‹ Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir a l'étude des trois langues classiquesChapitre 36 sur 100 · CHAP. VIII. — DES ANCIENNES DÉCLINAISONS · texte numérisé non relu

CHAP. VIII. — DES ANCIENNES DÉCLINAISONS

preuves que Ton puisse donner de l’affiuilé des langues où elles se rencontrent.)

§ 2. Du nom adjectif.

Le nom adjectif («’wfOrcov, adjectimm) était ordinairement regardé par les anciens comme une espèce dans la classe générale des noms; il ne formait pas à lui seul une Partie du discours. Cet usage était raisonnable. En effet, les noms communs ou appellatifs eux-mêmes expriment plutôt la qualité que la substance/P^Twp et ôtxoXô-fo;, orator et camidicus , sont le signe d’une profession autant que de la personne qui l’exerce. On peut dire : 'P^-wp 3jv ô kr^oritv^oralorerat Demosthenes. Dans ces deux propositions, jJr,Twp et orator ont le rôle d’attribut, c’est-à-dire d’adjectif; et ce sens leur est aussi habituel que celui de substantif exprimant à lui seul la notion d’un être, comme dans: A*îpnyyopet 6 ^twp, coneiomtur orator, l’orateur parle au peuple ou devant le peuple. Si donc les noms communs sont rangés parmi les substantifs, il n’est pas nécessaire de former une classe à part pour les adjectifs qui n’en diffèrent pas essentiellement. L’adjectif, en effet, qualifie presque toujours le substantif, sans lequel il ne peut former un sens complet; mais il s’emploie aussi quelquefois comme substantif en grec et en français avec l’addition d’un article. Exemple : 6 co^oc, le sage, et, en latin, sans le secours de l’article, sapiens peuvent désigner ou toute personne excellente en sagesse, ou même tel ou tel sage en particulier, exactement comme chez les Grecs 6 désigne souvent le poëte par excellence,

c’est-à-dire Homère ; 6 pifrtup, l’orateur par excellence, c’est-à-dire Démosthène.

Il y a donc de bonnes raisons pour distinguer l’adjectif du substantif, mais il y en a aussi pour réunir

en un seul genre ces deux espèces de mots, oui ont souvent entre elles tant de ressemblance.

L’adjectif n’exprime pas toujours une qualité constante, un véritable attribut du sujet. Ppr exemple, quand je dis : oStoç ô dvifp ou ixsïvoç ô àv-rçp, hic ou ille homo, cet homme-ci ou cet homme-là , on voit par la traduction même que le français donne de la locution grecque et de la locution latine, que oîtoç et hic s’appliquent à une personne plus rapprochée de celui qui parle; éxeîvoç et ille, à une personne plus éloignée. Mais le degré d’éloignement n’est pas tine qualité essentielle de la personne dont on parle, comme serait la qualité exprimée par courageux , bon, méchant, etc. C’est donc un accident, une circonstance que nous marquons par les mots ofaoç, Ixeîvoc, hic, ille ; et le français nous le montre bien en employant pour ces mots une locution où entrent les adverbes de lieu ci (pour ici) et là. Il faut donc admettre, outre les adjectifs proprement dits, certains adjectifs qu’on appellera, si l’on veut, circonstanciels. Les Grecs et les Latins en ont un plus grand nombre que la langue française. Premier, second , etc., venant de primarius, secundus, etc., répondent à irpwroç, oeû- -cspoc, etc. Mais nous n’avons pas de mots pour traduire SeuTepaîoç, -tpiTaîoç, dans le sens de ; qui vient le deuxième jour ou le troisième jour, etc.

En ce genre d’expressions, le style poétique peut se permettre, chez les Latins, des ücences que notre langue ne tolère pas. Nocturne ne peut s’appliquer chez nous aux personnes, comme nocturnus, dans cette phrase de Virgile *

Nec gregibus (lupus) nocturnus obambulat.

Nous sommes obligés de traduire ici nocturnus par une locution adverbiale : pendant la nuit, ce qui est

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