‹ Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir a l'étude des trois langues classiquesChapitre 22 sur 100 · CHAP. IV. — ANALYSE DES MOTS · texte numérisé non relu

CHAP. IV. — ANALYSE DES MOTS

mencement ou à l’intérieur des mots, la trace de leur composition, et rend par là très-difficile la recherche de leur forme primitive. Par exemple :

debitum est devenu creditum —

cadere -

eleemosyna —

avunculus —

augustus —

cogitare —

dette et dû, cru ,

chéer, choir, aumône , oncle ,

uoust , août, oût, cuider (vieux français, espagnol cuidar )**.

La racine, en devenant le radical ou le thème d’une classe de mots, ne se modifie pas seulement par l’addition de lettres nouvelles , comme dans : Xap- Xauêâvw, Tuic-Tupotavov , Xtir-Xwcapoç, àXsiœu), et dans: pag ou pac-pango , pactus , tag ou tac-tango , tactus , lablambo, etc. Les lettres même qui paraissent en faire partie essentielle sont sujettes à se modifier.

Ainsi dans : Tpîmo, xé-rpoTix, ?pôîio; ; dans Tplu.w-Tp0pt.oi;, etc., l e de la racine s’est changé en o;

ôpa, dans otSpdaxw, Spa7rÉTT)(; , SpapLoüjxsi,

Tps, dans t pe^w, et 0pe, dans 0pï;opiat,

Tpo, dans Tpô^oç et Tpoxeûî, et peut-être aussi Spo, dans SÉSpopta, Spopioç, Spojieû;,

ne paraissent être que des variantes d’une même racine, signifiant l’idée de courir ; et pourtant le seul élément que cette racine conserve tout à fait invariable est le p.

Ainsi, pour citer un exemple latin, où l’étymologie n'est pas moins certaine, quoique plus difficile peutêtre à saisir : sob-ol-es, ad-ul-escens pour adolescent, ol-us, ind-ol-es, etc., offrent, avec le sens de croître, pousser, une même racine de deux lettres, où la lettre invariable est la consonne l; dans ckIx, cklcarc, in-

grammaire comparée.

cvlcare , procclcare , etc., la racine a quatre lettres, parmi lesquelles la voyelle intérieure a seule changé.

La formation des temps, en grec, défigure quelquefois, en apparence, une racine que l’analyse apprend à reconnaître. Ainsi aor. 1 er passif de dEyw, fy* et ?[ufMK, parfaits actif et passif de &rrw, n’ont plus une seule lettre du radical qu’on trouve au présent de l’indicatif; mais ils ont des lettres de même nature , et de l’une de ces formes on peut remonter à l’autre d’après des règles aussi simples que sûres.

La valeur des terminaisons est , en général , assez sensible dans les trois langues classiques pour n’avoir pas besoin d’être particulièrement signalée ; celle des suffixes proprement dits exige peut-être plus d’attention pour être bien saisie. Par exemple , en comparant les formes (îa(-v-w, je marche , avec ptpâ-Ç-co, je fais marcher t eùSaifAov-éw-w, je suis heureux, avec çùSaipov-i'Ç-w , j’estime heureux , je félicite; <rw<ppovÉ«-(o , je suis sage, avec crw<ppov(Ç-o>, je rends sage, on remarque toute la force du suffixe Ç ou distinct de la terminaison <*>. En comparant les mots latins pur-g-o, casti-g-o, levi-g-o, etc., on remarquera de même combien la terminaison active o se distingue nettement du suffixe g, qui donne à tous ces verbes un sens particulier, celui de rendre (pur, ou honnête, ou poli, etc.). De même, pour les substantifs, la force du suffixe est bien sensible et bien distincte de celle de la terminaison dans les exemples suivants :

testi-moni-um queri-moni-a ,

matri-moni-um cæri-moni-a ,

vadi-moni-um sancti-moni-a *

ati'moni-um (Tacite), ali-moni-a (Plaute),

où l’on voit le suffixe moni prendre tour à tour;

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