‹ Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir à l'étude des trois langues clasiquesChapitre 95 sur 116 · CHAPITRE XXÏ. - ÉTYMOLOGIES LATINES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXÏ. - ÉTYMOLOGIES LATINES

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axxa — acta , et axxouapto; — actuarius ,

Xsytcov ou Xsyswv — legio, et XeyEwvaptoç — legionarius , puis le composé hybride Xeyswvàp/rjç (chef de légion, tribun).

De même que les Romains avaient fait à leur manière des dérivés de mots grecs, comme exodiarius de exo dium , l;oo iov; theatralis de theatrum , Ssaxpov ; proœmiari de proœmivm, 7upootpuov, etc.; de même les Grecs donnèrent des terminaisons tout helléniques à des mots dérivés du latin : ainsi curator , transcrit en grec, xoupaxwp, a formé le verbe xoupaxopsuw ; annona, awoW, a formé le verbe àwtovEuto. Mais ces mots, de date assez récente, sont aussi le témoignage d’une confusion dans la grammaire des deux langues; on y sent la décadence du goût et l’approche de la barbarie.

En général, les Grecs, qui avaient de beaucoup devancé les Romains par la civilisation et la culture littéraire, ont montré peu de goût pour la langue latine , peu de disposition à s’en servir. De bonne heure les Romains s’habituèrent à parler, à écrire en grec. Peu de Grecs, avant les temps byzantins, ont suivi cet exemple pour la langue latine 97 .

§ 3. Principes de l’étymologie appliqués à la langue française.

Malgré toute l’érudition et tout l’esprit des humanistes français tels que Vaugelas et Ménage, malgré le génie de Fréret, malgré les sages préceptes de Turgot, l’étymologie, dans notre langue, est restée longtemps livrée aux conjectures et à l’esprit de système. CJest seulement depuis un demi-siècle que, par les progrès de la grammaire comparée, l’étymologie des mots français a été soumise à une méthode vraiment scientifique, et qu’elle s’est étroitement alliée à l’histoire même de notre

langue98. Nous ne pouvons entrer dans le détail de ces recherches ; mais nous pouvons signaler, du moins, quelques règles de classification et d’analyse.

I. Le plus grand nombre des mots français sont dérivés du latin; mais ils en sont dérivés par deux voies différentes. Les uns sont devenus français par un travail de transformation toute populaire et irréfléchie; les autres, par un travail d’imitation savante.

1° Mots français tirés du latin par voie d’altération populaire :

nier de negâre , et lier , de ligâre , clore de claûdere , et exclure, de exclüdere , douter , autrefois doubter , de dubitâre , châtier , autrefois chastier, chastoyer , de castigâre , larron , de latro , ou plutôt du radical des autres cas : latrôn-is , latrôn-em , etc., couronne , de corôna , étoile , autrefois estoile, de sfe'//a, dette , autrefois debte , de débita, hors, et /ors, de fow, dîme , autrefois dixme, de décima .

Mesme, nom propre, de Mâximus .

Mesmin , nom propre, de Maximinus.

Quelques mots de cette classe sont même venus du grec par l’intermédiaire d’une transcription latine usitée dans les bas siècles de l’empire romain et au moyen âge. Par exemple :

Pentecoste ou Pentecôte , le cinquantième jour après Pâques, d e pentecosta, ^ ttsvtyixogttq (^spa), église , de ecclésia , IxxXyjai'a, aumône, de eleemôsyna , eXsY)pio<7uv7), prêtre , de présbyter , 7rpe<7êuTepoç.

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