CHAP. IX. — ORIGINE DE L’ARTICLE
ment le sens pronominal et le gardent encore fréquemment, à la plupart des cas. Mais, ce qui nous intéresse de plus près, le français, comme les autres langues modernes originaires du latin, a dérivé l’article d’un pronom latin ; le pronom ille, ilia , illud, par des changements divers et successifs que je ne puis exposer ici, est devenu :
en français : le , la, les, en italien : il, lo, la, le, i, gli; en espagnol : lo, la; los , las.
en valaque : lu, a; i, le.
[Ainsi le changement qui, chez les Grecs, avait fait du pronom et de l’article deux mots dictincts, n’a pas eu lieu de même dans la langue latine. Les grammairiens romains ont tous reconnu que leur langue manquait d’articles; Quinlilien même prétend qu’elle n’y perdait rien : Noster sermo articulos non desiderat, dit-il en propres termes (a). Ce qui est certain, c’est que le latin n’a produit qu'après s’être corrompu et décomposé pour donner naissance aux langues néo-latines, cette Partie du discours, qui s’est constituée d’elle-même dans des idiomes tout à fait inconnus aux grammairiens grecs et latins. Enfin, ce caractère, par lequel la langue latine s’éloigne du grec, la rapproche du sanscrit où existe le pronom démonstratif sas (masculin), sd (féminin), tat (neutre), qui parait ne s’y être jamais transformé entièrement en article, non plus que dans deux idiomes de la même famille, l’ancien slave et le lithuanien 4I .]
(a) Ve Institutions oratorio, I , tv, § 19.