‹ Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir a l'étude des trois langues classiquesChapitre 23 sur 100 · CHAP. IV. — ANALYSE DES MOTS · texte numérisé non relu

CHAP. IV. — ANALYSE DES MOTS

jusque dans le même mol, les terminaisons propres à deux déclinaisons différentes.

Dans les exemples précédents, on a dû observer aussi un fait que nous n’avons pas encore signalé : entre la dernière consonne de la racine et le suffixe, et entre le suffixe et la terminaison, se trouve souvent une voyelle qui, à vrai dire, ne fait corps avec aucune de ces trois parties du mot, et qu’on appelle ordinairement voyelle de liaison : c’est ici la lettre i.

On la distingue encore très-nettement dans les composés comme :

silv-i-cola équivalent à silvæ incala, rur-i-cala — ruris incola,

publ-i-eola (autrefois poplicola) — qui colit populum.

Dans ce dernier exemple, la quanlilé seule de F», qui est bref, suffirait à montrer qu’il n’est pas la finale d’un génitif singulier.

La voyelle de liaison n’est pas toujours nécessaire pour unir la racine au sut fixe ou le suffixe et la terminaison. Ainsi, elle manque dans facul-tas , fragmen-tum, cap tus, tandis qu’elle se trouve dans facil-i-tas, frag-i-lis, cap-i-tur, elc.

L’étude que nous venons de faire nous montre dans les mots, surtout dans les mots grecs et latins, une sorte de mécanisme régulier, on pourrait presque dire un organisme semblable à celui que l’Histoire Naturelle étudie dans les végétaux. Celte ressemblance nous frappera mieux encore après les analyses où nous allons entrer.

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