus raconte que, au sortir de l’enfance, et entrant « dans cet âge où les jeunes gens, devenus maîtres « d’eux-mêmes, montrent s’ils suivront la voie de la « vertu ou [s’ils suivront] celle du vice, Hercule sortit a pour aller s’asseoir loin du bruit, et demeura incer- « tain du chemin qu’il prendrait. »

Dans les trois phrases, la proposition qui domine toutes les autres est celle dont Prodicus est le sujet : c’est la proposition principale; son sujet, Prodicus, est simple, mais l’attribut raconte (est-racontant) est très-complexe; car il a, en réalité, pour compléments, tous les mots qui suivent. De toutes les propositions qui dépendent de ce verbe cpr^t, dicit , raconte, l’une : "HpocxXéa e£sXôovxa etç Tjcru/tav xaôrjcOcu, ou, comme dit Cicéron, Hercu lem exisse in solitudinem , est la première des propositions subordonnées ; car si, au lieu de tourner par Prodicus raconte, on avait dit : Selon le récit de Prodicus , Hercule, etc., la proposition dont Hercule est le sujet, serait devenue la principale. Le sujet de cette proposition. Hercule, est simple et incomplexe, car il n’est accompagné d’aucun autre nom ni d’aucun adjectif; mais, logi-

(a) Mémoires sur Socrate , II, 1 .

\b) De Ofjicüs, I, 37.

(c) Cicéron paraît avoir lu dans le texte de l’auteur grec, êpYjpi'av au lieu de ^cruyjav.

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