‹ Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir à l'étude des trois langues clasiquesChapitre 94 sur 116 · CHAPITRE XXL — ÉTYMOLOGIES LATINES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXL — ÉTYMOLOGIES LATINES

Sans pénétrer fort avant dans l’étymologie latine, on peut donc en tirer déjà des conséquences intéressantes sur l’histoire du peuple romain et de ses rapports avec TOrient et la Grèce.

5° On distinguera encore par l’étymologie un certain nombre de mots que les savants romains signalaient comme empruntés aux anciens dialectes de l’Italie, particulièrement du Latium, mais dont les radicaux se retrouvent souvent dans d’autres idiomes indo-européens 94 . Tels sont, par exemple :

solus ou sollus , entier (cité plus haut,p. 157), multa pour pœna, et senatus , mots d’origine osque, so/, solis, qui vient des Sabins,

hircus, hœdus ou edus, qui étaient chez les Sabins fircus et fedus ,

crepusculum, diminutif de creperum , également emprunté aux Sabins, chez qui il était synonyme de dubium (dubia lux) ,

februarius, de februum , synonyme de purgamentum chez les Sabins,

iduSy mot romain et sabin, qui se retrouvait chez les Étrusques, sous la forme itus , quinquatrus , nom d’une fête qui se célébrait le cinquième jour après les Ides, et qui est formé comme les mots triatrus , en usage chez les habitants de Tusculum, decimatrus , en usage chez les Falisques, histrio dérivé de hister , mot étrusque importé à Rome avec les jeux scéniques de l’Étrurie, comme nous l’atteste Tite-Live (VII, 1).

On voit par ces exemples que la langue latine s’est formée aussi d’emprunts faits aux langues voisines de Rome, comme la population romaine se renouvelait et s’augmentait par l’admission successive des divers peuples de l’Italie dans le sein de la cité conquérante.

6° Mots latins imités, pour la composition ou la dérivation, de mots grecs correspondants :

imité de £7t{pp7)[xoc,

— GuvSscrjjioç,

— GuÇuYtoe,

— £TU|/.oXoYia,

— IwiSeixTtxrfç,

— ■ (jLeTacpopa,

qualitas , dérivé de qualis , comme 7rotoTY|$ Test de 7 roToç,

adverbium

conjunctio

conjugatio

veriloquium

demonstrativus

translatio

medietas , mot hasardé par Cicéron pour rendre le grec

fJL£<TOTY|Ç,

ambitus ou circuitus verborum , pour neploSoç.

Presque tous ces mots appartiennent au langage de la grammaire, de la rhétorique et de la philosophie. Les Romains, en effet, n’ont pas eu de grammairiens ni de rhéteurs avant leurs relations avec la Grèce. Quand ces relations se multiplièrent, les Grecs avaient pour les sciences tout un vocabulaire de mots techniques que les Romains s’approprièrent de leur mieux, tantôt en transcrivant les mots grecs avec des lettres romaines, tantôt en les imitant comme on vient de le voir. Souvent aussi, au lieu de transcrire ou d’imiter ces mots, ils y suppléèrent par des périphrases 95.

Dès les derniers temps de la république, et surtout sous l’empire, la fusion de plus en plus intime des deux races, grecque et romaine, n’est plus seulement attestée par les emprunts que les Romains font à la langue grecque ; mais le grec, à son tour, emprunte au latin un certain nombre de mots, presque toujours des termes exprimant des idées ou peu familières ou étrangères aux peuples de la Grèce 96. Exemples :

7rarpwv, 7uaTptovoç, de patronus ,

Tl'TAOÇ — tituluS,

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