‹ Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir a l'étude des trois langues classiquesChapitre 30 sur 100 · CHAP. VII. — DES PARTIES DU DISCOURS · texte numérisé non relu

CHAP. VII. — DES PARTIES DU DISCOURS

ticles ( apOpa , articuli), des pronoms (dy-romp-tai, pronornim ), des participes (ue-co/aî , participia), des adverbes (Èm^r'aaxa, adverbia) , enfin des prépositions (icpoÔ£«tiç, præpositiones). Dans la classe du nom on sentit le besoin de distinguer le nom proprement dit et Y adjectif (éiuôe-rov, adjectivum), etc.

Les philosophes grecs et à leur suite les grammairiens ont ainsi constitué la division des mots en huit classes principales; cette division, généralement suivie par les Latins , s’est transmise par eux aux écoles du moyen âge et de là aux écoles modernes où elle règne encore presque seule aujourd’hui 30 .

[Il y a cependant sous cette uniformité apparente quelques différences à signaler entre les Grecs et les Romains, entre les anciens et les modernes.

Les Romains, qui n’avaient pas d’ Articles, n’auraient dû reconnaître dans le discours que sept classes de mots, s’ils n’avaient fait une huitième classe pour l’Interjection, que les Grecs confondaient avec l’Adverbe.

Les grammairiens latins , comme la plupart des grammairiens grecs , ne faisaient de l’Adjectif qu’une subdivision du Nom. Les modernes en ont fait une classe à part. En considérant encore le Participe comme un mot distinct du Verbe, on arrive à reconnaître, comme dans la plupart de nos grammaires françaises, dix parties du discours qui sont; î u l’Article; 2° le Nom ou Substantif; 3° l’Adjectif; 4° le Pronom; 5° le Verbe; 6° le Participe; 7° la Préposition; 8° l’Adverbe; 9° la Conjonction; 10° l’Interjection.

Comme on le voit, ce désaccord entre les trois théories a très-peu d’importance, et il ne peut nous empêcher de reconnaître que sur ce sujet les modernes doivent aux anciens presque toute leur science.]

S 2. Observations générales sur les parties du discours.

I. On voit, par les observations mêmes qui précèdent, que selon la manière de considérer les mots et

selon l’importance qu’on attache à certaines particularités de leur forme ou de leur rôle , on peut augmenter ou diminuer le nombre des Parties du discours. Cette division n’a donc pas par elle-même un caractère absolu et rigoureux.

Pour ne pas s’égarer, sur ce sujet, dans des distinctions trop subtiles, il ne faut pas perdre de vue la proposition , qui est le fond même du langage ; il faut, au contraire, juger et classer les mots surtout d’après le rôle qu’ils ont dans la proposition. A ce point de vue, on pourrait les répartir en quatre classes principales, que je vais énumérer.

1° Les Verbes, en y rattachant, non-seulement les Infinitifs, mais encore les Participes, qui sont presque toujours de véritables verbes, comme nous le montrerons plus bas (p. 77-79). m

2° Les mots qui servent de sujet à la proposition, à savoir le Nom et le Pronom.

3° Les mots qui servent d’attribut direct au sujet, comme l’Adjectif.

4° Les mots accessoires, qui modifient : soit le sujet, comme fait l’Article ; soit l’attribut, comme fait l’Adverbe ; et ceux qui marquent le rapport d’un mot à un autre, comme fait la Préposition, ou le rapport d’une proposition à une autre, comme fait la Conjonction.

A ne considérer que là forme des mots , on peut aussi les diviser en mots variables et en mots invariables. Ainsi se placeront d’un côté : le Nom et l’ Adjectif, le Verbe, le Pronom et l’Article ; de l’aulre, les particules ordinairement dites particules indéclinables : la Préposition, la Conjonction et môme l’Adverbe, quoique ce dernier soit susceptible de certains changements, comme on le verra au chapitre xiv. •

Quant ù l’Interjection, c’est un mot à part, et nous

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