CHAP. VIII. — DU NOM SUBSTANTIF. SI
du sujet où elle existe, d’une qualité abstraite , que l’on assimile ainsi à un être indépendant; c’est ce que les grammairiens modernes ont, avec raison, appelé nom abstrait. Les anciens le rattachaient au nom commun.
Les trois langues connaissent aussi les noms indéterminés comme iroXXot, àXtyoi, aXXot, multi , pauci, alii , quand ils ne sont pas employés avec le sens d’adjec tifs; les uns, les autres , etc.; les interrogatifs comme tu; quis ? quiï Elles ont toutes trois des diminutifs : ofôtov de oï<, herbula de herba, herbette de herbe; des noms de peuple ou ethniques flOvixà évôuacTaJ : 'EXXijv, Romanus, Français, etc.
Mais les Grecs et les Latins ont seuls ce qu’on appelle d’un mot grec les noms patronymiques , comme IÏT|Xtû>>v, rir,Xe!8»iç, etc. Les Latins ici n'ont guère fait que transcrire ou imiter de très-près les formes usitées dans la langue grecque : Dardanidæ, Æneadæ. Quelques-unes de ces formes ont passé en français : les Atrides , les Tyndarides , etc.; mais notre langue répugne à former d’elle-même de tels dérivés. Elle donne le sens de noms patronymiques à quelques dérivés, comme Mérovingien et Capétien ; mais, en général , elle exprime par les mots fils ou fille de ce que les deux langues expriment plus rapidement par un suffixe, comme «S ou t «S, suivi de l’une des terminaisons habituelles des substantifs. Le grec et le latin ont, à -cet égard, surtout pour le style poétique, un avantage réel sur le français.
C’est ici le lieu de remarquer que les noms propres, formaient en grec et même en latin, une classe de mots plus réguliers et plus intéressants à analyser que dans notre langue. Presque tou jours l’étymologie en peut donner le sens primitif, et ce sens est quelquefois utile à observer pour l’histoire. Ainsi rXotüxoç,
n’est que l’adjectif yXauxôî, brillant , avec une autre accentuation. Aïoy s'vrjç, fils ou descendant de Jupiter; Atofx^5ï)ç, qui est le souci de Jupiter , et, par conséquent, protégé de Jupiter ; 0£Ô8wpo<, présent de Dieu , que les Latins ont imité dans la périphrase A Deo datus , devenue Adéodat ( Dieudonné ); ÏIuQw'Swpo;, présent du Dieu Pythien (Apollon), etc., témoignent des superstitions anciennes de la nation grecque et de la disposition de certaines familles à se croire plus particulièrement protégées par ces divinités du paganisme ”.
O 11 pourra multiplier ces exemples et ces analyses.
II. Dans les trois langues, le substantif a la propriété de marquer le genre des êtres qu’il désigne , genus), et il le marque un peu capricieusement. Kapôt* est du genre féminin, pectus est du neutre, cœur est du masculin, quoique tous trois expriment la même idée. En grec et en latin, les noms de femme ont souvent la terminaison neutre : UXôxiov , Glycerium. En français, labeur est du masculin , douleur est du féminin. Mêmes irrégularités en allemand , même désaccord si on compare l’allemand avec le français ou avec les deux langues anciennes ; de sorte qu’on peut considérer, dans ces divers idiomes, les terminaisons de genre comme presque toujours détournées de leur destination primitive, et réduites à ne plus produire qu’une sorte de variété favorable à l’élégance et à l’harmonie du langage. 3î *.
L’anglais toutefois s’est préservé de cette confusion en n’attribuant de genres qu’aux noms des objetsqui en ont réellement dans la nature, et en rapportant tous les autres au genre neutre. Seulement il garde, en poésie, la faculté de donner un genre aux choses qui, par leur nature, n’en devraient pas avoir.
La différence des nombres (xpiô|*o(, mmen)s’exprime