CHAP. XIV. — DES DEGRÉS DE COMPARAISON
[Mais les pronoms qui n'expriment que des qualités accidentelles du sujet , et comme nous l'avons vu, des circonstances relatives à l'acte de la parole, sont, par conséquent, peu susceptibles de degrés de comparaison. C'est par licence comique qu'un poêle grec a dit owiétepos, mot à mot, plus lui-même , et un poète latin , ipsissimus. A3t<xutoî, mot formé aussi par licence poétique, en redoublant le radical du pronom , a le même sens que ipsissimus ou ipse deux fois répété 8 ®. Nous dirions en français : lui-même , lui-même, ou : c’est bien, c'est vraiment lui-même, ou enfin lui-même , oui lui-même. ]
Les diminutifs se rattachent évidemment aux degrés de comparaison, puisqu’ils expriment un degré inférieur de la qualité exprimée par le nom commun ou l’adjectif. Comme les comparatifs et superlatifs, ils sont ordinairement exprimés par un seul mot en grec et en latin , et par plusieurs mots en français. Ainsi âëtMaxoî, diminutif de oësXo;, aiguille, peut se traduire en un seul mot par aiguillette ; oîxwxoç, diminutif de o!xo<, peut se traduire par maisonnette. Mais homuncio ou homunculus, diminutif de homo, ne peut se traduire qu’au moyen d’une périphrase : petit homme.
Par une coïncidence remarquable , le grec moderne forme aussi, avec le mot’uwXoç ou touXo; , woûXo ( pullus, petit d’un animal), des diminutifs tout à fait équivalents aux locutions françaises. Ainsi, de pou ^colline, se forme (îouvôitouXo , petite colline; de même ^apoTrouXo, petit poisson ; au féminin, yoatpo iroüXa, petite lettre ; a^txAa-fyoïzoZXet, petite araignée, etc.
Le grec compose aussi avec vnd, et le latin avec sub, des diminutifs d'adjectifs et de verbes attributifs : irreoAtoxo; , un peu blanc; — subrusticus , un peu rustique ou un peu grossier ; — ûiroYtXôiv, &7ropti8cSv, subri dere , dont nous avons fait sourire.
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Mais le latin a des diminutifs d’une forme toute particulière, qu’il dérive d’un comparatif neutre en y ajoutant ta finale des diminutifs de noms communs : minuscutus, majusculus. Il peut d’ailleurs, ainsi que le grec , se servir de locutions complexes* comme dans paulo minor pour [AtxpS IXârrwv,,
Enfin on peut ranger* au même titre , parmi les formes de comparaison les augmentatifs, fort rares en grec et en latin ; plus rares encore dans notre langue, mais si abondants et si variés dans la langue italienne, où ils se multiplient, ainsi qne les diminutifs, avec une extrême facilité, pour exprimer, outre l’idée de grandeur, une foule d’idées accessoires, souvent très-subtiles. Exemples : braccio \ bras, braecione, grand ou gros bras ; — gtiovine, jeune, gion vinotfa, jeune homme vigoureux ; — toro, taureau, tor&tto, taureau robuste; — porta , porte, portella , porticella r porticiuola , petite porte, guichet; portons, porte cochère, portoncino, petite porte cochère ;
— uccello , oiseau (qui lui-mênae vient du diminutif latin avieellus ) , uccelietto, uecellmo, petit oiseau; ' uccellinuzzo, uccellettim , très -petit oiseau; uccellaccio , vilain oiseau; uccellinuzzaccio , vilain petit oiseau; uccellone, grand oiseau, etc.