CHAP. V. — DES MOTS SIMPLES, ETC
le régime du verbe «pépw, comme dans la locution ô çépwv olxov. De même encore 0£o'<i8otoç et ©eôaSwpo;^ formes doriennes, pour ©eôSotoç et 9eôo(opo«.
Quelquefois la voyelle du radical se change régulièrement dans le passage du mot simple au mot
composé. Exemples, a en u dans :
glaber qui forme deglubere ,
cale are
inculcare , proculcare , etc.
salsus
insulsus,
saltare
insultare, exsultare, etc.;
au en u, dans causare
reçus are, excusare , etc.;
a e ne, dans :
damnare
condemnare, ,
fallere
refellere ,
dare
edere , prodere , etc. ;
e en i, dans :
sapere
aesipere, resipere , etc.,
capére
decipere , excipere , etc.,
facere
perficere , effeere , ejc.
Quelquefois le verbe qui entre en composition avec un nom ou un adjectif change aussi de conjugaison. Exemples :
à gratum facere correspond gratificor-aris à ludum facere — ludificor-aris,
à atnplum facere — amplifico-as.
Lorsque deux mots gardent en s’unissant la forme et la valeur qu’ils avaient séparément, alors ils sont Seulement juxtaposés (7tapaTE0£t[iÉva ou irapaxEi'jxeva). Tels sont, en grec, les noms de ville NeWoXh, Ne'ovttt^oç, où les deux éléments qui forment le mot restent
précisément ce qu'ils étaient avant d’être rapprochés.
Quand le premier des deux termes com posants était naturellement indéclinable , et que l’autre n’est pas altéré, comme dans benefaeere , maledicere, iMptëoXXw, xotTaê*X),<» , eoXoyoî , il semble plus difficile de voir si le polysyllabe qui se forme de leur rapprochement est, h proprement dire, un composé. En pardi cas, les anciens distinguaient mieux que nous le véritable caractère du mot, grâce à la différence d’accent: dans la juxtaposition, chacun des deux mots conserve son accent propre; dans la composition, le mol composé n’a plus qu’un seul accent; ainsi, au lieu de béne fâcere, on a benefaeere; au lieu de rapt paXXo), eu Xoyo;, on a irspiëaXXt», euXoyo;. De même, encore : raot®ôpv)Toç OU lieu de rapt tpopr ( Toi;, et ratveosoç au lieu de 7tïv coso'ç. En général, dans les composés, l’accent tend h remonter jusque sur la troisième syllabe avant la fin* 7 .
[En outre, les Grecs appelaient compotes obliques, xapowjv- *t Orra, et les Latins decomposita, les mots dérivés d’un composé. Exemples: BuxXextouSt, dérivé de BitxXexxoç qui luimême est un composé; sùoaipovlÇetv, dérivé de eùBafpciw. En latin : intelligent, de inlelligo ( inter-lego ); sacrilegium, de sacrilegut. Les distinctions sont un peu subtiles, mais elles sont justes , et méritent d'être retenues.
Généralement, les mots composés, soit en grec, soit en latin, n’ont pas plus de deux termes composants, excepté lorsqu’ils renferment des prépositions, eomme dans ctvxmapaxéwui, âvvtxapdaaÇtî , G-orapaîxr^iç , imperlerritus -, inesepugnabilis, etc. Les mots comme TopvEUToXupaaroBosnfyiç, qui fait des lyres et des boucliers tournés , et, en latin, suovetaurilia , « sacrifice d’un porc, d’une brebis et d’un taureau, » sont des exceptions assez rares et presque toutes justifiées par quelque licence du style comique.]
Nous n’avons pas cité jusqu’ici de mots composés 1 dans la langue française. C’est qu’ils y sont aussi