CHAPITRE XXI. — ÉTYMOLOGIES LATINES
hippodromus — ÏTTTwfôpofjioç, geographia — yetoyp hexameter — i^ETpoç, syllaba — cuXXaêrç,
monosyllaba (vocabula) — fÀovo<roXXa6a, iambus — iag6o;, grammaticus — ypapip.aTtxo<;.
Et ainsi beaucoup de mots utiles ou nécessaires dans le langage des arts et des sciences. C’est à ces emprunts que paraît faire allusion Horace, quand il dit :
Et nova fictaque nuper habebunt verba fidem^ si Græco fonte cadant parce detorta (a).
3° Dans une troisième classe de mots se rangent ceux dont il est difficile d’affirmer s’ils sont le produit d’un emprunt réfléchi ou d’une tradition commune aux deux peuples :
dolus (qui est aussi un mot osque) — SoXoç, purpura — wopcpupa,
numus ou nummus — vojaoç, pour vo'p.iaga^
cadus — xaSoç,
cubitus — xuêiTov,
catinmn — xaxivov,
uncia — ôyxi'a (6).
Ces derniers mots grecs, étrangers au dialecte attique, mais en usage dès une époque très-reculée chez les Doriens de la Sicile et de l’Italie méridionale, puisqu’on les trouve déjà dans Épicharme et Sophron, peuvent avoir pénétré dans le Latium bien avant la conquête de Tarente et celle de la Grèce orientale par les Romains 93.
(a) Ad Pisones , v. 52, 53.
{b) La racine de ce mot se retrouve dans oyxo;, poids .
4° Mots qu’on peut appeler hybrides, c’est-à-dire composés de deux éléments d’origine différente (a) :
epitogium composé du grec Itc l et du latin toga, epirrhedium — du grec im et du gaulois rheda , hiclinium — du latin bis (pour duis) et du grec x)av^, Græcostasis — du latin Græcus et du grec cractç, peratticus (très-attique) — du latin per et du grec ’Amxo'ç, Àtticus.
En comparant les deux premières listes, il est facile de voir que, dans la première, le mot latin diffère notablement du mot grec dont il reproduit cependant et le sens et la racine; dans la seconde, au contraire, le mot latin reproduit le mot grec comme un calque fidèle : c’est que la première classe de mots provient d’un développement distinct et irréfléchi des racines communes aux Hellènes et aux Romains, développement postérieur à la dispersion des races issues de la grande famille aryenne, tandis quel’autre provient du travail des savants et des littérateurs romains, qui cherchaient dans la langue grecque de quoi suppléer à l'indigence de leur langue maternelle, et qui transcrivaient les mots grecs en lettres latines, avec toute l’exactitude qui leur était possible. La première classe de mots prouve clairement que les Grecs et les Romains ont une même origine ; elle le prouve d’autant mieux que tous ces mots expriment des idées élémentaires et usuelles, et qu’ils appartiennent nécessairement au fonds primitif de la langue. La seconde classe, au contraire, prouve simplement que les Romains, s’étant rapprochés de la Grèce, lui ont fait, avec réflexion, beaucoup d’emprunts pour compléter leur vocabulaire technique.
( a ) C’est une remarque déjà faite par Quinfilien, fristit. Orat I, 5, s 68-69.