‹ Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir a l'étude des trois langues classiquesChapitre 40 sur 100 · CHAP. IX DU PRONOM RÉFLÉCHI · texte numérisé non relu

CHAP. IX DU PRONOM RÉFLÉCHI

ment à quelque autre mot, dans les phrases dont ils font partie ; de là vient que dans les langues où ils se déclinent, ils n’ont pas de nominatif, mais seulement les autres cas. ’Eyù aù-rô; n’est pas, à proprement dire, le nominatif de l^auTou; en effet, on peut dire: èyw aùtôî ti rpa£a xouxo, « j’ai fait cela, » sans que l’action soit ce que l’on appelle, en grammaire, une action réfléchie [a). Mais dans : tôv è^auroü iraïSa,

« j’ai frappé mon propre esclave, » frw}>«< tov ctamoü TtaîSa, « tu as frappé ton propre esclave, » fxu^e tov fauToû TTocîSa, •< il a frappé son propre esclave; » et surtout dans É-cu^a Efiauxôv, « je me suis frappé moirtiême, » exufaç oeaoTôv, « tu t’es frappé toi-même, » stu'I^êv lauTo'v, « il s’est frappé lui-même,» on sent bien que l’action se retourne, se réfléchit en quelque sorte, du sujet sur le sujet lui-même qui l’a faite ou sur quelque être qui tient étroitement au sujet.

A ces pronoms personnels réfléchis répondent les formes possessives également réfléchies, i6n, ospétEpo?, auus. Mais tandis que suus .s’emploie indifféremment, que le nom du possesseur soit au singulier ou au pluriel, ne s’emploie d’ordinaire que pour le singulier, cijmpoç que pour le pluriel , comme en français son et leur. D’un autre côté, ces deux derniers mots français n’ont la valeur réfléchie que s’ils sont accompagnés du mot propre, ou du moins s’ils peuvent l’être, comme dans : « il a dépensé son bien » ou .< son propre bien. » Dans ce cas seulement le possessif français peut être traduit en latin par suus. Le latin manque, en réalité, du simple adjectif possessif de la troisième personne, il est obligé d’y suppléer par le génitif du nom du possesseur ou du pronom personnel qui le représente. Ainsi, dans cette phrase :

(a) Voy. plus bas, cbap. xi, § 1 .

« César marchait sur Dyrracfaium ; Pompée ignorant son projet, restait dans son camp. » Le premier son étant simplement possessif, se traduira par Cxsaris ou par ejus ; le second seul, qui est réfléchi, pourra se traduire par suus.

§ 2. De l'Article.

Beaucoup de grammaires élémentaires définissent l’article (àpdpov, articulas) « un mot qui se place devant les noms pour en marquer le genre et le nombre 8 *. » En effet, comme l’article 6, -Jj, *6 — le, la, les, a, pour marquer le genre et le nombre, des terminaisons différentes et que le nom n’en a pas toujours, l’article, en se plaçant devant le nom, nous aide à en distinguer le genre et le nombre. Exemples : ô ivôpwiroç, -fj vîjsoç, le bastion, la ration. Mais c’est là un usage tout à fait accidentel de l’article. Les grammairiens latins, qui n’ont pas ce moyen pour distinguer brièvement, dans leurs discussions, un nom masculin d’un féminin ou d’un neutre, disent : hichomo, hxc ratio, hoc animal, se servant, pour le même usage, du pronom hic, hxc, àoe* 9 ; cela ne nous autoriserait pas à définir ce pronom « un mol qui sert à marquer le genre et le nombre. » D’ailleurs le mot anglais the, qui est tout à fait invariable, et qui, par conséquent, ne marque ni le genre ni le nombre, n’est pas moins pour cela un article. 11 faut donc chercher dans une autre propriété le caractère véritable de cette espèce de particules.

Comme l’article a en français et en grec la même valeur, quoiqu’il ait en grec des usages plus variés qu’en français, empruntons à notre langue quelques exemples dont l’analyse fera voir quelle est la vraie fonction de l’article dans le langage.

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