‹ Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir a l'étude des trois langues classiquesChapitre 50 sur 100 · CHAP. XI. — DES NOMBRES ET DES GENRES · texte numérisé non relu

CHAP. XI. — DES NOMBRES ET DES GENRES

selon que le sujet est au singulier , au pluriel ou au duel, en grec; au singulier ou au pluriel, en la* tin et en français. Le participe peut marquer, en outre, le genre du sujet. Sa nature verbale ne s’y oppose nullement. Parce que le genre du sujet est

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ce ne sont pas moins des locutions verbales , exactement comme amans patriam. Le latin ne marquant ces différences de genre que dans les participes en tus, nous avons été conduits à ne les marquer, en français, que dans les participes passifs : aimé — aimée ; vaincu — vaincue. Les formes actives aimant , triomphant ne prennent chez nous les désinences du genre que lorsqu’elles sont employées comme de simples adjectifs. C’est là une règle d’orthographe, commode dans l’usage, mais qui ne tient pas à la nature même des mots où nous l’appliquons»

§ 6. Des Voix.

Le sujet du verbe est tour à tour actif ou passif, ou actif et passif h. la fois ; souvent aussi il n’est, à proprement dire, ni actif ni passif. Le sujet est actif dans TÛTtro), ferio , je frappe ; passif dans TÛ-rc-ro^at , ferior, je suis frappé; il est actif et passif «à la fois, c’est-à-dire réfléchi ou moyen dans Xoüopiai, lavor , je me baigne. Mais il n’est ni actif ni passif dans un certain nombre de verbes qui n’expriment qu’un état , comme je dors , je baille , je demeure. Ces diverses conditions du sujet, exprimées par l’attribut, donnent lieu aux trois principales variétés du verbe attributif que nous appelons les voix et qui sont : l’actif, le passif, le moyen ou réfléchi. On range ordinairement dans une quatrième classe et l’on appelle neutres des verbes qui expriment un état, ou qui expriment une action, mais cela d’une rna-

nière absolue, et qui, n’ayant point de complément direct, ne peuvent être employés tour à tour à l’actif et au passif, comme irepticaTw, incedo . ambulo, je marche , etc.

Rien n’est plus régulier ni plus raisonnable que cette division ; et, si les langues pouvaient toujours avoir autant de formes particulières pour exprimer les quatre voix, si chacune de ces formes ne s’appliquait qu’à une seule voix , la grammaire des verbes en serait d’autant plus simple. Malheureusement celle symétrie, qui semble avoir été d'abord une des lois les plus naturelles de la conjugaison, ne se soutient pas longtemps dans l’usage des trois langues classiques. Il semble même qu’elle ne peut guère se maintenir dans aucune langue : les caprices de l’usage mêlent toujours quelque désordre à cette logique secrète qui règle les rapports des mots et des idées.

Le grec a trois conjugaisons principales pour la distinction des voix : d’un côté, les conjugaisons en « et en l’une plus moderne, l’autre plus ancienne, mais équivalentes, et ordinairement employées pour l’actif; de l’autre côté, la conjugaison en ojxai et en jxai pour le passif, avec un certain nombre déformés particulières pour le moyen. Le latin a, d’un côté, la forme en o qui est ordinairement active; et, de l’autre, la forme en or qui est surtout passive. Le français a une forme simple, ordinairement active, quelquefois réfléchie quand on y joint un second pronom; et une forme composée qui sert au passif. Mais il s’en faut bien que ces diverses conjugaisons servent toujours à marquer les différences de voix auxquelles elles empruntent leur nom. v Ep/o{*at est un verbe actif à forme passive ; vapulo est un verbe passif à forme active; l’aoriste passif en ô^v a le

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