DÉFINITIONS ET NOTIONS HISTORIQUES
$ 1«. Grammaire parliculitre. — Grammaire générale. — Grammaire universelle. — Philologie comparative ou comparée. — Grammaire comparée, linguistique.
I. La grammaire d’une langue est l’ensemble des règles suivies dans cette langue pour l’expression des sentiments et des idées.
Lorsque l’on compare les grammaires particulières de plusieurs langues l’une avec l'autre on s’aperçoit qu’elles présentent un certain nombre de procédés communs ; par exemple , elles ont toutes des mots qu’on appelle verbes , et qui marquent l’action faite par un sujet, ou l’état de ce sujet ; des mots qu’on appelle noms , et qui expriment l’idée d’une personne ou d’une chose, etc. Ces procédés communs composent la grammaire générale des langues que l’on a comparées.
Si l’on pouvait comparer toutes les langues qui se parlent ou se sont parlées sur le globe, les règles que l’on trouverait en usage dans toutes ces langues
formeraient une grammaire, à proprement dire,
universel!*..
Mais plus on avance dans l'étude des langues, plus on voit diminuer le nombre de ces procédés qui leur sont communs à toutes; et quoi que l’on doive espérer des recherches qui se continuent sur ce vaste sujet, l’état actuel dfee nos connaissances ne permet pas d’écrire une grammaire universelle”.
Cependant, par un abus de langage, d’ailleurs assez excusable , ces mots de grammaire générale ou grammaire universelle ont été souvent employés, et le sont encore, comme synonymes, pour désigner les règles de grammaire que l'on trouve dans le plus grand nombre des langues connues *.
II. Quand on compare les mots et les formes grammaticales en usage dans plusieurs langues , pour en montrer les ressemblances et les différences, on fait ce qui s’appelle de la philologie comparative ou comparée. Par exemple, si je montre que les noms français terminés en ment, comme monument, firmament, viennent de mots latins qui ont là même racine avec une terminaison en mentwm : monumentum, firmamentum\ si je montre que la conjugaison des verbes actifs grecs en u) ressemble par beaucoup dè ses terminaisons à celle des verbes actifs latins ; si je rapproche 5ïç de ovis, w ov de ovum , etc. ; dans tous ces cas, je fais des com- I>araisons purement philologiques, c’est-à-dire qui ne portent que sur la constitution matérielle dés mots;
Il est évident que les deux sortes d’étudès que nous venons de définir ne peuvent guère être séparées, et qu’elles se prêtent un mutuel secours. C’est en comparant lés fermes des mots dans plusieurs langues, que l’on aperçoit la différence ou là ressemblance des procédés que ces langues appliquent &